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Sujet officiel · session 2025

Bac de maths 2025 — Polynésie · 17 juin

Le sujet tel qu'il a été donné, sa transcription, et le corrigé complet de ses 4 exercices.

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Sujet publié par le ministère de l'Éducation nationale — PDF d'origine. Transcription et correction rédigées par MathBooster.

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Énoncé et corrigé, exercice par exercice

L'énoncé transcrit à gauche, notre correction en face. Chaque étape nomme la propriété utilisée ; ces corrections sont rédigées par MathBooster, puis vérifiées calcul par calcul.

Énoncé Exercice 1 Probabilités conditionnelles Moyen

Allergies alimentaires

Une équipe américaine a cartographié pour la première fois les allergies alimentaires chez l’enfant aux États-Unis en 2020. L’étude, publiée dans la revue Clinical Pediatries, révèle une différence nette entre les zones rurales et les zones urbaines.

On sait qu’en 2020, 17 % de la population des États-Unis habite en zone rurale et 83 % en zone urbaine.

L’étude menée montre que parmi les enfants des États-Unis vivant en zone rurale, il y en a 6,2 % qui sont atteints d’allergie alimentaire.

L’étude révèle aussi que 9 % des enfants des États-Unis sont atteints d’allergie alimentaire.

Pour un événement E quelconque, on note P(E) sa probabilité et Ē son événement contraire.

Sauf mention contraire, les probabilités seront données sous forme exacte.

Partie A

On interroge au hasard un enfant dans la population des États-Unis et on note :

• R : « l’enfant interrogé habite en zone rurale » ;

• A : « l’enfant interrogé est atteint d’allergie alimentaire ».

1. Traduire cette situation à l’aide d’un arbre de probabilité. Cet arbre pourra être complété par la suite.

2. a. Calculer la probabilité que l’enfant interrogé habite en zone rurale et soit atteint d’allergie alimentaire.

b. En déduire la probabilité que l’enfant interrogé habite en zone urbaine et soit atteint d’allergie alimentaire.

c. L’enfant interrogé habite en zone urbaine. Quelle est la probabilité qu’il soit atteint d’allergie alimentaire ? Arrondir le résultat à 10⁻⁴.

Partie B

On réalise une étude en interrogeant au hasard 100 enfants des États-Unis. On admet que ce choix se ramène à des tirages successifs indépendants avec remise. On note X la variable aléatoire donnant le nombre d’enfants atteints d’allergie alimentaire dans l’échantillon considéré.

1. Justifier que la variable aléatoire X suit une loi binomiale dont on précisera les paramètres.

2. Quelle est la probabilité qu’au moins 10 enfants parmi les 100 interrogés soient atteints d’allergie alimentaire ? Arrondir le résultat à 10⁻⁴.

Partie C

On s’intéresse à un échantillon de 20 enfants atteints d’allergie alimentaire choisis au hasard.

L’âge d’apparition des premiers symptômes allergiques de ces 20 enfants est modélisé par les variables aléatoires A₁, A₂, …, A₂₀. On admet que ces variables aléatoires sont indépendantes et suivent la même loi d’espérance 4 et de variance 2,25.

On considère la variable aléatoire :

M₂₀ = A₁ + A₂ + … + A₂₀20.

1. Que représente la variable aléatoire M₂₀ dans le contexte de l’exercice ?

2. Déterminer l’espérance et la variance de M₂₀.

3. Justifier, à l’aide de l’inégalité de concentration, que P(2 < M₂₀ < 6) > 0,97. Interpréter ce résultat dans le contexte de l’exercice.

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Corrigé Exercice 1 Allergies alimentaires Revoir l'énoncé
  1. Partie A1.

    L’énoncé fournit trois données : P(R) = 0,17, donc P(R̄) = 1 − 0,17 = 0,83 (zone urbaine) ; PR(A) = 0,062 (6,2 % des enfants ruraux sont allergiques) ; et P(A) = 0,09. L’arbre a deux niveaux : au premier, les branches R (0,17) et R̄ (0,83) ; au second, depuis R les branches A (0,062) et Ā (1 − 0,062 = 0,938), depuis R̄ les branches A et Ā dont les probabilités sont encore inconnues. Attention : P(A) = 0,09 ne se place sur aucune branche, c’est une probabilité totale — elle servira au 2.b.

  2. 2.a.

    L’évènement demandé est R ∩ A, c’est-à-dire le premier chemin de l’arbre. D’après la formule des probabilités composées (on multiplie les probabilités le long d’un chemin) : P(R ∩ A) = P(R) × PR(A) = 0,17 × 0,062 = 0,010 54. La probabilité que l’enfant interrogé habite en zone rurale et soit atteint d’allergie alimentaire vaut donc 0,010 54.

  3. 2.b.

    R et R̄ forment une partition de l’univers, donc d’après la formule des probabilités totales : P(A) = P(R ∩ A) + P(R̄ ∩ A), soit 0,09 = 0,010 54 + P(R̄ ∩ A). D’où P(R̄ ∩ A) = 0,09 − 0,010 54 = 0,079 46. La probabilité que l’enfant interrogé habite en zone urbaine et soit atteint d’allergie alimentaire vaut 0,079 46.

  4. 2.c.

    « L’enfant habite en zone urbaine » est ici une information, pas un évènement à calculer : on demande la probabilité conditionnelle P(A) = P(R̄ ∩ A)P(R̄) = 0,079 460,83 = 3 97341 500 ≈ 0,095 734. Arrondie à 10⁻⁴, la probabilité qu’un enfant de zone urbaine soit atteint d’allergie alimentaire vaut 0,0957. C’est nettement plus que les 6,2 % de la zone rurale : l’allergie est bien plus fréquente en ville, ce qui est la conclusion de l’étude.

  5. Partie B1.

    On répète 100 fois, de façon identique et indépendante (les tirages se font avec remise), la même épreuve de Bernoulli : interroger un enfant, avec pour succès « l’enfant est atteint d’allergie alimentaire » de probabilité p = P(A) = 0,09. La variable X compte le nombre de succès obtenus lors de ces 100 répétitions : X suit donc la loi binomiale de paramètres n = 100 et p = 0,09, notée X ∼ B(100 ; 0,09).

  6. 2.

    « Au moins 10 » signifie X ≥ 10 ; on passe par l’évènement contraire, plus commode à la calculatrice : P(X ≥ 10) = 1 − P(X ≤ 9). La calculatrice donne P(X ≤ 9) ≈ 0,587 506, d’où P(X ≥ 10) ≈ 0,412 494. Arrondie à 10⁻⁴, la probabilité qu’au moins 10 des 100 enfants interrogés soient atteints d’allergie alimentaire vaut 0,4125.

  7. Partie C1.

    M₂₀ = A₁ + A₂ + … + A₂₀20 est la moyenne des 20 valeurs A₁, …, A₂₀ : dans le contexte, M₂₀ représente l’âge moyen (en années) d’apparition des premiers symptômes allergiques dans l’échantillon des 20 enfants choisis.

  8. 2.

    M₂₀ est la moyenne d’un échantillon de taille 20 de variables indépendantes de même loi, d’espérance 4 et de variance 2,25. Par linéarité de l’espérance : E(M₂₀) = (120) × (4 + 4 + … + 4) = (120) × 20 × 4 = 4. Pour la variance, l’indépendance permet d’additionner les variances : V(A₁ + … + A₂₀) = 20 × 2,25 = 45, puis V(aX) = a²V(X) avec a = 120 donne V(M₂₀) = 4520² = 2,2520 = 0,1125.

  9. 3.

    L’encadrement 2 < M₂₀ < 6 est centré sur 4 = E(M₂₀) : il équivaut à −2 < M₂₀ − 4 < 2, c’est-à-dire |M₂₀ − E(M₂₀)| < 2. L’inégalité de concentration appliquée à la moyenne d’un échantillon de taille n = 20, avec δ = 2, donne : P(|M₂₀ − 4| ≥ 2) ≤ V(A)n δ² = 2,2520 × 2² = 2,2580 = 0,028 125.

  10. 3 (conclusion). En passant à l’évènement contraire : P(2 < M₂₀ < 6) = P(|M₂₀ − 4| < 2) = 1 − P(|M₂₀ − 4| ≥ 2) ≥ 1 − 0,028 125 = 0,971 875 = 311320. Comme 0,971 875 > 0,97, on a bien P(2 < M₂₀ < 6) > 0,97. Interprétation : pour plus de 97 % des échantillons de 20 enfants allergiques, l’âge moyen d’apparition des premiers symptômes est compris entre 2 et 6 ans.

Énoncé Exercice 2 Géométrie dans l'espace Moyen

Approches aériennes

Deux avions sont en approche d’un aéroport. On munit l’espace d’un repère orthonormé (O ; i, j, k) dont l’origine O est le pied de la tour de contrôle, et le sol est le plan P₀ d’équation z = 0. L’unité des axes correspond à 1 km. On modélise les avions par des points.

L’avion Alpha transmet à la tour sa position en A(−7 ; 1 ; 7) et sa trajectoire est dirigée par le vecteur u(2 ; −1 ; −3).

L’avion Bêta transmet une trajectoire définie par la droite dB passant par le point B dont une représentation paramétrique est :

x = −11 + 5t

y = −5 + t

z = 11 − 4t, t ∈ ℝ.

[Figure : repère de l’espace montrant le sol en z = 0, la tour en O, les points A et B et les droites dA et dB portant les trajectoires des avions.]

1. S’il ne dévie pas de sa trajectoire, déterminer les coordonnées du point S en lequel l’avion Bêta touchera le sol.

2. a. Déterminer une représentation paramétrique de la droite dA caractérisant la trajectoire de l’avion Alpha.

b. Les deux avions peuvent-ils entrer en collision ?

3. a. Démontrer que l’avion Alpha passe par la position E(−3 ; −1 ; 1).

b. Justifier qu’une équation cartésienne du plan PE passant par E et perpendiculaire à la droite dA est : 2x − y − 3z + 8 = 0.

c. Vérifier que le point F(−1 ; −3 ; 3) est le point d’intersection du plan PE et de la droite dB.

d. Calculer la valeur exacte de la distance EF, puis vérifier que cela correspond à une distance de 3 464 m, à 1 m près.

4. La réglementation aérienne stipule que deux avions en approche doivent être à tout instant à au moins 3 milles nautiques l’un de l’autre (1 mille nautique vaut 1 852 m). Si les avions Alpha et Bêta sont respectivement en E et F au même instant, leur distance de sécurité est-elle respectée ?

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Corrigé Exercice 2 Approches aériennes Revoir l'énoncé
  1. 1.

    Le sol est le plan P₀ d’équation z = 0 : l’avion Bêta le touche à l’instant où sa troisième coordonnée s’annule. Sur dB on a z = 11 − 4t, donc 11 − 4t = 0, soit t = 114. On reporte cette valeur dans les deux autres équations : x = −11 + 5 × 114 = −11 + 554 = 114 et y = −5 + 114 = −94. S’il ne dévie pas, l’avion Bêta touchera le sol au point S(114 ; −94 ; 0), soit (2,75 ; −2,25 ; 0), coordonnées en km.

  2. 2.a.

    Une droite est entièrement caractérisée par un point et un vecteur directeur : dA passe par A(−7 ; 1 ; 7) et est dirigée par u(2 ; −1 ; −3). Une représentation paramétrique de dA est donc : x = −7 + 2s, y = 1 − s, z = 7 − 3s, avec s ∈ ℝ. On note le paramètre s pour le distinguer du paramètre t de dB : les deux droites sont parcourues indépendamment l’une de l’autre.

  3. 2.b.

    Les avions pourraient entrer en collision si leurs trajectoires se coupent, c’est-à-dire s’il existe un couple (t ; s) pour lequel le point de paramètre t de dB et le point de paramètre s de dA sont confondus. On résout donc le système : −11 + 5t = −7 + 2s ; −5 + t = 1 − s ; 11 − 4t = 7 − 3s. La deuxième équation donne t = 6 − s. En reportant dans la première : −11 + 5(6 − s) = −7 + 2s, soit 19 − 5s = −7 + 2s, puis 7s = 26 et s = 267 (donc t = 6 − 267 = 167).

  4. 2.b (conclusion). Ce couple est le seul candidat : il reste à le tester dans la troisième équation. À gauche, 11 − 4 × 167 = 11 − 647 = 137 ; à droite, 7 − 3 × 267 = 7 − 787 = −297. Comme 137 ≠ −297, la troisième équation n’est pas vérifiée : le système n’a pas de solution. Les droites dA et dB ne sont donc pas sécantes, et les deux avions ne peuvent pas entrer en collision.

  5. 3.a.

    Dire que l’avion Alpha passe par E, c’est dire que E ∈ dA, donc qu’il existe une valeur du paramètre s donnant les coordonnées de E. La première équation, −7 + 2s = −3, impose s = 2 : c’est la seule valeur possible. On la reporte dans les deux autres : y = 1 − 2 = −1 et z = 7 − 3 × 2 = 1, ce qui redonne exactement les coordonnées de E. Le point E(−3 ; −1 ; 1) est donc le point de dA de paramètre s = 2 : l’avion Alpha passe bien par cette position.

  6. 3.b.

    Le plan PE est perpendiculaire à la droite dA : tout vecteur directeur de dA est donc un vecteur normal de PE. On prend n = u(2 ; −1 ; −3), et une équation cartésienne de PE est de la forme 2x − y − 3z + d = 0, avec d réel. Le point E(−3 ; −1 ; 1) appartient à PE, donc ses coordonnées vérifient l’équation : 2 × (−3) − (−1) − 3 × 1 + d = 0, soit −6 + 1 − 3 + d = 0, d’où d = 8. Une équation cartésienne de PE est bien 2x − y − 3z + 8 = 0.

  7. 3.c.

    On cherche le point de dB qui appartient à PE : on remplace x, y et z par leurs expressions en fonction de t dans l’équation du plan. 2(−11 + 5t) − (−5 + t) − 3(11 − 4t) + 8 = −22 + 10t + 5 − t − 33 + 12t + 8 = 21t − 42. Cette expression s’annule pour 21t = 42, soit t = 2, et c’est l’unique solution : dB coupe PE en un seul point. Pour t = 2 : x = −11 + 10 = −1, y = −5 + 2 = −3, z = 11 − 8 = 3. Le point d’intersection du plan PE et de la droite dB est donc bien F(−1 ; −3 ; 3).

  8. 3.d.

    Le repère est orthonormé, on peut donc calculer la distance à partir des coordonnées : EF = (xF − xE)² + (yF − yE)² + (zF − zE = (−1 − (−3))² + (−3 − (−1))² + (3 − 1)² = 2² + (−2)² + 2² = 12. La valeur exacte est EF = 23 km. Comme 3 ≈ 1,732 05, on a EF ≈ 3,464 1 km, soit 3 464,1 m : arrondie au mètre près, la distance EF vaut bien 3 464 m.

  9. 4.

    La distance minimale imposée est de 3 milles nautiques, soit 3 × 1 852 = 5 556 m. Or, si les deux avions sont en E et F au même instant, ils sont séparés de EF ≈ 3 464 m, ce qui représente 3 4641 852 ≈ 1,87 mille nautique. Comme 3 464 m < 5 556 m (ou 1,87 < 3), la distance de sécurité n’est pas respectée.

Énoncé Exercice 3 Calcul intégral Difficile

Fonctions xⁿe⁻ˣ et intégrales

On munit le plan d’un repère orthonormé.

Pour tout entier naturel n, on considère la fonction fₙ définie sur [0 ; +∞[ par :

f₀(x) = e⁻ˣ et, pour n ≥ 1, fₙ(x) = xⁿ e⁻ˣ.

Pour tout entier naturel n, on note Cₙ la courbe représentative de la fonction fₙ.

Les parties A et B sont indépendantes.

Partie A Étude des fonctions fₙ pour n ≥ 1

On considère un entier naturel n ≥ 1.

1. a. On admet que la fonction fₙ est dérivable sur [0 ; +∞[. Montrer que pour tout x ≥ 0, fₙ′(x) = (n − x)xⁿ⁻¹ e⁻ˣ.

b. Justifier tous les éléments du tableau ci-dessous :

x 0 n +∞

fₙ′(x) + 0 −

fₙ 0 (ne)ⁿ 0

(valeurs aux bornes).

2. Justifier par le calcul que le point A(1 ; e⁻¹) appartient à la courbe Cₙ.

Partie B Étude des intégrales Iₙ = ∫₀¹ fₙ(x) dx pour n ≥ 0

Dans cette partie, on étudie les fonctions fₙ sur [0 ; 1] et on considère la suite (Iₙ) définie pour tout entier naturel n par :

Iₙ = ∫₀¹ fₙ(x) dx = ∫₀¹ xⁿ e⁻ˣ dx.

[Annexe : graphique dans un repère orthonormé, avec x ∈ [0 ; 1] et fₙ(x) ∈ [0 ; 1], représentant les courbes C₀, C₁, C₂, C₁₀ et C₁₀₀.]

1. a. Donner une interprétation graphique de Iₙ.

b. Par lecture de ce graphique, quelle conjecture peut-on émettre sur la limite de la suite (Iₙ) ?

2. Calculer I₀.

3. a. Soit n un entier naturel. Démontrer que pour tout x ∈ [0 ; 1], 0 ≤ xⁿ⁺¹ ≤ xⁿ.

b. En déduire que pour tout entier naturel n, on a : 0 ≤ Iₙ₊₁ ≤ Iₙ.

4. Démontrer que la suite (Iₙ) est convergente, vers une limite positive ou nulle que l’on notera ℓ.

5. En utilisant une intégration par parties, démontrer que pour tout entier naturel n on a : Iₙ₊₁ = (n + 1)Iₙ − 1e.

6. a. Démontrer que si ℓ > 0, l’égalité de la question 5 conduit à une contradiction.

b. Démontrer que ℓ = 0. On pourra utiliser la question 6.a.

On donne ci-dessous le script de la fonction mystere, écrite en langage Python. On a importé la constante e.

def mystere(n):

I = 1 - 1e

L = [I]

for i in range(n):

I = (i + 1)*I - 1e

L.append(I)

return L

7. Que renvoie mystere(100) dans le contexte de l’exercice ?

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Corrigé Exercice 3 Fonctions xⁿe⁻ˣ et intégrales Revoir l'énoncé
  1. Partie A1.a.

    Pour n ≥ 1, fₙ est le produit des fonctions u : x ↦ xⁿ et v : x ↦ e⁻ˣ, dérivables sur [0 ; +∞[, avec u′(x) = n xⁿ⁻¹ et v′(x) = −e⁻ˣ (dérivée de eax : a eax avec a = −1). La formule (uv)′ = u′v + uv′ donne : fₙ′(x) = n xⁿ⁻¹ e⁻ˣ + xⁿ × (−e⁻ˣ) = n xⁿ⁻¹ e⁻ˣ − xⁿ e⁻ˣ. On factorise en écrivant xⁿ = x × xⁿ⁻¹ : fₙ′(x) = (n − x) xⁿ⁻¹ e⁻ˣ pour tout x ≥ 0.

  2. 1.b.

    Signe : sur [0 ; +∞[, e⁻ˣ > 0 (l’exponentielle est strictement positive sur ℝ) et xⁿ⁻¹ ≥ 0. Le signe de fₙ′(x) est donc celui du facteur n − x : fₙ′(x) > 0 sur ]0 ; n[, fₙ′(n) = 0, fₙ′(x) < 0 sur ]n ; +∞[. Par conséquent fₙ est strictement croissante sur [0 ; n] puis strictement décroissante sur [n ; +∞[.

  3. 1.b (valeurs du tableau). fₙ(0) = 0ⁿ × e⁰ = 0 puisque n ≥ 1. Le maximum est atteint en x = n et vaut fₙ(n) = nⁿ e⁻ⁿ = nⁿ/eⁿ = (ne)ⁿ. Enfin, en écrivant fₙ(x) = xⁿ/eˣ = 1eˣ/xⁿ et en utilisant les croissances comparées, lim(x→+∞) eˣ/xⁿ = +∞, donc lim(x→+∞) fₙ(x) = 0 : la courbe Cₙ admet l’axe des abscisses pour asymptote horizontale en +∞. Tous les éléments du tableau sont ainsi justifiés.

  4. 2.

    Il suffit de calculer l’image de 1 : fₙ(1) = 1ⁿ × e⁻¹ = 1 × e⁻¹ = e⁻¹, et ce quel que soit l’entier n ≥ 1. L’ordonnée obtenue est bien celle du point A, donc A(1 ; e⁻¹) appartient à Cₙ : toutes les courbes Cₙ passent par ce même point A.

  5. Partie B1.

    Sur [0 ; 1], fₙ est continue et fₙ(x) = xⁿ e⁻ˣ ≥ 0 : Iₙ est donc l’aire, exprimée en unités d’aire, du domaine délimité par la courbe Cₙ, l’axe des abscisses et les droites d’équations x = 0 et x = 1. Sur le graphique de l’annexe, ces domaines se rétrécissent quand n augmente (C₁₀₀ est presque confondue avec l’axe des abscisses sur [0 ; 1[) tout en restant au-dessus de l’axe : on conjecture que la suite (Iₙ) est décroissante et converge vers 0.

  6. 2.

    Une primitive de x ↦ e⁻ˣ sur [0 ; 1] est x ↦ −e⁻ˣ. Donc I₀ = ∫₀¹ e⁻ˣ dx = [−e⁻ˣ]₀¹ = −e⁻¹ − (−e⁰) = 1 − e⁻¹. Ainsi I₀ = 1 − 1e ≈ 0,632.

  7. 3.a.

    Soit n un entier naturel et x ∈ [0 ; 1] : on a 0 ≤ x ≤ 1 et xⁿ ≥ 0. En multipliant l’encadrement 0 ≤ x ≤ 1 par le nombre positif xⁿ, ce qui conserve le sens des inégalités : 0 × xⁿ ≤ x × xⁿ ≤ 1 × xⁿ, c’est-à-dire 0 ≤ xⁿ⁺¹ ≤ xⁿ pour tout x de [0 ; 1].

  8. 3.b.

    On multiplie l’encadrement précédent par e⁻ˣ, qui est strictement positif : 0 ≤ xⁿ⁺¹ e⁻ˣ ≤ xⁿ e⁻ˣ, soit 0 ≤ fₙ₊₁(x) ≤ fₙ(x) sur [0 ; 1]. Comme les bornes 0 et 1 sont dans le bon ordre (0 < 1), la croissance de l’intégrale permet d’intégrer ces inégalités : ∫₀¹ 0 dx ≤ ∫₀¹ fₙ₊₁(x) dx ≤ ∫₀¹ fₙ(x) dx, c’est-à-dire 0 ≤ Iₙ₊₁ ≤ Iₙ pour tout entier naturel n.

  9. 4.

    La question 3.b fournit deux informations : Iₙ₊₁ ≤ Iₙ pour tout n, donc la suite (Iₙ) est décroissante ; et Iₙ ≥ 0 pour tout n, donc elle est minorée par 0. D’après le théorème de convergence monotone (toute suite décroissante et minorée converge), la suite (Iₙ) converge vers un réel ℓ. En passant à la limite dans l’inégalité Iₙ ≥ 0, on obtient ℓ ≥ 0.

  10. 5.

    On pose u(x) = xⁿ⁺¹ et v′(x) = e⁻ˣ, d’où u′(x) = (n + 1)xⁿ et v(x) = −e⁻ˣ ; ces fonctions sont dérivables, de dérivées continues sur [0 ; 1]. La formule d’intégration par parties ∫ₐᵇ u v′ = [u v]ₐᵇ − ∫ₐᵇ u′ v donne : Iₙ₊₁ = ∫₀¹ xⁿ⁺¹ e⁻ˣ dx = [−xⁿ⁺¹ e⁻ˣ]₀¹ − ∫₀¹ (n + 1)xⁿ × (−e⁻ˣ) dx = (−1ⁿ⁺¹ e⁻¹ − 0) + (n + 1)∫₀¹ xⁿ e⁻ˣ dx. Soit, par linéarité, Iₙ₊₁ = (n + 1)Iₙ − 1e.

  11. 6.a.

    Raisonnons par l’absurde en supposant ℓ > 0. Alors lim(n→+∞) (n + 1) = +∞ et lim(n→+∞) Iₙ = ℓ > 0, donc par produit lim(n→+∞) (n + 1)Iₙ = +∞, puis par somme lim(n→+∞) [(n + 1)Iₙ − 1e] = +∞ : d’après la relation du 5, la suite (Iₙ₊₁) diverge vers +∞. Or (Iₙ₊₁) a la même limite que (Iₙ), c’est-à-dire le réel fini ℓ. Une suite ne pouvant admettre deux limites différentes, l’hypothèse ℓ > 0 conduit à une contradiction.

  12. 6.b.

    La question 4 assure que ℓ ≥ 0, donc soit ℓ > 0, soit ℓ = 0. La question 6.a exclut le cas ℓ > 0. Par élimination, ℓ = 0 : la suite (Iₙ) converge vers 0, ce qui confirme la conjecture émise graphiquement au 1.

  13. 7.

    Dans le script, I est initialisée à 1 − 1e, c’est-à-dire I₀, et la liste L à [I₀]. À chaque passage dans la boucle (i variant de 0 à n − 1), l’instruction I = (i + 1)*I − 1e applique exactement la relation de récurrence Iᵢ₊₁ = (i + 1)Iᵢ − 1e établie au 5, et la nouvelle valeur est ajoutée à L. Après 100 tours, mystere(100) renvoie donc la liste des 101 valeurs approchées [I₀ ; I₁ ; … ; I₁₀₀] des intégrales étudiées. Remarque : ces valeurs ne sont fiables que pour les premiers rangs, car la multiplication par (i + 1) amplifie à chaque tour l’erreur d’arrondi commise sur 1e ; dès le rang 18 le script renvoie des nombres négatifs, ce qui est impossible pour l’intégrale d’une fonction positive.

Énoncé Exercice 4 Suites numériques Moyen

Affirmations

Pour chacune des affirmations suivantes, indiquer si elle est vraie ou fausse.

Chaque réponse doit être justifiée. Une réponse non justifiée ne rapporte aucun point.

Dans cet exercice, les questions sont indépendantes les unes des autres.

1. On considère l’équation différentielle (E) : y′ = (12)y + 4.

Affirmation 1 Les solutions de (E) sont les fonctions f définies sur ℝ par : f(x) = k ex2 − 8, avec k ∈ ℝ.

2. Dans une classe de terminale, il y a 18 filles et 14 garçons. On constitue une équipe de volley-ball en choisissant au hasard 3 filles et 3 garçons.

Affirmation 2 Il y a 297 024 possibilités pour former une telle équipe.

3. Soit (vₙ) la suite définie pour tout entier naturel n par : vₙ = n2 + cos(n).

Affirmation 3 La suite (vₙ) diverge vers +∞.

4. Dans l’espace rapporté à un repère orthonormé (O ; i, j, k), on considère les points A(1 ; 1 ; 2), B(5 ; −1 ; 8) et C(2 ; 1 ; 3).

Affirmation 4 AB · AC = 10 et une mesure de l’angle BAC est 30°.

5. On considère une fonction h définie sur ]0 ; +∞[ dont la dérivée seconde est définie sur ]0 ; +∞[ par : h″(x) = x ln(x) − 3x.

Affirmation 5 La fonction h est convexe sur [e³ ; +∞[.

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Corrigé Exercice 4 Affirmations Revoir l'énoncé
  1. Affirmation 1

    VRAIE. L’équation (E) est de la forme y′ = ay + b avec a = 12 et b = 4, tous deux non nuls. D’après le cours, les solutions sur ℝ d’une telle équation sont les fonctions x ↦ k eaxba, avec k ∈ ℝ. Ici −ba = −41/2 = −8, donc les solutions sont les fonctions f(x) = k ex2 − 8, k ∈ ℝ. Vérification : f est dérivable sur ℝ comme produit d'une constante et de la composée de x ↦ x2 par l'exponentielle, et f′(x) = (12)k ex2 et (12)f(x) + 4 = (12)k ex2 − 4 + 4 = (12)k ex2 ; les deux expressions coïncident. L’affirmation est donc vraie.

  2. Affirmation 2

    VRAIE. Les 3 filles sont choisies simultanément, sans ordre et sans répétition : il s’agit d’une combinaison de 3 éléments parmi 18, soit C(18, 3) = 18 × 17 × 163 × 2 × 1 = 816 choix possibles. De même pour les garçons : C(14, 3) = 14 × 13 × 123 × 2 × 1 = 364 choix. Le choix des filles et celui des garçons sont indépendants, donc d’après le principe multiplicatif le nombre d’équipes est 816 × 364 = 297 024. L’affirmation est vraie.

  3. Affirmation 3

    VRAIE. Pour tout entier naturel n, −1 ≤ cos(n) ≤ 1, donc 1 ≤ 2 + cos(n) ≤ 3 : le dénominateur est strictement positif, vₙ est bien défini. La fonction inverse étant décroissante sur ]0 ; +∞[, on en déduit 12 + cos(n)13, puis, en multipliant par n ≥ 0 : vₙ = n2 + cos(n)n3. Or lim(n→+∞) n3 = +∞, donc d’après le théorème de comparaison (minoration par une suite de limite +∞), lim(n→+∞) vₙ = +∞. La suite (vₙ) diverge bien vers +∞.

  4. Affirmation 4

    FAUSSE. Les coordonnées des vecteurs sont AB(5 − 1 ; −1 − 1 ; 8 − 2) = (4 ; −2 ; 6) et AC(2 − 1 ; 1 − 1 ; 3 − 2) = (1 ; 0 ; 1). Le repère étant orthonormé, AB · AC = 4 × 1 + (−2) × 0 + 6 × 1 = 10 : la première partie de l’affirmation est exacte.

  5. (suite). Pour l’angle, on utilise l’expression trigonométrique du produit scalaire. ‖AB‖ = 4² + (−2)² + 6² = 56 = 214 et ‖AC‖ = 1² + 0² + 1² = 2. De AB · AC = ‖AB‖ × ‖AC‖ × cos(BAC) on tire cos(BAC) = 10214 × 2 = 1047 = 57/14 ≈ 0,944 9. Or cos(30°) = 32 ≈ 0,866 0 : les deux cosinus diffèrent, donc l’angle ne mesure pas 30° (à la calculatrice, BAC = arccos(57/14) ≈ 19,1°). La seconde partie étant fausse, l’affirmation est fausse.

  6. Affirmation 5

    VRAIE. On factorise la dérivée seconde : h″(x) = x ln(x) − 3x = x(ln(x) − 3). Soit x ∈ [e³ ; +∞[ : d’une part x > 0 ; d’autre part la fonction ln étant croissante sur ]0 ; +∞[, x ≥ e³ entraîne ln(x) ≥ ln(e³) = 3, donc ln(x) − 3 ≥ 0. Produit de deux facteurs positifs, h″(x) ≥ 0 sur [e³ ; +∞[. Or une fonction dont la dérivée seconde est positive sur un intervalle y est convexe : h est bien convexe sur [e³ ; +∞[.