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Exercices corrigés — Calcul intégral (Terminale)

Quatre niveaux de difficulté, du plus simple au plus exigeant. Chaque exercice a sa correction détaillée, étape par étape.

8 exercices, classés par difficulté croissante.

Exercice 1 Découverte

Calculer ∫1e (2x + 1x) dx.

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sur [1 ; e], la fonction x ↦ 2x + 1x est continue. Une primitive est F(x) = x2 + ln x : en effet (x2)' = 2x et (ln x)' = 1x sur ]0 ; +∞[.
1e (2x + 1x) dx = [x2 + ln x]1e = F(e) − F(1) = (e2 + ln e) − (12 + ln 1) = (e2 + 1) − (1 + 0) = e2.
L'intégrale vaut e2 ≈ 7,39. Comme la fonction est positive sur [1 ; e], c'est aussi l'aire, en unités d'aire, du domaine situé sous la courbe entre les abscisses 1 et e.

Exercice 2 Découverte

Calculer J = ∫01 2xex2 dx et K = ∫02 xx2 + 1 dx.

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J : l'intégrande est de la forme u'eu avec u(x) = x2, u' = 2x. Une primitive est ex2. Donc J = [ex2]01 = e1 − e0 = e − 1 ≈ 1,72.
K : on fait apparaître u'/u avec u(x) = x2 + 1 > 0 et u' = 2x : xx2 + 1 = (12) × 2x/(x2 + 1). Une primitive est (12) ln(x2 + 1), sans valeur absolue puisque x2 + 1 > 0.
K = [(12) ln(x2 + 1)]02 = (12) ln 5 − (12) ln 1 = ln 52 ≈ 0,80.
Dans les deux cas, on vérifie la primitive en la dérivant avant de remplacer les bornes ; le facteur 12 de K compense le 2 de u'.

Exercice 3 Application

Calculer l'aire du domaine compris entre la parabole d'équation y = 4 − x2 et l'axe des abscisses.

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la parabole coupe l'axe des abscisses lorsque 4 − x2 = 0, soit x = −2 ou x = 2. Entre ces deux valeurs, 4 − x2 > 0 (par exemple 4 − 0 = 4 en 0) : la courbe est au-dessus de l'axe, et l'aire est égale à l'intégrale.
Aire = ∫−22 (4 − x2) dx = [4xx33]−22 = (8 − 83) − (−8 + 83) = 16 − 163 = 323.
L'aire vaut 323 ≈ 10,67 unités d'aire. La fonction étant paire, on pouvait calculer 2 × ∫02 (4 − x2) dx = 2 × (8 − 83) = 2 × 163 = 323. Ce résultat illustre la formule d'Archimède : l'aire sous une parabole vaut les deux tiers du rectangle qui la contient, ici (23) × 4 × 4 = 323.

Exercice 4 Application

Calculer l'aire du domaine délimité par les courbes d'équations y = x2 et y = 2x.

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on cherche d'abord les points d'intersection : x2 = 2xx2 − 2x = 0 ⇔ x(x − 2) = 0 ⇔ x = 0 ou x = 2. Les courbes se coupent en (0 ; 0) et (2 ; 4).
Position relative sur [0 ; 2] : pour x = 1, 2x = 2 > 1 = x2, et plus généralement 2xx2 = x(2 − x) ≥ 0 sur [0 ; 2]. La droite est donc au-dessus de la parabole sur cet intervalle.
L'aire entre deux courbes est l'intégrale de la différence « courbe du dessus moins courbe du dessous » : Aire = ∫02 (2xx2) dx = [x2x33]02 = (4 − 83) − 0 = 43.
L'aire vaut 43 unités d'aire. Si l'on avait intégré x2 − 2x, on aurait obtenu −43 : le signe négatif signale que l'ordre des courbes a été inversé.

Exercice 5 Maîtrise

La vitesse d'un mobile, en m/s, est v(t) = 3t2 − 12t + 12 pour t ∈ [0 ; 4] (en secondes). a) Vérifier que v(t) = 3(t − 2)2 et interpréter. b) Calculer la distance parcourue ∫04 v(t) dt. c) Calculer la vitesse moyenne sur [0 ; 4] et déterminer les instants où elle est atteinte.

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a) 3(t − 2)2 = 3(t2 − 4t + 4) = 3t2 − 12t + 12 = v(t). La vitesse est donc toujours positive ou nulle, et s'annule à l'instant t = 2 : le mobile ralentit jusqu'à s'arrêter en t = 2, puis accélère à nouveau.
b) La distance parcourue est l'intégrale de la vitesse : ∫04 (3t2 − 12t + 12) dt = [t3 − 6t2 + 12t]04 = 64 − 96 + 48 = 16. Le mobile parcourt 16 m.
c) La vitesse moyenne est la valeur moyenne de v : (14 − 0) × 16 = 4 m/s. C'est la vitesse constante qui ferait parcourir la même distance dans le même temps.
Théorème de la moyenne : v étant continue, il existe c ∈ [0 ; 4] tel que v(c) = 4. On résout 3(t − 2)2 = 4, soit (t − 2)2 = 43 et t = 2 ± 23, c'est-à-dire t ≈ 0,85 s ou t ≈ 3,15 s : la vitesse instantanée égale la vitesse moyenne à deux instants.

Exercice 6 Maîtrise

Calculer I = ∫01 x cos(x) dx.

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l'intégrande est un produit d'un polynôme par une fonction trigonométrique : on intègre par parties en dérivant le polynôme. Posons u(x) = x et v'(x) = cos x, donc u'(x) = 1 et v(x) = sin x. Ces fonctions sont dérivables et leurs dérivées continues sur [0 ; 1].
Formule : ∫01 uv' = [uv]01 − ∫01 u'v. Donc I = [x sin x]01 − ∫01 sin x dx.
Le terme de bord vaut 1 × sin 1 − 0 = sin 1. La nouvelle intégrale vaut [−cos x]01 = −cos 1 + cos 0 = 1 − cos 1.
I = sin 1 − (1 − cos 1) = sin 1 + cos 1 − 1 ≈ 0,841 + 0,540 − 1 = 0,381. Attention : ici 1 désigne un angle de 1 radian. On peut vérifier la cohérence : sur [0 ; 1], 0 ≤ x cos x ≤ 1, donc 0 ≤ I ≤ 1.

Exercice 7 Challenge

a) Calculer I = ∫1e x ln(x) dx à l'aide d'une intégration par parties. b) En déduire la valeur moyenne de xx ln x sur [1 ; e].

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a) On dérive le logarithme, que l'on ne sait pas intégrer directement, et l'on intègre x : u(x) = ln x, u'(x) = 1x ; v'(x) = x, v(x) = x22. Ces fonctions ont des dérivées continues sur [1 ; e].
I = [(x22) ln x]1e − ∫1e (x22) × (1x) dx = (e22) ln e − (12) ln 1 − ∫1e x2 dx.
Le terme de bord vaut e22. La nouvelle intégrale vaut [x24]1e = e2414. Donc I = e22e24 + 14 = e2 + 14 ≈ 2,10.
b) La valeur moyenne sur [1 ; e] est Ie − 1 = (e2 + 1)/[4(e − 1)] ≈ 2,0971,718 ≈ 1,22. Cohérence : la fonction x ln x croît de 0 (en 1) à e ≈ 2,72 (en e), et sa moyenne 1,22 est bien comprise entre ces valeurs.

Exercice 8 Challenge

Soit F(x) = ∫0x et2 dt. Étudier les variations de F sur ℝ et préciser le signe de F(x).

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la fonction t ↦ et2 est continue sur ℝ. D'après le théorème fondamental, F est l'unique primitive de cette fonction qui s'annule en 0 : F est dérivable sur ℝ et F'(x) = ex2.
Or ex2 > 0 pour tout réel x : F' est strictement positive, donc F est strictement croissante sur ℝ.
Signe : F(0) = ∫00 et2 dt = 0. Comme F est strictement croissante, F(x) < 0 pour x < 0 et F(x) > 0 pour x > 0. Pour x > 0, F(x) est l'aire sous la courbe en cloche entre 0 et x.
On a répondu sans connaître d'expression explicite de F : la fonction et2 n'a pas de primitive exprimable avec les fonctions usuelles, mais le théorème fondamental garantit son existence et donne sa dérivée. Un encadrement est possible : sur [0 ; x], ex2 ≤ et2 ≤ 1, donc xex2F(x) ≤ x pour x > 0.