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Sujet officiel · session 2026

Bac de maths 2026 — Centres étrangers · 11 juin

Le sujet tel qu'il a été donné, sa transcription, et le corrigé complet de ses 4 exercices.

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Sujet publié par le ministère de l'Éducation nationale — PDF d'origine. Transcription et correction rédigées par MathBooster.

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Énoncé et corrigé, exercice par exercice

L'énoncé transcrit à gauche, notre correction en face. Chaque étape nomme la propriété utilisée ; ces corrections sont rédigées par MathBooster, puis vérifiées calcul par calcul.

Énoncé Exercice 1 Géométrie dans l'espace Moyen

Plan (ABC) et droite orthogonale

L'espace est muni d'un repère orthonormé (O ; i, j, k). On considère : les points de l'espace A(1 ; 0 ; 3), B(2 ; 1 ; −1), C(1 ; 1 ; 1) et H(0 ; 2 ; 1) ; le vecteur n(4 ; 4 ; 2).

1. Démontrer que les points A, B et C définissent un plan de l'espace.

2. Démontrer que le vecteur n est un vecteur normal au plan (ABC).

3. Déterminer une équation cartésienne du plan (ABC).

4. Vérifier que le point H appartient au plan (ABC).

5. Déterminer la mesure en degré de l'angle BÂH.

6. Déterminer une représentation paramétrique de la droite (d) orthogonale au plan (ABC) et passant par le point H.

7. Déterminer les coordonnées du point S(xS ; yS ; zS) de la droite (d) tel que : la distance entre le point S et le plan (ABC) est 6 ; son abscisse xS est positive.

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Corrigé Exercice 1 Plan (ABC) et droite orthogonale Revoir l'énoncé
  1. 1 : on calcule les coordonnées des deux vecteurs. AB(xB − xA ; yB − yA ; zB − zA) = (1 ; 1 ; −4) et AC = (1 − 1 ; 1 − 0 ; 1 − 3) = (0 ; 1 ; −2). Si ces vecteurs étaient colinéaires, il existerait un réel k tel que AB = k AC ; la première coordonnée donnerait 1 = k × 0 = 0, ce qui est impossible. Les vecteurs AB et AC ne sont donc pas colinéaires : les points A, B et C ne sont pas alignés et définissent bien un plan de l'espace.

  2. 2 : le repère étant orthonormé, on utilise l'expression analytique du produit scalaire. n · AB = 4 × 1 + 4 × 1 + 2 × (−4) = 4 + 4 − 8 = 0 et n · AC = 4 × 0 + 4 × 1 + 2 × (−2) = 0 + 4 − 4 = 0. Le vecteur n est donc orthogonal à deux vecteurs non colinéaires du plan (ABC) : c'est un vecteur normal au plan (ABC).

  3. 3 : un plan admettant n(4 ; 4 ; 2) pour vecteur normal a une équation cartésienne de la forme 4x + 4y + 2z + d = 0. Le point A(1 ; 0 ; 3) appartient à ce plan, donc ses coordonnées vérifient l'équation : 4 × 1 + 4 × 0 + 2 × 3 + d = 0, soit 4 + 0 + 6 + d = 0 et d = −10. Une équation cartésienne du plan (ABC) est 4x + 4y + 2z − 10 = 0, que l'on peut diviser par 2 : 2x + 2y + z − 5 = 0.

  4. 4 : on remplace x, y et z par les coordonnées de H(0 ; 2 ; 1) dans l'équation obtenue : 2 × 0 + 2 × 2 + 1 − 5 = 0 + 4 + 1 − 5 = 0. L'équation est vérifiée, donc le point H appartient au plan (ABC).

  5. 5 : on a AB = (1 ; 1 ; −4) et AH = (0 − 1 ; 2 − 0 ; 1 − 3) = (−1 ; 2 ; −2). Le produit scalaire vaut AB · AH = 1 × (−1) + 1 × 2 + (−4) × (−2) = −1 + 2 + 8 = 9. Les normes valent AB = 1² + 1² + (−4)² = 18 = 32 et AH = (−1)² + 2² + (−2)² = 9 = 3.

  6. 5 (suite) : l'expression trigonométrique du produit scalaire donne AB · AH = AB × AH × cos(BÂH), soit 9 = 32 × 3 × cos(BÂH) = 92 cos(BÂH). On en tire cos(BÂH) = 12 = 22. Comme un angle géométrique est compris entre 0° et 180°, l'angle BÂH mesure 45°.

  7. 6 : la droite (d) est orthogonale au plan (ABC), donc tout vecteur normal à ce plan est un vecteur directeur de (d) : on prend n(4 ; 4 ; 2). Comme (d) passe par H(0 ; 2 ; 1), une représentation paramétrique de (d) est x = 4t, y = 2 + 4t, z = 1 + 2t, avec t ∈ ℝ.

  8. 7 : soit S un point de (d) : il existe un réel t tel que S(4t ; 2 + 4t ; 1 + 2t). Le point H appartient à la fois à (d) et au plan (ABC), et (d) est orthogonale à (ABC) : H est donc le projeté orthogonal de S sur le plan (ABC), et la distance de S au plan (ABC) est exactement la longueur SH.

  9. 7 (suite) : SH = (0 − 4t)² + (2 − (2 + 4t))² + (1 − (1 + 2t))² = 16t² + 16t² + 4t² = 36t² = 6|t|, car une distance est positive. La condition SH = 6 s'écrit 6|t| = 6, soit |t| = 1, donc t = 1 ou t = −1. L'abscisse xS = 4t devant être positive, on retient t = 1. Le point cherché est S(4 ; 6 ; 3).

Énoncé Exercice 2 Loi binomiale Moyen

Utilisation d'un réseau social

Parmi les habitants âgés d'au moins 15 ans vivant en France, on compte : 21 % de personnes de 15 à 29 ans ; 46 % de personnes de 30 à 59 ans ; 33 % de personnes d'au moins 60 ans. On s'intéresse à l'utilisation d'un réseau social par les habitants âgés d'au moins 15 ans vivant en France. On a ainsi pu observer que : 70 % des personnes de 15 à 29 ans ont déjà publié sur ce réseau social ; 46 % des personnes de 30 à 59 ans ont déjà publié sur ce réseau social ; 15 % des personnes d'au moins 60 ans ont déjà publié sur ce réseau social. On interroge une personne âgée d'au moins 15 ans vivant en France et on lui demande si elle a déjà publié sur ce réseau social. On note : J l'événement : « la personne interrogée a entre 15 et 29 ans » ; M l'événement : « la personne interrogée a entre 30 et 59 ans » ; S l'événement : « la personne interrogée a au moins 60 ans » ; R l'événement : « la personne interrogée a déjà publié sur ce réseau social ». On note R̄ l'événement contraire de l'événement R. Dans tout l'exercice, les valeurs approchées seront arrondies au millième.

Partie A

1. Recopier et compléter l'arbre de probabilité. [Arbre non reproduit : la racine se partage en trois branches J, M et S, et chacune de ces branches se subdivise en R et R̄ ; aucune probabilité n'y est inscrite, c'est le travail demandé.]

2. Déterminer P(M ∩ R). Interpréter le résultat dans le contexte de l'exercice.

3. On interroge au hasard une personne âgée d'au moins 15 ans vivant en France.

a. Calculer la probabilité qu'elle ait déjà publié sur ce réseau social.

b. On sait que cette personne a déjà publié sur ce réseau social. Déterminer la probabilité qu'elle ait au moins 60 ans.

Partie B

Au cours d'un sondage, on interroge successivement, au hasard et de manière indépendante, 100 personnes âgées d'au moins 15 ans vivant en France et on leur demande si elles ont déjà publié sur ce réseau social. La population du pays est suffisamment grande pour qu'on assimile le choix des personnes sondées à des tirages successifs avec remise. On note X la variable aléatoire qui donne le nombre de personnes ayant déjà publié sur ce réseau social parmi ces 100 personnes interrogées. Dans cette partie, on admet que la probabilité qu'une personne âgée d'au moins 15 ans vivant en France ait déjà publié sur ce réseau social est 0,41.

1. On admet que la variable aléatoire X suit une loi binomiale. Donner ses paramètres.

2. Calculer la probabilité qu'au moins la moitié des 100 personnes interrogées ait déjà publié sur ce réseau social.

3. Déterminer l'espérance de la variable aléatoire X et interpréter le résultat dans le contexte de l'exercice.

Partie C

On effectue le sondage décrit dans la partie B dans 150 villes françaises en respectant les mêmes conditions. On note X1, X2, …, X150 les variables aléatoires donnant le nombre de personnes ayant déjà publié sur ce réseau social parmi les 100 personnes interrogées dans chacune des 150 villes. On considère Y la variable aléatoire définie par Y = X1 + X2 + ⋯ + X150150. Démontrer que la probabilité que la variable aléatoire Y soit strictement comprise entre 37 et 45 est strictement supérieure à 98 %.

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Corrigé Exercice 2 Utilisation d'un réseau social Revoir l'énoncé
  1. Partie A1.

    le premier niveau de l'arbre porte la répartition de la population : P(J) = 0,21 ; P(M) = 0,46 ; P(S) = 0,33 (leur somme vaut bien 1). Le second niveau porte les probabilités conditionnelles données par l'énoncé, complétées par leur événement contraire sur chaque nœud : PJ(R) = 0,70 et PJ(R̄) = 0,30 ; PM(R) = 0,46 et PM(R̄) = 0,54 ; PS(R) = 0,15 et PS(R̄) = 0,85.

  2. 2.

    on multiplie les probabilités rencontrées le long du chemin M puis R (formule des probabilités composées) : P(M ∩ R) = P(M) × PM(R) = 0,46 × 0,46 = 0,2116. La probabilité que la personne interrogée ait entre 30 et 59 ans et ait déjà publié sur ce réseau social vaut 0,2116 (valeur exacte), soit environ 0,212.

  3. 3.a.

    les événements J, M et S forment une partition de l'univers. D'après la formule des probabilités totales, P(R) = P(J ∩ R) + P(M ∩ R) + P(S ∩ R) = P(J) × PJ(R) + P(M) × PM(R) + P(S) × PS(R) = 0,21 × 0,70 + 0,46 × 0,46 + 0,33 × 0,15 = 0,147 + 0,2116 + 0,0495 = 0,4081. La probabilité que la personne interrogée ait déjà publié sur ce réseau social est 0,4081 (valeur exacte), soit environ 0,408.

  4. 3.b.

    on demande une probabilité conditionnelle, sachant R. PR(S) = P(S ∩ R)P(R) = 0,33 × 0,150,4081 = 0,04950,4081 ≈ 0,12129. Sachant que la personne interrogée a déjà publié sur ce réseau social, la probabilité qu'elle ait au moins 60 ans est environ 0,121.

  5. Partie B1.

    on répète 100 fois, de façon identique et indépendante (le tirage est assimilé à un tirage avec remise), la même épreuve de Bernoulli dont le succès « la personne a déjà publié » a pour probabilité 0,41 ; X compte le nombre de succès. La variable aléatoire X suit donc la loi binomiale de paramètres n = 100 et p = 0,41, notée B(100 ; 0,41).

  6. 2.

    « au moins la moitié des 100 personnes » se traduit par l'événement (X ⩾ 50). En passant par l'événement contraire, P(X ⩾ 50) = 1 − P(X ⩽ 49) ≈ 0,04279 à la calculatrice. La probabilité qu'au moins la moitié des 100 personnes interrogées ait déjà publié sur ce réseau social est environ 0,043.

  7. 3.

    pour une loi binomiale, E(X) = n × p = 100 × 0,41 = 41. Si l'on répétait ce sondage de 100 personnes un très grand nombre de fois, on compterait en moyenne 41 personnes ayant déjà publié sur ce réseau social.

  8. C : Y est la variable aléatoire moyenne d'un échantillon de taille 150 de la variable aléatoire X. D'après le cours, E(Y) = E(X) = 41 et V(Y) = V(X)150. Comme X suit la loi B(100 ; 0,41), V(X) = n p (1 − p) = 100 × 0,41 × 0,59 = 24,19, donc V(Y) = 24,19150 ≈ 0,16127.

  9. C (suite) : l'événement (37 < Y < 45) s'écrit (−4 < Y − 41 < 4), c'est-à-dire (|Y − E(Y)| < 4) : c'est l'événement contraire de (|Y − 41| ⩾ 4). D'après l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev appliquée avec t = 4, P(|Y − 41| ⩾ 4) ⩽ V(Y)4² = 24,19150 × 16 = 2419/240000 ≈ 0,01008.

  10. C (conclusion) : en passant à l'événement contraire, P(37 < Y < 45) = 1 − P(|Y − 41| ⩾ 4) ⩾ 1 − 0,01008 = 0,98992. Comme 0,98992 > 0,98, la probabilité que la variable aléatoire Y soit strictement comprise entre 37 et 45 est bien strictement supérieure à 98 %.

Énoncé Exercice 3 Suites numériques Difficile

Suite définie par an+1 = ln(3an² + 2an)

Partie A

On note f la fonction définie sur l'intervalle [2 ; +∞[ par f(x) = ln(3x² + 2x). On admet que la fonction f est dérivable sur l'intervalle [2 ; +∞[ et on note f′ sa fonction dérivée.

1. Démontrer que la fonction f est strictement croissante sur l'intervalle [2 ; +∞[.

2. On note g la fonction définie sur l'intervalle [2 ; +∞[ par g(x) = f(x) − x. On admet que la fonction g est strictement décroissante sur l'intervalle [2 ; +∞[ et que lim(x→+∞) g(x) = −∞.

a. Démontrer que l'équation g(x) = 0 admet une unique solution α sur l'intervalle [2 ; +∞[.

b. Donner la valeur de α arrondie au centième.

c. En déduire le tableau de signes de la fonction g sur l'intervalle [2 ; +∞[.

Partie B

Dans cette partie, les réponses pourront s'appuyer sur les résultats de la partie A. On définit une suite (an) par son premier terme a0 > 0 et pour tout entier naturel n, an+1 = ln(3an² + 2an). On étudie le cas où 2 ⩽ a0 ⩽ α, où α est l'unique solution de l'équation g(x) = 0.

1. Démontrer que, pour tout entier naturel n, on a 2 ⩽ an ⩽ α.

2. Démontrer que la suite (an) est croissante.

3. Démontrer que la suite (an) converge.

4. Démontrer que la limite de la suite (an) est α.

Partie C

Dans cette partie, on prend a0 = 2. La suite (an) est ainsi définie par a0 = 2 et pour tout entier naturel n, an+1 = ln(3an² + 2an). On note (bn) la suite définie par b0 = 10 et pour tout entier naturel n, bn+1 = ln(3bn² + 2bn). On admet que la suite (bn) est strictement décroissante et qu'elle converge vers α.

1. Justifier que, pour tout entier naturel n, on a an ⩽ bn.

2. On considère le script ci-dessous écrit en langage Python.

from math import *

def algo(p):

a = 2

b = 10

n = 0

while b - a > 10**(-p):

a = log(3*a**2 + 2*a)

b = log(3*b**2 + 2*b)

n = n + 1

return (n,a)

On rappelle qu'en langage Python : la commande log(c) renvoie la valeur de ln(c) ; la commande a**2 renvoie la valeur de a².

a. Donner les valeurs renvoyées par l'instruction algo(2). On arrondira si besoin les valeurs au millième.

b. Interpréter les valeurs renvoyées dans le contexte de l'exercice.

Voir la correction

Corrigé Exercice 3 Suite définie par an+1 = ln(3an² + 2an) Revoir l'énoncé
  1. Partie A1.

    f est de la forme ln(u) avec u(x) = 3x² + 2x, et u(x) > 0 sur [2 ; +∞[. La dérivée de ln(u) est u′/u, donc f′(x) = 6x + 23x² + 2x. Sur [2 ; +∞[, le numérateur 6x + 2 est strictement positif et le dénominateur 3x² + 2x = x(3x + 2) aussi, donc f′(x) > 0. La fonction f est strictement croissante sur [2 ; +∞[.

  2. 2.a.

    la fonction g est dérivable donc continue sur [2 ; +∞[, et strictement décroissante (admis par l'énoncé). On calcule g(2) = ln(3 × 2² + 2 × 2) − 2 = ln(16) − 2 = 4 ln(2) − 2 ≈ 0,773 > 0, et lim(x→+∞) g(x) = −∞ < 0. Le réel 0 est donc compris entre ces deux valeurs : d'après le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires (théorème de la bijection), l'équation g(x) = 0 admet une unique solution α sur [2 ; +∞[. On retiendra que g(α) = 0 équivaut à f(α) = α.

  3. 2.b.

    et c : à la calculatrice, g(4,04) ≈ 0,0038 > 0 et g(4,05) ≈ −0,0016 < 0, donc 4,04 < α < 4,05 (en fait α ≈ 4,0471). Arrondie au centième, α ≈ 4,05. Comme g est strictement décroissante sur [2 ; +∞[ et s'annule en α, son tableau de signes est : g(x) > 0 pour x ∈ [2 ; α[, g(α) = 0, et g(x) < 0 pour x ∈ ]α ; +∞[.

  4. Partie B1.

    on raisonne par récurrence sur la propriété P(n) : « 2 ⩽ an ⩽ α ». Initialisation : par hypothèse de l'énoncé, 2 ⩽ a0 ⩽ α, donc P(0) est vraie. Hérédité : supposons P(n) vraie pour un entier naturel n. La fonction f étant strictement croissante sur [2 ; +∞[, l'encadrement 2 ⩽ an ⩽ α donne f(2) ⩽ f(an) ⩽ f(α), c'est-à-dire ln(16) ⩽ an+1 ⩽ α puisque f(an) = an+1 et f(α) = α. Or ln(16) ≈ 2,77 ⩾ 2, donc 2 ⩽ an+1 ⩽ α : P(n+1) est vraie. Conclusion : pour tout entier naturel n, 2 ⩽ an ⩽ α.

  5. 2.

    pour tout entier naturel n, an+1 − an = f(an) − an = g(an). D'après la question B.1, an appartient à [2 ; α], intervalle sur lequel la fonction g est positive (tableau de signes de la partie A). Donc an+1 − an ⩾ 0 pour tout n : la suite (an) est croissante.

  6. 3.

    la suite (an) est croissante (question B.2) et majorée par α (question B.1). D'après le théorème de la limite monotone, toute suite croissante et majorée converge. La suite (an) converge donc vers un réel ℓ.

  7. 4.

    par passage à la limite dans l'encadrement 2 ⩽ an ⩽ α, on obtient 2 ⩽ ℓ ⩽ α, donc ℓ appartient à [2 ; +∞[. La fonction f est continue sur cet intervalle (elle y est dérivable) et la suite vérifie an+1 = f(an) : d'après le théorème du point fixe, la limite ℓ vérifie ℓ = f(ℓ), c'est-à-dire g(ℓ) = 0. Or α est l'unique solution de g(x) = 0 sur [2 ; +∞[ (question A.2.a), donc ℓ = α : la suite (an) converge vers α.

  8. Partie C1.

    la partie B s'applique ici, car a0 = 2 vérifie 2 ⩽ a0 ⩽ α ; on a donc an ⩽ α pour tout entier naturel n. Par ailleurs, la suite (bn) est strictement décroissante et converge vers α : tous ses termes sont donc supérieurs à sa limite, soit α ⩽ bn pour tout n. En enchaînant les deux inégalités, an ⩽ α ⩽ bn, donc an ⩽ bn pour tout entier naturel n.

  9. 2.a.

    le script calcule en parallèle les termes des deux suites tant que b − a > 10−p ; pour p = 2, la boucle tourne tant que b − a > 0,01. En déroulant les calculs : après 8 tours, b8 − a8 ≈ 0,0131 > 0,01, donc la boucle continue ; après 9 tours, b9 − a9 ≈ 0,0060 ⩽ 0,01, donc elle s'arrête. À ce moment a = a9 ≈ 4,0436. L'instruction algo(2) renvoie donc le couple (9 ; 4,044), la seconde valeur étant arrondie au millième.

  10. 2.b.

    l'entier 9 est le plus petit rang n pour lequel bn − an ⩽ 10−2 : il faut 9 itérations pour que les deux suites encadrent α à 10−2 près. La valeur 4,044 est le terme a9 ; comme a9 ⩽ α ⩽ b9 (question C.1) et b9 − a9 ⩽ 0,01, c'est une valeur approchée de α par défaut à 10−2 près (on a effectivement α ≈ 4,047).

Énoncé Exercice 4 Primitives et équations différentielles Difficile

Équation différentielle et tangentes à la courbe

Partie A

Sur le graphique ci-dessous, on a tracé trois courbes C1, C2 et C3. Les courbes correspondent aux représentations graphiques de trois fonctions définies sur ℝ : une fonction f, sa dérivée f′ et sa dérivée seconde f″. [Graphique non reproduit : trois courbes C1, C2 et C3 tracées pour x variant de 0 à 6, les ordonnées lues allant de −0,5 à 1.] Associer chacune des fonctions f, f′ et f″ à sa courbe représentative. Aucune justification n'est attendue.

Partie B

On considère l'équation différentielle (E) définie par y′ + y = (2x − 3) e−x où y est une fonction de la variable réelle x.

1. On considère la fonction g définie sur ℝ par g(x) = (x² − 3x) e−x. Démontrer que la fonction g est une solution particulière de l'équation différentielle (E).

2. Déterminer l'ensemble des solutions de l'équation différentielle y′ + y = 0.

3. En déduire l'ensemble des solutions de l'équation différentielle (E).

4. Déterminer la solution f de l'équation différentielle (E) telle que f(0) = 2.

Partie C

On considère la fonction f définie sur ℝ par f(x) = e−x(x² − 3x + 2) et on note Cf sa courbe représentative dans un repère orthogonal.

1. Étudier le signe de la fonction f sur ℝ.

2. a. Déterminer la limite de la fonction f en −∞.

b. Déterminer la limite de la fonction f en +∞.

3. On note I l'intégrale définie par I = ∫₀¹ f(x) dx.

a. À l'aide de deux intégrations par parties successives, démontrer que I = 1 − 1e.

b. Interpréter graphiquement ce résultat.

Partie D

On considère un réel a. On note (Ta) la tangente à la courbe Cf au point d'abscisse a.

1. Démontrer que le point d'intersection de la tangente (Ta) et de l'axe des ordonnées a pour ordonnée (a³ − 4a² + 2a + 2) e−a.

2. Déterminer le nombre de tangentes à la courbe Cf passant par l'origine du repère. Le candidat explicitera les étapes de la démarche utilisée.

Voir la correction

Corrigé Exercice 4 Équation différentielle et tangentes à la courbe Revoir l'énoncé
  1. Partie A

    la lecture repose sur deux liens du cours. D'une part, le signe de f′ donne les variations de f ; d'autre part, le signe de f″ donne les variations de f′ (et la convexité de f). On cherche donc l'enchaînement cohérent : les variations de C1 suivent le signe de C3, et les variations de C3 suivent le signe de C2. Réponse : C1 est la courbe de f, C3 celle de f′ et C2 celle de f″. (Le graphique n'est pas reproduit ici ; aucune justification n'était d'ailleurs demandée.)

  2. Partie B1.

    g est dérivable sur ℝ comme produit de fonctions dérivables. Avec u(x) = x² − 3x et v(x) = e−x, on a u′(x) = 2x − 3 et v′(x) = −e−x, donc g′ = u′v + uv′ donne g′(x) = (2x − 3)e−x − (x² − 3x)e−x = (−x² + 5x − 3)e−x. Alors g′(x) + g(x) = (−x² + 5x − 3 + x² − 3x)e−x = (2x − 3)e−x pour tout réel x : la fonction g est bien une solution particulière de (E).

  3. 2.

    l'équation y′ + y = 0 s'écrit y′ = −y, soit y′ = ay avec a = −1. D'après le cours, ses solutions sur ℝ sont exactement les fonctions x ↦ C e−x, où C est une constante réelle.

  4. 3.

    les solutions d'une équation différentielle linéaire du premier ordre s'obtiennent en ajoutant à une solution particulière toutes les solutions de l'équation homogène associée. Les solutions de (E) sont donc les fonctions x ↦ C e−x + (x² − 3x)e−x = (x² − 3x + C)e−x, avec C ∈ ℝ.

  5. 4.

    on cherche la constante C telle que f(0) = 2. Avec f(x) = (x² − 3x + C)e−x, on obtient f(0) = (0² − 3 × 0 + C) × e⁰ = C, d'où C = 2. La solution cherchée est la fonction f définie par f(x) = (x² − 3x + 2)e−x.

  6. Partie C1.

    pour tout réel x, e−x > 0, donc f(x) est du signe du trinôme x² − 3x + 2. Son discriminant vaut Δ = (−3)² − 4 × 1 × 2 = 1 > 0 et ses racines sont x = 1 et x = 2, d'où x² − 3x + 2 = (x − 1)(x − 2). Un trinôme est du signe de son coefficient dominant (ici 1 > 0) sauf strictement entre les racines. Donc f(x) > 0 sur ]−∞ ; 1[ et sur ]2 ; +∞[, f(x) < 0 sur ]1 ; 2[, et f s'annule en 1 et en 2.

  7. 2.a.

    quand x → −∞, on a −x → +∞ donc lim e−x = +∞ ; et lim (x² − 3x + 2) = +∞ (terme dominant x²). Par produit, lim(x→−∞) f(x) = +∞. C.2.b : en +∞ le produit est de la forme indéterminée 0 × ∞ ; on lève l'indétermination en écrivant f(x) = e−x(x² − 3x + 2) = (x²/ex) × (1 − 3x + 2x²) pour x ≠ 0. Par croissances comparées, lim(x→+∞) exx² = +∞, donc lim(x→+∞) x²/ex = 0 ; et lim(x→+∞) (1 − 3x + 2x²) = 1. Par produit, lim(x→+∞) f(x) = 0 : l'axe des abscisses est asymptote horizontale à Cf en +∞.

  8. 3.a.

    première intégration par parties, avec u(x) = x² − 3x + 2 (donc u′(x) = 2x − 3) et v′(x) = e−x (donc v(x) = −e−x), ces fonctions étant continues et dérivables sur [0 ; 1]. I = [−e−x(x² − 3x + 2)]₀¹ + ∫₀¹ (2x − 3)e−x dx. Le crochet vaut −e−1 × (1 − 3 + 2) + e⁰ × 2 = 0 + 2 = 2, donc I = 2 + J avec J = ∫₀¹ (2x − 3)e−x dx.

  9. (suite) : seconde intégration par parties sur J, avec u(x) = 2x − 3 (donc u′(x) = 2) et v(x) = −e−x. J = [−e−x(2x − 3)]₀¹ + ∫₀¹ 2e−x dx = (−e−1 × (−1) + e⁰ × (−3)) + [−2e−x]₀¹ = (1e − 3) + (−2e + 2) = −1 − 1e. Finalement I = 2 + J = 2 − 1 − 1e = 1 − 1e.

  10. 3.b.

    d'après la question C.1, f est positive sur [0 ; 1] (cet intervalle ne rencontre pas ]1 ; 2[). L'intégrale I mesure donc l'aire du domaine délimité par la courbe Cf, l'axe des abscisses et les droites d'équations x = 0 et x = 1. Cette aire vaut 1 − 1e ≈ 0,632 unité d'aire.

  11. Partie D1.

    la tangente (Ta) a pour équation y = f′(a)(x − a) + f(a), que l'on écrit y = f′(a)x + [f(a) − a f′(a)] : son ordonnée à l'origine (obtenue pour x = 0) est f(a) − a f′(a). Comme f est solution de (E), f′(x) + f(x) = (2x − 3)e−x, donc f′(x) = (2x − 3)e−x − (x² − 3x + 2)e−x = (−x² + 5x − 5)e−x (on retrouve le même résultat en dérivant directement le produit). On calcule alors f(a) − a f′(a) = (a² − 3a + 2)e−a − a(−a² + 5a − 5)e−a = (a² − 3a + 2 + a³ − 5a² + 5a)e−a = (a³ − 4a² + 2a + 2)e−a. Le point d'intersection de (Ta) avec l'axe des ordonnées a donc bien pour ordonnée (a³ − 4a² + 2a + 2)e−a.

  12. 2.

    la tangente (Ta) passe par l'origine si et seulement si son ordonnée à l'origine est nulle. Comme e−a > 0, cela équivaut à a³ − 4a² + 2a + 2 = 0. On étudie donc h(x) = x³ − 4x² + 2x + 2 sur ℝ. h′(x) = 3x² − 8x + 2, de discriminant Δ = (−8)² − 4 × 3 × 2 = 40 > 0 ; h′ s'annule en x₁ = 8 − 406 = 4 − 103 ≈ 0,28 et x₂ = 4 + 103 ≈ 2,39. La fonction h est donc croissante sur ]−∞ ; x₁], décroissante sur [x₁ ; x₂], puis croissante sur [x₂ ; +∞[. On calcule h(x₁) = 2010 − 227 ≈ 2,27 > 0 et h(x₂) = −2010 − 227 ≈ −2,42 < 0. Enfin, en factorisant par x³, lim(x→−∞) h(x) = −∞ et lim(x→+∞) h(x) = +∞.

  13. (conclusion) : sur chacun des trois intervalles ]−∞ ; x₁], [x₁ ; x₂] et [x₂ ; +∞[, la fonction h est continue et strictement monotone, et ses valeurs aux bornes sont de signes contraires. D'après le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires, l'équation h(x) = 0 admet exactement une solution sur chacun de ces trois intervalles, soit trois solutions au total (environ −0,48 ; 1,31 et 3,17). Il existe donc exactement 3 tangentes à la courbe Cf passant par l'origine du repère.