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Sujet officiel · session 2025

Bac de maths 2025 — Asie · 12 juin

Le sujet tel qu'il a été donné, sa transcription, et le corrigé complet de ses 4 exercices.

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Sujet publié par le ministère de l'Éducation nationale — PDF d'origine. Transcription et correction rédigées par MathBooster.

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Énoncé et corrigé, exercice par exercice

L'énoncé transcrit à gauche, notre correction en face. Chaque étape nomme la propriété utilisée ; ces corrections sont rédigées par MathBooster, puis vérifiées calcul par calcul.

Énoncé Exercice 1 Probabilités conditionnelles Moyen

Dépistage du chikungunya

Toutes les probabilités, sauf indication contraire, seront arrondies à 10⁻³ dans cet exercice.

Le virus du chikungunya, transmis à l'homme par la piqûre du moustique tigre, provoque des douleurs articulaires aiguës. En 2005, une importante épidémie a touché les îles de l'océan Indien et notamment l'île de La Réunion (source : Institut Pasteur).

Un test a été mis au point pour le dépistage de ce virus. Le laboratoire fournit les caractéristiques suivantes :

• la probabilité qu'un individu atteint par le virus ait un test positif est de 0,999 ;

• la probabilité qu'un individu non atteint par le virus ait un test positif est de 0,005.

On procède à un test de dépistage systématique dans une population cible. Un individu est choisi au hasard. On appelle :

• M l'événement : « l'individu choisi est atteint du chikungunya » ;

• T l'événement : « le test de l'individu choisi est positif ».

On considère que le test est fiable lorsque la probabilité qu'un individu ayant un test positif soit atteint par le virus est supérieure à 0,95.

Partie A Étude d'un exemple

1. Donner les probabilités PM(T) et P(T).

Fin 2005, le laboratoire a effectué un dépistage massif de la population de l'île de La Réunion, où 270 000 personnes ont été infectées pour une population totale de 750 000 individus.

2. Donner la valeur exacte de P(M).

3. Recopier et compléter l'arbre pondéré de la situation [arbre à deux niveaux : MM̄ puis TT̄ à chaque branche].

4. Calculer la probabilité qu'un individu soit atteint par le virus et ait un test positif.

5. Calculer la probabilité qu'un individu ait un test positif.

6. Calculer la probabilité qu'un individu ayant un test positif soit atteint par le virus.

7. Peut-on estimer que ce test est fiable ? Argumenter.

Partie B Dépistage sur une population cible

On note p la proportion de personnes atteintes par le virus dans une population cible. On teste la fiabilité du test en fonction de p.

1. Recopier, en l'adaptant, l'arbre pondéré de la question A.3.

2. Exprimer P(T) en fonction de p.

3. Montrer que PT(M) = 999p/(994p + 5).

4. Pour quelles valeurs de p peut-on considérer que ce test est fiable ?

Partie C Étude sur un échantillon

Pendant l'épidémie, on admet que la probabilité d'être atteint du chikungunya sur l'île de La Réunion est 0,36. On considère un échantillon de n individus choisis au hasard, assimilé à un tirage avec remise. X désigne la variable aléatoire dénombrant les individus infectés ; on admet que X suit la loi binomiale de paramètres n et p = 0,36.

Déterminer à partir de combien d'individus n la probabilité de l'événement « au moins un des n habitants est atteint par le virus » est supérieure à 0,99. Expliquer la démarche.

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Corrigé Exercice 1 Dépistage du chikungunya Revoir l'énoncé
  1. Partie A1.

    Les deux caractéristiques fournies par le laboratoire sont des probabilités conditionnelles. « Un individu atteint a un test positif » se traduit par PM(T) = 0,999 (c'est la sensibilité du test) ; « un individu non atteint a un test positif » se traduit par P(T) = 0,005 (c'est la proportion de faux positifs). Comme les branches issues d'un même nœud ont pour somme 1, on en déduit au passage PM(T̄) = 0,001 et P(T̄) = 0,995.

  2. 2.

    Ici la population cible est celle de La Réunion. Le choix d'un individu au hasard place dans une situation d'équiprobabilité, donc P(M) est la proportion d'infectés : P(M) = 270 000750 000 = 2775 = 0,36. C'est une valeur exacte, et non un arrondi.

  3. 3.

    L'arbre comporte deux niveaux. Premier niveau, l'état de santé : la branche M est pondérée par 0,36 et la branche M̄ par 1 − 0,36 = 0,64. Second niveau, le résultat du test : sous M, T porte 0,999 et T̄ porte 0,001 ; sous M̄, T porte 0,005 et T̄ porte 0,995.

  4. 4.

    L'événement demandé est M ∩ T. On suit le chemin M puis T et on applique la règle du produit le long d'un chemin : P(M ∩ T) = P(M) × PM(T) = 0,36 × 0,999 = 0,35964. La probabilité qu'un individu soit atteint et ait un test positif vaut donc environ 0,360 à 10⁻³ près.

  5. 5.

    Les événements M et M̄ forment une partition de l'univers, ce qui autorise la formule des probabilités totales : P(T) = P(M ∩ T) + P(M̄ ∩ T) = 0,36 × 0,999 + 0,64 × 0,005 = 0,35964 + 0,0032 = 0,36284. La probabilité qu'un individu ait un test positif est donc environ 0,363.

  6. 6.

    On demande cette fois PT(M) : la probabilité d'être malade sachant que le test est positif. Par définition d'une probabilité conditionnelle, PT(M) = P(M ∩ T)P(T) = 0,359640,36284 ≈ 0,991. Attention à ne pas confondre avec PM(T) = 0,999 : le conditionnement est inversé, et les deux nombres n'ont pas le même sens.

  7. 7.

    Le critère de fiabilité de l'énoncé porte précisément sur PT(M). Comme PT(M) ≈ 0,991 > 0,95, on peut estimer que le test est fiable sur la population de La Réunion fin 2005.

  8. Partie B1.

    et B.2 : On reprend le même arbre en remplaçant 0,36 par p et 0,64 par 1 − p ; les probabilités du second niveau (0,999 ; 0,001 ; 0,005 ; 0,995) sont inchangées, car elles caractérisent le test et non la population. La formule des probabilités totales donne alors P(T) = p × 0,999 + (1 − p) × 0,005 = 0,999p + 0,005 − 0,005p, soit P(T) = 0,994p + 0,005.

  9. 3.

    PT(M) = P(M ∩ T)P(T) = 0,999p/(0,994p + 0,005). Pour p ∈ [0 ; 1] le dénominateur 0,994p + 0,005 est strictement positif, et multiplier le numérateur et le dénominateur par 1 000 ne change pas la valeur de la fraction : PT(M) = 999p/(994p + 5).

  10. 4.

    Le test est fiable lorsque 999p/(994p + 5) > 0,95. Le dénominateur 994p + 5 étant strictement positif, on peut multiplier les deux membres par lui sans changer le sens de l'inégalité : 999p > 0,95(994p + 5), soit 999p > 944,3p + 4,75, puis 54,7p > 4,75 et enfin p > 4,7554,7 ≈ 0,087. Le test peut donc être considéré comme fiable dès que la proportion de personnes atteintes dans la population cible dépasse environ 8,7 %.

  11. Partie C

    L'événement « au moins un des n habitants est atteint » est le contraire de « aucun n'est atteint », c'est-à-dire de (X = 0) ; on passe donc par l'événement contraire. Comme X suit la loi binomiale de paramètres n et p = 0,36, on a P(X = 0) = (1 − 0,36)ⁿ = 0,64ⁿ, d'où P(X ≥ 1) = 1 − 0,64ⁿ. On résout 1 − 0,64ⁿ > 0,99 ⇔ 0,64ⁿ < 0,01. La fonction ln étant strictement croissante sur ]0 ; +∞[, cela équivaut à n ln 0,64 < ln 0,01 ; comme ln 0,64 < 0, la division par ln 0,64 renverse l'inégalité : n > ln 0,01ln 0,64 ≈ 10,32. Le plus petit entier qui convient est n = 11 : il faut tester au moins 11 individus pour que la probabilité qu'au moins l'un d'eux soit atteint dépasse 0,99.

Énoncé Exercice 2 Suites numériques Moyen

Suites (uₙ) et (wₙ)

Partie A

Soit (uₙ) la suite définie par u₀ = 30 et, pour tout entier naturel n, uₙ₊₁ = (12)uₙ + 10.

Soit (vₙ) la suite définie pour tout entier naturel n par vₙ = uₙ − 20.

1. Calculer les valeurs exactes de u₁ et u₂.

2. Démontrer que la suite (vₙ) est géométrique de raison 12.

3. Exprimer vₙ en fonction de n pour tout n entier naturel.

4. En déduire que, pour tout entier naturel n, uₙ = 20 + 10(12)ⁿ.

5. Déterminer la limite de la suite (uₙ). Justifier la réponse.

Partie B

Soit (wₙ) la suite définie pour tout entier naturel n par : w₀ = 45 et wₙ₊₁ = (12)wₙ + (12)uₙ + 7.

1. Montrer que w₁ = 44,5.

On souhaite écrire une fonction suite en langage Python qui renvoie la valeur du terme wₙ pour une valeur de n donnée. Voici une proposition :

def suite(n):

U = 30

W = 45

for i in range(1, n+1):

U = U2 + 10

W = W2 + U2 + 7

return W

2. L'exécution de suite(1) ne renvoie pas le terme w₁. Comment modifier la fonction pour que suite(n) renvoie la valeur du terme wₙ ?

3. a. Montrer, par récurrence sur n, que pour tout entier naturel n : wₙ = 10n(12)ⁿ + 11(12)ⁿ + 34.

b. On admet que pour tout entier naturel n ≥ 4, on a : 0 ≤ 10n(12)ⁿ ≤ 10n. Que peut-on en déduire quant à la convergence de la suite (wₙ) ?

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Corrigé Exercice 2 Suites (uₙ) et (wₙ) Revoir l'énoncé
  1. Partie A1.

    On applique la relation de récurrence uₙ₊₁ = (12)uₙ + 10 en partant de u₀ = 30. On obtient u₁ = (12) × 30 + 10 = 15 + 10 = 25, puis u₂ = (12) × 25 + 10 = 12,5 + 10 = 22,5.

  2. 2.

    Pour tout entier naturel n, vₙ₊₁ = uₙ₊₁ − 20 = (12)uₙ + 10 − 20 = (12)uₙ − 10. On factorise alors par 12 : (12)uₙ − 10 = (12)(uₙ − 20) = (12)vₙ. Chaque terme s'obtient donc en multipliant le précédent par le même nombre : (vₙ) est géométrique de raison q = 12 et de premier terme v₀ = u₀ − 20 = 30 − 20 = 10.

  3. 3.

    Pour une suite géométrique, vₙ = v₀ × qⁿ. Ici v₀ = 10 et q = 12, donc vₙ = 10 × (12)ⁿ pour tout entier naturel n.

  4. 4.

    Par définition vₙ = uₙ − 20, donc uₙ = vₙ + 20. En remplaçant vₙ par son expression : uₙ = 10(12)ⁿ + 20 = 20 + 10(12)ⁿ.

  5. 5.

    Comme −1 < 12 < 1, on sait que lim (12)ⁿ = 0 quand n tend vers +∞. Par produit, 10(12)ⁿ tend vers 0, puis par somme lim uₙ = 20. La suite (uₙ) converge donc vers 20 : la limite est 20.

  6. Partie B1.

    On applique la relation avec n = 0, en utilisant w₀ = 45 et u₀ = 30 : w₁ = (12)w₀ + (12)u₀ + 7 = (12) × 45 + (12) × 30 + 7 = 22,5 + 15 + 7 = 44,5.

  7. 2.

    Dans la boucle, la ligne U = U2 + 10 transforme uᵢ₋₁ en uᵢ avant que W ne soit calculée ; la ligne suivante utilise donc uᵢ au lieu de uᵢ₋₁ exigé par la relation wᵢ = (12)wᵢ₋₁ + (12)uᵢ₋₁ + 7. Concrètement, suite(1) renvoie 452 + 252 + 7 = 42 au lieu de 44,5. Il suffit d'échanger les deux lignes, en calculant W avant de mettre U à jour : dans la boucle, écrire W = W2 + U2 + 7 puis U = U2 + 10. (On peut aussi conserver l'ordre initial en mémorisant l'ancienne valeur dans une variable auxiliaire avant de modifier U.)

  8. 3.a.

    initialisation : notons P(n) la propriété « wₙ = 10n(12)ⁿ + 11(12)ⁿ + 34 ». Pour n = 0 : 10 × 0 × (12)⁰ + 11 × (12)⁰ + 34 = 0 + 11 + 34 = 45 = w₀. La propriété P(0) est donc vraie.

  9. hérédité. Soit n ∈ ℕ. Supposons que P(n) soit vraie pour cet entier n. En utilisant uₙ = 20 + 10(12)ⁿ obtenu en A.4 : wₙ₊₁ = (12)wₙ + (12)uₙ + 7 = (12)[10n(12)ⁿ + 11(12)ⁿ + 34] + (12)[20 + 10(12)ⁿ] + 7 = 10n(12)ⁿ⁺¹ + 11(12)ⁿ⁺¹ + 17 + 10 + 10(12)ⁿ⁺¹ + 7. En regroupant les termes en (12)ⁿ⁺¹ contenant n : wₙ₊₁ = (10n + 10)(12)ⁿ⁺¹ + 11(12)ⁿ⁺¹ + 34 = 10(n + 1)(12)ⁿ⁺¹ + 11(12)ⁿ⁺¹ + 34, c'est-à-dire P(n + 1) : la propriété est vraie au rang suivant. Conclusion. P(0) est vraie et P se transmet d'un rang au suivant ; d'après le principe de récurrence, P(n) est vraie pour tout n ∈ ℕ.

  10. 3.b.

    Pour n ≥ 4, l'encadrement admis 0 ≤ 10n(12)ⁿ ≤ 10n encadre le terme par deux suites de même limite, car lim 10n = 0. D'après le théorème des gendarmes (théorème d'encadrement), lim 10n(12)ⁿ = 0. Par ailleurs 0 < 12 < 1 donne lim (12)ⁿ = 0, donc lim 11(12)ⁿ = 0. Par somme, lim wₙ = 0 + 0 + 34 = 34 : la suite (wₙ) converge vers 34.

Énoncé Exercice 3 Géométrie dans l'espace Moyen

Plans, droite et projeté orthogonal

L'espace est rapporté à un repère orthonormé (O ; ı⃗ , ȷ⃗ , k).

On considère :

• les points C(3 ; 0 ; 0), D(0 ; 2 ; 0), H(−6 ; 2 ; 2) et J(−5413 ; 6213 ; 0) ;

• le plan P d'équation cartésienne 2x + 3y + 6z − 6 = 0 ;

• le plan P′ d'équation cartésienne x − 2y + 3z − 3 = 0 ;

• la droite (d) dont une représentation paramétrique est : x = −8 + (13)t ; y = −1 + (12)t ; z = −4 + t, avec t ∈ ℝ.

Pour chacune des affirmations suivantes, préciser si elle est vraie ou fausse, puis justifier la réponse donnée. Une réponse non argumentée ne sera pas prise en compte.

Affirmation 1 La droite (d) est orthogonale au plan P et coupe ce plan en H.

Affirmation 2 La mesure en degrés de l'angle DCH, arrondie à 10⁻¹, est 17,3°.

Affirmation 3 Les plans P et P′ sont sécants et leur intersection est la droite ∆ dont une représentation paramétrique est : x = 3 − 3t ; y = 0 ; z = t, avec t ∈ ℝ.

Affirmation 4 Le point J est le projeté orthogonal du point H sur la droite (CD).

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Corrigé Exercice 3 Plans, droite et projeté orthogonal Revoir l'énoncé
  1. Affirmation 1

    orthogonalité : Vraie. Les coefficients de t dans la représentation paramétrique donnent le vecteur directeur u(13 ; 12 ; 1) de (d), et les coefficients de x, y, z dans l'équation cartésienne donnent le vecteur normal n(2 ; 3 ; 6) du plan P. Or n = 6u, donc u et n sont colinéaires : un vecteur directeur de (d) est normal à P, ce qui signifie exactement que (d) est orthogonale à P.

  2. point d'intersection : H appartient à P car 2 × (−6) + 3 × 2 + 6 × 2 − 6 = −12 + 6 + 12 − 6 = 0. H appartient aussi à (d) : la troisième équation 2 = −4 + t impose t = 6, et cette valeur convient pour les deux autres coordonnées, puisque −8 + (13) × 6 = −6 et −1 + (12) × 6 = 2. Une droite orthogonale à un plan le coupe en un unique point : ce point est donc H, et l'affirmation 1 est vraie.

  3. Affirmation 2

    Fausse. On calcule d'abord les vecteurs CD(0 − 3 ; 2 − 0 ; 0 − 0) = (−3 ; 2 ; 0) et CH(−6 − 3 ; 2 − 0 ; 2 − 0) = (−9 ; 2 ; 2), puis leur produit scalaire CH · CD = (−9) × (−3) + 2 × 2 + 2 × 0 = 31, et leurs normes ‖CH‖ = 81 + 4 + 4 = 89 et ‖CD‖ = 9 + 4 = 13.

  4. conclusion : L'expression du produit scalaire avec le cosinus, CH · CD = ‖CH‖ × ‖CD‖ × cos(DCH), donne cos(DCH) = 3189 × 13 = 31/1157 ≈ 0,911. La calculatrice fournit alors DCH = arccos(0,911…) ≈ 24,3°, et non 17,3° : l'affirmation 2 est fausse.

  5. Affirmation 3

    les plans sont sécants : Vraie. n(2 ; 3 ; 6) est un vecteur normal de P et n′(1 ; −2 ; 3) un vecteur normal de P′. Ils ne sont pas colinéaires : passer de 1 à 2 sur la première coordonnée demande le facteur 2, mais 2 × (−2) = −4 ≠ 3. Les plans ne sont donc pas parallèles : ils sont sécants et leur intersection est une droite.

  6. identification de la droite : Soit M(3 − 3t ; 0 ; t) un point quelconque de ∆. On teste les deux équations cartésiennes : 2(3 − 3t) + 3 × 0 + 6t − 6 = 6 − 6t + 6t − 6 = 0, donc M ∈ P ; et (3 − 3t) − 2 × 0 + 3t − 3 = 3 − 3t + 3t − 3 = 0, donc M ∈ P′. Tout point de ∆ appartient donc à P ∩ P′, c'est-à-dire ∆ ⊂ P ∩ P′. Or cette intersection est une droite : elle est donc confondue avec ∆, et l'affirmation 3 est vraie.

  7. Affirmation 4

    J appartient à (CD) : Vraie. La droite (CD) passe par C(3 ; 0 ; 0) et a pour vecteur directeur CD(−3 ; 2 ; 0), d'où la représentation paramétrique x = 3 − 3s, y = 2s, z = 0 avec s ∈ ℝ. La deuxième coordonnée de J donne 2s = 6213, soit s = 3113 ; on vérifie alors x = 3 − 3 × 3113 = 39139313 = −5413 et z = 0, ce qui correspond bien à J.

  8. orthogonalité : Le projeté orthogonal de H sur (CD) est le point de (CD) tel que le vecteur reliant H à ce point soit orthogonal à la direction de la droite. Ici HJ(−5413 + 6 ; 6213 − 2 ; 0 − 2) = (2413 ; 3613 ; −2), donc HJ · CD = (2413) × (−3) + (3613) × 2 + (−2) × 0 = −7213 + 7213 = 0. Les deux conditions étant réunies, J est bien le projeté orthogonal de H sur (CD) : l'affirmation 4 est vraie.

Énoncé Exercice 4 Fonction exponentielle Moyen

Température d'une réaction chimique

Dans un laboratoire, on étudie une réaction chimique dans un réacteur fermé. Le traitement des données expérimentales a permis de modéliser l'évolution de la température de cette réaction en fonction du temps. La température est exprimée en degré Celsius et le temps en minute. On se place sur l'intervalle [0 ; 10].

Les parties A et B peuvent être traitées de façon indépendante.

Partie A

Dans un repère orthogonal, on donne la courbe représentative de la fonction température en fonction du temps sur [0 ; 10]. [Graphique : la courbe part de 40 °C en t = 0, monte jusqu'à un maximum d'environ 62 °C vers t ≈ 1,3 min, puis redescend en repassant par 40 °C un peu avant t = 4 min, et finit vers 4 °C en t = 10.]

1. Déterminer, par lecture graphique, au bout de combien de temps la température redescend à sa valeur initiale à l'instant t = 0.

On appelle f la fonction température représentée par cette courbe, définie et dérivable sur [0 ; 10]. On admet que f peut s'écrire sous la forme f(t) = (at + b)e−0,5t où a et b sont deux constantes réelles.

2. On admet que la valeur exacte de f(0) est 40. En déduire la valeur de b.

3. On admet que f vérifie l'équation différentielle (E) : y′ + 0,5y = 60e−0,5t. Déterminer la valeur de a.

Partie B Étude de la fonction f

On admet que f est définie pour tout réel t de [0 ; 10] par f(t) = (60t + 40)e−0,5t.

1. Montrer que pour tout t de [0 ; 10] : f ′(t) = (40 − 30t)e−0,5t.

2. a. Étudier le sens de variation de f sur [0 ; 10] et dresser le tableau de variations de f en y faisant figurer les images des valeurs présentes dans le tableau.

b. Montrer que l'équation f(t) = 40 admet une unique solution α strictement positive sur ]0 ; 10].

c. Donner une valeur approchée de α au dixième près et l'interpréter dans le contexte.

3. La température moyenne, en degré Celsius, de cette réaction entre deux temps t₁ et t₂ (en minutes) est donnée par [1t₂ − t₁] × ∫ de t₁ à t₂ de f(t) dt.

a. À l'aide d'une intégration par parties, montrer que ∫ de 0 à 4 de f(t) dt = 320 − 800e².

b. En déduire une valeur approchée, au degré Celsius près, de la température moyenne au cours des 4 premières minutes.

Voir la correction

Corrigé Exercice 4 Température d'une réaction chimique Revoir l'énoncé
  1. Partie A1.

    La valeur initiale se lit à l'origine : la courbe part de 40 °C à l'instant t = 0. On cherche donc l'autre instant où la courbe repasse par l'ordonnée 40. Après son maximum, la courbe décroît et recoupe la droite horizontale d'équation y = 40 juste avant l'abscisse 4. Par lecture graphique, la température est redescendue à sa valeur initiale au bout d'environ 3,8 minutes (soit un peu moins de 4 minutes) ; la question B.2.c confirmera cette lecture par le calcul.

  2. 2.

    On remplace t par 0 dans f(t) = (at + b)e−0,5t : f(0) = (a × 0 + b) × e⁰ = b × 1 = b. Comme f(0) = 40, on en déduit b = 40.

  3. 3.

    f est dérivable sur [0 ; 10] comme produit des fonctions dérivables t ↦ at + 40 et t ↦ e−0,5t. La formule (uv)′ = u′v + uv′ donne f ′(t) = a e−0,5t + (at + 40) × (−0,5)e−0,5t = (−0,5at + a − 20)e−0,5t. On forme alors le membre de gauche de (E) : f ′(t) + 0,5f(t) = (−0,5at + a − 20)e−0,5t + 0,5(at + 40)e−0,5t = a e−0,5t, car les termes en t se compensent et −20 + 20 = 0. Puisque f est solution de (E), a e−0,5t = 60 e−0,5t pour tout t ; comme e−0,5t ≠ 0, on peut simplifier et a = 60.

  4. Partie B1.

    On dérive le produit avec u(t) = 60t + 40, u′(t) = 60, v(t) = e−0,5t, v′(t) = −0,5e−0,5t : f ′(t) = 60e−0,5t − 0,5(60t + 40)e−0,5t. On met e−0,5t en facteur : f ′(t) = (60 − 30t − 20)e−0,5t = (40 − 30t)e−0,5t, ce qu'il fallait démontrer.

  5. 2.a.

    L'exponentielle est strictement positive, donc e−0,5t > 0 et f ′(t) est du signe de 40 − 30t. Or 40 − 30t > 0 ⇔ t < 4030 = 43. Ainsi f ′ est positive sur [0 ; 43] et négative sur [43 ; 10] : f est strictement croissante sur [0 ; 43] puis strictement décroissante sur [43 ; 10]. Le tableau de variations comporte f(0) = 40, le maximum f(43) = (60 × 43 + 40)e23 = 120e23 ≈ 61,6 et f(10) = 640e⁻⁵ ≈ 4,3. La température monte donc jusqu'à environ 61,6 °C au bout de 43 min (1 min 20 s), puis redescend.

  6. 2.b.

    On raisonne sur chacun des deux intervalles de monotonie. Sur ]0 ; 43], f est strictement croissante, donc f(t) > f(0) = 40 : l'équation f(t) = 40 n'y a aucune solution. Sur [43 ; 10], f est continue (car dérivable) et strictement décroissante, avec f(43) ≈ 61,6 > 40 et f(10) ≈ 4,3 < 40, donc 40 appartient à l'intervalle image [f(10) ; f(43)]. D'après le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires (théorème de la bijection), l'équation f(t) = 40 admet une unique solution α dans [43 ; 10]. Au total, f(t) = 40 admet une unique solution strictement positive α sur ]0 ; 10].

  7. 2.c.

    Par balayage à la calculatrice, f(3,8) ≈ 40,08 > 40 et f(3,9) ≈ 38,98 < 40 ; comme f est décroissante sur cet intervalle, 3,8 < α < 3,9, et plus finement α ≈ 3,81, donc α ≈ 3,8 au dixième près. Interprétation : la température de la réaction redescend à sa valeur initiale de 40 °C au bout d'environ 3,8 minutes, ce qui confirme la lecture graphique de la question A.1.

  8. 3.a.

    On pose u(t) = 60t + 40 et v′(t) = e−0,5t, d'où u′(t) = 60 et v(t) = −2e−0,5t ; ces fonctions sont dérivables sur [0 ; 4] et leurs dérivées y sont continues, la formule d'intégration par parties s'applique : ∫₀⁴ f(t)dt = [(60t + 40) × (−2e−0,5t)]₀⁴ − ∫₀⁴ 60 × (−2e−0,5t)dt = [−(120t + 80)e−0,5t]₀⁴ + 120∫₀⁴ e−0,5tdt.

  9. (fin des calculs) : Le crochet vaut −(120 × 4 + 80)e⁻² − (−(0 + 80)e⁰) = −560e⁻² + 80. L'intégrale restante vaut 120 × [−2e−0,5t]₀⁴ = 120 × (−2e⁻² + 2) = −240e⁻² + 240. En additionnant : ∫₀⁴ f(t)dt = 80 + 240 − (560 + 240)e⁻² = 320 − 800e⁻² = 320 − 800e².

  10. 3.b.

    On applique la définition avec t₁ = 0 et t₂ = 4 : température moyenne = [14 − 0] × ∫₀⁴ f(t)dt = (14)(320 − 800e²) = 80 − 200e². Comme e² ≈ 7,389, on a 200e² ≈ 27,07 et 80 − 27,07 ≈ 52,9. La température moyenne de la réaction chimique au cours des 4 premières minutes est donc d'environ 53 °C.