Aller au contenu

Ensembles, logique et raisonnement — cours de Seconde

Ensembles et appartenance, Inclusion, réunion, intersection et complémentaire, Couples et produit cartésien, Propositions, négation et connecteurs Lecture ≈ 5 min.

Le vocabulaire ensembliste et logique est transversal : il sert dans tous les chapitres. Une notation précise évite les ambiguïtés et permet de rédiger des raisonnements courts.

1. Ensembles et appartenance

Définitions
  • Un ensemble est une collection d'objets, appelés ses éléments.
  • x appartient à E s'écrit x ∈ E. Le contraire s'écrit x ∉ E.
  • L'ensemble qui ne contient aucun élément est l'ensemble vide, noté .
  • Un ensemble fini peut être donné en extension : A = {1 ; 3 ; 5}.
  • Son cardinal, noté Card(A), est son nombre d'éléments. Ici Card(A) = 3.
Ensembles de nombres
NotationNomExemples et description
entiers naturels0 ; 1 ; 2 ; 3 ; ...
entiers relatifs... ; −2 ; −1 ; 0 ; 1 ; 2 ; ...
𝔻nombres décimauxécriture décimale finie : 2,75 ; −0,04 ; 7
nombres rationnelsquotients ab avec a ∈ ℤ, b ∈ ℤ et b ≠ 0
nombres réelstoutes les abscisses de la droite numérique, dont 2 et π

On a les inclusions : ℕ ⊂ ℤ ⊂ 𝔻 ⊂ ℚ ⊂ ℝ.

Exemple résolu

Classer −4 ; 0,125 ; 23 ; 9 ; 2 dans le plus petit ensemble possible.

  1. −4 est entier relatif mais pas naturel : −4 ∈ ℤ.
  2. 0,125 a une écriture décimale finie : 0,125 ∈ 𝔻.
  3. 23 est rationnel et son écriture décimale n'est pas finie : 23 ∈ ℚ.
  4. 9 = 3, donc 9 ∈ ℕ.
  5. 2 est irrationnel : 2 ∈ ℝ mais 2 ∉ ℚ.

2. Inclusion, réunion, intersection et complémentaire

Définitions
  • A est un sous-ensemble de E, ou A est inclus dans E, si tout élément de A appartient à E. On écrit A ⊂ E.
  • A ∩ B est l'intersection : les éléments appartenant à A et à B.
  • A ∪ B est la réunion : les éléments appartenant à A ou à B, éventuellement aux deux.
  • Le complémentaire de A dans E, noté E \ A (ou Ā en probabilités), contient les éléments de E qui ne sont pas dans A.
Exemple résolu

Dans E = {1 ; 2 ; 3 ; 4 ; 5 ; 6}, on pose A = {2 ; 4 ; 6} et B = {2 ; 3 ; 5}.

  • A ∩ B = {2}, car 2 est le seul élément commun.
  • A ∪ B = {2 ; 3 ; 4 ; 5 ; 6}. On n'écrit 2 qu'une seule fois.
  • E \ A = {1 ; 3 ; 5}.
  • Card(A ∪ B) = Card(A) + Card(B) − Card(A ∩ B) = 3 + 3 − 1 = 5.

3. Couples et produit cartésien

Définition

Le produit cartésien A × B est l'ensemble des couples (a ; b) tels que a ∈ A et b ∈ B. L'ordre compte : en général (a ; b) ≠ (b ; a).

Exemple

Si A = {1 ; 2} et B = {a ; b ; c}, alors A × B = {(1 ; a) ; (1 ; b) ; (1 ; c) ; (2 ; a) ; (2 ; b) ; (2 ; c)}. Il contient 2 × 3 = 6 couples.

4. Propositions, négation et connecteurs

Définitions

Une proposition mathématique est une phrase dont on peut décider si elle est vraie ou fausse.

  • « P et Q » est vraie seulement si P et Q sont toutes deux vraies.
  • « P ou Q » est vraie si au moins l'une des deux est vraie. En mathématiques, ce « ou » est inclusif.
  • La négation de P est la proposition « non P », vraie exactement quand P est fausse.
Négations utiles
PropositionNégation
x = 3x ≠ 3
x < 3x ≥ 3
x ≤ 3x > 3
x ∈ A ∩ Bx ∉ A ou x ∉ B
x ∈ A ∪ Bx ∉ A et x ∉ B

5. Implication, réciproque, contraposée et équivalence

Définitions
  • « Si P, alors Q » est une implication, notée P ⇒ Q. P est une condition suffisante pour Q ; Q est nécessaire pour P.
  • Sa réciproque est Q ⇒ P. Elle peut être fausse même si l'implication est vraie.
  • Sa contraposée est « non Q ⇒ non P ». Elle a toujours la même valeur de vérité que P ⇒ Q.
  • Si P ⇒ Q et Q ⇒ P sont vraies, on a une équivalence P ⇔ Q : « P si et seulement si Q ».
Exemple résolu

Implication : « Si n est multiple de 4, alors n est pair. » Elle est vraie, car n = 4k = 2(2k).

Réciproque : « Si n est pair, alors n est multiple de 4. » Elle est fausse : n = 6 est un contre-exemple.

Contraposée : « Si n n'est pas pair, alors n n'est pas multiple de 4. » Elle est vraie.

6. Quantification en langage courant et raisonnements

Vocabulaire
  • « Pour tout réel x, ... » affirme une propriété universelle.
  • « Il existe au moins un réel x tel que ... » affirme une existence.
  • La négation de « tous les éléments ont P » est « il existe au moins un élément qui n'a pas P ».
  • La négation de « il existe un élément ayant P » est « aucun élément n'a P ».

Limite du programme : les symboles formels de quantification ne sont pas exigibles en Seconde ; on privilégie les formulations en français.

Méthodes de preuve
  • Preuve directe : partir des hypothèses et enchaîner des propriétés justifiées.
  • Contre-exemple : un seul cas contraire suffit à réfuter une affirmation universelle.
  • Disjonction de cas : examiner tous les cas possibles, par exemple n pair ou n impair.
  • Raisonnement par l'absurde : supposer le contraire du résultat, puis obtenir une contradiction.
Exemple de disjonction des cas

Montrons que n(n + 1) est pair pour tout entier n.

  • Si n est pair, n = 2k, donc n(n + 1) = 2k(n + 1), qui est pair.
  • Si n est impair, n = 2k + 1, alors n + 1 = 2(k + 1), donc n(n + 1) = 2n(k + 1), qui est pair.

Les deux cas couvrent tous les entiers : la propriété est démontrée.

Erreurs fréquentes
  • Confondre ∈ et ⊂ : 2 ∈ ℕ, tandis que {2} ⊂ ℕ.
  • Croire que « ou » exclut le cas où les deux propriétés sont vraies.
  • Prendre la réciproque pour une conséquence automatique.
  • Essayer de prouver une règle générale avec quelques exemples : des exemples illustrent, ils ne démontrent pas.