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Sujet officiel · session 2025

Bac de maths 2025 — Amérique du Sud · 14 novembre

Le sujet tel qu'il a été donné, sa transcription, et le corrigé complet de ses 4 exercices.

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Sujet publié par le ministère de l'Éducation nationale — PDF d'origine. Transcription et correction rédigées par MathBooster.

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Énoncé et corrigé, exercice par exercice

L'énoncé transcrit à gauche, notre correction en face. Chaque étape nomme la propriété utilisée ; ces corrections sont rédigées par MathBooster, puis vérifiées calcul par calcul.

Énoncé Exercice 1 Probabilités conditionnelles Moyen

Tennis, services et binomiale

Dans cet exercice, tous les résultats seront arrondis à 10⁻³ près en cas de besoin. Les deux parties sont indépendantes l’une de l’autre.

Partie A

Au tennis, le joueur qui est au service peut, en cas d’échec lors du premier service, servir une deuxième balle.

En match, Abel réussit son premier service dans 70 % des cas. Lorsque le premier service est réussi, il gagne le point dans 80 % des cas.

En revanche, après un échec à son premier service, Abel gagne le point dans 45 % des cas.

Abel est au service.

On considère les événements suivants :

• S : « Abel réussit son premier service »

• G : « Abel gagne le point ».

1. Décrire l’événement S̄ puis traduire la situation par un arbre pondéré.

2. Calculer P(S ∩ G).

3. Justifier que la probabilité de l’événement G est égale à 0,695.

4. Abel a gagné le point. Quelle est la probabilité qu’il ait réussi son premier service ?

5. Les événements S et G sont-ils indépendants ? Justifier.

Partie B

À la sortie d’une usine de fabrication de balles de tennis, une balle est jugée conforme dans 85 % des cas.

1. On teste successivement 20 balles. On considère que le nombre de balles est suffisamment grand pour assimiler ces tests à un tirage avec remise. On note X la variable aléatoire qui compte le nombre de balles conformes parmi les 20 testées.

a. Quelle est la loi suivie par X et quels sont ses paramètres ? Justifier.

b. Calculer P(X ≤ 18).

c. Quelle est la probabilité qu’au moins deux balles ne soient pas conformes parmi les 20 balles testées ?

d. Déterminer l’espérance de X.

2. On teste maintenant n balles successivement. On considère les n tests comme un échantillon de n variables aléatoires Xᵢ indépendantes suivant la loi de Bernoulli de paramètre 0,85. On considère la variable aléatoire Mₙ = X₁ + X₂ + … + Xₙn.

a. Déterminer l’espérance et la variance de Mₙ.

b. Après avoir rappelé l’inégalité de Bienaymé-Tchebychev, montrer que, pour tout entier naturel n, P(0,75 < Mₙ < 0,95) ≥ 1 − 12,75n.

c. En déduire un entier n tel que la moyenne du nombre de balles conformes pour un échantillon de taille n appartienne à l’intervalle ]0,75 ; 0,95[ avec une probabilité supérieure à 0,9.

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Corrigé Exercice 1 Tennis, services et binomiale Revoir l'énoncé
  1. Partie A1.

    L’événement S̄ est le contraire de S : « Abel ne réussit pas son premier service ». L’arbre pondéré comporte deux branches au premier niveau, S (probabilité 0,70) et S̄ (probabilité 0,30) ; de S partent G (0,80) et Ḡ (0,20), de S̄ partent G (0,45) et Ḡ (0,55).

  2. 2.

    Sur un arbre pondéré, la probabilité d’un chemin est le produit des probabilités portées par ses branches : P(S ∩ G) = P(S) × PS(G) = 0,70 × 0,80 = 0,56.

  3. 3.

    Les événements S et S̄ forment une partition de l’univers, donc d’après la formule des probabilités totales : P(G) = P(S ∩ G) + P(S̄ ∩ G) = 0,56 + P(S̄) × P(G) = 0,56 + 0,30 × 0,45 = 0,56 + 0,135 = 0,695. La probabilité qu’Abel gagne le point est bien égale à 0,695.

  4. 4.

    On demande ici la probabilité conditionnelle « renversée », celle de S sachant G : PG(S) = P(S ∩ G)P(G) = 0,560,695 ≈ 0,806. Sachant qu’Abel a gagné le point, la probabilité qu’il ait réussi son premier service est d’environ 0,806.

  5. 5.

    Deux événements sont indépendants lorsque P(S ∩ G) = P(S) × P(G). Ici P(S) × P(G) = 0,70 × 0,695 = 0,486 5, alors que P(S ∩ G) = 0,56 : ces deux nombres sont différents, donc S et G ne sont pas indépendants. C’est cohérent avec l’énoncé, puisque réussir son premier service modifie les chances de gagner le point (0,80 contre 0,45).

  6. Partie B1. a.

    On répète 20 fois, de façon identique et indépendante (les tests sont assimilés à un tirage avec remise), la même épreuve de Bernoulli à deux issues : « la balle est conforme », de probabilité p = 0,85, ou non. La variable aléatoire X compte le nombre de succès : X suit donc la loi binomiale de paramètres n = 20 et p = 0,85.

  7. 1. b.

    On passe par l’événement contraire : P(X ≤ 18) = 1 − P(X = 19) − P(X = 20). Or P(X = 19) = 20 × 0,85¹⁹ × 0,15 ≈ 0,137 (il y a 20 façons de choisir la seule balle non conforme) et P(X = 20) = 0,85²⁰ ≈ 0,039. Donc P(X ≤ 18) ≈ 1 − 0,137 − 0,039 ≈ 0,824.

  8. 1. c.

    Sur 20 balles, « au moins deux balles non conformes » signifie « au plus 20 − 2 = 18 balles conformes » : c’est exactement l’événement (X ≤ 18) calculé à la question précédente. La probabilité cherchée vaut donc environ 0,824.

  9. 1. d.

    Pour une loi binomiale, E(X) = n × p = 20 × 0,85 = 17. Sur 20 balles testées, on peut s’attendre en moyenne à 17 balles conformes.

  10. 2. a.

    Chaque Xᵢ suit la loi de Bernoulli de paramètre 0,85, donc E(Xᵢ) = 0,85 et V(Xᵢ) = 0,85 × (1 − 0,85) = 0,127 5. Par linéarité de l’espérance, E(Mₙ) = (1n) × (E(X₁) + … + E(Xₙ)) = (1n) × n × 0,85 = 0,85. Les variables Xᵢ étant indépendantes, la variance de leur somme est la somme des variances, et V(aX) = a²V(X) : V(Mₙ) = (1n²) × n × 0,127 5 = 0,127 5n.

  11. 2. b.

    Rappel de l’inégalité de Bienaymé-Tchebychev : si Y admet une espérance et une variance, alors pour tout réel t > 0, P(|Y − E(Y)| ≥ t) ≤ V(Y)t². En passant à l’événement contraire : P(|Y − E(Y)| < t) ≥ 1 − V(Y)t².

  12. (suite) On applique cette inégalité à Y = Mₙ avec t = 0,1. D’une part |Mₙ − 0,85| < 0,1 équivaut à −0,1 < Mₙ − 0,85 < 0,1, c’est-à-dire 0,75 < Mₙ < 0,95. D’autre part V(Mₙ)t² = (0,127 5n)/0,01 = 12,75n. On obtient donc bien P(0,75 < Mₙ < 0,95) ≥ 1 − 12,75n, pour tout entier naturel n non nul.

  13. 2. c.

    Il suffit que cette minoration dépasse 0,9 : 1 − 12,75n > 0,9 ⇔ 12,75n < 0,1 ⇔ n > 127,5. Le plus petit entier qui convient est n = 128, et on a alors 1 − 12,75128 ≈ 0,900 4 > 0,9. Avec un échantillon de 128 balles, la moyenne Mₙ appartient à l’intervalle ]0,75 ; 0,95[ avec une probabilité supérieure à 0,9.

Énoncé Exercice 2 Géométrie dans l’espace Moyen

QCM de géométrie dans l’espace

Cet exercice est un questionnaire à choix multiple. Pour chaque question, une seule des trois propositions est exacte. Indiquer sur la copie le numéro de la question et la lettre de la proposition choisie. Aucune justification n’est demandée.

Dans toutes les questions suivantes, l’espace est rapporté à un repère orthonormé.

1. On considère la droite ∆₁ de représentation paramétrique { x = 1 − 3t, y = 4 + 2t, z = t }, où t ∈ ℝ, ainsi que la droite ∆₂ de représentation paramétrique { x = −4 + s, y = 2 + 2s, z = −1 + s }, où s ∈ ℝ.

a. Les droites ∆₁ et ∆₂ sont parallèles.

b. Les droites ∆₁ et ∆₂ sont orthogonales.

c. Les droites ∆₁ et ∆₂ sont sécantes.

2. On considère la droite d de représentation paramétrique { x = 1 + t, y = 3 − t, z = 1 + 2t }, où t ∈ ℝ, et le plan P d’équation cartésienne 4x + 2y − z + 3 = 0.

a. La droite d est incluse dans le plan P.

b. La droite d est parallèle strictement au plan P.

c. La droite d est sécante au plan P.

3. On considère les points A(3 ; 2 ; 1), B(7 ; 3 ; 1), C(−1 ; 4 ; 5) et D(−3 ; 3 ; 5).

a. Les points A, B, C et D ne sont pas coplanaires.

b. Les points A, B et C sont alignés.

c. Les vecteurs AB et CD sont colinéaires.

4. On considère les plans Q et Q′ d’équations cartésiennes respectives 3x − 2y + z + 1 = 0 et 4x + y − z + 3 = 0.

a. Le point R(1 ; 1 ; −2) appartient aux deux plans.

b. Les deux plans sont orthogonaux.

c. Les deux plans sont sécants avec pour intersection la droite de représentation paramétrique { x = t, y = 7t + 4, z = 11t + 7 }, où t ∈ ℝ.

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Corrigé Exercice 2 QCM de géométrie dans l’espace Revoir l'énoncé
  1. Question 1

    → réponse c. On lit les vecteurs directeurs dans les représentations paramétriques : u₁(−3 ; 2 ; 1) pour ∆₁ et u₂(1 ; 2 ; 1) pour ∆₂. Ils ne sont pas colinéaires (si l’on avait u₁ = k u₂, la troisième coordonnée imposerait k = 1, et la première donnerait alors −3 = 1, ce qui est faux) : les droites ne sont pas parallèles, donc a est fausse. De plus u₁ · u₂ = (−3) × 1 + 2 × 2 + 1 × 1 = 2 ≠ 0 : elles ne sont pas orthogonales, donc b est fausse.

  2. (suite). Il reste à vérifier c en cherchant un point commun, c’est-à-dire en résolvant le système 1 − 3t = −4 + s ; 4 + 2t = 2 + 2s ; t = −1 + s. La troisième équation donne s = t + 1 ; la deuxième devient alors 4 + 2t = 4 + 2t, toujours vraie ; la première donne 1 − 3t = −3 + t, soit 4t = 4 et t = 1, d’où s = 2. Les deux droites passent bien par le point de coordonnées (−2 ; 6 ; 1) : elles sont sécantes.

  3. Question 2

    → réponse b. La droite d a pour vecteur directeur u(1 ; −1 ; 2) et le plan P a pour vecteur normal n(4 ; 2 ; −1) (coefficients de son équation cartésienne). Comme u · n = 4 × 1 + 2 × (−1) + (−1) × 2 = 0, la droite est parallèle au plan : elle est soit incluse dans P, soit strictement parallèle, ce qui élimine c.

  4. (suite). Pour trancher, on teste le point de d obtenu pour t = 0, soit A(1 ; 3 ; 1) : 4 × 1 + 2 × 3 − 1 + 3 = 12 ≠ 0, donc A n’appartient pas à P. La droite d n’est pas incluse dans P : elle lui est strictement parallèle.

  5. Question 3

    → réponse a. On calcule AB(4 ; 1 ; 0), AC(−4 ; 2 ; 4) et CD(−2 ; −1 ; 0). AB et AC ne sont pas colinéaires (4 × 2 − 1 × (−4) = 12 ≠ 0), donc A, B et C ne sont pas alignés : b est fausse. AB et CD ne le sont pas non plus (4 × (−1) − 1 × (−2) = −2 ≠ 0) : c est fausse.

  6. (suite). On vérifie a. Si les quatre points étaient coplanaires, D appartiendrait au plan (ABC) et on pourrait écrire AD = x AB + y AC avec AD(−6 ; 1 ; 4), d’où le système −6 = 4x − 4y ; 1 = x + 2y ; 4 = 4y. La troisième équation donne y = 1, la deuxième x = −1 ; mais alors 4x − 4y = −8 ≠ −6 : le système est impossible. D n’appartient pas au plan (ABC), donc A, B, C et D ne sont pas coplanaires.

  7. Question 4

    → réponse c. Le point R(1 ; 1 ; −2) vérifie l’équation de Q (3 × 1 − 2 × 1 + (−2) + 1 = 0) mais pas celle de Q′ (4 × 1 + 1 − (−2) + 3 = 10 ≠ 0) : a est fausse. Les vecteurs normaux n(3 ; −2 ; 1) et n′(4 ; 1 ; −1) vérifient n · n′ = 12 − 2 − 1 = 9 ≠ 0 : ils ne sont pas orthogonaux, donc les plans ne le sont pas non plus et b est fausse.

  8. (suite). On vérifie c en remplaçant x = t, y = 7t + 4 et z = 11t + 7 dans les deux équations : 3t − 2(7t + 4) + (11t + 7) + 1 = (3 − 14 + 11)t + (−8 + 7 + 1) = 0 et 4t + (7t + 4) − (11t + 7) + 3 = (4 + 7 − 11)t + (4 − 7 + 3) = 0. Tous les points de cette droite appartiennent aux deux plans, qui sont donc sécants suivant cette droite.

  9. Réponses du QCM : 1. c — 2. b — 3. a — 4. c.

Énoncé Exercice 3 Suites numériques Moyen

Suites récurrentes et logarithme

[L’extrait de feuille de calcul de la question 2 n’est pas reproduit ici. La ligne 1 contient les en-têtes n, vₙ, wₙ ; la colonne A contient les indices n (0 en A2, 1 en A3, …), la colonne B les termes de (vₙ) (B2 ≈ 1,386 294 36 ; B3 ≈ 1,945 910 15 ; puis 2,564 949 36 ; 3,218 875 82 ; 3,891 820 3 ; …) et la colonne C les termes de (wₙ) : 3 ; 6 ; 12 ; 24 ; 48 ; …]

On considère les suites (vₙ) et (wₙ) définies pour tout entier naturel n par :

v₀ = ln(4), vₙ₊₁ = ln(−1 + 2evₙ) et wₙ = −1 + evₙ.

On admet que la suite (vₙ) est bien définie et strictement positive.

1. Donner les valeurs exactes de v₁ et w₀.

2. a. Une partie d’une feuille de calcul où figurent les indices et les termes des suites (vₙ) et (wₙ) est reproduite ci-contre. Parmi les trois formules ci-dessous, choisir la formule qui, saisie dans la cellule B3 puis recopiée vers le bas, permettra d’obtenir les valeurs de la suite (vₙ) dans la colonne B.

Formule 1 : LN(−1 + 2 * EXP(B2))

Formule 2 : = LN(−1 + 2 * EXP(B2))

Formule 3 : = LN(−1 + 2 * EXP(A2))

b. Conjecturer le sens de variation de la suite (vₙ).

c. À l’aide d’un raisonnement par récurrence, valider votre conjecture concernant le sens de variation de la suite (vₙ).

3. a. Démontrer que la suite (wₙ) est géométrique.

b. En déduire que pour tout entier naturel n, vₙ = ln(1 + 3 × 2ⁿ).

c. Déterminer la limite de la suite (vₙ).

4. Justifier que l’algorithme suivant, écrit en langage Python, renvoie un résultat quel que soit le choix de la valeur du nombre S.

from math import *

def seuil(S):

V = ln(4)

n = 0

while V < S:

n = n + 1

V = ln(2*exp(V)−1)

return(n)

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Corrigé Exercice 3 Suites récurrentes et logarithme Revoir l'énoncé
  1. 1.

    On applique la relation de récurrence au rang 0, en utilisant eln(a) = a pour a > 0 : v₁ = ln(−1 + 2ev₀) = ln(−1 + 2eln 4) = ln(−1 + 2 × 4) = ln(7). De même w₀ = −1 + ev₀ = −1 + 4 = 3. Les valeurs exactes demandées sont donc v₁ = ln(7) et w₀ = 3.

  2. 2. a.

    La formule 2 est la bonne. Une formule de tableur doit commencer par le signe « = » : la formule 1, qui en est dépourvue, serait interprétée comme du texte. La relation vₙ₊₁ = ln(−1 + 2evₙ) utilise le terme précédent de la suite, situé juste au-dessus dans la colonne B : la formule 3 est donc à écarter, car A2 contient l’indice n et non vₙ. Saisie en B3, la formule 2 calcule bien v₁ à partir de v₀ contenu en B2.

  3. 2. b.

    Les valeurs affichées dans la colonne B augmentent régulièrement (1,386… puis 1,945… puis 2,564…) : on conjecture que la suite (vₙ) est strictement croissante.

  4. 2. c.

    Récurrence, initialisation : v₀ = ln(4) et v₁ = ln(7). Comme 4 < 7 et que la fonction ln est strictement croissante sur ]0 ; +∞[, on a v₀ < v₁ : la propriété « vₙ < vₙ₊₁ » est vraie au rang 0.

  5. Hérédité : supposons que vₙ < vₙ₊₁ pour un certain entier naturel n. La fonction exponentielle étant strictement croissante sur ℝ, evₙ < evₙ₊₁ ; en multipliant par 2 (nombre positif) puis en ajoutant −1, l’ordre est conservé : −1 + 2evₙ < −1 + 2evₙ₊₁. Ces deux nombres sont strictement positifs, puisque l’énoncé admet que la suite est bien définie ; la fonction ln étant strictement croissante, ln(−1 + 2evₙ) < ln(−1 + 2evₙ₊₁), c’est-à-dire vₙ₊₁ < vₙ₊₂ : la propriété est vraie au rang n + 1.

  6. Conclusion : la propriété est vraie au rang 0 et héréditaire, donc d’après le principe de récurrence, vₙ < vₙ₊₁ pour tout entier naturel n. La suite (vₙ) est strictement croissante, ce qui valide la conjecture.

  7. 3. a.

    Pour tout entier naturel n : wₙ₊₁ = −1 + evₙ₊₁ = −1 + eln(−1 + 2evₙ) = −1 + (−1 + 2evₙ) = −2 + 2evₙ = 2(−1 + evₙ) = 2wₙ. Chaque terme s’obtient donc en multipliant le précédent par 2 : la suite (wₙ) est géométrique, de raison q = 2 et de premier terme w₀ = 3.

  8. 3. b.

    Le terme général d’une suite géométrique est wₙ = w₀ × qⁿ, donc wₙ = 3 × 2ⁿ. Or wₙ = −1 + evₙ, d’où evₙ = 1 + wₙ = 1 + 3 × 2ⁿ. En composant par la fonction ln, réciproque de l’exponentielle : vₙ = ln(1 + 3 × 2ⁿ) pour tout entier naturel n.

  9. 3. c.

    Comme 2 > 1, lim 2ⁿ = +∞ quand n → +∞, donc lim (1 + 3 × 2ⁿ) = +∞. Par composition avec lim ln(X) = +∞ quand X → +∞, on conclut : lim vₙ = +∞. La suite (vₙ) diverge vers +∞.

  10. 4.

    L’algorithme calcule les termes successifs de la suite : V contient v₀ = ln(4) au départ, et l’instruction V = ln(2eV − 1) est exactement la relation vₙ₊₁ = ln(−1 + 2evₙ), le compteur n suivant le rang atteint. Comme (vₙ) tend vers +∞, elle n’est pas majorée : quel que soit le réel S choisi, il existe un rang p tel que vp ≥ S. La condition « V < S » finit donc par être fausse, la boucle while s’arrête et la fonction renvoie le rang cherché : l’algorithme renvoie toujours un résultat.

Énoncé Exercice 4 Primitives et équations différentielles Difficile

Dénombrement, équation différentielle et fonction

Partie A dénombrement

On considère l’ensemble des nombres entiers relatifs non nuls compris entre −30 et 30 ; cet ensemble peut s’écrire ainsi : {−30 ; −29 ; … ; −1 ; 1 ; … ; 29 ; 30}. Il comporte 60 éléments. On choisit dans cet ensemble successivement et sans remise un entier relatif a puis un entier relatif c.

1. Combien de couples (a ; c) différents peut-on ainsi obtenir ?

2. On considère l’événement M : « l’équation ax² + 2x + c = 0 possède deux solutions réelles distinctes ». Montrer que l’événement M a lieu si et seulement si ac < 1.

3. Expliquer pourquoi l’événement contraire M̄ comporte 1 740 issues.

4. Quelle est la probabilité de l’événement M ? On arrondira le résultat à 10⁻².

Partie B équation différentielle

On considère l’équation différentielle (E) : y′ + 10y = (30x² + 22x − 8)e−5x+1, avec x ∈ ℝ, où y est une fonction définie et dérivable sur ℝ.

1. Résoudre sur ℝ l’équation différentielle y′ + 10y = 0.

2. Soit la fonction f définie sur ℝ par f(x) = (6x² + 2x − 2)e−5x+1. On admet que f est dérivable sur ℝ. Justifier que f est une solution particulière de (E).

3. Donner l’expression de toutes les solutions de (E).

Partie C étude de fonction

On propose d’étudier dans cette partie la fonction f rencontrée à la partie B. On rappelle que, pour tout réel x, f(x) = (6x² + 2x − 2)e−5x+1. On note f′ la fonction dérivée de f. On appelle Cf la courbe représentative de f dans un repère du plan.

1. On admet que lim(x→+∞) f(x) = 0. Déterminer la limite de la fonction f en −∞.

2. En utilisant la partie A, montrer que Cf coupe l’axe des abscisses en deux points (les coordonnées de ces points ne sont pas attendues).

3. En utilisant les parties A et B, montrer que Cf possède deux tangentes horizontales.

4. Dresser le tableau de variation complet de la fonction f.

5. Déterminer en justifiant le nombre de solution(s) de l’équation f(x) = 1.

6. Pour tout réel m strictement supérieur à 0,2, on définit Im = ∫0,2m f(x) dx.

a. Vérifier que la fonction F définie sur ℝ par F(x) = (−65 x² − 2225 x + 28125)e−5x+1 est une primitive de la fonction f sur ℝ.

b. Existe-t-il une valeur de m pour laquelle Im = 0 ? Interpréter graphiquement ce résultat.

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Corrigé Exercice 4 Dénombrement, équation différentielle et fonction Revoir l'énoncé
  1. Partie A1.

    Le choix est successif et sans remise : il y a 60 valeurs possibles pour a, puis seulement 59 valeurs restantes pour c. Comme l’ordre compte (le couple (a ; c) est ordonné), on obtient 60 × 59 = 3 540 couples différents.

  2. 2.

    Le coefficient a est non nul, donc ax² + 2x + c = 0 est bien une équation du second degré. Son discriminant vaut Δ = 2² − 4 × a × c = 4 − 4ac = 4(1 − ac). L’équation possède deux solutions réelles distinctes si et seulement si Δ > 0, c’est-à-dire 4(1 − ac) > 0, soit 1 − ac > 0, soit ac < 1 : l’événement M est réalisé si et seulement si ac < 1.

  3. 3.

    L’événement contraire M̄ est « ac ≥ 1 ». Comme a et c sont des entiers non nuls, ac est un entier non nul, et ac ≥ 1 équivaut à ac > 0 : cela signifie que a et c sont de même signe. Si les deux sont négatifs : 30 choix pour a, puis 29 pour c (sans remise), soit 30 × 29 = 870 couples ; si les deux sont positifs, on compte de même 870 couples. Au total M̄ comporte 870 + 870 = 1 740 issues.

  4. 4.

    Il reste donc 3 540 − 1 740 = 1 800 issues favorables à M. Les choix étant équiprobables, P(M) = 1 8003 540 = 3059 ≈ 0,508. Arrondie à 10⁻², la probabilité que l’équation ait deux solutions réelles distinctes vaut 0,51.

  5. Partie B1.

    L’équation y′ + 10y = 0 s’écrit y′ = −10y. D’après le cours sur les équations différentielles y′ = ay, ses solutions sur ℝ sont les fonctions x ↦ C e−10x, où C est une constante réelle quelconque.

  6. 2.

    On dérive f = u × v avec u(x) = 6x² + 2x − 2 (donc u′(x) = 12x + 2) et v(x) = e−5x+1 (donc v′(x) = −5e−5x+1) : f′(x) = (12x + 2)e−5x+1 − 5(6x² + 2x − 2)e−5x+1 = (12x + 2 − 30x² − 10x + 10)e−5x+1 = (−30x² + 2x + 12)e−5x+1.

  7. (suite) On reporte dans le premier membre de (E) : f′(x) + 10f(x) = [(−30x² + 2x + 12) + 10(6x² + 2x − 2)]e−5x+1 = (−30x² + 2x + 12 + 60x² + 20x − 20)e−5x+1 = (30x² + 22x − 8)e−5x+1. On retrouve exactement le second membre de (E) : la fonction f est bien une solution particulière de (E).

  8. 3.

    Les solutions d’une équation différentielle linéaire s’obtiennent en ajoutant à une solution particulière toutes les solutions de l’équation homogène associée. Les solutions de (E) sont donc les fonctions x ↦ (6x² + 2x − 2)e−5x+1 + C e−10x, avec C ∈ ℝ.

  9. Partie C1.

    Quand x → −∞ : le terme dominant du polynôme donne lim (6x² + 2x − 2) = +∞, et −5x + 1 → +∞ donc lim e−5x+1 = +∞. Par produit de deux facteurs tendant vers +∞ : lim f(x) = +∞ quand x → −∞ (il n’y a pas de forme indéterminée ici).

  10. 2.

    Une exponentielle est toujours strictement positive, donc f(x) = 0 équivaut à 6x² + 2x − 2 = 0. Cette équation est de la forme ax² + 2x + c = 0 avec a = 6 et c = −2 : comme ac = −12 < 1, le critère établi en partie A assure qu’elle admet deux solutions réelles distinctes (on peut le confirmer avec Δ = 4 + 48 = 52 > 0). La courbe Cf coupe donc l’axe des abscisses en exactement deux points.

  11. 3.

    D’après la partie B, f′(x) = (−30x² + 2x + 12)e−5x+1, et comme l’exponentielle ne s’annule pas, f′(x) = 0 équivaut à −30x² + 2x + 12 = 0. Cette équation est encore de la forme ax² + 2x + c = 0, avec a = −30 et c = 12 : puisque ac = −360 < 1, la partie A garantit deux solutions distinctes. Le calcul donne Δ = 4 + 1 440 = 1 444 = 38², puis x = −2 − 38−60 = 23 et x = −2 + 38−60 = −35. En ces deux points le nombre dérivé est nul : Cf possède bien deux tangentes horizontales.

  12. 4.

    Le trinôme −30x² + 2x + 12 a un coefficient dominant négatif : il est négatif à l’extérieur de ses racines et positif entre elles. Comme e−5x+1 > 0, f′ a le même signe. Donc f est décroissante sur ]−∞ ; −35], croissante sur [−35 ; 23] et décroissante sur [23 ; +∞[.

  13. (suite) Valeurs remarquables : f(−35) = (6 × 92565 − 2)e⁴ = −1,04 e⁴ ≈ −56,8 (minimum local) et f(23) = (6 × 49 + 43 − 2)e73 = 2e73 ≈ 0,194 (maximum local). Le tableau de variation se lit donc ainsi : f décroît de +∞ (limite en −∞) jusqu’à ≈ −56,8 en x = −35, croît jusqu’à ≈ 0,194 en x = 23, puis décroît vers 0 (limite admise en +∞).

  14. 5.

    Sur [−35 ; +∞[, f est majorée par son maximum f(23) ≈ 0,194 < 1 : l’équation f(x) = 1 n’a aucune solution sur cet intervalle. En revanche, sur ]−∞ ; −35], f est continue et strictement décroissante, et prend toutes les valeurs de l’intervalle [f(−35) ; +∞[, avec f(−35) ≈ −56,8 ; comme 1 appartient à cet intervalle, le théorème des valeurs intermédiaires appliqué à une fonction strictement monotone donne une unique solution α. Conclusion : l’équation f(x) = 1 admet exactement une solution dans ℝ (attention, f n’est pas majorée par 0,194 sur ℝ tout entier, puisqu’elle tend vers +∞ en −∞).

  15. 6. a.

    F est un produit de fonctions dérivables, avec u(x) = −65 x² − 2225 x + 28125 et v(x) = e−5x+1 : F′(x) = (−125 x − 2225)e−5x+1 − 5(−65 x² − 2225 x + 28125)e−5x+1 = (6x² + (−125 + 225)x + (−22252825))e−5x+1 = (6x² + 2x − 2)e−5x+1 = f(x). Puisque F′ = f sur ℝ, F est bien une primitive de f sur ℝ.

  16. 6. b.

    D’après le théorème fondamental, Iₘ = F(m) − F(0,2). Or F(0,2) = (−65 × 0,04 − 2225 × 0,2 + 28125)e⁰ = (−612522125 + 28125) × 1 = 0, donc Iₘ = F(m). Comme e−5m+1 > 0, résoudre Iₘ = 0 revient à résoudre −65 m² − 2225 m + 28125 = 0, soit, en multipliant par −1252 : 75m² + 55m − 14 = 0. Son discriminant vaut Δ = 55² + 4 × 75 × 14 = 3 025 + 4 200 = 7 225 = 85², d’où m = −55 + 85150 = 0,2 et m = −55 − 85150 = −1415.

  17. (conclusion) Aucune de ces deux racines n’est strictement supérieure à 0,2 : il n’existe donc pas de valeur de m > 0,2 telle que Iₘ = 0. Graphiquement, Iₘ est l’aire algébrique comprise entre Cf, l’axe des abscisses et les droites d’équations x = 0,2 et x = m : la courbe est sous l’axe entre 0,2 et sa racine positive (≈ 0,43), puis au-dessus. Le résultat signifie que l’aire située au-dessus de l’axe ne compense jamais exactement celle située en dessous : Iₘ reste strictement négative pour tout m > 0,2.