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Exercices corrigés — Variables aléatoires (Première)

Quatre niveaux de difficulté, du plus simple au plus exigeant. Chaque exercice a sa correction détaillée, étape par étape.

8 exercices, classés par difficulté croissante.

Exercice 1 Découverte

Une roue de loterie donne 0 point avec probabilité 0,4, 2 points avec probabilité 0,35 et 6 points sinon. On note X le nombre de points obtenus. Déterminer la loi de X et son espérance.

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la somme des probabilités d'une loi vaut 1, donc P(X = 6) = 1 − 0,4 − 0,35 = 0,25.

x026
P(X = x)0,40,350,25
E(X) = 0 × 0,4 + 2 × 0,35 + 6 × 0,25 = 0 + 0,7 + 1,5 = 2,2 points.
Interprétation : sur un grand nombre de parties, le nombre moyen de points par partie se rapproche de 2,2. Ce n'est pas une valeur possible de X (on obtient 0, 2 ou 6, jamais 2,2) : l'espérance est une moyenne théorique, pas un résultat garanti.

Exercice 2 Découverte

Un sac contient 3 jetons rouges et 2 jetons verts. On tire deux jetons successivement, sans remise. On note X le nombre de jetons rouges obtenus. a) Déterminer la loi de X à l'aide d'un arbre. b) Calculer E(X).

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a) Premier tirage : rouge (R) avec probabilité 35, vert (V) avec 25. Second tirage sans remise : après R, il reste 2 rouges et 2 verts, donc R avec 24 et V avec 24 ; après V, il reste 3 rouges et 1 vert, donc R avec 34 et V avec 14.
Chemins : RR donne X = 2, de probabilité 35 × 24 = 620 ; RV et VR donnent X = 1, de probabilités 35 × 24 = 620 et 25 × 34 = 620 ; VV donne X = 0, de probabilité 25 × 14 = 220.

x012
P(X = x)220 = 0,11220 = 0,6620 = 0,3
Vérification : 0,1 + 0,6 + 0,3 = 1.
b) E(X) = 0 × 0,1 + 1 × 0,6 + 2 × 0,3 = 1,2. En moyenne, on tire 1,2 jeton rouge sur deux, ce qui est cohérent avec la proportion 35 de rouges : 2 × 35 = 1,2.

Exercice 3 Application

Avec la loi de l'exercice 1 (0 point avec 0,4 ; 2 points avec 0,35 ; 6 points avec 0,25), calculer la variance et l'écart type de X.

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on utilise la formule de König-Huygens V(X) = E(X2) − [E(X)]2, avec E(X) = 2,2.
E(X2) = 02 × 0,4 + 22 × 0,35 + 62 × 0,25 = 0 + 1,4 + 9 = 10,4. Attention : E(X2) = 10,4 n'est pas [E(X)]2 = 4,84.
V(X) = 10,4 − 2,22 = 10,4 − 4,84 = 5,56, et σ(X) = √5,56 ≈ 2,36 points.
Vérification par la définition : V(X) = 0,4(0 − 2,2)2 + 0,35(2 − 2,2)2 + 0,25(6 − 2,2)2 = 0,4 × 4,84 + 0,35 × 0,04 + 0,25 × 14,44 = 1,936 + 0,014 + 3,61 = 5,56. L'écart type, environ 2,4 points, mesure la dispersion typique des résultats autour de la moyenne 2,2.

Exercice 4 Application

On lance un dé équilibré. Le joueur reçoit 5 € si le 6 sort, 1 € si un autre nombre pair sort, et rien sinon. Pour jouer, il paie une mise m. On note G son gain net (somme reçue moins la mise). a) Exprimer E(G) en fonction de m. b) Pour quelle mise le jeu est-il équitable ? c) Le jeu est-il favorable au joueur pour une mise de 1 € ?

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a) La somme reçue X vaut 5 avec probabilité 16 (face 6), 1 avec probabilité 26 (faces 2 et 4) et 0 avec probabilité 36 (faces 1, 3, 5). E(X) = 5 × 16 + 1 × 26 + 0 × 36 = 76 ≈ 1,17 €.
Le gain net est G = X − m, et par linéarité E(G) = E(X) − m = 76 − m.
b) Le jeu est équitable lorsque l'espérance du gain net est nulle : 76 − m = 0, soit m = 76 ≈ 1,17 €. Avec cette mise, ni le joueur ni l'organisateur ne gagne en moyenne sur le long terme.
c) Pour m = 1 €, E(G) = 76 − 1 = 16 ≈ 0,17 € > 0 : le jeu est favorable au joueur, qui gagne en moyenne 17 centimes par partie. Cela ne garantit rien sur une partie donnée : il perd sa mise une fois sur deux.

Exercice 5 Maîtrise

On pose Y = −3X + 5, avec E(X) = 4 et V(X) = 2. Calculer E(Y), V(Y) et σ(Y).

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pour Y = aX + b, on a E(Y) = aE(X) + b, V(Y) = a2V(X) et σ(Y) = |a|σ(X). Ici a = −3 et b = 5.
E(Y) = −3 × 4 + 5 = −7.
V(Y) = (−3)2 × 2 = 9 × 2 = 18. La constante 5 n'intervient pas : ajouter 5 décale toutes les valeurs sans changer leur dispersion ; le coefficient −3 est élevé au carré, si bien que le signe disparaît.
σ(Y) = √18 = 3√2 ≈ 4,24. On retrouve σ(Y) = |−3| × σ(X) = 3√2, puisque σ(X) = √2. Erreur classique : écrire V(Y) = −3 × 2 = −6, alors qu'une variance est toujours positive ou nulle.

Exercice 6 Maîtrise

Deux placements sont proposés. Le placement A rapporte 10 € à coup sûr. Le placement B rapporte 0 € ou 20 € avec la même probabilité 12. On note X et Y les gains respectifs. a) Calculer E(X) et E(Y). b) Calculer σ(X) et σ(Y). c) Que traduisent ces résultats ?

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a) X est constante : E(X) = 10 €. E(Y) = 0 × 12 + 20 × 12 = 10 €. Les deux placements ont la même espérance de gain.
b) V(X) = 0, car X ne s'écarte jamais de sa moyenne : σ(X) = 0. Pour Y : E(Y2) = 0 × 12 + 400 × 12 = 200, donc V(Y) = 200 − 102 = 100 et σ(Y) = 10 €.
c) L'espérance ne distingue pas les deux placements, mais l'écart type mesure le risque : le placement A est sans risque, le placement B s'écarte en moyenne de 10 € de sa valeur moyenne, il peut ne rien rapporter comme rapporter le double.
Selon les préférences, on choisira la sécurité (A) ou l'incertitude (B) ; en mathématiques, on dit que les deux variables ont la même espérance mais des dispersions différentes. Comparer deux variables aléatoires demande toujours au moins ces deux indicateurs.

Exercice 7 Challenge

Une population a pour moyenne μ = 120 et pour écart type σ = 15. On prélève des échantillons de taille 225 et l'on calcule leur moyenne. Donner la zone à deux écarts types pour cette moyenne d'échantillon.

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la moyenne d'un échantillon de taille n d'observations indépendantes est centrée sur μ et a pour écart type σ√n (résultat admis en Première).
Ici √225 = 15, donc l'écart type de la moyenne vaut 1515 = 1. Il est quinze fois plus petit que l'écart type d'une observation isolée : moyenner réduit la dispersion.
La zone à deux écarts types est [μ − 2 × 1 ; μ + 2 × 1] = [118 ; 122].
Interprétation : si l'on simule un grand nombre d'échantillons de taille 225, la grande majorité des moyennes obtenues (environ 95 % dans les situations usuelles) tombe entre 118 et 122. Une moyenne observée de 125 serait donc surprenante et inviterait à vérifier le protocole ou l'hypothèse μ = 120.

Exercice 8 Challenge

Pour la même population (μ = 120, σ = 15), on souhaite que la zone à deux écarts types de la moyenne d'échantillon ait une demi-largeur inférieure ou égale à 1, c'est-à-dire soit incluse dans [119 ; 121]. Quelle taille d'échantillon n faut-il choisir au minimum ?

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la demi-largeur de la zone à deux écarts types est 2σ/√n = 30√n.
On veut 30√n ≤ 1, soit √n ≥ 30. Les deux membres étant positifs, on peut élever au carré : n ≥ 900.
Il faut au minimum 900 observations. Vérification : pour n = 900, l'écart type de la moyenne vaut 1530 = 0,5 et la zone est [120 − 1 ; 120 + 1] = [119 ; 121].
Comparaison avec l'exercice précédent : passer d'une demi-largeur 2 (n = 225) à une demi-largeur 1 (n = 900) a demandé de multiplier la taille par 4, parce que la précision s'améliore comme √n : diviser l'incertitude par 2 coûte quatre fois plus d'observations.