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Sujet officiel · session 2026

Bac de maths 2026 — Métropole · 16 juin

Le sujet tel qu'il a été donné, sa transcription, et le corrigé complet de ses 4 exercices.

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Sujet publié par le ministère de l'Éducation nationale — PDF d'origine. Transcription et correction rédigées par MathBooster.

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Énoncé et corrigé, exercice par exercice

L'énoncé transcrit à gauche, notre correction en face. Chaque étape nomme la propriété utilisée ; ces corrections sont rédigées par MathBooster, puis vérifiées calcul par calcul.

Énoncé Exercice 1 Probabilités conditionnelles Moyen

Réservation de cabine et de place véhicule

Un navire assure la liaison entre deux ports de la Méditerranée. Lors d’une traversée, une famille a la possibilité de réserver une cabine ainsi qu’un emplacement pour un véhicule.

Partie A

Parmi l’ensemble des familles effectuant la traversée, on constate que 30 % réservent un emplacement pour un véhicule et, parmi ces dernières, 80 % réservent une cabine. On sait par ailleurs que 75 % des familles effectuant la traversée réservent une cabine.

On choisit au hasard une famille effectuant la traversée, et on considère les évènements suivants :

V : « la famille réserve un emplacement pour un véhicule » ;

C : « la famille réserve une cabine ».

Pour un évènement quelconque E, on désigne par ¬E son évènement contraire et par P(E) sa probabilité.

1. a. Donner P(C).

b. Reproduire l’arbre pondéré ci-contre et compléter les quatre pointillés : [figure non reproduite : arbre à deux niveaux, premier niveau V et ¬V, second niveau C et ¬C à partir de chaque branche ; les quatre pointillés à compléter sont les probabilités portées par les branches V et ¬V, et par les branches C et ¬C issues de V].

2. Calculer la probabilité qu’une famille réserve un emplacement pour un véhicule et une cabine.

3. Une famille a réservé une cabine. Déterminer la probabilité qu’elle réserve un emplacement pour un véhicule.

4. Déterminer P¬V(C). On arrondira le résultat à 10⁻². Interpréter le résultat dans le contexte de l’exercice.

Partie B

Sur ce trajet, la réservation d’une cabine et d’un emplacement pour un véhicule sont facturés en supplément du coût de la traversée. Ces suppléments sont d’un montant de 100 € pour une cabine et 70 € pour l’emplacement d’un véhicule. On suppose qu’une famille peut réserver au maximum une cabine et au maximum un emplacement pour un véhicule. À ces suppléments peut s’ajouter le prix payé pour des extras (repas, boissons, etc.).

On note X la variable aléatoire qui associe, à chaque famille, le prix en euro payé pour les suppléments. On donne la loi de probabilité de X :

xᵢ : 0 ; 70 ; 100 ; 170

P(X = xᵢ) : 0,19 ; 0,06 ; 0,51 ; 0,24

On note Y la variable aléatoire qui associe, à chaque famille, le prix en euro payé pour les extras. On admet E(Y) = 104 et V(Y) = 1 686. On suppose X et Y indépendantes.

1. Justifier que E(X) = 96 et que V(X) = 3 114.

2. À titre exceptionnel, la compagnie propose une remise de 40 % sur les suppléments et les extras. On note Z la variable aléatoire égale au montant total payé après réduction.

a. Justifier que Z = 0,6 (X + Y).

b. En déduire que E(Z) = 120 et que V(Z) = 1 728.

3. On note n un entier naturel non nul et on choisit au hasard un échantillon de n familles bénéficiant de la réduction, assimilé à un tirage avec remise. On considère Mn = Z1 + Z2 + … + Znn, où les Zi sont indépendantes et de même loi que Z.

a. Montrer que E(Mn) = 120 et que V(Mn) = 1 728n.

b. Déterminer le plus petit entier n pour lequel l’inégalité de Bienaymé-Tchebychev permet d’affirmer que P(114 < Mn < 126) ≥ 0,85. Interpréter le résultat.

Voir la correction

Corrigé Exercice 1 Réservation de cabine et de place véhicule Revoir l'énoncé
  1. Partie A

  2. 1. a.

    Le choix se fait au hasard : on est en situation d’équiprobabilité, et une proportion se lit directement comme une probabilité. L’énoncé indique que 75 % des familles réservent une cabine, donc P(C) = 0,75.

  3. 1. b.

    Seules les branches issues de l’énoncé se remplissent immédiatement : P(V) = 0,30 au premier niveau, donc P(¬V) = 1 − 0,30 = 0,70 ; puis, sur la branche partant de V, PV(C) = 0,80 (« parmi ces dernières, 80 % réservent une cabine »), donc PV(¬C) = 1 − 0,80 = 0,20. Les deux branches partant de ¬V ne se lisent pas dans l’énoncé : elles seront calculées à la question 4 (P¬V(C) ≈ 0,73 et P¬V(¬C) ≈ 0,27).

  4. 2.

    On suit le chemin V puis C, et on multiplie les probabilités portées par les deux branches : P(V ∩ C) = P(V) × PV(C) = 0,30 × 0,80 = 0,24. La probabilité qu’une famille réserve à la fois un emplacement pour un véhicule et une cabine est donc 0,24.

  5. 3.

    La famille a réservé une cabine : on cherche la probabilité conditionnelle PC(V), donc on divise par la probabilité de l’évènement qui conditionne. PC(V) = P(V ∩ C)P(C) = 0,240,75 = 2475 = 0,32. Parmi les familles ayant réservé une cabine, 32 % réservent aussi un emplacement pour un véhicule.

  6. 4.

    Les évènements V et ¬V forment une partition de l’univers, donc d’après la formule des probabilités totales : P(C) = P(C ∩ V) + P(C ∩ ¬V), d’où P(C ∩ ¬V) = 0,75 − 0,24 = 0,51. On en déduit P¬V(C) = P(C ∩ ¬V)P(¬V) = 0,510,70 = 5170 ≈ 0,73 à 10⁻² près. Interprétation : environ 73 % des familles qui ne réservent pas d’emplacement pour un véhicule réservent tout de même une cabine. (Attention à ne pas confondre avec PV(C) = 0,80, qui est donnée par l’énoncé.)

  7. Partie B

  8. 1.

    Espérance : E(X) = 0 × 0,19 + 70 × 0,06 + 100 × 0,51 + 170 × 0,24 = 0 + 4,2 + 51 + 40,8 = 96 €. Variance, avec la formule de König-Huygens V(X) = E(X²) − (E(X))² : E(X²) = 0² × 0,19 + 70² × 0,06 + 100² × 0,51 + 170² × 0,24 = 294 + 5 100 + 6 936 = 12 330, donc V(X) = 12 330 − 96² = 12 330 − 9 216 = 3 114. Les deux valeurs annoncées sont bien justifiées.

  9. 2. a.

    Le montant total avant remise est X + Y. Une remise de 40 % revient à multiplier ce montant par 1 − 40100 = 0,6. Le montant payé après réduction est donc Z = 0,6(X + Y).

  10. 2. b.

    Par linéarité de l’espérance : E(Z) = 0,6 × (E(X) + E(Y)) = 0,6 × (96 + 104) = 0,6 × 200 = 120 €. Pour la variance, on utilise V(aU) = a² V(U) et, X et Y étant indépendantes, V(X + Y) = V(X) + V(Y) : V(Z) = 0,6² × (3 114 + 1 686) = 0,36 × 4 800 = 1 728.

  11. 3. a.

    Par linéarité de l’espérance : E(Mn) = (1n) × (E(Z1) + … + E(Zn)) = (1n) × n × 120 = 120, car chaque Zi suit la loi de Z. Les Zi étant indépendantes, la variance de la somme est la somme des variances, et V(aU) = a² V(U) : V(Mn) = (1n²) × (V(Z1) + … + V(Zn)) = (1n²) × n × 1 728 = 1 728n.

  12. 3. b.

    L’évènement (114 < Mn < 126) s’écrit |Mn − 120| < 6, c’est-à-dire |Mn − E(Mn)| < 6 : c’est l’évènement contraire de |Mn − E(Mn)| ≥ 6. L’inégalité de Bienaymé-Tchebychev appliquée avec δ = 6 donne P(|Mn − E(Mn)| ≥ 6) ≤ V(Mn)6² = (1 728n)/36 = 48n. En passant à l’évènement contraire : P(114 < Mn < 126) ≥ 1 − 48n.

  13. 3.

    b (conclusion). Il suffit donc que 1 − 48n ≥ 0,85, soit 48n ≤ 0,15, soit encore n ≥ 480,15 = 320 (n est strictement positif, on peut multiplier par n puis diviser par 0,15 sans changer le sens). Le plus petit entier convenant est n = 320. Interprétation : à partir d’un échantillon de 320 familles, l’inégalité de Bienaymé-Tchebychev garantit que le prix moyen payé après la remise de 40 % est compris entre 114 € et 126 € avec une probabilité d’au moins 0,85, soit un risque d’erreur d’au plus 15 %.

Énoncé Exercice 2 Géométrie dans l’espace Moyen

Géométrie vectorielle et dénombrement

Pour chacune des affirmations suivantes, indiquer si elle est vraie ou fausse. Justifier chaque réponse. Une réponse non justifiée ne rapporte aucun point.

1. L’espace est muni d’un repère orthonormé (O ; i, j, k). On considère :

la droite (d) de représentation paramétrique x = t, y = −1,5 − t, z = 2 − 2t (t ∈ ℝ) ;

les points A(3 ; 0 ; 2) et B(2 ; 1 ; −3) ;

le plan (P) d’équation −x + y − 5z − 0,5 = 0.

a. Affirmation 1 : le plan (P) est orthogonal à la droite (AB), et passe par le milieu du segment [AB].

b. Affirmation 2 : les droites (d) et (AB) sont sécantes.

c. On considère le point C(1,5 ; −3 ; −1). Affirmation 3 : la mesure de l’angle ACB, arrondie à 10⁻¹, est égale à 70,5°.

2. Titouan et Clotilde participent à un escape game. Deux portes A et B sont protégées par des digicodes à 8 touches distinctes. La porte A utilise un code de 3 symboles différents à saisir dans l’ordre. La porte B utilise un code de 4 symboles différents pouvant être saisis dans n’importe quel ordre. Les choix sont équiprobables.

Affirmation 4 Titouan, qui choisit la porte B, a plus de chances d’ouvrir sa porte que Clotilde, qui choisit la porte A.

Voir la correction

Corrigé Exercice 2 Géométrie vectorielle et dénombrement Revoir l'énoncé
  1. 1. a.

    Affirmation 1 : VRAIE. Les coefficients de l’équation cartésienne de (P) donnent un vecteur normal n(−1 ; 1 ; −5). Or AB a pour coordonnées (xB − xA ; yB − yA ; zB − zA) = (2 − 3 ; 1 − 0 ; −3 − 2) = (−1 ; 1 ; −5). Ainsi AB = n : un vecteur directeur de (AB) est normal à (P), donc la droite (AB) est orthogonale au plan (P).

  2. 1.

    a (suite). Le milieu I de [AB] a pour coordonnées (3 + 22 ; 0 + 12 ; 2 + (−3)2) = (2,5 ; 0,5 ; −0,5). On teste son appartenance à (P) : −2,5 + 0,5 − 5 × (−0,5) − 0,5 = −2,5 + 0,5 + 2,5 − 0,5 = 0. L’équation est vérifiée, donc I ∈ (P). Le plan (P) est bien orthogonal à (AB) et passe par le milieu de [AB] : c’est le plan médiateur du segment [AB]. L’affirmation est vraie.

  3. 1. b.

    Affirmation 2 : FAUSSE. La représentation paramétrique de (d) donne le vecteur directeur u(1 ; −1 ; −2), et (AB) est dirigée par AB(−1 ; 1 ; −5). Ces vecteurs ne sont pas colinéaires : −1 = −1 × 1 et 1 = −1 × (−1), mais −5 ≠ −1 × (−2). Les droites ne sont donc pas parallèles ; il reste à savoir si elles se coupent.

  4. 1.

    b (suite). Une représentation paramétrique de (AB) est x = 3 − s, y = s, z = 2 − 5s (s ∈ ℝ). Un point commun aux deux droites vérifierait le système 3 − s = t, s = −1,5 − t, 2 − 5s = 2 − 2t. En reportant t = 3 − s dans la deuxième équation : s = −1,5 − (3 − s) = s − 4,5, soit 0 = −4,5, ce qui est impossible. Le système n’a pas de solution : les droites n’ont aucun point commun. N’étant ni parallèles ni sécantes, (d) et (AB) sont non coplanaires. L’affirmation est fausse.

  5. 1. c.

    Affirmation 3 : VRAIE. On calcule d’abord les coordonnées des vecteurs, en soustrayant celles de C : CA = (3 − 1,5 ; 0 − (−3) ; 2 − (−1)) = (1,5 ; 3 ; 3) et CB = (2 − 1,5 ; 1 − (−3) ; −3 − (−1)) = (0,5 ; 4 ; −2).

  6. 1.

    c (suite). Le repère est orthonormé, donc le produit scalaire se calcule terme à terme : CA · CB = 1,5 × 0,5 + 3 × 4 + 3 × (−2) = 0,75 + 12 − 6 = 6,75. Les normes valent CA = 1,5² + 3² + 3² = 20,25 = 4,5 et CB = 0,5² + 4² + (−2)² = 20,25 = 4,5 (le triangle ACB est donc isocèle en C).

  7. c (conclusion). L’expression trigonométrique du produit scalaire CA · CB = CA × CB × cos(ACB) donne cos(ACB) = 6,754,5 × 4,5 = 6,7520,25 = 13, d’où ACB = arccos(13) ≈ 70,53°, soit 70,5° arrondi à 10⁻¹. L’affirmation est vraie.

  8. 2.

    Affirmation 4 : VRAIE. Clotilde, à la porte A, choisit 3 symboles différents parmi 8 et l’ordre compte : c’est un arrangement, il y a A83 = 8 × 7 × 6 = 336 codes possibles. Les codes étant équiprobables, sa probabilité d’ouvrir est 1336 ≈ 0,003.

  9. 2 (suite). Titouan, à la porte B, choisit 4 symboles différents parmi 8 sans que l’ordre compte : c’est une combinaison, il y a C84 = 8!/(4! × 4!) = 70 codes possibles, d’où une probabilité d’ouvrir de 170 ≈ 0,014. Comme 170 > 1336, Titouan a bien plus de chances d’ouvrir sa porte que Clotilde : l’affirmation est vraie.

Énoncé Exercice 3 Primitives et équations différentielles Difficile

Régulation d’un système de chauffage

On étudie le fonctionnement d’un système de chauffage installé dans une pièce. Le système se déclenche dès que la température de la pièce est inférieure ou égale à 18 °C, et s’éteint lorsqu’elle atteint 20 °C.

Partie A phase de chauffage

Pour une température variant de 18 °C à 20 °C, le système chauffe en continu. La température, en degrés Celsius, à l’instant t exprimé en dizaines de minutes, est modélisée par une fonction T dérivable sur [0 ; +∞[, solution de l’équation différentielle (E) : y′ = −0,035 y + 0,91, avec T(0) = 18.

1. Donner les solutions de (E) sur [0 ; +∞[.

2. En déduire que T(t) = 26 − 8 e−0,035t pour tout t ∈ [0 ; +∞[.

3. Déterminer au bout de combien de temps la pièce atteint 20 °C. On exprimera le résultat en heures et minutes, arrondi à la minute.

4. Si une panne empêche le système de s’éteindre à 20 °C, la température pourra-t-elle dépasser 28 °C ?

Partie B phase de refroidissement

Lorsque la pièce atteint 20 °C, le système s’éteint et la pièce refroidit. On modélise la température par la suite (un) définie par u0 = 20 et, pour tout entier naturel n, un+1 = 0,965 un + 0,35 + 0,07 e−0,1n, où n est le temps en dizaines de minutes.

1. Montrer que u1 = 19,72.

2. Montrer par récurrence que, pour tout entier naturel n, un > 10.

3. En admettant que (un) est décroissante, justifier qu’elle converge.

4. On note ℓ la limite de (un).

a. Justifier que ℓ est solution de x = 0,965 x + 0,35.

b. Déterminer ℓ et interpréter le résultat.

5. a. Compléter les lignes 4, 5 et 6 du programme Python suivant pour qu’il renvoie le nombre de dizaines de minutes à partir duquel le système se remet en marche :

def marche() :

n = 0

u = 20

while ... :

u = ...

n = ...

return n

b. Déterminer ce temps en dizaines de minutes.

Voir la correction

Corrigé Exercice 3 Régulation d’un système de chauffage Revoir l'énoncé
  1. Partie A

  2. 1.

    (E) : y′ = −0,035y + 0,91 est de la forme y′ = ay + b avec a = −0,035 et b = 0,91. D’après le cours, ses solutions sur [0 ; +∞[ sont les fonctions t ↦ C eatba, soit ici t ↦ C e−0,035t + 0,910,035, c’est-à-dire t ↦ C e−0,035t + 26, où C est une constante réelle quelconque (la solution particulière constante vaut 26).

  3. 2.

    T est l’une de ces solutions, donc T(t) = C e−0,035t + 26. On détermine C avec la condition initiale : T(0) = C e⁰ + 26 = C + 26, et T(0) = 18, d’où C = 18 − 26 = −8. Ainsi, pour tout t ∈ [0 ; +∞[, T(t) = 26 − 8 e−0,035t.

  4. 3.

    On résout T(t) = 20 : 26 − 8 e−0,035t = 20 ⟺ −8 e−0,035t = −6 ⟺ e−0,035t = 68 = 0,75. En composant par le logarithme népérien : −0,035t = ln(0,75), donc t = −ln(0,75)0,035 = ln(43)/0,035 ≈ 8,22. Le temps est exprimé en dizaines de minutes : 8,2195 × 10 ≈ 82 minutes. La pièce atteint 20 °C au bout de 1 h 22 min environ.

  5. 4.

    Pour tout réel t ≥ 0, l’exponentielle est strictement positive : e−0,035t > 0, donc −8 e−0,035t < 0 et T(t) = 26 − 8 e−0,035t < 26. (On retrouve le fait que T est croissante et tend vers 26 quand t tend vers +∞, la droite y = 26 étant asymptote.) La température est donc majorée par 26 °C : selon ce modèle, même si le chauffage ne s’éteint pas, elle ne pourra jamais dépasser 28 °C.

  6. Partie B

  7. 1.

    On applique la relation de récurrence pour n = 0 : u1 = 0,965 u0 + 0,35 + 0,07 e−0,1 × 0 = 0,965 × 20 + 0,35 + 0,07 × 1 = 19,3 + 0,35 + 0,07 = 19,72.

  8. 2.

    Soit P(n) la propriété « un > 10 ». Initialisation : u0 = 20 > 10, donc P(0) est vraie. Hérédité : supposons P(n) vraie pour un entier naturel n, c’est-à-dire un > 10. Comme 0,965 > 0, on a 0,965 un > 9,65, donc 0,965 un + 0,35 > 10. Comme de plus 0,07 e−0,1n > 0, on obtient un+1 = 0,965 un + 0,35 + 0,07 e−0,1n > 10 : P(n+1) est vraie. Conclusion : par principe de récurrence, un > 10 pour tout entier naturel n.

  9. 3.

    La suite (un) est décroissante (admis par l’énoncé) et minorée par 10 (question 2). D’après le théorème de la convergence monotone, elle est convergente, et sa limite ℓ vérifie ℓ ≥ 10.

  10. 4. a.

    Comme lim (−0,1n) = −∞ quand n → +∞, on a par composition lim e−0,1n = 0. Les suites (un) et (un+1) ont la même limite ℓ (simple décalage d’indice). En passant à la limite dans un+1 = 0,965 un + 0,35 + 0,07 e−0,1n, le membre de droite tend vers 0,965ℓ + 0,35. Par unicité de la limite, ℓ = 0,965ℓ + 0,35 : la limite est bien solution de l’équation x = 0,965x + 0,35.

  11. 4. b.

    x = 0,965x + 0,35 ⟺ x − 0,965x = 0,35 ⟺ 0,035x = 0,35 ⟺ x = 10. Cette équation a une unique solution, donc ℓ = 10. Interprétation : si le chauffage restait éteint indéfiniment, la température de la pièce se stabiliserait autour de 10 °C.

  12. 5. a.

    La variable u contient le terme un et n son indice. Il faut continuer tant que la température reste strictement supérieure à 18 °C, et calculer le terme suivant avant d’incrémenter l’indice, puisque un+1 se calcule à partir de un et de n. Ligne 4 : while u > 18 : — ligne 5 : u = 0.965*u + 0.35 + 0.07*exp(-0.1*n) — ligne 6 : n = n + 1. (En Python, les décimaux s’écrivent avec un point, et il faut avoir importé l’exponentielle, par exemple par from math import exp.)

  13. 5. b.

    On calcule les termes successifs : u1 = 19,72 ; u2 ≈ 19,44 ; u3 ≈ 19,17 ; u4 ≈ 18,90 ; u5 ≈ 18,64 ; u6 ≈ 18,38 ; u7 ≈ 18,12 ; u8 ≈ 17,87. C’est au rang 8 que la température descend pour la première fois au-dessous de 18 °C, donc le programme renvoie 8. Le système de chauffage se remet en marche au bout de 8 dizaines de minutes, soit 1 h 20 min.

Énoncé Exercice 4 Fonction logarithme Moyen

Étude d’une fonction logarithmique

On considère la fonction f définie sur ]−1 ; +∞[ par f(x) = a + b ln(x + 1)x + 1, où a et b sont des réels et ln désigne le logarithme népérien. On admet que f est deux fois dérivable sur ]−1 ; +∞[. On note f′ sa fonction dérivée et f′′ sa fonction dérivée seconde.

Partie A

L’objectif est de déterminer a et b pour que la courbe représentative de f corresponde au graphique ci-contre [figure non reproduite : repère orthonormé ; la courbe passe par le point A(0 ; 1) ; la tangente TA à la courbe en A passe par le point de coordonnées (1 ; 5) ; sur l’intervalle [0 ; 2] la courbe est située au-dessous de ses tangentes].

1. Justifier que a = 1.

2. À l’aide du graphique :

a. Donner f′(0).

b. Donner le signe de f′′(1).

3. a. Montrer que pour tout x ∈ ]−1 ; +∞[, f′(x) = b(1 − ln(x + 1))x + 1².

b. En déduire la valeur de b.

Partie B

On admet que f(x) = 1 + 4 ln(x + 1)x + 1.

1. Justifier que la droite d’équation y = 1 est asymptote à la courbe représentative de f.

2. Résoudre l’inéquation 1 − ln(x + 1) > 0 sur ]−1 ; +∞[.

3. On admet que lim(x→−1) f(x) = −∞. Dresser le tableau de variation complet de f et indiquer la valeur exacte de son extremum.

4. Montrer que l’équation f(x) = 1,5 admet une unique solution dans [2 ; +∞[. En donner une valeur approchée à 10⁻¹.

5. a. Montrer que ∫₀² ln(x + 1)x + 1 dx = (ln 3)²/2.

b. En déduire l’aire, en unités d’aire, du domaine délimité par l’axe des abscisses, la courbe de f, l’axe des ordonnées et la droite x = 2.

Voir la correction

Corrigé Exercice 4 Étude d’une fonction logarithmique Revoir l'énoncé
  1. Partie A

  2. 1.

    Le point A(0 ; 1) appartient à la courbe, donc f(0) = 1. Or f(0) = a + b ln(0 + 1)0 + 1 = a + b ln(1)1 = a, car ln(1) = 0. De f(0) = 1 on déduit a = 1.

  3. 2. a.

    Le nombre dérivé f′(0) est le coefficient directeur de la tangente à la courbe au point d’abscisse 0, c’est-à-dire de la droite TA. Cette tangente passe par A(0 ; 1) et par le point (1 ; 5) : son coefficient directeur vaut 5 − 11 − 0 = 4. Donc f′(0) = 4.

  4. 2. b.

    Sur l’intervalle [0 ; 2], la courbe est située au-dessous de chacune de ses tangentes : la fonction f y est donc concave. Or une fonction deux fois dérivable est concave sur un intervalle si et seulement si sa dérivée seconde y est négative. Comme 1 appartient à cet intervalle, f′′(1) < 0.

  5. 3. a.

    Le terme a est constant, sa dérivée est nulle ; on dérive le quotient uv avec u(x) = b ln(x + 1), donc u′(x) = bx + 1 (dérivée d’une composée), et v(x) = x + 1, donc v′(x) = 1. La formule (uv)′ = u′v − uv′v² donne, pour tout x ∈ ]−1 ; +∞[ : f′(x) = (bx + 1 × (x + 1) − b ln(x + 1) × 1)/(x + 1)² = b − b ln(x + 1)x + 1² = b(1 − ln(x + 1))x + 1².

  6. 3. b.

    On évalue cette expression en 0 : f′(0) = b(1 − ln(1))0 + 1² = b(1 − 0)1 = b. Or la lecture graphique de la question 2. a. a donné f′(0) = 4. Donc b = 4.

  7. Partie B

  8. 1.

    Par croissances comparées, lim ln(X)X = 0 quand X → +∞. En posant X = x + 1, qui tend vers +∞ quand x tend vers +∞, on obtient par composition lim ln(x + 1)x + 1 = 0, puis, par limite d’une somme et d’un produit, lim f(x) = 1 + 4 × 0 = 1 quand x → +∞. La limite de f en +∞ étant finie et égale à 1, la droite d’équation y = 1 est asymptote horizontale à la courbe de f en +∞.

  9. 2.

    Pour x ∈ ]−1 ; +∞[ : 1 − ln(x + 1) > 0 ⟺ ln(x + 1) < 1 ⟺ x + 1 < e, car la fonction exponentielle est strictement croissante sur ℝ, ⟺ x < e − 1. L’ensemble des solutions sur ]−1 ; +∞[ est donc l’intervalle ]−1 ; e − 1[.

  10. 3.

    D’après la Partie A avec b = 4 : f′(x) = 41 − ln(x + 1)x + 1². Le dénominateur (x + 1)² est strictement positif sur ]−1 ; +∞[, donc f′(x) est du signe de 1 − ln(x + 1) : strictement positif sur ]−1 ; e − 1[ (question 2), nul en e − 1, strictement négatif sur ]e − 1 ; +∞[.

  11. 3 (tableau). f est donc strictement croissante sur ]−1 ; e − 1] puis strictement décroissante sur [e − 1 ; +∞[ : elle passe de −∞ (limite admise en −1) à son maximum en e − 1, puis décroît vers 1 (question 1). Ce maximum vaut f(e − 1) = 1 + 4 ln(e − 1 + 1)e − 1 + 1 = 1 + 4 ln(e)e = 1 + 4e = 1 + 4e⁻¹ ≈ 2,47 : c’est la valeur exacte de l’extremum.

  12. 4.

    Comme e − 1 ≈ 1,72 < 2, l’intervalle [2 ; +∞[ est inclus dans l’intervalle de décroissance : f y est continue (car dérivable) et strictement décroissante. De plus f(2) = 1 + 4 ln(3)3 ≈ 2,46 et lim f(x) = 1 en +∞, et 1 < 1,5 < 2,46. D’après le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires (théorème de la bijection), l’équation f(x) = 1,5 admet une unique solution α dans [2 ; +∞[. À la calculatrice, f(25,0) ≈ 1,501 et f(25,1) ≈ 1,4999 : donc α ≈ 25,1 à 10⁻¹ près.

  13. 5. a.

    On pose u(x) = ln(x + 1), de dérivée u′(x) = 1x + 1. L’intégrande s’écrit alors ln(x + 1)x + 1 = u(x) × u′(x), forme dont une primitive est u²/2. Donc ∫₀² ln(x + 1)x + 1 dx = [(ln(x + 1))²/2]₀² = (ln 3)²/2 − (ln 1)²/2 = (ln 3)²/2, car ln(1) = 0.

  14. 5. b.

    Sur [0 ; 2], f est continue et positive (elle croît puis décroît entre f(0) = 1 et f(2) ≈ 2,46, donc f ≥ 1 > 0) : l’aire cherchée est A = ∫₀² f(x) dx. Par linéarité de l’intégrale : A = ∫₀² 1 dx + 4 ∫₀² ln(x + 1)x + 1 dx = 2 + 4 × (ln 3)²/2 = 2 + 2(ln 3)². L’aire du domaine vaut donc 2 + 2(ln 3)² ≈ 4,41 unités d’aire.