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Exercices corrigés — Suites et raisonnement par récurrence (Terminale)

Quatre niveaux de difficulté, du plus simple au plus exigeant. Chaque exercice a sa correction détaillée, étape par étape.

8 exercices, classés par difficulté croissante.

Exercice 1 Découverte

u0 = 3 et un+1 = 2un − 4 pour tout n ∈ ℕ. a) Calculer u1, u2, u3. b) Conjecturer le sens de variation de (un). c) Démontrer par récurrence que, pour tout n ∈ ℕ, un = 4 − 2n.

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a) u1 = 2u0 − 4 = 6 − 4 = 2 ; u2 = 2 × 2 − 4 = 0 ; u3 = 2 × 0 − 4 = −4.
b) Les termes calculés diminuent : on conjecture que la suite est décroissante. Ce n'est qu'une conjecture ; la formule du c) la confirmera, puisque 2n croît.
c) Notons P(n) la propriété : « un = 4 − 2n ».

Initialisation. Pour n = 0 : 4 − 20 = 4 − 1 = 3 = u0. P(0) est donc vraie.

Hérédité. Soit k ∈ ℕ. On suppose P(k) vraie, c'est-à-dire uk = 4 − 2k. Démontrons qu'elle est alors vraie au rang k + 1, c'est-à-dire uk+1 = 4 − 2k+1.
Par définition de la suite, uk+1 = 2uk − 4. En remplaçant uk grâce à l'hypothèse de récurrence : uk+1 = 2(4 − 2k) − 4 = 8 − 2 × 2k − 4 = 4 − 2k+1. La propriété est vraie au rang k + 1.

Conclusion. P(0) est vraie et P se transmet d'un rang au suivant. Le principe de récurrence donne alors, pour tout n ∈ ℕ : un = 4 − 2n. Vérification : u3 = 4 − 8 = −4, conforme au calcul direct.

Exercice 2 Découverte

Démontrer par récurrence que 2nn + 1 pour tout entier n ≥ 0.

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notons P(n) la propriété : « 2nn + 1 ».

Initialisation. Pour n = 0 : 20 = 1 et 0 + 1 = 1, donc 20 ≥ 0 + 1. P(0) est donc vraie.

Hérédité. Soit k ∈ ℕ. On suppose P(k) vraie, c'est-à-dire 2kk + 1. Démontrons qu'elle est alors vraie au rang k + 1, c'est-à-dire 2k+1k + 2.
En multipliant l'hypothèse de récurrence par 2, strictement positif, ce qui conserve le sens de l'inégalité : 2 × 2k ≥ 2(k + 1), soit 2k+1 ≥ 2k + 2.
Or (2k + 2) − (k + 2) = k ≥ 0, donc 2k + 2 ≥ k + 2.
Par transitivité, 2k+1k + 2 = (k + 1) + 1 : la propriété est vraie au rang k + 1.

Conclusion. P(0) est vraie et P se transmet d'un rang au suivant. Le principe de récurrence donne alors, pour tout n ∈ ℕ : 2nn + 1.

Exercice 3 Application

Démontrer par récurrence que, pour tout entier n ≥ 1 : 12 + 22 + … + n2 = n(n + 1)2n + 16.

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notons P(n) la propriété : « 12 + 22 + … + n2 = n(n + 1)2n + 16 », définie pour n ≥ 1.

Initialisation. Pour n = 1, le membre de gauche vaut 12 = 1 et le membre de droite 1 × 2 × 36 = 1. P(1) est donc vraie.

Hérédité. Soit k un entier tel que k ≥ 1. On suppose P(k) vraie, c'est-à-dire 12 + … + k2 = k(k + 1)2k + 16. Démontrons que P(k + 1) est vraie, c'est-à-dire 12 + … + (k + 1)2 = (k + 1)(k + 2)2k + 36.
12 + … + k2 + (k + 1)2 = k(k + 1)2k + 16 + (k + 1)2 d'après l'hypothèse de récurrence.
On factorise par k + 16 : la somme vaut (k + 1)[k(2k + 1) + 6(k + 1)]/6 = (k + 1)2k2 + 7k + 66.
Or (k + 2)(2k + 3) = 2k2 + 3k + 4k + 6 = 2k2 + 7k + 6. La somme vaut donc (k + 1)(k + 2)2k + 36, qui est bien l'expression attendue au rang k + 1 : en remplaçant n par k + 1 dans la formule, on obtient (k + 1)((k + 1) + 1)2(k + 1) + 16.

Conclusion. P(1) est vraie et P se transmet d'un rang au suivant. Le principe de récurrence donne alors, pour tout entier n ≥ 1 : 12 + 22 + … + n2 = n(n + 1)2n + 16. Vérification : pour n = 3, 1 + 4 + 9 = 14 et 3 × 4 × 76 = 14.

Exercice 4 Application

u0 = 4 et un+1 = 0,6un + 8. Donner un explicitement.

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la suite est arithmético-géométrique : un+1 = aun + b avec a = 0,6 et b = 8. On cherche le point fixe ℓ vérifiant ℓ = 0,6ℓ + 8 : 0,4ℓ = 8, donc ℓ = 20.
Posons vn = un − 20. Alors vn+1 = un+1 − 20 = 0,6un + 8 − 20 = 0,6un − 12 = 0,6(un − 20) = 0,6vn : la suite (vn) est géométrique de raison 0,6 et de premier terme v0 = u0 − 20 = 4 − 20 = −16.
Donc vn = −16 × 0,6n, puis un = vn + 20 = 20 − 16 × 0,6n pour tout n ∈ ℕ.
Vérification : u0 = 20 − 16 = 4 et u1 = 20 − 9,6 = 10,4 ; par la relation de récurrence, u1 = 0,6 × 4 + 8 = 10,4.

Exercice 5 Maîtrise

u0 = 0 et un+1 = 6 + un. a) Démontrer par récurrence que, pour tout n ∈ ℕ, 0 ≤ un ≤ 3. b) Démontrer que la suite (un) est croissante.

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a) Notons P(n) la propriété : « 0 ≤ un ≤ 3 ».

Initialisation. u0 = 0 et 0 ≤ 0 ≤ 3. P(0) est donc vraie.

Hérédité. Soit k ∈ ℕ. On suppose P(k) vraie, c'est-à-dire 0 ≤ uk ≤ 3. Démontrons qu'elle est alors vraie au rang k + 1, c'est-à-dire 0 ≤ uk+1 ≤ 3.
En ajoutant 6 à chaque membre de l'hypothèse de récurrence : 6 ≤ 6 + uk ≤ 9. La fonction racine carrée est croissante sur [0 ; +∞[, donc 66 + uk9, c'est-à-dire 6uk+1 ≤ 3. Comme 6 ≥ 0, on obtient 0 ≤ uk+1 ≤ 3 : P(k + 1) est vraie.

Conclusion. P(0) est vraie et P se transmet d'un rang au suivant. Le principe de récurrence donne alors, pour tout n ∈ ℕ : 0 ≤ un ≤ 3.

b) Montrons par récurrence la propriété Q(n) : « unun+1 ». Initialisation : u0 = 0 et u1 = 6 ≈ 2,45, donc u0u1 et Q(0) est vraie. Hérédité : soit k ∈ ℕ tel que ukuk+1. Alors 6 + uk ≤ 6 + uk+1 ; ces deux nombres sont positifs d'après a), et la racine carrée est croissante sur [0 ; +∞[, donc 6 + uk6 + uk+1, soit uk+1uk+2 : Q(k + 1) est vraie. Conclusion : pour tout n ∈ ℕ, unun+1, la suite est croissante. Elle est de plus majorée par 3 : le chapitre suivant montrera qu'elle converge.

Exercice 6 Maîtrise

vn = n2 − 6n + 10 pour tout n ∈ ℕ. Étudier les variations de (vn).

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on étudie le signe de vn+1vn. D'abord vn+1 = (n + 1)2 − 6(n + 1) + 10 = n2 + 2n + 1 − 6n − 6 + 10 = n2 − 4n + 5.
Donc vn+1vn = (n2 − 4n + 5) − (n2 − 6n + 10) = 2n − 5.
2n − 5 < 0 si et seulement si n < 2,5, c'est-à-dire pour n = 0, 1, 2 ; et 2n − 5 > 0 pour tout n ≥ 3.
La suite est donc strictement décroissante de v0 à v3 (v0 = 10, v1 = 5, v2 = 2, v3 = 1), puis strictement croissante à partir du rang 3 (v4 = 2, v5 = 5…). Elle n'est pas monotone sur ℕ ; son minimum est v3 = 1. On le retrouve avec la fonction f(x) = x2 − 6x + 10, dont le minimum est atteint en x = 3.

Exercice 7 Challenge

Étudier les variations de wn = n2n pour n ≥ 1.

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pour n ≥ 1, wn = n2n > 0 : on peut comparer le quotient wn+1/wn à 1.
wn+1/wn = [n + 12n+1] × [2n/n] = n + 12n.
n + 12n ≤ 1 équivaut à n + 1 ≤ 2n, soit n ≥ 1, avec égalité seulement pour n = 1. Donc w2 = w1 (en effet w1 = 12 et w2 = 24 = 12), puis, pour n ≥ 2, wn+1/wn < 1 et wn+1 < wn.
La suite est décroissante sur ℕ*, et strictement décroissante à partir du rang 2. Premiers termes : 12 ; 12 ; 38 ; 14 ; 532… Elle tend vers 0 par croissances comparées.

Exercice 8 Challenge

Une ville compte 50 000 habitants en 2024. Chaque année, sa population diminue de 4 %, puis 1 800 nouveaux habitants s'installent. On note pn la population en 2024 + n, donc p0 = 50 000. a) Exprimer pn+1 en fonction de pn et calculer p1. b) On pose qn = pn − 45 000. Montrer que (qn) est géométrique. c) En déduire l'expression de pn et le sens de variation de (pn). d) Vers quelle valeur la population semble-t-elle tendre ?

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a) Diminuer de 4 %, c'est multiplier par 1 − 0,04 = 0,96 ; puis on ajoute 1 800 : pn+1 = 0,96pn + 1 800. p1 = 0,96 × 50 000 + 1 800 = 48 000 + 1 800 = 49 800 habitants.
b) qn+1 = pn+1 − 45 000 = 0,96pn + 1 800 − 45 000 = 0,96pn − 43 200 = 0,96(pn − 45 000) = 0,96qn. La suite (qn) est géométrique de raison 0,96 et de premier terme q0 = 50 000 − 45 000 = 5 000. Le nombre 45 000 est le point fixe : 0,96 × 45 000 + 1 800 = 45 000.
c) qn = 5 000 × 0,96n, donc pn = 45 000 + 5 000 × 0,96n. Comme 0 < 0,96 < 1, la suite (0,96n) est décroissante, et 5 000 > 0 : (pn) est décroissante. Directement : pn+1pn = 5 000 × 0,96n × (0,96 − 1) = −200 × 0,96n < 0.
d) 0,96n tend vers 0 quand n tend vers +∞ (suite géométrique de raison comprise entre −1 et 1), donc pn tend vers 45 000. La population diminue en se rapprochant de 45 000 habitants sans jamais passer en dessous : pn > 45 000 pour tout n.