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Exercices corrigés — Ensembles, logique et raisonnement (Seconde)

Quatre niveaux de difficulté, du plus simple au plus exigeant. Chaque exercice a sa correction détaillée, étape par étape.

8 exercices, classés par difficulté croissante.

Exercice 1 Découverte

Soit A = {−2 ; 0 ; 2 ; 4} et B = {0 ; 1 ; 2}. Déterminer A ∩ B, A ∪ B et Card(A × B).

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A ∩ B rassemble les éléments communs aux deux ensembles : 0 et 2 sont dans A et dans B, alors que −2 et 4 ne sont pas dans B et que 1 n'est pas dans A. Donc A ∩ B = {0 ; 2}.
A ∪ B rassemble les éléments qui sont dans A ou dans B, chacun écrit une seule fois : A ∪ B = {−2 ; 0 ; 1 ; 2 ; 4}. On vérifie la formule Card(A ∪ B) = Card(A) + Card(B) − Card(A ∩ B) = 4 + 3 − 2 = 5.
A × B est l'ensemble des couples (a ; b) avec a dans A et b dans B : chaque élément de A peut être associé à chacun des 3 éléments de B, ce qui donne Card(A × B) = 4 × 3 = 12 couples, par exemple (−2 ; 0), (−2 ; 1), …, (4 ; 2).
Attention : (0 ; 2) et (2 ; 0) sont deux couples différents de A × B, alors que {0 ; 2} est un seul ensemble.

Exercice 2 Découverte

Pour chacun des nombres suivants, donner le plus petit des ensembles ℕ, ℤ, 𝔻, ℚ, ℝ auquel il appartient : a) −72 ; b) 0,75 ; c) 25 ; d) 43 ; e) 3 ; f) 10−2.

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on regarde la valeur du nombre, pas la forme sous laquelle il est écrit.
a) −72 = −3,5 : écriture décimale finie, mais ce n'est pas un entier ; −72 ∈ 𝔻. (Il est aussi dans ℚ et ℝ, mais 𝔻 est le plus petit.)
b) 0,75 a une écriture décimale finie : 0,75 ∈ 𝔻. C'est aussi 34.
c) 25 = 5 : c'est un entier naturel, 25 ∈ ℕ.
d) 43 = 1,333… : l'écriture décimale ne s'arrête jamais, donc 43 ∉ 𝔻 ; c'est un quotient d'entiers, 43 ∈ ℚ.
e) 3 n'est pas un quotient d'entiers (nombre irrationnel, comme 2) : 3 ∈ ℝ mais 3 ∉ ℚ.
f) 10−2 = 0,01 : écriture décimale finie, 10−2 ∈ 𝔻. Rappel des inclusions : ℕ ⊂ ℤ ⊂ 𝔻 ⊂ ℚ ⊂ ℝ.

Exercice 3 Application

Donner la négation de : a) « x > −2 et x ≤ 5 » ; b) « tous les élèves ont réussi ».

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a) La négation de « P et Q » est « non P ou non Q ». La négation de x > −2 est x ≤ −2, celle de x ≤ 5 est x > 5. Donc la négation est : « x ≤ −2 ou x > 5 ».
Interprétation : la proposition de départ signifie x ∈ ]−2 ; 5] ; sa négation signifie que x est en dehors de cet intervalle, d'un côté ou de l'autre. Le « ou » est indispensable : un réel ne peut pas être à la fois inférieur à −2 et supérieur à 5.
b) La négation de « tous les éléments ont la propriété P » est « il existe au moins un élément qui n'a pas P » : « il existe au moins un élève qui n'a pas réussi ».
Il serait faux de dire « aucun élève n'a réussi » : pour contredire « tous », un seul contre-exemple suffit.

Exercice 4 Application

Dans E = {1 ; 2 ; 3 ; 4 ; 5 ; 6 ; 7 ; 8}, on note A l'ensemble des nombres pairs de E et B l'ensemble des multiples de 3 de E. a) Écrire A et B en extension. b) Déterminer A ∩ B, A ∪ B, E \ A et E \ (A ∪ B). c) Vérifier la formule Card(A ∪ B) = Card(A) + Card(B) − Card(A ∩ B).

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a) A = {2 ; 4 ; 6 ; 8} et B = {3 ; 6}.
b) A ∩ B = {6}, seul nombre de E à la fois pair et multiple de 3. A ∪ B = {2 ; 3 ; 4 ; 6 ; 8}, le 6 n'étant écrit qu'une fois. E \ A est l'ensemble des éléments de E qui ne sont pas dans A : les impairs, {1 ; 3 ; 5 ; 7}. E \ (A ∪ B) = {1 ; 5 ; 7} : les nombres de E ni pairs ni multiples de 3.
c) Card(A) = 4, Card(B) = 2, Card(A ∩ B) = 1, donc Card(A) + Card(B) − Card(A ∩ B) = 4 + 2 − 1 = 5 = Card(A ∪ B). En additionnant 4 et 2, l'élément 6 est compté deux fois ; on le retranche une fois.
Remarque : Card(E \ (A ∪ B)) = 8 − 5 = 3, cohérent avec {1 ; 5 ; 7}.

Exercice 5 Maîtrise

Dire si chaque proposition est vraie ou fausse, en justifiant : a) pour tout réel x, x2 ≥ 0 ; b) il existe un entier n tel que n2 = 10 ; c) pour tout entier naturel n, n2 + n est pair ; d) il existe un réel x tel que x2 < 0.

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a) Vraie. Le carré d'un réel est le produit de deux nombres de même signe (ou nul), donc il est positif ou nul. Une propriété universelle se démontre par un raisonnement général, pas par des exemples.
b) Fausse. Les carrés des entiers voisins sont 32 = 9 et 42 = 16 : aucun entier n'a pour carré 10, car les carrés d'entiers augmentent et sautent de 9 à 16. Pour réfuter une existence, il faut vérifier qu'aucun élément ne convient.
c) Vraie. n2 + n = n(n + 1) est le produit de deux entiers consécutifs, dont l'un est pair ; un produit ayant un facteur pair est pair. On peut aussi raisonner par disjonction de cas : si n est pair, n2 et n sont pairs, leur somme aussi ; si n est impair, n2 et n sont impairs, et une somme de deux impairs est paire.
d) Fausse. C'est la négation de a), qui est vraie : aucun réel n'a un carré strictement négatif. Une proposition et sa négation ont toujours des valeurs de vérité opposées.

Exercice 6 Maîtrise

La proposition « si x2 = 9, alors x = 3 » est-elle vraie ? Proposer une proposition correcte.

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la proposition affirme que tout réel dont le carré vaut 9 est égal à 3. Elle est fausse : x = −3 vérifie (−3)2 = 9 mais −3 ≠ 3. Un seul contre-exemple suffit à réfuter une implication.
En revanche, la réciproque « si x = 3, alors x2 = 9 » est vraie : il suffit de remplacer x par 3.
Proposition correcte : x2 = 9 ⇔ (x = 3 ou x = −3). Les deux nombres 3 et −3 sont exactement ceux dont le carré vaut 9, car x2 − 9 = (x − 3)(x + 3) s'annule si et seulement si l'un des facteurs est nul.
Moralité : « passer à la racine carrée » dans une équation ne donne pas une seule valeur mais deux, opposées, lorsque le second membre est strictement positif.

Exercice 7 Challenge

On considère l'implication : « pour tout réel x, si x > 3, alors x2 > 9 ». a) Est-elle vraie ? b) Énoncer sa réciproque ; est-elle vraie ? c) Énoncer sa contraposée ; est-elle vraie ? d) Écrire une équivalence correcte entre x2 > 9 et une condition sur x.

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a) Vraie : si x > 3, alors x est strictement positif et x × x > 3 × 3 (on multiplie membre à membre deux inégalités entre nombres strictement positifs), donc x2 > 9.
b) Réciproque : « si x2 > 9, alors x > 3 ». Elle est fausse : x = −4 donne x2 = 16 > 9 alors que −4 < 3.
c) Contraposée : « si x2 ≤ 9, alors x ≤ 3 ». Elle a la même valeur de vérité que l'implication de départ, donc elle est vraie. On peut le voir directement : si x > 3, on aurait x2 > 9 d'après a), ce qui contredit x2 ≤ 9.
d) x2 > 9 ⇔ (x > 3 ou x < −3). En effet x2 − 9 = (x − 3)(x + 3) est strictement positif quand les deux facteurs sont de même signe, c'est-à-dire pour x > 3 (les deux positifs) ou x < −3 (les deux négatifs). Vocabulaire : x > 3 est une condition suffisante, mais pas nécessaire, pour avoir x2 > 9.

Exercice 8 Challenge

Démontrer : « si le carré d'un entier est pair, alors cet entier est pair », à l'aide de la contraposée.

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démontrer directement est difficile : de « n2 est pair », on ne tire pas immédiatement la parité de n. On démontre plutôt la contraposée, qui a la même valeur de vérité : « si n est impair, alors n2 est impair ».
Soit n un entier impair. Par définition, il existe un entier k tel que n = 2k + 1. Alors n2 = (2k + 1)2 = 4k2 + 4k + 1 = 2(2k2 + 2k) + 1.
Le nombre 2k2 + 2k est un entier, donc n2 est de la forme 2q + 1 : il est impair.
La contraposée est vraie, donc l'implication de départ est vraie : si n2 est pair, alors n est pair. Comme la réciproque (« si n est pair, alors n2 est pair ») est aussi vraie, on a l'équivalence : n2 est pair ⇔ n est pair.