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Sujet officiel · session 2026

Bac de maths 2026 — Antilles-Guyane · 17 juin

Le sujet tel qu'il a été donné, sa transcription, et le corrigé complet de ses 4 exercices.

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Sujet publié par le ministère de l'Éducation nationale — PDF d'origine. Transcription et correction rédigées par MathBooster.

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Énoncé et corrigé, exercice par exercice

L'énoncé transcrit à gauche, notre correction en face. Chaque étape nomme la propriété utilisée ; ces corrections sont rédigées par MathBooster, puis vérifiées calcul par calcul.

Énoncé Exercice 1 Probabilités conditionnelles Moyen

Fiabilité d'une chaîne de transmission

Les trois parties de cet exercice peuvent être traitées indépendamment.

On s'intéresse à un réseau de communication constitué d'une chaîne de relais (satellites, antennes, opérateurs…) pour transmettre des messages.

À chaque transmission entre deux relais successifs, des erreurs peuvent apparaître dans le message.

Une étude statistique a permis d'établir que pour chaque relai :

• si le message reçu est sans erreur, il a 94 % de chances d'être transmis sans erreur au relai suivant ;

• si le message reçu comporte des erreurs, il y a 35 % de chances que les erreurs soient corrigées et donc que le message soit transmis sans erreur au relai suivant.

On choisit au hasard un message envoyé au cours d'une journée.

Pour un évènement E quelconque, on désigne par Ē son évènement contraire et par P(E) sa probabilité.

Partie A

On considère les évènements suivants :

• A₁ : « le message reçu par le premier relai est sans erreur » ;

• A₂ : « le message reçu par le deuxième relai est sans erreur ».

On admet que P(A₁) = 0,96.

1. Recopier et compléter l'arbre pondéré ci-contre. [Arbre pondéré non reproduit : deux niveaux, A₁ et Ā₁ au premier, A₂ et Ā₂ au second ; toutes les probabilités des branches sont à déterminer.]

2. Montrer que P(A₂) = 0,916 4.

3. Calculer PA₂(Ā₁). On arrondira le résultat à 10−4. Interpréter le résultat dans le contexte de l'exercice.

Partie B

Pour vérifier le bon fonctionnement d'un relai, des tests indépendants les uns des autres sont effectués. Un test est positif si la présence d'au moins une erreur est détectée.

On admet que la probabilité qu'un test soit positif est égale à 0,04.

On choisit au hasard un échantillon de 50 tests réalisés sur le relai. Le nombre de tests réalisés est suffisamment grand pour assimiler ce choix à un tirage avec remise.

1. On note X la variable aléatoire qui à chaque échantillon de 50 tests associe le nombre de tests positifs. Ainsi X suit la loi binomiale de paramètres n = 50 et p = 0,04.

a. Déterminer la probabilité que 4 tests soient positifs dans cet échantillon. On arrondira le résultat à 10−2.

b. Donner la probabilité qu'au moins un test soit positif dans cet échantillon. On arrondira le résultat à 10−2.

c. Calculer l'espérance et la variance de la variable aléatoire X.

2. On étudie une chaîne de transmission de l'information composée de 25 relais.

On considère la variable aléatoire X₁ qui à chaque échantillon de 50 tests pratiqués sur le relai 1 associe le nombre de tests positifs. On définit de la même manière les variables aléatoires X₂ pour le relai 2, …, X₂₅ pour le relai 25.

On admet que ces 25 variables aléatoires sont indépendantes entre elles et qu'elles admettent la même espérance égale à 2 et la même variance égale à 1,92.

On note M la variable aléatoire donnant la moyenne du nombre de tests positifs lors des contrôles effectués sur les 25 relais. On a donc M = X₁ + X₂ + ⋯ + X₂₅25.

a. Vérifier que E(M) = 2 et montrer que V(M) = 0,076 8.

b. À l'aide de l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev, montrer que la probabilité que la moyenne des tests positifs soit strictement inférieure à 7 est supérieure à 0,99.

Indication : on pourra utiliser, sans justification, le fait que P(M < 7) = P(−3 < M < 7).

Partie C

On désigne par n un entier naturel non nul.

On s'intéresse à une chaîne de transmission de l'information composée de n relais.

On considère l'évènement Aₙ : « le message reçu par le n-ième relai est sans erreur ». On note pₙ la probabilité que le message reçu au n-ième relai soit sans erreur. On a ainsi pₙ = P(Aₙ) et p₁ = 0,96.

On admet que pour tout entier naturel n ≥ 1, pₙ₊₁ = 0,59·pₙ + 0,35.

1. Montrer par récurrence que pour tout entier naturel n ≥ 1, pₙ₊₁ ≤ pₙ.

2. Montrer que la suite (pₙ) est convergente.

3. Déterminer la valeur exacte de sa limite.

Voir la correction

Corrigé Exercice 1 Fiabilité d'une chaîne de transmission Revoir l'énoncé
  1. Partie A1.

    Au premier niveau de l'arbre figurent A₁ et Ā₁ : l'énoncé donne P(A₁) = 0,96, donc P(Ā₁) = 1 − 0,96 = 0,04.

  2. Les branches issues de A₁ traduisent la première règle de l'énoncé : PA₁(A₂) = 0,94 et PA₁(Ā₂) = 1 − 0,94 = 0,06. Celles issues de Ā₁ traduisent la seconde : PĀ₁(A₂) = 0,35 et PĀ₁(Ā₂) = 1 − 0,35 = 0,65.

  3. 2.

    Les évènements A₁ et Ā₁ forment une partition de l'univers. D'après la formule des probabilités totales : P(A₂) = P(A₁ ∩ A₂) + P(Ā₁ ∩ A₂) = P(A₁) × PA₁(A₂) + P(Ā₁) × PĀ₁(A₂).

  4. Soit P(A₂) = 0,96 × 0,94 + 0,04 × 0,35 = 0,902 4 + 0,014 = 0,916 4. On a bien P(A₂) = 0,916 4.

  5. 3.

    Par définition d'une probabilité conditionnelle, PA₂(Ā₁) = P(Ā₁ ∩ A₂)P(A₂). Le numérateur est le produit des probabilités portées par la branche basse de l'arbre : P(Ā₁ ∩ A₂) = P(Ā₁) × PĀ₁(A₂) = 0,04 × 0,35 = 0,014.

  6. Donc PA₂(Ā₁) = 0,0140,916 4 ≈ 0,015 277, soit PA₂(Ā₁) ≈ 0,015 3 arrondi à 10⁻⁴.

  7. Interprétation : parmi les messages qui parviennent sans erreur au deuxième relai, environ 1,5 % seulement provenaient d'un premier relai ayant reçu un message erroné. Un message correct au relai 2 vient donc presque toujours d'un message déjà correct au relai 1.

  8. Partie B1. a.

    X suit la loi binomiale de paramètres n = 50 et p = 0,04, donc P(X = k) = C50k × 0,04k × 0,9650 − k pour tout entier k entre 0 et 50.

  9. Pour k = 4 : P(X = 4) = C504 × 0,04⁴ × 0,96⁴⁶ = 230 300 × 0,04⁴ × 0,96⁴⁶ ≈ 0,090 2. La probabilité que 4 tests exactement soient positifs dans l'échantillon vaut donc environ 0,09 (arrondi à 10⁻²).

  10. b.

    On passe par l'évènement contraire : l'évènement « au moins un test positif » est le contraire de « aucun test positif ». Donc P(X ≥ 1) = 1 − P(X = 0) = 1 − 0,96⁵⁰ ≈ 1 − 0,129 9 = 0,870 1, soit environ 0,87 (arrondi à 10⁻²).

  11. c.

    Pour une loi binomiale de paramètres n et p : E(X) = n × p = 50 × 0,04 = 2 et V(X) = n × p × (1 − p) = 50 × 0,04 × 0,96 = 1,92. En moyenne, 2 tests sur 50 sont donc positifs.

  12. 2. a.

    Par linéarité de l'espérance, E(M) = E(X₁) + ⋯ + E(X₂₅)25 = 25 × 225 = 2.

  13. Les 25 variables étant indépendantes, la variance de leur somme est la somme des variances : V(X₁ + ⋯ + X₂₅) = 25 × 1,92 = 48. Comme V(aY) = a² × V(Y), on obtient V(M) = 4825² = 48625 = 0,076 8.

  14. b.

    En utilisant l'indication puis en retranchant 2 : P(M < 7) = P(−3 < M < 7) = P(−5 < M − 2 < 5) = P(|M − 2| < 5) = 1 − P(|M − 2| ≥ 5).

  15. L'inégalité de Bienaymé-Tchebychev appliquée à M, d'espérance E(M) = 2, avec t = 5, donne : P(|M − 2| ≥ 5) ≤ V(M)t² = 0,076 85² = 0,076 825 = 0,003 072.

  16. Donc P(M < 7) ≥ 1 − 0,003 072 = 0,996 928 > 0,99 : la probabilité que la moyenne des tests positifs soit strictement inférieure à 7 est bien supérieure à 0,99.

  17. Partie C1.

    Notons P(n) la propriété « pₙ₊₁ ≤ pₙ ». Initialisation : p₂ = 0,59 × 0,96 + 0,35 = 0,566 4 + 0,35 = 0,916 4 et 0,916 4 ≤ 0,96 = p₁, donc P(1) est vraie.

  18. Hérédité : soit n ≥ 1 tel que pₙ₊₁ ≤ pₙ. En multipliant par 0,59 > 0, le sens de l'inégalité est conservé : 0,59·pₙ₊₁ ≤ 0,59·pₙ. En ajoutant 0,35 aux deux membres : 0,59·pₙ₊₁ + 0,35 ≤ 0,59·pₙ + 0,35, c'est-à-dire pₙ₊₂ ≤ pₙ₊₁ : P(n + 1) est vraie.

  19. Conclusion : d'après le principe de récurrence, pₙ₊₁ ≤ pₙ pour tout entier naturel n ≥ 1.

  20. 2.

    La question précédente montre que la suite (pₙ) est décroissante. De plus chaque pₙ est une probabilité, donc pₙ ≥ 0 : la suite est minorée par 0. D'après le théorème de convergence monotone, (pₙ) converge ; notons ℓ sa limite.

  21. 3.

    La fonction f : x ↦ 0,59x + 0,35 est continue sur ℝ et pₙ₊₁ = f(pₙ). En passant à la limite dans l'égalité pₙ₊₁ = 0,59·pₙ + 0,35 (les suites (pₙ) et (pₙ₊₁) ont la même limite ℓ), on obtient ℓ = 0,59·ℓ + 0,35.

  22. D'où 0,41·ℓ = 0,35, puis ℓ = 0,350,41 = 3541 ≈ 0,854. La proportion de messages transmis sans erreur se stabilise donc à la valeur exacte 3541, soit environ 85,4 %.

Énoncé Exercice 2 Géométrie dans l'espace Moyen

Module d'escalade en tétraèdre

Dans une salle d'escalade, un nouveau module en forme de tétraèdre, destiné à être posé au sol, est en cours de fabrication. Ce module servira à créer des plans inclinés.

On munit l'espace d'un repère orthonormé (A ; i, j, k). L'unité est le mètre.

On considère les trois points suivants : B(92 ; 0 ; 0), C(94 ; 3 ; 0) et D(32 ; 1 ; 3).

On modélise le module par le tétraèdre ABCD.

[Figure non reproduite : le tétraèdre ABCD posé sur le plan (ABC), la droite Δ passant par D, et deux points notés H et L situés dans le plan (ABC).]

Partie A

1. On représente ci-contre le triangle ABC et sa hauteur issue de C.

a. Montrer que le triangle ABC est isocèle en C.

b. Montrer que l'aire du triangle ABC est égale à 6,75 m².

2. a. Vérifier qu'une équation cartésienne du plan (ABC) est : z = 0.

b. Montrer que le point H(32 ; 1 ; 0) est le projeté orthogonal du point D sur le plan (ABC).

3. On rappelle que le volume V d'un tétraèdre est donné par V = (13) × B × h, où B est l'aire d'une base et h la hauteur relative à la base B. En déduire le volume du module.

Partie B

1. On considère le vecteur n(4 ; 3 ; 3).

a. Montrer que le vecteur n est un vecteur normal au plan (BCD).

b. En déduire qu'une équation cartésienne du plan (BCD) est : 4x + 3y + 3z − 18 = 0.

c. Donner une représentation paramétrique de la droite Δ orthogonale au plan (BCD) et passant par D.

2. On admet que la droite Δ et le plan (ABC) sont sécants et on désigne par L leur point d'intersection. Montrer que L a pour coordonnées (−52 ; −2 ; 0).

3. Le module est considéré adapté aux débutants si l'angle LDH est strictement inférieur à 60°. Montrer que ce module est adapté aux débutants.

Voir la correction

Corrigé Exercice 2 Module d'escalade en tétraèdre Revoir l'énoncé
  1. Partie A1. a.

    Le repère a pour origine A, donc A(0 ; 0 ; 0), et il est orthonormé : on peut y calculer les longueurs avec la formule de la distance.

  2. CA = (94 − 0)² + (3 − 0)² + (0 − 0)² = 8116 + 9 = 8116 + 14416 = 22516 = 154.

  3. CB = (9492)² + (3 − 0)² + (0 − 0)² = (−94)² + 9 = 8116 + 14416 = 22516 = 154.

  4. Les deux côtés issus de C ont la même longueur, CA = CB = 154 = 3,75 m : le triangle ABC est bien isocèle en C.

  5. b.

    On prend [AB] pour base : AB = (92)² + 0² + 0² = 92 = 4,5 m. Les points A et B ont pour ordonnée et cote 0, donc la droite (AB) est l'axe des abscisses ; la hauteur issue de C est donc la distance de C(94 ; 3 ; 0) à cet axe, soit 3² + 0² = 3 m.

  6. Aire(ABC) = base × hauteur2 = 4,5 × 32 = 13,52 = 6,75. L'aire du triangle ABC est bien égale à 6,75 m².

  7. 2. a.

    Les vecteurs AB(92 ; 0 ; 0) et AC(94 ; 3 ; 0) ne sont pas colinéaires (la deuxième coordonnée est nulle pour l'un et non nulle pour l'autre) : A, B et C ne sont pas alignés et définissent donc bien un plan.

  8. Or zA = zB = zC = 0 : les trois points vérifient l'équation z = 0, qui est bien l'équation d'un plan. Une équation cartésienne du plan (ABC) est donc z = 0.

  9. b.

    Un point est le projeté orthogonal de D sur (ABC) s'il appartient à ce plan et si le vecteur qui le joint à D est normal au plan. Ici zH = 0, donc H appartient à (ABC).

  10. De plus HD = (3232 ; 1 − 1 ; 3 − 0) = (0 ; 0 ; 3) = 3·k. Les coefficients de l'équation z = 0 montrent que k(0 ; 0 ; 1) est un vecteur normal au plan (ABC) ; HD lui étant colinéaire, la droite (HD) est orthogonale à (ABC). Donc H(32 ; 1 ; 0) est le projeté orthogonal de D sur (ABC).

  11. 3.

    En prenant le triangle ABC comme base, la hauteur du tétraèdre issue de D est la distance de D au plan (ABC), c'est-à-dire DH = 0² + 0² + 3² = 3 m.

  12. V = (13) × Aire(ABC) × DH = (13) × 6,75 × 3 = 6,75. Le volume du module est de 6,75 m³.

  13. Partie B1. a.

    BC = (9492 ; 3 − 0 ; 0 − 0) = (−94 ; 3 ; 0) et BD = (3292 ; 1 − 0 ; 3 − 0) = (−3 ; 1 ; 3). Ces deux vecteurs ne sont pas colinéaires (la troisième coordonnée de BC est nulle, celle de BD ne l'est pas), donc B, C et D définissent un plan dont ils forment un couple de vecteurs directeurs.

  14. Le repère étant orthonormé, on utilise l'expression analytique du produit scalaire : n · BC = 4 × (−94) + 3 × 3 + 3 × 0 = −9 + 9 + 0 = 0 et n · BD = 4 × (−3) + 3 × 1 + 3 × 3 = −12 + 3 + 9 = 0.

  15. n est donc orthogonal à deux vecteurs directeurs non colinéaires du plan (BCD) : c'est un vecteur normal à ce plan.

  16. b.

    Un plan de vecteur normal n(4 ; 3 ; 3) admet une équation cartésienne de la forme 4x + 3y + 3z + d = 0. Comme B(92 ; 0 ; 0) appartient à (BCD) : 4 × 92 + 3 × 0 + 3 × 0 + d = 0, soit 18 + d = 0 et d = −18.

  17. Une équation cartésienne du plan (BCD) est donc 4x + 3y + 3z − 18 = 0.

  18. c.

    Une droite orthogonale à un plan est dirigée par un vecteur normal de ce plan : Δ est donc dirigée par n(4 ; 3 ; 3), et elle passe par D(32 ; 1 ; 3). Une représentation paramétrique de Δ est : x = 32 + 4t, y = 1 + 3t, z = 3 + 3t, avec t ∈ ℝ.

  19. 2.

    Un point de Δ s'écrit (32 + 4t ; 1 + 3t ; 3 + 3t). Il appartient à (ABC), d'équation z = 0, si et seulement si 3 + 3t = 0, c'est-à-dire t = −1.

  20. Pour t = −1 : x = 32 − 4 = −52 et y = 1 − 3 = −2. Le point d'intersection a donc pour coordonnées L(−52 ; −2 ; 0).

  21. 3.

    DH = (3232 ; 1 − 1 ; 0 − 3) = (0 ; 0 ; −3) et DL = (−5232 ; −2 − 1 ; 0 − 3) = (−4 ; −3 ; −3).

  22. Produit scalaire : DH · DL = 0 × (−4) + 0 × (−3) + (−3) × (−3) = 9. Normes : DH = 0² + 0² + (−3)² = 3 et DL = (−4)² + (−3)² + (−3)² = 16 + 9 + 9 = 34.

  23. La formule DH · DL = DH × DL × cos(LDH) donne alors cos(LDH) = 93 × 34 = 334 = 334/34 ≈ 0,514 5.

  24. D'où LDH = arccos(334/34) ≈ 59,0° (plus précisément 59,04°). Cet angle est strictement inférieur à 60°, donc le module est bien adapté aux débutants.

Énoncé Exercice 3 Fonction exponentielle Moyen

Équations différentielles, convexité et asymptotes

Pour chacune des affirmations suivantes, indiquer si elle est vraie ou fausse. Justifier chaque réponse. Une réponse non justifiée ne rapporte aucun point.

1. Le plan est muni d'un repère orthonormé.

a. On considère l'équation différentielle (E₁) : y′ + 2y = 0, où y est une fonction de la variable x définie sur ℝ.

On note f la solution de (E₁) telle que f(0) = 1.

Affirmation 1 La courbe représentative de la fonction f passe par le point A de coordonnées (ln(2) ; 12).

b. On considère la fonction f définie sur l'intervalle [π/2 ; π] par : f(x) = x − cos(x).

Affirmation 2 Sur l'intervalle [π/2 ; π], la courbe représentative de la fonction f est au-dessus de ses tangentes.

c. On considère la fonction f définie sur l'intervalle ]0 ; +∞[ par : f(x) = 1 + sin(x)x.

Affirmation 3 La droite d'équation y = 1 est une asymptote horizontale de la courbe représentative de la fonction f.

2. On considère l'équation différentielle (E₂) : y′ − 3y = 2 − 6x, où y est une fonction de la variable x définie sur ℝ.

Affirmation 4 La fonction f définie sur ℝ par f(x) = 2x − e3x est une solution de l'équation (E₂).

Voir la correction

Corrigé Exercice 3 Équations différentielles, convexité et asymptotes Revoir l'énoncé
  1. Affirmation 1

    FAUSSE. L'équation (E₁) : y′ + 2y = 0 s'écrit y′ = −2y, donc elle est de la forme y′ = ay avec a = −2. D'après le cours, ses solutions sur ℝ sont les fonctions x ↦ C·e−2x, où C est une constante réelle.

  2. La condition f(0) = 1 donne C·e⁰ = C = 1, d'où f(x) = e−2x. On calcule alors l'image de ln 2 : f(ln 2) = e−2 ln 2 = eln(2⁻²) = 2⁻² = 14. Or l'ordonnée du point A vaut 12, et 1412 : la courbe de f ne passe donc pas par A.

  3. Affirmation 2

    FAUSSE. La position d'une courbe par rapport à ses tangentes se lit sur la convexité, donc sur le signe de la dérivée seconde. Ici f(x) = x − cos(x), donc f′(x) = 1 + sin(x) (la dérivée de −cos est +sin), puis f″(x) = cos(x).

  4. Sur l'intervalle [π/2 ; π], le cosinus est négatif ou nul, donc f″(x) ≤ 0 : la fonction f est concave sur cet intervalle. Or la courbe d'une fonction concave est située au-dessous de ses tangentes — c'est la courbe d'une fonction convexe qui est au-dessus. L'affirmation dit le contraire : elle est fausse.

  5. Affirmation 3

    VRAIE. On part de l'encadrement −1 ≤ sin(x) ≤ 1, valable pour tout réel. Comme x > 0, on peut diviser sans changer le sens des inégalités : −1xsin(x)x1x, puis en ajoutant 1 : 1 − 1x ≤ f(x) ≤ 1 + 1x.

  6. Or lim(x→+∞) 1x = 0, donc les deux membres qui encadrent f(x) tendent tous les deux vers 1. D'après le théorème des gendarmes, lim(x→+∞) f(x) = 1 : la droite d'équation y = 1 est bien une asymptote horizontale à la courbe de f en +∞.

  7. Affirmation 4

    VRAIE. La fonction f : x ↦ 2x − e3x est dérivable sur ℝ et f′(x) = 2 − 3·e3x. On reporte dans le premier membre de (E₂) : f′(x) − 3f(x) = (2 − 3·e3x) − 3·(2x − e3x) = 2 − 3·e3x − 6x + 3·e3x = 2 − 6x.

  8. On retrouve exactement le second membre de (E₂), et ce pour tout réel x : la fonction f est bien une solution de l'équation différentielle y′ − 3y = 2 − 6x.

Énoncé Exercice 4 Fonction logarithme Difficile

Fonction 1 − x + k·1 + ln xx

On considère la fonction fk définie sur ]0 ; +∞[ par : fk(x) = 1 − x + k·1 + ln xx, où k est un réel strictement positif et ln désigne la fonction logarithme népérien.

On désigne par Ck la représentation graphique de la fonction fk dans un repère orthonormé. On admet que fk est deux fois dérivable sur ]0 ; +∞[. On note f′k sa dérivée première et f″k sa dérivée seconde.

Partie A étude d'un premier cas particulier

Dans cette partie, on se place dans le cas k = 2.

La courbe C₂ est représentée sur le graphique ci-dessous. On précise que le point A est un point d'inflexion de C₂ et que T₂ est la tangente à C₂ au point A.

[Graphique : courbe C₂ avec tangente T₂ et point d'inflexion A.]

1. On considère une primitive F₂ de la fonction f₂ sur ]0 ; +∞[. Avec la précision permise par le graphique, donner les variations de la fonction F₂ sur l'intervalle ]0 ; 3].

2. Parmi les trois courbes ci-dessous, indiquer celle qui représente f′₂ et celle qui représente f″₂. Justifier. [Trois courbes proposées : Courbe 1, Courbe 2, Courbe 3.]

Partie B étude d'un second cas particulier

Dans cette partie on se place dans le cas k = 1.

On considère la fonction f₁ définie sur ]0 ; +∞[ par : f₁(x) = 1 − x + 1 + ln xx.

1. a. Montrer que pour tout réel x > 0 : f′₁(x) = −1 − ln(x)x².

b. Déterminer la limite de f′₁(x) lorsque x tend vers +∞.

2. On admet que :

• l'axe des ordonnées est une asymptote de la courbe de f′₁ ;

• pour tout réel x > 0, f″₁(x) = 2·ln x − 1x³.

On donne ci-dessous le tableau de variations de f′₁ sur l'intervalle ]0 ; +∞[.

[Tableau de variations : x | 0 e +∞ ; f′₁ décroît de +∞ à −1 − 12e sur ]0 ; e], puis croît de −1 − 12e à −1 sur [e ; +∞[.]

a. Justifier les variations de la fonction f′₁ sur l'intervalle ]0 ; +∞[ et la valeur de l'extremum.

b. Justifier la limite de la fonction f′₁ en 0.

c. Montrer qu'il existe une unique solution α à l'équation f′₁(x) = 0 sur ]0 ; +∞[. En déduire que f₁ admet un maximum sur l'intervalle ]0 ; +∞[.

d. Recopier et compléter les pointillés du programme écrit en langage Python ci-dessous, afin qu'il renvoie une valeur approchée à 10−2 près de la solution α de l'équation f′₁(x) = 0 sur ]0 ; +∞[.

def d(x):

return -1-ln(x)x**2

def alpha():

u = 0.5

while d(u) ... 0 :

u = ...

return u

On rappelle que x**2 désigne x².

Partie C k quelconque

On considère la fonction h définie sur ]0 ; +∞[ par h(x) = 1 + ln xx, et la fonction H définie sur ]0 ; +∞[ par H(x) = (12)·(1 + ln x)².

On admet que H est dérivable sur ]0 ; +∞[.

1. Montrer que la fonction H est une primitive de h.

On rappelle que k est un réel strictement positif et que fk est la fonction définie sur ]0 ; +∞[ par fk(x) = 1 − x + k·1 + ln xx.

2. Existe-t-il une valeur de k pour laquelle la valeur moyenne de la fonction fk sur l'intervalle [1 ; e] est égale à 0 ? Justifier.

Voir la correction

Corrigé Exercice 4 Fonction 1 − x + k·1 + ln xx Revoir l'énoncé
  1. Partie A1.

    F₂ est une primitive de f₂ sur ]0 ; +∞[, donc F′₂ = f₂. Les variations de F₂ sont donc données par le signe de f₂, c'est-à-dire par la position de la courbe C₂ par rapport à l'axe des abscisses.

  2. Sur le graphique, C₂ est au-dessous de l'axe des abscisses sur ]0 ; 0,3], au-dessus sur [0,3 ; 2,5], puis de nouveau au-dessous sur [2,5 ; 3]. Conclusion : avec la précision permise par le graphique, F₂ est décroissante sur ]0 ; 0,3], croissante sur [0,3 ; 2,5] et décroissante sur [2,5 ; 3]. (Le calcul confirme la lecture : f₂ s'annule en x ≈ 0,33 et x ≈ 2,53.)

  3. 2.

    La dérivée f′₂ s'annule en changeant de signe là où f₂ atteint son maximum, c'est-à-dire vers x ≈ 0,75 sur le graphique. La seule des trois courbes qui s'annule au voisinage de 0,75 est la courbe 1 : la courbe 1 représente donc f′₂.

  4. La dérivée seconde f″₂ s'annule en changeant de signe à l'abscisse du point d'inflexion A, soit xA ≈ 1,6. La seule courbe qui s'annule au voisinage de 1,6 est la courbe 2 : la courbe 2 représente donc f″₂. La courbe 3 ne convient pour aucune des deux fonctions.

  5. Partie B1. a.

    On écrit f₁ = w + uv avec w(x) = 1 − x, u(x) = 1 + ln x et v(x) = x, d'où w′(x) = −1, u′(x) = 1x et v′(x) = 1. La formule de dérivation d'un quotient, (uv)′ = u′v − uv′v², donne pour tout x > 0 : f′₁(x) = −1 + ((1x) × x − (1 + ln x) × 1)/x² = −1 + 1 − 1 − ln xx² = −1 − ln(x)x².

  6. b.

    Par croissances comparées, lim(x→+∞) ln(x)x² = 0 : le logarithme croît moins vite que toute puissance de x. Par somme, lim(x→+∞) f′₁(x) = −1 − 0 = −1. La droite d'équation y = −1 est donc asymptote horizontale à la courbe de f′₁ en +∞.

  7. 2. a.

    Sur ]0 ; +∞[ on a x³ > 0, donc f″₁(x) = 2 ln x − 1x³ est du signe de son numérateur 2 ln x − 1. Or 2 ln x − 1 > 0 ⟺ ln x > 12 ⟺ x > e12 = e, par stricte croissance de la fonction exponentielle.

  8. f′₁ est donc strictement décroissante sur ]0 ; e] et strictement croissante sur [e ; +∞[ : elle admet un minimum en e. Sa valeur est f′₁(e) = −1 − ln(e)e² = −1 − (12)/e = −1 − 12e ≈ −1,18, ce qui est bien l'extremum lu dans le tableau.

  9. b.

    En 0⁺ : ln x → −∞, donc −ln x → +∞ ; et x² → 0⁺. Par quotient, −ln xx² → +∞, puis par somme f′₁(x) = −1 + −ln xx² → +∞. C'est ce qui justifie que l'axe des ordonnées est asymptote à la courbe de f′₁.

  10. c.

    Sur ]0 ; e] : f′₁ est continue (car dérivable) et strictement décroissante, avec lim(x→0⁺) f′₁(x) = +∞ > 0 et f′₁(e) = −1 − 12e < 0. D'après le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires, l'équation f′₁(x) = 0 admet une unique solution α dans ]0 ; e[.

  11. Sur [e ; +∞[ : f′₁ est strictement croissante et sa limite en +∞ vaut −1, donc f′₁(x) < −1 < 0 sur tout cet intervalle : l'équation n'y a aucune solution. L'équation f′₁(x) = 0 admet donc une unique solution α sur ]0 ; +∞[ tout entier, et on a 0,65 < α < 0,66.

  12. f′₁ est alors strictement positive sur ]0 ; α[ et strictement négative sur ]α ; +∞[ : f₁ est croissante puis décroissante. La fonction f₁ admet donc bien un maximum sur ]0 ; +∞[, atteint en x = α.

  13. d.

    Comme d(0.5) > 0, on part de u = 0.5, qui est inférieur à α, et on avance par pas de 0.01 tant que d(u) reste strictement positif : la boucle s'arrête au premier u qui dépasse α. En Python les décimaux s'écrivent avec un point et le corps de la boucle doit être indenté : def d(x): return -1-ln(x)x**2 def alpha(): u = 0.5 while d(u) > 0: u = u + 0.01 return u Le programme renvoie 0.66, valeur approchée de α à 10⁻² près (α ≈ 0,652).

  14. Partie C1.

    H est de la forme (12)·U² avec U(x) = 1 + ln x, donc U′(x) = 1x. En dérivant : H′(x) = (12) × 2 × U′(x) × U(x) = (1x) × (1 + ln x) = 1 + ln xx = h(x). H est dérivable sur ]0 ; +∞[ et H′ = h sur cet intervalle : H est donc une primitive de h sur ]0 ; +∞[.

  15. 2.

    La valeur moyenne de fk sur [1 ; e] est μ = 1e − 1 × ∫₁ᵉ fk(x) dx. Comme fk(x) = 1 − x + k·h(x), la question précédente fournit une primitive de fk sur ]0 ; +∞[ : x ↦ x − x²/2 + k·H(x).

  16. ∫₁ᵉ fk(x) dx = [x − x²/2 + k·H(x)]₁ᵉ = (e − e²/2 + k × (12)(1 + ln e)²) − (1 − 12 + k × (12)(1 + ln 1)²) = (e − e²/2 + 2k) − (12 + k2) = e − e²/2 − 12 + (32)·k.

  17. Comme 1e − 1 ≠ 0, l'égalité μ = 0 équivaut à l'annulation de l'intégrale : (32)·k = e²/2 − e + 12 = e² − 2e + 12 = (e − 1)²/2, d'où k = (e − 1)²/3.

  18. Cette valeur vaut environ 0,98 : elle est strictement positive, donc elle est bien autorisée par l'énoncé. Oui, il existe une valeur de k, et une seule, pour laquelle la valeur moyenne de fk sur [1 ; e] est nulle : k = (e − 1)²/3.