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Exercices corrigés — Logique, ensembles et raisonnement (Première)

Quatre niveaux de difficulté, du plus simple au plus exigeant. Chaque exercice a sa correction détaillée, étape par étape.

8 exercices, classés par difficulté croissante.

Exercice 1 Découverte

Pour chacun des nombres suivants, donner le plus petit des ensembles ℕ, ℤ, ℚ, ℝ auquel il appartient : a) −72 ; b) 16 ; c) 0,333… (le chiffre 3 se répétant indéfiniment) ; d) 5 ; e) 124 ; f) π − π.

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c'est la valeur du nombre qui compte, pas la forme sous laquelle il est écrit.
a) −72 = −3,5 n'est pas un entier, mais c'est un quotient de deux entiers : −72 ∈ ℚ, et −72 ∉ ℤ.
b) 16 = 4 : c'est un entier naturel, 16 ∈ ℕ, même si son écriture comporte une racine.
c) 0,333… = 13 (en effet 3 × 0,333… = 0,999… = 1). Ce nombre est rationnel : 0,333… ∈ ℚ. Tout nombre dont l'écriture décimale est périodique est rationnel.
d) 5 n'est pas un quotient d'entiers (résultat admis, comme pour 2) : 5 ∈ ℝ mais 5 ∉ ℚ. On dit que 5 est irrationnel.
e) 124 = 3 ∈ ℕ : une écriture fractionnaire peut désigner un entier.
f) π − π = 0 ∈ ℕ, bien que π soit irrationnel : la différence de deux irrationnels peut être un entier.

Exercice 2 Découverte

Écrire sous forme d'intervalle l'ensemble des réels x tels que −3 < x ≤ 5. Puis déterminer son intersection et sa réunion avec [2 ; 8[.

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la condition −3 < x exclut la borne −3 (crochet ouvert) et la condition x ≤ 5 inclut la borne 5 (crochet fermé) : l'ensemble est l'intervalle ]−3 ; 5].
Intersection : un réel appartient à ]−3 ; 5] ∩ [2 ; 8[ s'il vérifie à la fois −3 < x ≤ 5 et 2 ≤ x < 8, c'est-à-dire 2 ≤ x ≤ 5. Donc ]−3 ; 5] ∩ [2 ; 8[ = [2 ; 5]. Le 2 est inclus (il appartient aux deux intervalles) et le 5 aussi.
Réunion : un réel appartient à la réunion s'il est dans l'un au moins des deux intervalles ; les deux se recouvrent sur [2 ; 5], donc ]−3 ; 5] ∪ [2 ; 8[ = ]−3 ; 8[.
Sur une droite graduée, on colorie les deux intervalles l'un au-dessus de l'autre : l'intersection est la zone doublement coloriée, la réunion la zone coloriée au moins une fois.

Exercice 3 Application

I = ]−∞ ; 3] et J = [−1 ; +∞[. a) Déterminer IJ et IJ. b) Déterminer le complémentaire dans ℝ de IJ. c) Le réel 3 appartient-il à IJ ? À son complémentaire ?

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a) IJ est l'ensemble des réels vérifiant x ≤ 3 et x ≥ −1 : c'est l'intervalle [−1 ; 3]. IJ contient tous les réels : un réel inférieur ou égal à 3 est dans I, et un réel strictement supérieur à 3 est dans J (car il est alors supérieur à −1). Donc IJ = ℝ.
b) Le complémentaire de [−1 ; 3] dans ℝ est l'ensemble des réels qui n'y sont pas : ceux qui vérifient x < −1 ou x > 3, soit ]−∞ ; −1[ ∪ ]3 ; +∞[. Les bornes −1 et 3 sont exclues du complémentaire, puisqu'elles appartiennent à [−1 ; 3].
c) 3 vérifie −1 ≤ 3 ≤ 3, donc 3 ∈ IJ, et par conséquent 3 n'appartient pas au complémentaire. Un réel appartient toujours à exactement l'un des deux ensembles : la partie ou son complémentaire.

Exercice 4 Application

Donner la négation de la proposition : « pour tout réel x, x2x ». Cette proposition est-elle vraie ?

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la négation de « pour tout x, P(x) » est « il existe au moins un x tel que non P(x) », et la négation de x2x est x2 < x.
La négation est donc : « il existe au moins un réel x tel que x2 < x ». Il serait faux d'écrire « pour tout réel x, x2 < x », qui est une proposition beaucoup plus forte.
La proposition initiale est fausse : il suffit d'un contre-exemple. Pour x = 12, x2 = 14 et 14 < 12. Sa négation est donc vraie.
Plus précisément, x2 < x équivaut à x(x − 1) < 0, ce qui a lieu exactement pour 0 < x < 1 : l'inégalité x2x est vraie pour x ≤ 0 et pour x ≥ 1, fausse entre 0 et 1.

Exercice 5 Maîtrise

Pour x réel, étudier l'implication « x = 3 ⇒ x2 = 9 » et sa réciproque.

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l'implication « x = 3 ⇒ x2 = 9 » est vraie : si x = 3, alors x2 = 32 = 9, par simple remplacement.
Sa réciproque est « x2 = 9 ⇒ x = 3 ». Elle est fausse : x = −3 vérifie x2 = 9 sans vérifier x = 3. Un seul contre-exemple suffit pour établir qu'une implication est fausse.
Comme la réciproque est fausse, il n'y a pas d'équivalence entre x = 3 et x2 = 9. L'équivalence correcte est : x2 = 9 ⇔ (x = 3 ou x = −3).
Vocabulaire : x = 3 est une condition suffisante pour que x2 = 9, mais pas une condition nécessaire.

Exercice 6 Maîtrise

Démontrer que le carré d'un entier impair est impair.

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soit n un entier impair. Par définition, il existe un entier k tel que n = 2k + 1.
Alors n2 = (2k + 1)2 = 4k2 + 4k + 1, d'après l'identité (a + b)2 = a2 + 2ab + b2.
On factorise 2 dans les deux premiers termes : n2 = 2(2k2 + 2k) + 1. Le nombre m = 2k2 + 2k est un entier, donc n2 = 2m + 1 est impair.
Conclusion : le carré de tout entier impair est impair. La démonstration est directe : on part de l'hypothèse (n impair), on la traduit par sa définition, et l'on arrive à la conclusion par le calcul. Exemple : 7 = 2 × 3 + 1 et 49 = 2 × 24 + 1.

Exercice 7 Challenge

Soit n un entier. Démontrer que si n2 est pair, alors n est pair. On pourra raisonner par contraposée.

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une démonstration directe est difficile : de n2 = 2m, on ne tire pas directement une information sur n. On utilise la contraposée, qui a la même valeur de vérité que l'implication.
La contraposée de « n2 pair ⇒ n pair » est « n impair ⇒ n2 impair » (on nie la conclusion et l'hypothèse, et l'on inverse le sens).
Or cette contraposée est exactement ce qui a été démontré à l'exercice précédent : si n = 2k + 1, alors n2 = 2(2k2 + 2k) + 1 est impair.
La contraposée étant vraie, l'implication « si n2 est pair, alors n est pair » est vraie. Remarque : la réciproque « n pair ⇒ n2 pair » est vraie aussi (si n = 2k, n2 = 4k2 = 2 × 2k2) : on a donc l'équivalence « n pair ⇔ n2 pair ». C'est le point de départ de la démonstration classique de l'irrationalité de 2.

Exercice 8 Challenge

a) Résoudre dans ℝ l'équation x2 = 5x. Quelle erreur commet-on en divisant les deux membres par x ? b) L'implication « x > 2 ⇒ x2 > 4 » est-elle vraie pour tout réel x ? Et sa réciproque ? c) Écrire une équivalence correcte entre « x2 > 4 » et une condition sur x.

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a) x2 = 5xx2 − 5x = 0 ⇔ x(x − 5) = 0 ⇔ x = 0 ou x = 5. L'ensemble des solutions est {0 ; 5}. Chaque étape est une équivalence : on n'a ni perdu ni ajouté de solution.
Diviser par x suppose x ≠ 0 : on obtient x = 5, mais on a perdu la solution 0. La division n'est pas une équivalence ; on a seulement l'implication « x2 = 5x et x ≠ 0 ⇒ x = 5 ». Règle : ne jamais diviser par une expression qui peut s'annuler ; factoriser à la place.
b) Si x > 2, alors x est strictement positif et x × x > 2 × 2, soit x2 > 4 (on multiplie membre à membre deux inégalités entre nombres positifs). L'implication est vraie. Sa réciproque « x2 > 4 ⇒ x > 2 » est fausse : x = −3 donne 9 > 4 alors que −3 < 2.
c) x2 > 4 ⇔ x2 − 4 > 0 ⇔ (x − 2)(x + 2) > 0 ⇔ x < −2 ou x > 2 (un produit de deux facteurs est strictement positif quand ils sont de même signe). On peut aussi écrire x2 > 4 ⇔ |x| > 2.