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Première · Fiche de révision

Suites numériques — fiche résumé

L'essentiel du chapitre en une page : 19 points à retenir et 5 méthodes. À relire avant un contrôle, ou à imprimer.

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À retenir

1. Définir et représenter une suite

Définition

Une suite numérique est une fonction définie sur ℕ, ou sur une partie de ℕ. À chaque rang entier n, elle associe un réel noté un. Le nombre un est le terme de rang n.

Deux modes de définition

  • Forme explicite : un est directement exprimé en fonction de n, par exemple un = 3n2 − 1.
  • Définition par récurrence : on donne un terme initial et une relation permettant de calculer un terme à partir d'un ou plusieurs précédents, par exemple u0 = 2 et un+1 = 0,5un + 3.

Bien lire les notations

  • u(n) et un désignent tous deux le terme de rang n.
  • (u(n))n∈ℕ ou (un)n∈ℕ désigne la suite entière.
  • Les parenthèses autour de (un) ne signifient donc pas un calcul : elles regroupent tous les termes.

Représentation graphique

Dans un repère, une suite est représentée par les points de coordonnées (n ; un). Les abscisses sont entières : on obtient un nuage de points, et non une courbe continue. Pour une suite récurrente un+1 = f(un), une construction en escalier entre la courbe y = f(x) et la droite y = x permet de visualiser les termes.

2. Sens de variation

Définition

Une suite (un) est croissante si, pour tout rang n, un+1 ≥ un. Elle est décroissante si un+1 ≤ un. Les inégalités strictes définissent une suite strictement croissante ou décroissante.

3. Suites arithmétiques

Définition

Une suite est arithmétique s'il existe un réel r, appelé raison, tel que, pour tout n,

un+1 = un + r.

On ajoute donc toujours la même quantité. La différence de deux termes consécutifs est constante.

Terme général

Si le terme initial est u0, alors un = u0 + nr. Plus généralement, pour deux rangs p et n,

un = up + (n − p)r.

Démonstration par itération

À partir de up, on écrit successivement up+1 = up + r, puis up+2 = up+1 + r = up + 2r. Si n ≥ p, on effectue exactement n − p ajouts de r, d'où un = up + (n − p)r. Si n < p, on remonte la suite en soustrayant r et l'on obtient la même formule. Cette preuve par itération suffit ici ; la récurrence formelle sera étudiée en Terminale.

Variation

Une suite arithmétique est strictement croissante si r > 0, constante si r = 0 et strictement décroissante si r < 0.

4. Sommes de termes arithmétiques

Formule

La somme de termes consécutifs d'une suite arithmétique est :

nombre de termes × premier terme + dernier terme2.

En particulier, 1 + 2 + ··· + n = nn + 12.

Démonstration par appariement

Notons S = 1 + 2 + ··· + (n − 1) + n. Écrivons la même somme en sens inverse : S = n + (n − 1) + ··· + 2 + 1. En additionnant colonne par colonne, chacune des n colonnes vaut n + 1. Donc 2S = n(n + 1), d'où S = nn + 12. Le même appariement fonctionne avec un premier et un dernier terme quelconques.

5. Suites géométriques

Définition

Une suite est géométrique s'il existe un réel q, appelé raison, tel que

un+1 = qun.

On multiplie toujours par le même nombre. Lorsque les termes sont non nuls, le quotient de deux termes consécutifs est constant.

Terme général

Si le terme initial est u0, alors un = u0qn. Plus généralement :

un = upqn−p.

Cette écriture est toujours valable pour n ≥ p. Si n < p, elle suppose q ≠ 0 afin que les puissances d'exposant négatif soient définies.

Démonstration par itération

On a up+1 = q up, puis up+2 = q up+1 = q2up. Après n − p multiplications par q, un = upqn−p. Le cas n < p se lit en sens inverse lorsque q ≠ 0.

Variation dans le cas positif

Si u0 > 0 : la suite est strictement croissante lorsque q > 1, constante lorsque q = 1, strictement décroissante lorsque 0 < q < 1. Si q < 0, les signes alternent en général et la suite n'est ni croissante ni décroissante. Il faut traiter séparément le cas u0 < 0.

6. Sommes de termes géométriques

Formules

Pour q ≠ 1 :

1 + q + q2 + ··· + qn = 1 − qn+11 − q.

Une somme de termes consécutifs d'une suite géométrique est donc :

premier terme × [1 − raisonnombre de termes] / (1 − raison).

Si q = 1, la somme vaut simplement nombre de termes × premier terme.

Démonstration

Posons S = 1 + q + ··· + qn. Alors qS = q + q2 + ··· + qn+1. En soustrayant, S − qS = 1 − qn+1. Ainsi (1 − q)S = 1 − qn+1, puis on divise par 1 − q, qui est non nul.

8. Intuition de limite, sans formalisation

Idée de comportement à long terme

On observe les valeurs d'une suite pour de grands rangs afin de conjecturer son comportement : les termes peuvent grandir sans borne, décroître sans borne, se rapprocher d'un nombre, osciller ou ne présenter aucun comportement simple. En Première, on développe cette intuition à partir de tables, graphiques et algorithmes ; la définition formelle d'une limite et les preuves associées relèvent de la Terminale.

Repères utiles

  • Pour q > 1, les puissances qn deviennent arbitrairement grandes.
  • Pour 0 < q < 1, qn se rapproche de 0.
  • Pour q = −1, la suite alterne entre 1 et −1 et ne se rapproche pas d'un nombre unique.

Ces faits servent ici à interpréter et conjecturer, sans exiger les démonstrations de Terminale.

Les méthodes

Ce qu'il faut savoir faire, et dans quel ordre.

Méthode 1Étudier la différence

On calcule un+1 − un. Si cette différence est positive pour tout n, la suite est croissante ; si elle est négative, elle est décroissante.

Méthode 2Étudier un quotient

Lorsque tous les termes sont strictement positifs, on peut comparer un+1/un à 1. Un quotient supérieur à 1 indique une croissance. Cette méthode est particulièrement adaptée aux suites géométriques positives.

Méthode 3Utiliser une fonction

Si un = f(n) et si f est croissante sur [0 ; +∞[, alors la suite est croissante. La réciproque est fausse : une suite peut être croissante aux rangs entiers alors que la fonction fluctue entre ces rangs.

Méthode 4Reconnaître le modèle

  • Une augmentation ou diminution d'une même quantité à chaque étape conduit à une suite arithmétique.
  • Une évolution d'un même pourcentage conduit à une suite géométrique. Une hausse de t % a pour coefficient 1 + t100 ; une baisse de t % a pour coefficient 1 − t100.
  • Un modèle un+1 = aun + b n'est en général ni arithmétique ni géométrique. On peut toutefois rechercher une valeur d'équilibre ℓ telle que ℓ = aℓ + b.

Méthode 5À éviter

  • Confondre rang et terme : u5 est un nombre, pas forcément le cinquième terme si la suite commence à u0.
  • Lire un+1 comme un + 1.
  • Utiliser un = u0 + nr pour une suite géométrique, ou u0qn pour une suite arithmétique.
  • Oublier le « +1 » dans le nombre de termes du rang p au rang n : il y en a n − p + 1.
  • Transformer une baisse de 20 % en multiplication par 0,20 : le bon coefficient est 0,80.
  • Affirmer une limite formelle à partir de quelques valeurs ; en Première, on parle de conjecture ou d'intuition lorsque la preuve dépasse le programme.

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