Fonction logarithme népérien — cours de Terminale
Définition et relation avec l'exponentielle, Propriétés algébriques, Dérivée, variations et limites, Limites de référence et croissances comparées Lecture ≈ 4 min.
1. Définition et relation avec l'exponentielle
La fonction exponentielle est continue et strictement croissante de ℝ sur ]0 ; +∞[. Sa fonction réciproque est le logarithme népérien, noté ln. Pour x > 0 et y réel :
ln(x) = y ⇔ ey = x.
- ln(1) = 0 ; ln(e) = 1.
- eln(x) = x pour x > 0.
- ln(ex) = x pour tout réel x.
- ln est strictement croissante sur ]0 ; +∞[.
2. Propriétés algébriques
Pour a > 0, b > 0 et r réel :
- ln(ab) = ln(a) + ln(b) ;
- ln(ab) = ln(a) − ln(b) ;
- ln(1a) = −ln(a) ;
- ln(an) = n ln(a) pour tout entier n, et plus généralement ln(ar) = r ln(a) quand la puissance réelle est définie.
Posons x = ln(a) et y = ln(b). Alors a = ex et b = ey. Donc ab = ex+y, d'où ln(ab) = x + y = ln(a) + ln(b).
Simplifier ln(12) − ln(3) + 2ln(5) : ln(123) + ln(52) = ln(4) + ln(25) = ln(100) = 2ln(10).
3. Dérivée, variations et limites
La fonction ln est dérivable sur ]0 ; +∞[ et :
(ln x)' = 1x.
Plus généralement, si u est dérivable et strictement positive, (ln u)' = u'/u.
Pour x > 0, eln(x) = x. En dérivant la composée : ln'(x)eln(x) = 1. Or eln(x) = x, donc ln'(x) = 1x.
Comme 1x > 0, ln est strictement croissante. De plus :
limx→0+ ln(x) = −∞ ; limx→+∞ ln(x) = +∞.
La droite x = 0 est une asymptote verticale.
4. Limites de référence et croissances comparées
- limx→1 ln(x)x − 1 = 1.
- limh→0 ln(1 + h)h = 1.
- Pour tout entier n ≥ 1, ln(x)xn → 0 lorsque x → +∞.
- Pour tout entier n ≥ 1, xnln(x) → 0 lorsque x → 0+.
À l'infini, le logarithme croît moins vite que toute puissance positive, qui croît elle-même moins vite que l'exponentielle : ln(x) « xa « ex. Le symbole « indique ici une comparaison de croissance, pas une inégalité ponctuelle.
limx→+∞ [3x2 + xln(x)]/x2 = lim [3 + ln(x)x] = 3.
5. Équations et inéquations
- Déterminer les conditions d'existence des logarithmes.
- Utiliser les propriétés pour réunir ou séparer les logarithmes.
- Exploiter ln(A) = ln(B) ⇔ A = B, avec A, B strictement positifs.
- Vérifier les solutions dans le domaine initial.
Résoudre ln(x − 1) + ln(x + 1) = ln 8.
- Conditions : x − 1 > 0 et x + 1 > 0, donc x > 1.
- ln[(x − 1)(x + 1)] = ln 8.
- x2 − 1 = 8, donc x2 = 9 et x = −3 ou 3.
- Seul 3 respecte x > 1. Solution : {3}.
Résoudre ln(2x − 1) ≤ 0. Domaine : x > 12. Comme ln est croissante et ln(1) = 0, l'inéquation équivaut à 0 < 2x − 1 ≤ 1, soit 12 < x ≤ 1.
6. Échelles logarithmiques et modélisation
Le logarithme transforme un produit en somme. C'est pourquoi des échelles logarithmiques décrivent des grandeurs variant sur plusieurs ordres de grandeur. Si une grandeur est multipliée par un facteur q à chaque période, le nombre n de périodes nécessaire pour atteindre un seuil S se détermine par des logarithmes.
Un capital croît de 3 % par an : Cn = C01,03n. Pour doubler, il faut 1,03n ≥ 2. En prenant le logarithme, n ln(1,03) ≥ ln 2. Comme ln(1,03) > 0, n ≥ ln 2ln 1,03 ≈ 23,45. Le premier nombre entier convenable est 24 ans.
- Écrire ln(a + b) = ln(a) + ln(b) : aucune formule n'existe pour une somme.
- Oublier que l'argument d'un logarithme doit être strictement positif.
- Écrire (ln u)' = 1u au lieu de u'/u.
- Prendre un logarithme sans tenir compte du signe lorsqu'on résout une inéquation.