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Exercices corrigés — Probabilités conditionnelles et indépendance (Première)

Quatre niveaux de difficulté, du plus simple au plus exigeant. Chaque exercice a sa correction détaillée, étape par étape.

8 exercices, classés par difficulté croissante.

Exercice 1 Découverte

Dans une classe, 18 élèves sur 30 apprennent l'espagnol, et 12 élèves apprennent l'espagnol et jouent d'un instrument. On choisit un élève au hasard. Quelle est la probabilité qu'il joue d'un instrument sachant qu'il apprend l'espagnol ?

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notons E « l'élève apprend l'espagnol » et I « l'élève joue d'un instrument ». Le choix au hasard donne P(E) = 1830 et P(EI) = 1230.
Par définition, PE(I) = PEIP(E) = (1230)/(1830) = 1218 = 23.
Interprétation : on se restreint aux 18 élèves qui apprennent l'espagnol ; parmi eux, 12 jouent d'un instrument, soit une proportion de 1218 = 23. La probabilité conditionnelle est un quotient d'effectifs dans la population réduite.
Attention à ne pas confondre avec PI(E), qui demanderait le nombre total d'élèves jouant d'un instrument, information absente de l'énoncé.

Exercice 2 Découverte

Dans un lycée de 500 élèves, 280 sont des filles. 120 élèves sont internes, dont 70 filles. On choisit un élève au hasard ; on note F « l'élève est une fille » et I « l'élève est interne ». a) Compléter un tableau d'effectifs croisant filles/garçons et internes/externes. b) Calculer P(F), P(I) et P(FI). c) Calculer PF(I) et PI(F). d) Les événements F et I sont-ils indépendants ?

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a) Filles internes : 70 ; filles externes : 280 − 70 = 210 ; garçons : 500 − 280 = 220 ; garçons internes : 120 − 70 = 50 ; garçons externes : 220 − 50 = 170. Total des externes : 500 − 120 = 380.

InternesExternesTotal
Filles70210280
Garçons50170220
Total120380500
b) P(F) = 280500 = 0,56 ; P(I) = 120500 = 0,24 ; P(FI) = 70500 = 0,14.
c) PF(I) = 70280 = 0,25 : parmi les filles, un quart sont internes. PI(F) = 70120 ≈ 0,583 : parmi les internes, environ 58 % sont des filles. Les deux nombres ont le même numérateur mais pas la même population de référence.
d) P(F) × P(I) = 0,56 × 0,24 = 0,1344, alors que P(FI) = 0,14. Les deux valeurs sont différentes : F et I ne sont pas indépendants. On le voit aussi avec PF(I) = 0,25 ≠ P(I) = 0,24 : être une fille modifie légèrement la probabilité d'être interne.

Exercice 3 Application

Un test détecte une maladie chez 98 % des personnes malades et se révèle positif chez 3 % des personnes saines. La maladie touche 2 % de la population. On choisit une personne au hasard et on note M « la personne est malade » et T « le test est positif ». Calculer la probabilité que le test soit positif.

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les données sont P(M) = 0,02, donc P(M) = 0,98 ; PM(T) = 0,98 (sensibilité) ; PM(T) = 0,03 (faux positifs). On les place sur un arbre : premier niveau M / M, second niveau T / T.
Les événements M et M forment une partition de l'univers. D'après la formule des probabilités totales : P(T) = P(MT) + P(MT) = P(M) × PM(T) + P(M) × PM(T).
P(T) = 0,02 × 0,98 + 0,98 × 0,03 = 0,0196 + 0,0294 = 0,049.
Le test est positif dans 4,9 % des cas. Remarque : parmi ces tests positifs, la part des vrais malades est PT(M) = 0,01960,049 = 0,4 : quand la maladie est rare, un test positif n'est pas une certitude, il y a ici plus de faux positifs (2,94 %) que de vrais positifs (1,96 %).

Exercice 4 Application

Un magasin vend des ampoules provenant de deux fournisseurs : 60 % viennent du fournisseur F1, dont 3 % sont défectueuses, et 40 % du fournisseur F2, dont 8 % sont défectueuses. On choisit une ampoule au hasard et on note D « l'ampoule est défectueuse ». a) Représenter la situation par un arbre pondéré. b) Calculer P(D). c) L'ampoule choisie est défectueuse : quelle est la probabilité qu'elle provienne de F2 ?

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a) Premier niveau : F1 avec 0,6 et F2 avec 0,4. Second niveau, depuis F1 : D avec 0,03 et D avec 0,97 ; depuis F2 : D avec 0,08 et D avec 0,92. À chaque nœud, les probabilités des branches se somment à 1.
b) F1 et F2 forment une partition. Formule des probabilités totales : P(D) = P(F1) × PF1(D) + P(F2) × PF2(D) = 0,6 × 0,03 + 0,4 × 0,08 = 0,018 + 0,032 = 0,05. Une ampoule sur vingt est défectueuse.
c) On cherche PD(F2), probabilité « à rebours » de l'arbre : PD(F2) = PF2DP(D) = 0,0320,05 = 0,64.
Interprétation : F2 ne fournit que 40 % des ampoules, mais 64 % des ampoules défectueuses viennent de lui, car son taux de défaut est plus élevé. La formule du produit P(F2D) = P(F2) × PF2(D) permet de renverser le conditionnement.

Exercice 5 Maîtrise

On sait que P(A) = 0,4, P(B) = 0,5 et P(AB) = 0,7. Les événements A et B sont-ils indépendants ?

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pour tester l'indépendance, il faut connaître P(AB). La formule P(AB) = P(A) + P(B) − P(AB) donne P(AB) = 0,4 + 0,5 − 0,7 = 0,2.
Par ailleurs P(A) × P(B) = 0,4 × 0,5 = 0,2.
Comme P(AB) = P(A) × P(B), les événements A et B sont indépendants. On peut aussi le formuler avec une probabilité conditionnelle : PA(B) = 0,20,4 = 0,5 = P(B), savoir que A est réalisé ne change pas la probabilité de B.
Rappel : indépendants ne signifie pas incompatibles. Ici P(AB) = 0,2 ≠ 0 ; deux événements de probabilités non nulles ne peuvent d'ailleurs pas être à la fois incompatibles et indépendants.

Exercice 6 Maîtrise

On lance un dé équilibré à six faces. On note A « le résultat est pair », B « le résultat est supérieur ou égal à 4 » et C « le résultat est un multiple de 3 ». a) A et C sont-ils indépendants ? b) A et B le sont-ils ?

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le dé est équilibré : chaque face a la probabilité 16. A = {2 ; 4 ; 6}, P(A) = 36 = 12 ; B = {4 ; 5 ; 6}, P(B) = 12 ; C = {3 ; 6}, P(C) = 26 = 13.
a) AC = {6}, donc P(AC) = 16. Or P(A) × P(C) = 12 × 13 = 16. L'égalité est vérifiée : A et C sont indépendants. Interprétation : parmi les résultats pairs, un sur trois (le 6) est multiple de 3, exactement comme dans l'ensemble des six faces.
b) AB = {4 ; 6}, donc P(AB) = 26 = 13, alors que P(A) × P(B) = 12 × 12 = 14. Comme 1314, A et B ne sont pas indépendants : PA(B) = (13)/(12) = 23 > P(B) = 12, savoir que le résultat est pair augmente la probabilité qu'il soit au moins 4.
L'indépendance se vérifie par le calcul, jamais par intuition : deux événements définis sur la même expérience peuvent être indépendants (a) ou non (b).

Exercice 7 Challenge

Une pièce truquée donne pile avec probabilité 0,6. On la lance quatre fois, les lancers étant indépendants. Calculer la probabilité d'obtenir exactement trois piles.

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chaque lancer est une épreuve de Bernoulli de paramètre 0,6 (succès : pile). Les quatre lancers indépendants se représentent par un arbre à quatre niveaux et 24 = 16 chemins.
Les chemins comportant exactement trois piles sont ceux où la face unique occupe l'une des quatre positions : PPPF, PPFP, PFPP et FPPP, soit quatre chemins.
Par indépendance, chaque chemin a pour probabilité 0,63 × 0,4 = 0,216 × 0,4 = 0,0864 : l'ordre des résultats ne change pas le produit.
Les quatre chemins sont incompatibles ; on additionne : 4 × 0,0864 = 0,3456. La probabilité d'obtenir exactement trois piles est 0,3456, soit environ 35 %. En Terminale, le nombre de chemins sera donné par le coefficient binomial C(4,3) = 4.

Exercice 8 Challenge

Une alarme détecte une intrusion avec probabilité 0,9. On installe trois capteurs fonctionnant indépendamment. Quelle est la probabilité qu'au moins un capteur détecte une intrusion ?

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« au moins un capteur détecte » a pour événement contraire « aucun capteur ne détecte », plus simple à calculer.
Chaque capteur ne détecte pas avec probabilité 1 − 0,9 = 0,1. Les trois capteurs sont indépendants, donc la probabilité qu'aucun ne détecte est 0,1 × 0,1 × 0,1 = 0,13 = 0,001.
La probabilité cherchée est 1 − 0,001 = 0,999.
Interprétation : un seul capteur laisse passer une intrusion sur dix ; trois capteurs indépendants n'en laissent passer qu'une sur mille. La redondance multiplie les petites probabilités d'échec, ce qui les rend très petites. Calculer directement « au moins un » demanderait d'additionner les cas un, deux ou trois capteurs actifs : passer par le contraire évite ce découpage.