Aller au contenu
Sujet officiel · session 2025

Bac de maths 2025 — Métropole · 18 juin

Le sujet tel qu'il a été donné, sa transcription, et le corrigé complet de ses 4 exercices.

Aller à l'énoncé et au corrigéOuvrir le PDF en grand

Sujet publié par le ministère de l'Éducation nationale — PDF d'origine. Transcription et correction rédigées par MathBooster.

Le sujet, tel qu'il a été distribué

Les navigateurs mobiles n'affichent pas le sujet ici — ouvrez-le directement.

Voir le sujet (PDF)

La transcription et le corrigé complets reprennent le sujet ci-dessous.

Ouvrir le PDF en grandPasser à l'énoncé et au corrigé

Le PDF ne s'affiche pas ? Votre navigateur est réglé pour télécharger les PDF plutôt que les ouvrir. Ouvrez-le dans un onglet — la transcription ci-dessous reprend le sujet en entier.

Énoncé et corrigé, exercice par exercice

L'énoncé transcrit à gauche, notre correction en face. Chaque étape nomme la propriété utilisée ; ces corrections sont rédigées par MathBooster, puis vérifiées calcul par calcul.

Énoncé Exercice 1 Probabilités conditionnelles Moyen

Chutes au roller et temps d'attente

Les deux parties peuvent être traitées indépendamment.

Dans cet exercice on s'intéresse à des personnes venues séjourner dans un centre multi-sports au cours du week-end. Les résultats des probabilités demandées seront arrondis au millième si nécessaire.

Partie A

Le centre propose aux personnes venues pour un week-end une formule d'initiation au roller composée de deux séances de cours.

On choisit au hasard une personne parmi celles ayant souscrit à cette formule. On désigne par A et B les évènements suivants :

• A : « La personne chute pendant la première séance » ;

• B : « La personne chute pendant la deuxième séance ».

Pour un évènement E quelconque, on note P(E) sa probabilité et Ē son évènement contraire.

Des observations permettent d'admettre que P(A) = 0,6. De plus on constate que :

• Si la personne chute pendant la première séance, la probabilité qu'elle chute pendant la deuxième est de 0,3 ;

• Si la personne ne chute pas pendant la première séance, la probabilité qu'elle chute pendant la deuxième est de 0,4.

1. Représenter la situation par un arbre pondéré. [Arbre à compléter : première branche A (0,6) et Ā (0,4). Puis A se divise en B (0,3) et B̄ (0,7), tandis que Ā se divise en B (0,4) et B̄ (0,6).]

2. Calculer la probabilité P(Ā ∩ B̄) et interpréter le résultat.

3. Montrer que P(B) = 0,34.

4. La personne ne chute pas pendant la deuxième séance de cours. Calculer la probabilité qu'elle n'ait pas chuté lors de la première séance.

5. On appelle X la variable aléatoire qui, à chaque échantillon de 100 personnes ayant souscrit à la formule, associe le nombre d'entre elles n'ayant chuté ni lors de la première ni lors de la deuxième séance. On assimile le choix d'un échantillon de 100 personnes à un tirage avec remise. On admet que la probabilité qu'une personne ne chute ni lors de la première ni lors de la deuxième séance est de 0,24.

a. Montrer que la variable aléatoire X suit une loi binomiale dont on précisera les paramètres.

b. Quelle est la probabilité d'avoir, dans un échantillon de 100 personnes ayant souscrit à la formule, au moins 20 personnes qui ne chutent ni lors de la première ni lors de la deuxième séance ?

c. Calculer l'espérance E(X) et interpréter le résultat dans le contexte de l'exercice.

Partie B

On choisit au hasard une personne venue un week-end au centre multisport. On note T₁ la variable aléatoire donnant son temps d'attente total en minutes avant les accès aux activités sportives pendant la journée du samedi et T₂ la variable aléatoire donnant son temps d'attente total en minutes avant les accès aux activités sportives pendant la journée du dimanche.

On admet que :

• T₁ suit une loi de probabilité d'espérance E(T₁) = 40 et d'écart-type σ(T₁) = 10 ;

• T₂ suit une loi de probabilité d'espérance E(T₂) = 60 et d'écart-type σ(T₂) = 16 ;

• les variables aléatoires T₁ et T₂ sont indépendantes.

On note T la variable aléatoire donnant le temps total d'attente avant les accès aux activités sportives lors des deux jours, exprimé en minutes. Ainsi on a T = T₁ + T₂.

1. Déterminer l'espérance E(T) de la variable aléatoire T. Interpréter le résultat dans le contexte de l'exercice.

2. Montrer que la variance V(T) de la variable aléatoire T est égale à 356.

3. À l'aide de l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev, montrer que, pour une personne choisie au hasard parmi celles venues un week-end au centre multisports, la probabilité que son temps total d'attente T soit strictement compris entre 60 et 140 minutes est supérieure à 0,77.

Voir la correction

Corrigé Exercice 1 Chutes au roller et temps d'attente Revoir l'énoncé
  1. Partie A1.

    L'arbre part de deux branches, A affectée de P(A) = 0,6 et Ā affectée de P(Ā) = 1 − 0,6 = 0,4. Chacune se subdivise en deux : depuis A, PA(B) = 0,3 et donc PA(B̄) = 1 − 0,3 = 0,7 ; depuis Ā, PĀ(B) = 0,4 et donc PĀ(B̄) = 1 − 0,4 = 0,6. Sur un arbre pondéré, la somme des probabilités des branches issues d'un même nœud vaut toujours 1.

  2. 2.

    L'évènement Ā ∩ B̄ est « la personne ne chute ni à la première ni à la deuxième séance ». La probabilité d'un chemin de l'arbre est le produit des probabilités qui le composent (règle du produit) : P(Ā ∩ B̄) = P(Ā) × PĀ(B̄) = 0,4 × 0,6 = 0,24. Interprétation : 24 % des personnes ayant souscrit à la formule d'initiation traversent les deux séances sans jamais chuter.

  3. 3.

    Les évènements A et Ā forment un système complet d'évènements (ils sont incompatibles et leur réunion est l'univers). D'après la formule des probabilités totales : P(B) = P(A ∩ B) + P(Ā ∩ B) = P(A) × PA(B) + P(Ā) × PĀ(B) = 0,6 × 0,3 + 0,4 × 0,4 = 0,18 + 0,16 = 0,34. On a bien P(B) = 0,34.

  4. 4.

    On sait que la personne n'a pas chuté à la deuxième séance : on travaille donc sous la condition B̄, et la probabilité cherchée est la probabilité conditionnelle P(Ā) = P(Ā ∩ B̄)P(B̄). Comme B et B̄ sont contraires, P(B̄) = 1 − P(B) = 1 − 0,34 = 0,66 ; et P(Ā ∩ B̄) = 0,24 d'après la question 2. Donc P(Ā) = 0,240,66 = 2466 = 411 ≈ 0,364. Sachant qu'une personne n'a pas chuté lors de la deuxième séance, la probabilité qu'elle n'ait pas non plus chuté lors de la première est d'environ 0,364.

  5. 5. a.

    On observe 100 personnes choisies de façon indépendante (le tirage est assimilé à un tirage avec remise). Pour chacune, on répète la même épreuve de Bernoulli à deux issues : le succès « la personne ne chute à aucune des deux séances », de probabilité p = 0,24, et l'échec, de probabilité 0,76. X compte le nombre de succès sur n = 100 répétitions identiques et indépendantes : X suit donc la loi binomiale de paramètres n = 100 et p = 0,24, notée B(100 ; 0,24).

  6. b.

    On cherche P(X ≥ 20). En passant par l'évènement contraire, dont la probabilité se lit directement sur la calculatrice : P(X ≥ 20) = 1 − P(X ≤ 19) ≈ 1 − 0,145 = 0,855. La probabilité qu'au moins 20 personnes sur les 100 ne chutent à aucune des deux séances vaut environ 0,855.

  7. c.

    Pour une loi binomiale, E(X) = n × p = 100 × 0,24 = 24. Sur un grand nombre d'échantillons de 100 personnes, on peut s'attendre à trouver en moyenne 24 personnes n'ayant chuté ni à la première ni à la deuxième séance.

  8. Partie B1.

    Par linéarité de l'espérance, E(T) = E(T₁ + T₂) = E(T₁) + E(T₂) = 40 + 60 = 100. Sur l'ensemble du week-end, une personne attend en moyenne 100 minutes avant d'accéder aux activités sportives.

  9. 2.

    La variance n'est additive que pour des variables indépendantes ; c'est le cas ici de T₁ et T₂, donc V(T) = V(T₁) + V(T₂). Or la variance est le carré de l'écart-type : V(T₁) = σ(T₁)² = 10² = 100 et V(T₂) = σ(T₂)² = 16² = 256. D'où V(T) = 100 + 256 = 356.

  10. 3.

    On centre l'encadrement sur l'espérance : 60 < T < 140 ⟺ 60 − 100 < T − 100 < 140 − 100 ⟺ −40 < T − 100 < 40 ⟺ |T − E(T)| < 40. L'inégalité de Bienaymé-Tchebychev, appliquée avec l'écart a = 40, donne P(|T − E(T)| ≥ 40) ≤ V(T)40² = 3561 600 = 0,222 5. En passant à l'évènement contraire : P(|T − E(T)| < 40) ≥ 1 − 0,222 5 = 0,777 5.

  11. Comme 0,777 5 > 0,77, on conclut que P(60 < T < 140) > 0,77 : pour une personne choisie au hasard, la probabilité que son temps d'attente total sur le week-end soit strictement compris entre 60 et 140 minutes est bien supérieure à 0,77.

Énoncé Exercice 2 Géométrie dans l'espace Difficile

Droites sécantes, plan et projeté orthogonal

L'espace est muni d'un repère orthonormé (O ; ı⃗, ȷ⃗, k). On considère :

• les points A(−1 ; 2 ; 1), B(1 ; −1 ; 2) et C(1 ; 1 ; 1) ;

• la droite d dont une représentation paramétrique est donnée par :

d :

x = 32 + 2t

y = 2 + t

z = 3 − t

avec t ∈ ℝ ;

• la droite d′ dont une représentation paramétrique est donnée par :

d′ :

x = s

y = 32 + s

z = 3 − 2s

avec s ∈ ℝ.

Partie A

1. Montrer que les droites d et d′ sont sécantes au point S(−12 ; 1 ; 4).

2. a. Montrer que le vecteur n(1 ; 2 ; 4) est un vecteur normal au plan (ABC).

b. En déduire qu'une équation cartésienne du plan (ABC) est : x + 2y + 4z − 7 = 0.

3. Démontrer que les points A, B, C et S ne sont pas coplanaires.

4. a. Démontrer que le point H(−1 ; 0 ; 2) est le projeté orthogonal de S sur le plan (ABC).

b. En déduire qu'il n'existe aucun point M du plan (ABC) tel que SM < 212.

Partie B

On considère un point M appartenant au segment [CS]. On a donc CM = k CS avec k réel de l'intervalle [0 ; 1].

1. Déterminer les coordonnées du point M en fonction de k.

2. Existe-t-il un point M sur le segment [CS] tel que le triangle MAB soit rectangle en M ?

Voir la correction

Corrigé Exercice 2 Droites sécantes, plan et projeté orthogonal Revoir l'énoncé
  1. Partie A1.

    La droite d a pour vecteur directeur u(2 ; 1 ; −1) et d′ a pour vecteur directeur v(1 ; 1 ; −2) : s'il existait un réel λ tel que u = λ v, la première coordonnée imposerait λ = 2 et la deuxième λ = 1, ce qui est impossible. Ces vecteurs ne sont pas colinéaires, donc les droites ne sont pas parallèles : si elles ont un point commun, il est unique. Chercher un point commun revient à trouver un couple (t ; s) tel que 32 + 2t = s, 2 + t = 32 + s et 3 − t = 3 − 2s. La troisième équation donne t = 2s ; en reportant dans la première : 32 + 4s = s, soit 3s = −32, donc s = −12 et t = 2s = −1. Il reste à vérifier la deuxième équation, qui n'a pas servi : 2 + t = 2 − 1 = 1 et 32 + s = 3212 = 1 — elle est bien vérifiée, le système a donc une solution unique.

  2. On remplace : dans d avec t = −1, on obtient x = 32 − 2 = −12, y = 2 − 1 = 1, z = 3 + 1 = 4 ; dans d′ avec s = −12, on obtient x = −12, y = 3212 = 1, z = 3 + 1 = 4. Les deux droites se coupent donc en un point unique : elles sont sécantes en S(−12 ; 1 ; 4).

  3. 2. a.

    On calcule deux vecteurs du plan : AB = (1 − (−1) ; −1 − 2 ; 2 − 1) = (2 ; −3 ; 1) et AC = (1 − (−1) ; 1 − 2 ; 1 − 1) = (2 ; −1 ; 0). Ils ne sont pas colinéaires : leurs premières coordonnées sont égales alors que −3 ≠ −1. Les points A, B, C définissent donc bien un plan. On teste ensuite l'orthogonalité par le produit scalaire, licite car le repère est orthonormé : n · AB = 1 × 2 + 2 × (−3) + 4 × 1 = 2 − 6 + 4 = 0 et n · AC = 1 × 2 + 2 × (−1) + 4 × 0 = 2 − 2 + 0 = 0. Étant orthogonal à deux vecteurs non colinéaires du plan, n(1 ; 2 ; 4) est un vecteur normal au plan (ABC).

  4. b.

    Un plan de vecteur normal n(a ; b ; c) admet une équation cartésienne de la forme ax + by + cz + d = 0 : ici x + 2y + 4z + d = 0. Le point A(−1 ; 2 ; 1) appartient au plan, donc −1 + 2 × 2 + 4 × 1 + d = 0, soit −1 + 4 + 4 + d = 0 et d = −7. Une équation cartésienne du plan (ABC) est donc x + 2y + 4z − 7 = 0.

  5. 3.

    Les points A, B et C ne sont pas alignés (AB et AC ne sont pas colinéaires) : ils définissent un unique plan. Il suffit donc de montrer que S n'y appartient pas. On remplace les coordonnées de S dans l'équation : (−12) + 2 × 1 + 4 × 4 − 7 = −0,5 + 2 + 16 − 7 = 10,5 = 212 ≠ 0. Donc S ∉ (ABC) et les quatre points A, B, C et S ne sont pas coplanaires.

  6. 4. a.

    Le projeté orthogonal de S sur (ABC) est l'unique point H du plan tel que SH soit orthogonal au plan. Premier point : H(−1 ; 0 ; 2) appartient bien au plan car −1 + 2 × 0 + 4 × 2 − 7 = −1 + 8 − 7 = 0. Second point : SH = (−1 − (−12) ; 0 − 1 ; 2 − 4) = (−12 ; −1 ; −2). Or −(12) × n = (−12 ; −1 ; −2) = SH : le vecteur SH est colinéaire au vecteur normal n, il est donc orthogonal au plan (ABC). H est bien le projeté orthogonal de S sur (ABC).

  7. b.

    Soit M un point quelconque du plan (ABC). Si M = H, alors SM = SH. Si M ≠ H, le triangle SHM est rectangle en H (car (SH) est orthogonale au plan, donc à la droite (HM) qui y est contenue) : [SM] en est l'hypoténuse, donc SM > SH. Dans tous les cas SM ≥ SH : la distance de S au plan est bien atteinte en H. Il reste à calculer SH = ‖SH‖ = (−12)² + (−1)² + (−2)² = 14 + 1 + 4 = 214 = 212. Ainsi SM ≥ 212 pour tout point M du plan : il n'existe aucun point M de (ABC) tel que SM < 212.

  8. Partie B1.

    CS = (−12 − 1 ; 1 − 1 ; 4 − 1) = (−32 ; 0 ; 3). En notant M(x ; y ; z), la relation CM = k CS s'écrit coordonnée par coordonnée : x − 1 = −3k/2, y − 1 = 0 et z − 1 = 3k. D'où M(1 − 3k/2 ; 1 ; 1 + 3k), avec k ∈ [0 ; 1].

  9. 2.

    Le triangle MAB est rectangle en M si et seulement si les vecteurs MA et MB sont orthogonaux, c'est-à-dire si et seulement si MA · MB = 0 (le repère est orthonormé). MA = (−1 − (1 − 3k/2) ; 2 − 1 ; 1 − (1 + 3k)) = (−2 + 3k/2 ; 1 ; −3k) et MB = (1 − (1 − 3k/2) ; −1 − 1 ; 2 − (1 + 3k)) = (3k/2 ; −2 ; 1 − 3k).

  10. MA · MB = (−2 + 3k/2)(3k/2) + 1 × (−2) + (−3k)(1 − 3k) = −3k + 9k²/4 − 2 − 3k + 9k² = 45k²/4 − 6k − 2. L'équation MA · MB = 0 équivaut, après multiplication par 4, à 45k² − 24k − 8 = 0. C'est une équation du second degré de discriminant Δ = (−24)² − 4 × 45 × (−8) = 576 + 1 440 = 2 016 > 0 : elle admet deux solutions.

  11. Comme 2 016 = 144 × 14, on a 2 016 = 1214, d'où k₁ = 24 + 121490 = 4 + 21415 et k₂ = 24 − 121490 = 4 − 21415. Avec 14 ≈ 3,742 : k₁ ≈ 0,766 et k₂ ≈ −0,232. Seule k₁ appartient à l'intervalle [0 ; 1], la valeur k₂ étant négative est à rejeter.

  12. Il existe donc un unique point M du segment [CS] tel que le triangle MAB soit rectangle en M : celui obtenu pour k = 4 + 21415 ≈ 0,766, de coordonnées approchées (−0,15 ; 1 ; 3,30).

Énoncé Exercice 3 Suites numériques Moyen

Vrai/Faux (limites, suites et logarithme)

Pour chacune des affirmations suivantes, indiquer si elle est vraie ou fausse. Justifier chaque réponse. Une réponse non justifiée ne rapporte aucun point.

1. La suite (uₙ) est définie pour tout entier naturel n par :

uₙ = 1 + 5ⁿ2 + 3ⁿ.

Affirmation 1 La suite (uₙ) converge vers 53.

2. On considère la suite (wₙ) définie par :

w₀ = 0 et, pour tout entier naturel n, wₙ₊₁ = 3wₙ − 2n + 3.

Affirmation 2 Pour tout entier naturel n, wₙ ≥ n.

3. On considère la fonction f définie sur ]0 ; +∞[ dont la courbe représentative Cf est donnée dans un repère orthonormé sur la figure (Fig. 1) ci-dessous. On précise que :

• T est la tangente à Cf au point A d'abscisse 8 ;

• l'axe des abscisses est la tangente horizontale à Cf au point d'abscisse 1.

[Fig. 1 : courbe Cf définie sur ]0 ; +∞[. Au point d'abscisse 1, la courbe touche l'axe des abscisses, qui lui est tangent, et reste au-dessus de cet axe. Au point A d'abscisse 8, la tangente T est tracée : au voisinage de A, la courbe Cf est située en dessous de T.]

Affirmation 3 D'après le graphique, la fonction f est convexe sur son ensemble de définition.

4. Affirmation 4 : Pour tout réel x > 0, ln(x) − x + 1 ≤ 0, où ln désigne le logarithme népérien.

Voir la correction

Corrigé Exercice 3 Vrai/Faux (limites, suites et logarithme) Revoir l'énoncé
  1. Affirmation 1

    FAUSSE. Attention au piège : les entiers n sont ici en exposant. Il ne s'agit pas du quotient 1 + 5n2 + 3n, qui tendrait effectivement vers 53, mais de termes de nature géométrique. On factorise numérateur et dénominateur par leur terme dominant : 1 + 5ⁿ = 5ⁿ(15ⁿ + 1) et 2 + 3ⁿ = 3ⁿ(23ⁿ + 1).

  2. Donc, pour tout n, uₙ = (5ⁿ/3ⁿ) × (15ⁿ + 1)/(23ⁿ + 1) = (53)ⁿ × (15ⁿ + 1)/(23ⁿ + 1). Comme 0 < 15 < 1 et 0 < 13 < 1, les suites géométriques (15ⁿ) et (23ⁿ) tendent vers 0 : le second facteur tend vers 0 + 10 + 1 = 1. Comme 53 > 1, la suite géométrique ((53)ⁿ) tend vers +∞. Par produit des limites, uₙ → +∞ : la suite (uₙ) diverge, elle ne converge donc pas vers 53. (Vérification sur les premiers termes : u₀ = 23, u₃ = 12629 ≈ 4,3, u₅ = 3 126245 ≈ 12,8 — la suite ne se stabilise pas autour de 53 ≈ 1,67.)

  3. Affirmation 2

    VRAIE. On démontre par récurrence la propriété P(n) : « wₙ ≥ n ».

  4. Initialisation : w₀ = 0 et 0 ≥ 0, donc P(0) est vraie.

  5. Hérédité : soit n un entier naturel tel que P(n) soit vraie, c'est-à-dire wₙ ≥ n. En multipliant par 3 > 0 (le sens de l'inégalité est conservé) : 3wₙ ≥ 3n. En ajoutant −2n + 3 aux deux membres : wₙ₊₁ = 3wₙ − 2n + 3 ≥ 3n − 2n + 3 = n + 3. Or n + 3 ≥ n + 1, donc par transitivité wₙ₊₁ ≥ n + 1 : P(n + 1) est vraie. Conclusion : P(0) est vraie et P est héréditaire, donc d'après le principe de récurrence, wₙ ≥ n pour tout entier naturel n.

  6. Affirmation 3

    FAUSSE. Propriété du cours : une fonction est convexe sur un intervalle si et seulement si sa courbe représentative y est située au-dessus de chacune de ses tangentes. Or, d'après le graphique, au voisinage du point A d'abscisse 8, la courbe Cf passe en dessous de sa tangente T : f n'est donc pas convexe autour de 8, et a fortiori pas sur ]0 ; +∞[ tout entier.

  7. On observe d'ailleurs le changement de convexité : autour de x = 1, la courbe est au-dessus de sa tangente horizontale (l'axe des abscisses), donc f y est convexe, alors qu'elle est concave en 8. La courbe présente donc un point d'inflexion entre 1 et 8.

  8. Affirmation 4

    VRAIE. On étudie la fonction h définie sur ]0 ; +∞[ par h(x) = ln(x) − x + 1, et on montre qu'elle est négative.

  9. h est dérivable sur ]0 ; +∞[ comme somme de fonctions dérivables, et h′(x) = 1x − 1 = 1 − xx. Sur ]0 ; +∞[, le dénominateur x est strictement positif, donc h′(x) est du signe de 1 − x : h′(x) > 0 sur ]0 ; 1[, h′(1) = 0 et h′(x) < 0 sur ]1 ; +∞[.

  10. La fonction h est donc croissante sur ]0 ; 1] puis décroissante sur [1 ; +∞[ : elle admet un maximum en x = 1, qui vaut h(1) = ln(1) − 1 + 1 = 0. Ainsi h(x) ≤ h(1) = 0 pour tout x > 0, c'est-à-dire ln(x) − x + 1 ≤ 0 : l'affirmation est vraie (c'est l'inégalité classique ln(x) ≤ x − 1).

Énoncé Exercice 4 Primitives et équations différentielles Difficile

Freinage d'un chariot de manège

L'objet de cet exercice est l'étude de l'arrêt d'un chariot sur un manège, à partir du moment où il entre dans la zone de freinage en fin de parcours.

On note t le temps écoulé, exprimé en seconde, à partir du moment où le chariot arrive sur la zone de freinage.

On modélise la distance parcourue par le chariot dans la zone de freinage, exprimée en mètre, en fonction de t, à l'aide d'une fonction notée d définie sur [0 ; +∞[. On a ainsi d(0) = 0.

Par ailleurs, on admet que cette fonction d est dérivable sur son ensemble de définition. On note d′ sa fonction dérivée.

Partie A

Sur la figure (Fig. 2) ci-dessous, on a tracé dans un repère orthonormé :

• la courbe représentative Cd de la fonction d ;

• la tangente T à la courbe Cd au point A d'abscisse 4,7 ;

• l'asymptote ∆ à Cd en +∞.

[Fig. 2 non reproduite. Données relevées sur la figure du sujet et sur le corrigé officiel : le repère est orthonormé, d'unité 1 sur chaque axe ; l'axe des abscisses porte le temps t en seconde (gradué jusqu'à 10), l'axe des ordonnées la distance parcourue en mètre (graduations 10 et 20). La courbe Cd part de l'origine, puisque d(0) = 0, croît en restant concave et s'aplatit vers la droite ; son asymptote horizontale ∆ a pour équation y = k, avec k un peu inférieur à 23. On lit d(2) ≈ 15. La tangente T touche Cd au point A(4,7 ; 21) et coupe l'axe des ordonnées au point de coordonnées (0 ; 16,5).]

Dans cette partie, aucune justification n'est attendue. Avec la précision que permet le graphique, répondre aux questions ci-dessous. D'après ce modèle :

1. Au bout de combien de temps le chariot aura-t-il parcouru 15 m dans la zone de freinage ?

2. Quelle longueur minimale doit-être prévue pour la zone de freinage ?

3. Que vaut d′(4,7) ? Interpréter ce résultat dans le contexte de l'exercice.

Partie B

On rappelle que t désigne le temps écoulé, en seconde, à partir du moment où le chariot arrive sur la zone de freinage.

On modélise la vitesse instantanée du chariot, en mètre par seconde (m·s⁻¹), en fonction de t, par une fonction v définie sur [0 ; +∞[.

On admet que :

• la fonction v est dérivable sur son ensemble de définition, et on note v′ sa fonction dérivée ;

• la fonction v est une solution de l'équation différentielle

(E) : y′ + 0,6y = e−0,6t,

où y est une fonction inconnue et où y′ est la fonction dérivée de y.

On précise de plus que, lors de son arrivée sur la zone de freinage, la vitesse du chariot est égale à 12 m·s⁻¹, c'est-à-dire v(0) = 12.

1. a. On considère l'équation différentielle (E′) : y′ + 0,6y = 0.

Déterminer les solutions de l'équation différentielle (E′) sur [0 ; +∞[.

b. Soit g la fonction définie sur [0 ; +∞[ par g(t) = t e−0,6t.

Vérifier que la fonction g est une solution de l'équation différentielle (E).

c. En déduire les solutions de l'équation différentielle (E) sur [0 ; +∞[.

d. En déduire que pour tout réel t appartenant à l'intervalle [0 ; +∞[, on a : v(t) = (12 + t)e−0,6t.

2. Dans cette question, on étudie la fonction v sur [0 ; +∞[.

a. Montrer que pour tout réel t ∈ [0 ; +∞[, v′(t) = (−6,2 − 0,6t)e−0,6t.

b. En admettant que : v(t) = 12e−0,6t + (10,6) × 0,6te0,6t, déterminer la limite de v en +∞.

c. Étudier le sens de variation de la fonction v et dresser son tableau de variation complet. Justifier.

d. Montrer que l'équation v(t) = 1 admet une solution unique α, dont on donnera une valeur approchée au dixième.

3. Lorsque la vitesse du chariot est inférieure ou égale à 1 mètre par seconde, un système mécanique se déclenche permettant son arrêt complet.

Déterminer au bout de combien de temps ce système entre en action. Justifier.

Partie C

On rappelle que pour tout réel t appartenant à l'intervalle [0 ; +∞[ : v(t) = (12 + t)e−0,6t.

On admet que pour tout réel t dans l'intervalle [0 ; +∞[ : d(t) = ∫₀ᵗ v(x) dx.

1. À l'aide d'une intégration par parties, montrer que la distance parcourue par le chariot entre les instants 0 et t est donnée par :

d(t) = e−0,6t(−(53)t − 2059) + 2059.

2. On rappelle que le dispositif d'arrêt se déclenche lorsque la vitesse du chariot est inférieure ou égale à 1 mètre par seconde.

Déterminer, selon ce modèle, une valeur approchée au centième de la distance parcourue par le chariot dans la zone de freinage avant le déclenchement de ce dispositif.

Voir la correction

Corrigé Exercice 4 Freinage d'un chariot de manège Revoir l'énoncé
  1. Partie A1.

    On cherche l'antécédent de 15 par la fonction d : on part de l'ordonnée 15, on rejoint horizontalement la courbe Cd, puis on redescend sur l'axe des abscisses. On lit une abscisse voisine de 2. D'après ce modèle, le chariot a parcouru 15 m au bout d'environ 2 secondes.

  2. 2.

    La courbe Cd est croissante (le chariot avance toujours) et admet la droite ∆ pour asymptote horizontale en +∞ : la distance parcourue augmente sans jamais atteindre l'ordonnée de ∆, que le graphique situe juste en dessous de 23. Une zone de freinage de 23 m de longueur est donc suffisante. (La partie C donnera la valeur exacte de cette limite : 2059 ≈ 22,78 m.)

  3. 3.

    Par définition du nombre dérivé, d′(4,7) est le coefficient directeur de la tangente T à Cd au point A d'abscisse 4,7. On lit deux points de T : (0 ; 16,5) et A(4,7 ; 21), d'où d′(4,7) = 21 − 16,54,7 − 0 = 4,54,7 ≈ 0,96, soit environ 1. Interprétation : d′ est le taux de variation instantané de la distance parcourue par rapport au temps, c'est-à-dire la vitesse du chariot. À l'instant t = 4,7 s, le chariot se déplace donc à environ 1 mètre par seconde.

  4. Partie B1. a.

    L'équation (E′) : y′ + 0,6y = 0 s'écrit y′ = −0,6y. D'après le cours, les solutions sur un intervalle de l'équation différentielle y′ = ay sont les fonctions t ↦ K eat avec K ∈ ℝ. Ici a = −0,6 : les solutions de (E′) sur [0 ; +∞[ sont les fonctions t ↦ K e−0,6t, K décrivant ℝ.

  5. b.

    La fonction g : t ↦ t e−0,6t est dérivable sur [0 ; +∞[ comme produit de fonctions dérivables. La formule (uw)′ = u′w + uw′, avec u(t) = t et w(t) = e−0,6t donc w′(t) = −0,6 e−0,6t, donne g′(t) = 1 × e−0,6t + t × (−0,6)e−0,6t = (1 − 0,6t)e−0,6t. On reporte alors dans le membre de gauche de (E) : g′(t) + 0,6 g(t) = (1 − 0,6t)e−0,6t + 0,6t e−0,6t = (1 − 0,6t + 0,6t)e−0,6t = e−0,6t. C'est exactement le second membre de (E) : la fonction g est une solution particulière de (E) sur [0 ; +∞[.

  6. c.

    D'après le théorème donnant la structure de l'ensemble des solutions d'une équation différentielle linéaire du premier ordre, on obtient toutes les solutions de (E) en ajoutant à une solution particulière de (E) l'ensemble des solutions de l'équation homogène (E′). Les solutions de (E) sur [0 ; +∞[ sont donc les fonctions t ↦ t e−0,6t + K e−0,6t = (t + K)e−0,6t, avec K ∈ ℝ.

  7. d.

    La fonction v est une solution de (E) : il existe donc un réel K tel que v(t) = (t + K)e−0,6t pour tout t ≥ 0. La condition initiale sert à déterminer K : v(0) = (0 + K)e⁰ = K, et l'énoncé impose v(0) = 12, donc K = 12. Ainsi, pour tout t de [0 ; +∞[, v(t) = (12 + t)e−0,6t.

  8. 2. a.

    v est dérivable sur [0 ; +∞[ comme produit des fonctions dérivables t ↦ 12 + t et t ↦ e−0,6t. La dérivée d'un produit donne : v′(t) = 1 × e−0,6t + (12 + t) × (−0,6)e−0,6t = e−0,6t × (1 − 0,6 × (12 + t)) = e−0,6t × (1 − 7,2 − 0,6t) = (−6,2 − 0,6t)e−0,6t.

  9. b.

    On part de l'écriture admise v(t) = 12e−0,6t + (10,6) × 0,6te0,6t. Premier terme : quand t → +∞, −0,6t → −∞ donc lim(t→+∞) e−0,6t = 0, et lim(t→+∞) 12e−0,6t = 0. Second terme : on pose X = 0,6t, qui tend vers +∞ ; alors 0,6te0,6t = Xeˣ, et par croissances comparées (l'exponentielle l'emporte sur les puissances) lim(X→+∞) Xeˣ = 0, donc ce second terme tend aussi vers 0. Par somme de limites, lim(t→+∞) v(t) = 0. Le modèle est cohérent avec la situation : la vitesse du chariot tend vers 0, le chariot finit par s'arrêter.

  10. c.

    Pour tout réel t, e−0,6t > 0 (l'exponentielle est strictement positive) : le signe de v′(t) est donc celui de −6,2 − 0,6t. Or, pour t ≥ 0, on a 0,6t ≥ 0, donc −6,2 − 0,6t ≤ −6,2 < 0. Ainsi v′(t) < 0 sur tout l'intervalle [0 ; +∞[ : la fonction v est strictement décroissante sur [0 ; +∞[. Tableau de variation complet : sur [0 ; +∞[, la ligne du signe de v′ ne porte qu'un signe −, et v décroît strictement de v(0) = (12 + 0)e⁰ = 12, valeur atteinte en t = 0, jusqu'à 0, limite en +∞ qui n'est jamais atteinte. Autrement dit le chariot ralentit continûment depuis 12 m·s⁻¹.

  11. d.

    La fonction v est continue sur [0 ; +∞[ (elle y est dérivable) et strictement décroissante, avec v(0) = 12 et lim(t→+∞) v(t) = 0. Comme 1 appartient à l'intervalle ]0 ; 12], le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires appliqué à une fonction continue strictement monotone assure que l'équation v(t) = 1 admet une solution et une seule sur [0 ; +∞[, notée α.

  12. On encadre α par balayage à la calculatrice : v(4) ≈ 1,451 > 1 et v(5) ≈ 0,846 < 1, donc 4 < α < 5 ; puis v(4,6) ≈ 1,051 > 1 et v(4,7) ≈ 0,995 < 1, donc 4,6 < α < 4,7 ; enfin v(4,69) ≈ 1,001 et v(4,70) ≈ 0,995, donc 4,69 < α < 4,70. Une valeur approchée de α au dixième est donc α ≈ 4,7.

  13. 3.

    Le système mécanique se déclenche dès que v(t) ≤ 1. Comme v est strictement décroissante sur [0 ; +∞[ et que v(α) = 1, on a v(t) > 1 pour tout t < α et v(t) ≤ 1 pour tout t ≥ α : le premier instant où la condition est remplie est t = α. Le système d'arrêt entre donc en action environ 4,7 secondes après l'entrée du chariot dans la zone de freinage.

  14. Partie C1.

    Il s'agit de calculer d(t) = ∫₀ᵗ (12 + x)e−0,6x dx. On intègre par parties en posant u(x) = 12 + x et w′(x) = e−0,6x (on note la primitive w, la lettre v désignant déjà la vitesse), d'où u′(x) = 1 et w(x) = −(10,6)e−0,6x = −(53)e−0,6x, puisque 10,6 = 106 = 53. Les fonctions u et w sont dérivables sur [0 ; t] et leurs dérivées y sont continues : la formule ∫₀ᵗ u(x)w′(x) dx = [u(x)w(x)]₀ᵗ − ∫₀ᵗ u′(x)w(x) dx s'applique.

  15. On obtient d(t) = [−(53)(12 + x)e−0,6x]₀ᵗ − ∫₀ᵗ 1 × (−(53)e−0,6x) dx = [−(53)(12 + x)e−0,6x]₀ᵗ + (53)∫₀ᵗ e−0,6x dx. Le crochet vaut −(53)(12 + t)e−0,6t − (−(53) × 12 × e⁰) = −(53)(12 + t)e−0,6t + 20. L'intégrale restante vaut (53) × [−(53)e−0,6x]₀ᵗ = (53) × (−(53)e−0,6t + 53) = −(259)e−0,6t + 259.

  16. On regroupe les termes en e−0,6t : d(t) = e−0,6t × (−(53)(12 + t) − 259) + 20 + 259. Or −(53)(12 + t) = −20 − (53)t, et −20 − 259 = −1809259 = −2059, tandis que 20 + 259 = 1809 + 259 = 2059. On obtient bien, pour tout t ≥ 0 : d(t) = e−0,6t(−(53)t − 2059) + 2059. Contrôle de cohérence : d(0) = 1 × (−2059) + 2059 = 0, ce qui est conforme à l'énoncé.

  17. 2.

    D'après la partie B, le dispositif d'arrêt se déclenche à l'instant α ≈ 4,7 s. La distance parcourue à cet instant est d(4,7) = e−0,6 × 4,7 × (−(53) × 4,7 − 2059) + 2059 = e−2,82 × (−7,833 3 − 22,777 8) + 22,777 8 ≈ 0,059 6 × (−30,611 1) + 22,777 8 ≈ 20,95. Selon ce modèle, le chariot a donc parcouru environ 20,95 mètres dans la zone de freinage avant le déclenchement du système d'arrêt. Ce résultat est cohérent avec la lecture graphique de la partie A, où le point A a pour ordonnée 21, et reste bien inférieur aux 23 m de zone de freinage prévus.