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Exercices corrigés — Limites de suites (Terminale)

Quatre niveaux de difficulté, du plus simple au plus exigeant. Chaque exercice a sa correction détaillée, étape par étape.

8 exercices, classés par difficulté croissante.

Exercice 1 Découverte

Déterminer la limite de chaque suite : a) un = 5 − 3n2 ; b) vn = 2n − n ; c) wn = 1 + (−0,5)n ; d) tn = 3 × 1,2n.

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a) 1n2 → 0, donc 3n2 → 0 et un → 5 (limite d'une somme).
b) La forme est ∞ − ∞, indéterminée. On factorise par le terme dominant : vn = 2n(1 − n2n). Par croissances comparées, n2n → 0, donc la parenthèse tend vers 1 ; et 2n → +∞ car 2 > 1. Par produit, vn → +∞.
c) −1 < −0,5 < 1, donc (−0,5)n → 0 : les signes alternent, mais les valeurs absolues 0,5n tendent vers 0. Ainsi wn → 1.
d) 1,2 > 1, donc 1,2n → +∞, et tn = 3 × 1,2n → +∞.

Exercice 2 Découverte

Calculer lim 5n3 − 2n4n3 + n2 + 1.

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la forme est ∞∞, indéterminée. On factorise le numérateur et le dénominateur par la plus grande puissance de n, ici n3 :
5n3 − 2n4n3 + n2 + 1 = n3(5 − 2n2) / [n3(4 + 1n + 1n3)] = (5 − 2n2)/(4 + 1n + 1n3).
Or 2n2 → 0, 1n → 0 et 1n3 → 0. Par somme, le numérateur tend vers 5 et le dénominateur vers 4 ≠ 0. Par quotient, la limite est 54.
Règle pratique retrouvée : le quotient de deux polynômes de même degré tend vers le quotient de leurs coefficients dominants.

Exercice 3 Application

Déterminer les limites de un = 2n + 1n2 + 3 et de vn = n2 − 4n3n + 1.

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les deux formes sont ∞∞. On factorise chaque terme par sa plus grande puissance de n.
un = n(2 + 1n) / [n2(1 + 3n2)] = (1n) × (2 + 1n)/(1 + 3n2). Le second facteur tend vers 21 = 2 et 1n → 0 : par produit, un → 0. Le degré du dénominateur l'emporte.
vn = n2(1 − 4n) / [n(3 + 1n)] = n × (1 − 4n)/(3 + 1n). Le second facteur tend vers 13 > 0 et n → +∞ : par produit, vn → +∞. Le degré du numérateur l'emporte.
Remarque : 1 − 4n est négatif pour n < 4, mais seul le comportement pour n grand compte pour la limite.

Exercice 4 Application

Soit un = 2n + (−1)nn pour n ≥ 1. a) Encadrer un par deux suites de même limite. b) En déduire la limite de (un).

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a) Pour tout n, −1 ≤ (−1)n ≤ 1. En ajoutant 2n puis en divisant par n > 0 : 2n − 1n ≤ un ≤ 2n + 1n, soit 2 − 1n ≤ un ≤ 2 + 1n.
b) 1n → 0, donc les deux suites 2 − 1n et 2 + 1n tendent vers 2. D'après le théorème des gendarmes, un → 2.
Remarque : un = 2 + (−1)n/n, et l'on peut aussi conclure avec |un − 2| = 1n → 0. La suite oscille autour de 2 en s'en rapprochant, sans être monotone : converger n'exige pas la monotonie.

Exercice 5 Maîtrise

Déterminer la limite de un = n2(0,7)n.

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la forme est ∞ × 0, indéterminée : n2 → +∞ tandis que 0,7n → 0.
On écrit un = n21/0,7n = n2an avec a = 10,7 = 107 ≈ 1,43 > 1.
Le théorème des croissances comparées affirme que, pour a > 1 et tout entier p ≥ 1, np/an → 0 : l'exponentielle l'emporte sur toute puissance de n. Ici p = 2, donc un → 0.
Illustration numérique : u10 = 100 × 0,710 ≈ 2,8 ; u50 = 2 500 × 0,750 ≈ 4,5 × 10−5. La décroissance vers 0 est lente au début, puis très rapide.

Exercice 6 Maîtrise

Sn = 1 + 12 + 14 + … + 12n. a) Exprimer Sn en fonction de n. b) Déterminer la limite de (Sn).

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a) Sn est la somme des n + 1 premiers termes de la suite géométrique de premier terme 1 et de raison q = 12 : Sn = 1 − qn+11 − q = (1 − (12)n+1)/(12) = 2(1 − (12)n+1) = 2 − (12)n.
Vérification : S2 = 1 + 12 + 14 = 74, et 2 − 14 = 74.
b) Comme −1 < 12 < 1, (12)n → 0, donc Sn → 2. La somme infinie 1 + 12 + 14 + … « vaut » 2 : chaque terme comble la moitié de ce qui manque pour atteindre 2, et Sn < 2 pour tout n.

Exercice 7 Challenge

u0 = 0 et un+1 = √6 + un. On a démontré au chapitre précédent que, pour tout n ∈ ℕ, 0 ≤ un ≤ 3, et que (un) est croissante. a) Justifier que (un) converge. b) Déterminer sa limite.

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a) La suite (un) est croissante et majorée par 3. D'après le théorème de convergence monotone, elle converge vers un réel ℓ, et ℓ ≤ 3 par passage à la limite dans l'inégalité un ≤ 3. Comme u0 = 0 et que la suite est croissante, ℓ ≥ 0.
b) La fonction f : x ↦ √6 + x est continue sur [0 ; +∞[ et un+1 = f(un). Puisque un → ℓ, on a f(un) → f(ℓ) ; or un+1 → ℓ aussi. Par unicité de la limite, ℓ = f(ℓ) = √6 + ℓ.
Comme ℓ ≥ 0, on peut élever au carré : ℓ2 = 6 + ℓ, soit ℓ2 − ℓ − 6 = 0. Le discriminant vaut 1 + 24 = 25 ; les racines sont 1 − 52 = −2 et 1 + 52 = 3. La valeur −2 est exclue car ℓ ≥ 0.
La suite converge vers 3. L'ordre des étapes est essentiel : la convergence est établie en a) avant de résoudre l'équation en b) ; résoudre ℓ = f(ℓ) seul ne prouve rien.

Exercice 8 Challenge

Une suite croissante possède une sous-suite convergeant vers 4. Que peut-on conclure si elle est majorée par 4 ?

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la suite est croissante et majorée par 4 : d'après le théorème de convergence monotone, elle converge vers un réel ℓ, et ℓ ≤ 4 (passage à la limite dans l'inégalité un ≤ 4).
Une sous-suite (uφ(n)) est formée de termes extraits de la suite, dans l'ordre, avec φ(n) ≥ n. Si un → ℓ, tout terme d'indice assez grand est aussi proche que voulu de ℓ ; les termes extraits, d'indices φ(n) ≥ n, le sont donc aussi : la sous-suite converge vers ℓ.
Or, par hypothèse, elle converge vers 4. Par unicité de la limite, ℓ = 4.
Conclusion : la suite converge vers 4. Sans l'hypothèse de croissance, on ne pourrait rien dire : la suite 0, 4, 0, 4, … est majorée par 4 et possède une sous-suite convergeant vers 4, mais elle ne converge pas.