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Sujet officiel · session 2025

Bac de maths 2025 — Amérique du Nord · 22 mai

Le sujet tel qu'il a été donné, sa transcription, et le corrigé complet de ses 4 exercices.

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Sujet publié par le ministère de l'Éducation nationale — PDF d'origine. Transcription et correction rédigées par MathBooster.

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Énoncé et corrigé, exercice par exercice

L'énoncé transcrit à gauche, notre correction en face. Chaque étape nomme la propriété utilisée ; ces corrections sont rédigées par MathBooster, puis vérifiées calcul par calcul.

Énoncé Exercice 1 Loi binomiale Moyen

Lancers à trois points et inégalité de concentration

Au basket-ball, un panier peut rapporter 1, 2 ou 3 points.

Partie A

L’entraîneur étudie les paniers à trois points de Victor. Il réussit un tel lancer avec la probabilité 0,32. Victor effectue 15 lancers à trois points supposés indépendants. On note N le nombre de paniers marqués. Les probabilités seront arrondies au millième si nécessaire.

1. Préciser les paramètres de la loi binomiale suivie par N.

2. Calculer P(N = 4).

3. Déterminer P(N ⩽ 6).

4. Déterminer E(N).

5. On note T le nombre de points marqués après cette série.

a. Exprimer T en fonction de N.

b. En déduire E(T) et interpréter.

c. Calculer P(12 ⩽ T ⩽ 18).

Partie B

Soit X la variable aléatoire donnant le nombre de points marqués par Victor lors d’un match. On admet E(X) = 22 et V(X) = 65. Victor joue n matchs indépendants. On note X₁, …, Xₙ les points marqués et Mₙ = X₁+…+Xₙn.

1. Dans cette question, n = 50.

a. Que représente M₅₀ ?

b. Déterminer E(M₅₀) et V(M₅₀).

c. Démontrer que P(|M₅₀ − 22| ⩾ 3) ⩽ 1390.

d. En déduire que P(19 < M₅₀ < 25) > 0,85.

2. L’affirmation suivante est-elle vraie ou fausse ? « Il n’existe aucun entier naturel n tel que P(|Mₙ − 22| ⩾ 3) < 0,01 ». Justifier.

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Corrigé Exercice 1 Lancers à trois points et inégalité de concentration Revoir l'énoncé
  1. Partie A

  2. 1.

    On répète 15 fois, de façon indépendante, la même épreuve de Bernoulli (« Victor réussit son panier à trois points »), de probabilité de succès p = 0,32. La variable N compte le nombre de succès : N suit la loi binomiale de paramètres n = 15 et p = 0,32, notée B(15 ; 0,32).

  3. 2.

    D’après la formule de la loi binomiale, P(N = 4) = C₁₅⁴ × 0,32⁴ × (1 − 0,32)¹¹. Avec C₁₅⁴ = 1 365 et 0,32⁴ = 0,010 485 76, on obtient P(N = 4) ≈ 0,206 au millième près.

  4. 3.

    « Au plus 6 paniers » se traduit par N ⩽ 6. On somme les probabilités : P(N ⩽ 6) = P(N = 0) + P(N = 1) + … + P(N = 6) ≈ 0,828 (fonction binomFRép de la calculatrice).

  5. 4.

    Pour une loi binomiale, E(N) = n × p = 15 × 0,32 = 4,8 : sur une série de 15 lancers à trois points, Victor marque en moyenne 4,8 paniers.

  6. 5. a.

    Chaque panier réussi rapporte 3 points et les autres lancers n’en rapportent aucun, donc T = 3N.

  7. b.

    Par linéarité de l’espérance, E(T) = E(3N) = 3 × E(N) = 3 × 4,8 = 14,4. Interprétation : sur une série de 15 lancers à trois points, Victor marque en moyenne 14,4 points.

  8. c.

    Comme T = 3N, l’encadrement 12 ⩽ 3N ⩽ 18 équivaut (en divisant par 3) à 4 ⩽ N ⩽ 6. Donc P(12 ⩽ T ⩽ 18) = P(N = 4) + P(N = 5) + P(N = 6) ≈ 0,206 + 0,213 + 0,167, soit P(12 ⩽ T ⩽ 18) ≈ 0,586.

  9. Partie B

  10. 1. a.

    M₅₀ = X₁ + X₂ + … + X₅₀50 est la moyenne du nombre de points marqués par Victor sur 50 matchs : c’est la moyenne empirique de l’échantillon de ces 50 matchs.

  11. b.

    Par linéarité de l’espérance, E(M₅₀) = (150) × 50 × E(X) = E(X) = 22 points. Les variables X₁, …, X₅₀ étant indépendantes, la variance de leur somme est la somme des variances : V(M₅₀) = (150²) × 50 × V(X) = V(X)50 = 6550 = 1310 = 1,3.

  12. c.

    L’inégalité de Bienaymé-Tchebychev s’écrit, pour tout réel a > 0 : P(|M₅₀ − E(M₅₀)| ⩾ a) ⩽ V(M₅₀)a². Avec E(M₅₀) = 22 et a = 3 : P(|M₅₀ − 22| ⩾ 3) ⩽ (1310)/3² = 1390.

  13. d.

    L’événement « 19 < M₅₀ < 25 » s’écrit −3 < M₅₀ − 22 < 3, c’est-à-dire |M₅₀ − 22| < 3 : c’est l’événement contraire de |M₅₀ − 22| ⩾ 3. Donc P(19 < M₅₀ < 25) = 1 − P(|M₅₀ − 22| ⩾ 3) ⩾ 1 − 1390 = 7790 ≈ 0,856. Cette probabilité est bien strictement supérieure à 0,85.

  14. 2.

    Pour un entier n quelconque, le même calcul donne V(Mₙ) = V(X)n = 65n, puis, par l’inégalité de concentration, P(|Mₙ − 22| ⩾ 3) ⩽ 659n. Il suffit donc que 659n < 0,01, soit 9n > 6 500, soit n > 722,2… : pour tout n ⩾ 723 on a bien P(|Mₙ − 22| ⩾ 3) < 0,01. De tels entiers existent, donc l’affirmation est FAUSSE. (On pouvait aussi invoquer la loi des grands nombres : P(|Mₙ − 22| ⩾ 3) tend vers 0 quand n tend vers +∞.)

Énoncé Exercice 2 Fonction logarithme Difficile

Approximation du logarithme par la méthode de Briggs

On cherche à approcher ln(2) par une méthode due à Henry Briggs.

Partie A

Soit (uₙ) définie par u₀ = 2 et, pour tout n ∈ ℕ, uₙ₊₁ = uₙ.

1. a. Donner les valeurs exactes de u₁ et u₂.

b. Conjecturer le sens de variation et la limite éventuelle.

2. a. Montrer par récurrence que, pour tout n ∈ ℕ, 1 ⩽ uₙ₊₁ ⩽ uₙ.

b. En déduire que (uₙ) converge.

c. Résoudre sur [0 ; +∞[ l’équation x = x.

d. Déterminer la limite de (uₙ).

Partie B

Soit (vₙ) définie par vₙ = ln(uₙ).

1. a. Démontrer que (vₙ) est géométrique de raison 12.

b. Exprimer vₙ en fonction de n.

c. En déduire que, pour tout n, ln(2) = 2ⁿ ln(uₙ).

2. La courbe de ln et sa tangente T au point d’abscisse 1 sont tracées. Une équation de T est y = x − 1. On décide d’approcher ln(x) par x − 1 lorsque x ∈ ]0,99 ; 1,01[.

a. Déterminer le plus petit entier naturel k tel que uₖ appartienne à ]0,99 ; 1,01[ et donner uₖ approché à 10⁻⁵ près.

b. En déduire une approximation de ln(uₖ).

c. Déduire une approximation de ln(2).

3. Généraliser à tout réel a > 1. Compléter l’algorithme Python :

from math import *

def Briggs(a):

n = 0

while a >= 1.01:

a = sqrt(a)

n = n + 1

L = ...

return L

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Corrigé Exercice 2 Approximation du logarithme par la méthode de Briggs Revoir l'énoncé
  1. Partie A

  2. 1. a.

    u₁ = u₀ = 2. Puis u₂ = u₁ = √2 = 214, c’est-à-dire la racine quatrième de 2 (≈ 1,189).

  3. b.

    À la calculatrice : u₀ = 2 ; u₁ ≈ 1,414 ; u₂ ≈ 1,189 ; u₃ ≈ 1,091 ; u₄ ≈ 1,044… La suite (uₙ) semble décroissante et converger vers 1.

  4. 2. a.

    Notons Pₙ la propriété « 1 ⩽ uₙ₊₁ ⩽ uₙ ». Initialisation : u₁ = 2 ≈ 1,414 et u₀ = 2, donc 1 ⩽ u₁ ⩽ u₀ : P₀ est vraie. Hérédité : soit n ∈ ℕ. Supposons Pₙ vraie pour cet entier n, c’est-à-dire 1 ⩽ uₙ₊₁ ⩽ uₙ. La fonction racine carrée étant croissante sur [0 ; +∞[, on peut appliquer √ à cet encadrement : 1uₙ₊₁uₙ, soit 1 ⩽ uₙ₊₂ ⩽ uₙ₊₁, donc Pₙ₊₁ est vraie. Conclusion : P₀ est vraie et la propriété se transmet d'un rang au suivant ; d’après le principe de récurrence, 1 ⩽ uₙ₊₁ ⩽ uₙ pour tout n ∈ ℕ.

  5. b.

    D’après 2. a., uₙ₊₁ ⩽ uₙ pour tout n : la suite (uₙ) est décroissante ; et uₙ ⩾ 1 pour tout n : elle est minorée par 1. D’après le théorème de la convergence monotone, (uₙ) converge vers un réel ℓ, avec ℓ ⩾ 1.

  6. c.

    Pour x ⩾ 0, les deux membres sont positifs, on peut donc élever au carré : x = x ⇔ x = x² ⇔ x² − x = 0 ⇔ x(x − 1) = 0 ⇔ x = 0 ou x = 1. L’équation admet donc deux solutions sur [0 ; +∞[ : 0 et 1.

  7. d.

    La fonction racine carrée est continue sur [0 ; +∞[ et uₙ₊₁ = uₙ. En passant à la limite dans cette égalité (théorème du point fixe), ℓ vérifie ℓ = √ℓ. D’après 2. c., ℓ = 0 ou ℓ = 1 ; or ℓ ⩾ 1, donc ℓ = 1 : lim uₙ = 1 quand n → +∞.

  8. Partie B

  9. 1. a.

    Pour tout n ∈ ℕ : vₙ₊₁ = ln(uₙ₊₁) = ln(uₙ) = (12)ln(uₙ) = (12)vₙ, en utilisant la propriété ln(a) = (12)ln(a) valable pour a > 0. La suite (vₙ) est donc géométrique de raison 12 et de premier terme v₀ = ln(u₀) = ln(2).

  10. b.

    Le terme général d’une suite géométrique est vₙ = v₀ × qⁿ, d’où vₙ = ln(2) × (12)ⁿ = ln(2)2ⁿ.

  11. c.

    En multipliant l’égalité précédente par 2ⁿ : 2ⁿ vₙ = ln(2). Comme vₙ = ln(uₙ) par définition, on obtient ln(2) = 2ⁿ ln(uₙ) pour tout entier naturel n.

  12. 2. a.

    De 1. b. on tire uₙ = eln(2)2 = 212 : ce nombre est toujours strictement supérieur à 1, la condition uₖ > 0,99 est donc automatique et seule uₖ < 1,01 est contraignante. À la calculatrice, u₆ = 2164 ≈ 1,010 89 est encore trop grand, alors que u₇ = 21128 ≈ 1,005 43 convient. Le plus petit entier cherché est k = 7, avec u₇ ≈ 1,005 43 à 10⁻⁵ près.

  13. b.

    Puisque u₇ appartient à ]0,99 ; 1,01[, on remplace ln(u₇) par u₇ − 1 : ln(u₇) ≈ 1,005 43 − 1 = 0,005 43.

  14. c.

    La relation de 1. c. écrite pour n = 7 donne ln(2) = 2⁷ × ln(u₇) ≈ 128 × 0,005 43, soit ln(2) ≈ 0,695. (La valeur exacte est 0,693… : la méthode de Briggs donne bien deux décimales correctes.)

  15. 3.

    À la sortie de la boucle, la variable a a été remplacée n fois par sa racine carrée : elle vaut a12 et appartient à ]0,99 ; 1,01[. Le même raisonnement qu’en 1. c. donne ln(a_initial) = 2ⁿ × ln(a_final) ≈ 2ⁿ × (a_final − 1). La ligne à écrire est donc L = 2**n * (a - 1).

Énoncé Exercice 3 Géométrie dans l’espace Moyen

Vrai/Faux sur un cube et dans l’espace

Pour chaque affirmation, indiquer si elle est vraie ou fausse, en justifiant.

Partie A

ABCDEFGH est un cube d’arête 1. Les points I, J, K, L, M sont les milieux respectifs de [AB], [BF], [AE], [CD], [DH]. [Figure : cube avec points placés].

Affirmation 1 →JH = 2→BI + →DM − →CB.

Affirmation 2 le triplet (→AB, →AH, →AG) est une base de l’espace.

Affirmation 3 →IB · →LM = −14.

Partie B

Dans un repère orthonormé, on considère le plan P : 2x − y + 3z + 6 = 0, les points A(2 ; 0 ; −1) et B(5 ; −3 ; 7), et la droite (d) de représentation paramétrique x = −12 + 2k ; y = 6 ; z = 3 − 5k, k ∈ ℝ.

Affirmation 4 le plan P et la droite (AB) sont parallèles.

Affirmation 5 le plan P′ parallèle à P passant par B a pour équation −2x + y − 3z + 34 = 0.

Affirmation 6 la distance de A à P est égale à 142.

Affirmation 7 les droites (AB) et (d) ne sont pas coplanaires.

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Corrigé Exercice 3 Vrai/Faux sur un cube et dans l’espace Revoir l'énoncé
  1. Partie A

    Pour traiter les trois premières affirmations, on se place dans le repère orthonormé (A ; →AB, →AD, →AE), légitime car l’arête vaut 1. Les sommets ont alors pour coordonnées A(0 ; 0 ; 0), B(1 ; 0 ; 0), C(1 ; 1 ; 0), D(0 ; 1 ; 0), E(0 ; 0 ; 1), F(1 ; 0 ; 1), G(1 ; 1 ; 1), H(0 ; 1 ; 1), et les milieux I(12 ; 0 ; 0), J(1 ; 0 ; 12), K(0 ; 0 ; 12), L(12 ; 1 ; 0), M(0 ; 1 ; 12).

  2. Affirmation 1

    VRAIE. Membre de gauche : →JH = (0 − 1 ; 1 − 0 ; 1 − 12) = (−1 ; 1 ; 12). Membre de droite : 2→BI = 2 × (12 − 1 ; 0 ; 0) = (−1 ; 0 ; 0), →DM = (0 ; 0 ; 12) et −→CB = −(1 − 1 ; 0 − 1 ; 0) = (0 ; 1 ; 0). En additionnant coordonnée par coordonnée : (−1 ; 1 ; 12). Les deux vecteurs sont égaux, l’égalité est vérifiée.

  3. Affirmation 2

    FAUSSE. On a →AB = (1 ; 0 ; 0), →AH = (0 ; 1 ; 1) et →AG = (1 ; 1 ; 1). Or (1 ; 1 ; 1) = (1 ; 0 ; 0) + (0 ; 1 ; 1), c’est-à-dire →AG = →AB + →AH : le troisième vecteur est combinaison linéaire des deux premiers, donc les trois vecteurs sont coplanaires. Un triplet de vecteurs coplanaires ne peut pas être une base de l’espace.

  4. Affirmation 3

    VRAIE. →IB = (1 − 12 ; 0 ; 0) = (12 ; 0 ; 0) et →LM = (0 − 12 ; 1 − 1 ; 12 − 0) = (−12 ; 0 ; 12). Le repère étant orthonormé, →IB · →LM = (12) × (−12) + 0 × 0 + 0 × (12) = −14.

  5. PARTIE B

  6. Affirmation 4

    FAUSSE. →AB = (5 − 2 ; −3 − 0 ; 7 − (−1)) = (3 ; −3 ; 8) dirige la droite (AB), et les coefficients de l’équation cartésienne fournissent le vecteur normal →n = (2 ; −1 ; 3) du plan P. Dans un repère orthonormé, →AB · →n = 3 × 2 + (−3) × (−1) + 8 × 3 = 6 + 3 + 24 = 33 ≠ 0. Le vecteur directeur de la droite n’est donc pas orthogonal au vecteur normal du plan : la droite (AB) n’est pas parallèle à P, elle le coupe.

  7. Affirmation 5

    VRAIE. Deux plans parallèles admettent les mêmes vecteurs normaux, donc P′ a une équation de la forme 2x − y + 3z + d = 0. Le point B(5 ; −3 ; 7) appartient à P′, d’où 2 × 5 − (−3) + 3 × 7 + d = 0, soit 10 + 3 + 21 + d = 0 et d = −34. Ainsi P′ : 2x − y + 3z − 34 = 0. En multipliant tous les coefficients par −1 (ce qui ne change pas l’ensemble des points), on retrouve bien −2x + y − 3z + 34 = 0.

  8. Affirmation 6

    VRAIE. La distance d’un point A(xA ; yA ; zA) au plan d’équation ax + by + cz + d = 0 vaut |a xA + b yA + c zA + d| / a² + b² + c². Ici : |2 × 2 − 0 + 3 × (−1) + 6| / 2² + (−1)² + 3² = |4 − 3 + 6| / 14 = 714. En rendant le dénominateur entier : 714/14 = 142.

  9. Affirmation 7

    FAUSSE. Une représentation paramétrique de (AB), qui passe par A(2 ; 0 ; −1) et est dirigée par →AB = (3 ; −3 ; 8), est x = 2 + 3t, y = −3t, z = −1 + 8t (t ∈ ℝ). Cherchons un point commun aux deux droites : sur (d) la deuxième coordonnée vaut toujours 6, donc −3t = 6, soit t = −2, ce qui donne le point de coordonnées (2 − 6 ; 6 ; −1 − 16) = (−4 ; 6 ; −17). Ce point est-il sur (d) ? −12 + 2k = −4 donne k = 4, et alors z = 3 − 5 × 4 = −17 : les trois coordonnées concordent pour k = 4. Les droites (AB) et (d) sont donc sécantes au point (−4 ; 6 ; −17) ; deux droites sécantes sont coplanaires, l’affirmation est fausse.

Énoncé Exercice 4 Fonction exponentielle Difficile

Exponentielle, trigonométrie, convexité et intégrale

Soit f définie sur [0 ; π] par f(x) = ex sin(x). On note Cf sa courbe.

Partie A

1. a. Démontrer que, pour tout x ∈ [0 ; π], f′(x) = ex[sin(x) + cos(x)].

b. Justifier que f est strictement croissante sur [0 ; π/2].

2. a. Déterminer une équation de la tangente T à Cf au point d’abscisse 0.

b. Démontrer que f est convexe sur [0 ; π/2].

c. En déduire que, pour tout x ∈ [0 ; π/2], ex sin(x) ⩾ x.

3. Justifier que le point d’abscisse π/2 est un point d’inflexion de Cf.

Partie B

On note I = ∫₀π/2 ex sin(x) dx et J = ∫₀π/2 ex cos(x) dx.

1. Par deux intégrations par parties, établir I = 1 + J et I = eπ/2 − J.

2. En déduire I = 1 + eπ/22.

3. On pose g(x) = x. Calculer l’aire exacte du domaine hachuré situé entre Cf, Cg, x = 0 et x = π/2. [Figure : Cf au-dessus de y = x sur [0 ; π/2]].

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Corrigé Exercice 4 Exponentielle, trigonométrie, convexité et intégrale Revoir l'énoncé
  1. PARTIE A

  2. 1. a.

    f est le produit des fonctions u : x ↦ ex et v : x ↦ sin(x), dérivables sur [0 ; π]. La formule (uv)′ = u′v + uv′ donne f′(x) = ex × sin(x) + ex × cos(x), soit f′(x) = ex[sin(x) + cos(x)] pour tout x ∈ [0 ; π].

  3. b.

    Sur [0 ; π/2], sin(x) ⩾ 0 et cos(x) ⩾ 0. De plus ces deux fonctions ne s’annulent jamais simultanément sur cet intervalle : sin ne s’annule qu’en 0, où cos(0) = 1, et cos ne s’annule qu’en π/2, où sin(π/2) = 1. La somme sin(x) + cos(x) est donc strictement positive. Comme ex > 0 pour tout réel x, f′(x) est un produit de deux facteurs strictement positifs : f′(x) > 0 sur [0 ; π/2], donc f est strictement croissante sur [0 ; π/2].

  4. 2. a.

    L’équation de la tangente au point d’abscisse a est y = f′(a)(x − a) + f(a). Ici a = 0, avec f(0) = e⁰ × sin(0) = 0 et f′(0) = e⁰[sin(0) + cos(0)] = 1 × (0 + 1) = 1. La tangente T a donc pour équation y = 1 × (x − 0) + 0, soit T : y = x.

  5. b.

    On dérive f′, elle aussi produit de ex et de sin(x) + cos(x) : f″(x) = ex[sin(x) + cos(x)] + ex[cos(x) − sin(x)] = ex × 2cos(x) = 2ex cos(x). Sur [0 ; π/2], cos(x) ⩾ 0 et ex > 0, donc f″(x) ⩾ 0 : f est convexe sur [0 ; π/2].

  6. c.

    La courbe représentative d’une fonction convexe est située au-dessus de chacune de ses tangentes. Sur [0 ; π/2], Cf est donc au-dessus de la tangente T d’équation y = x : f(x) ⩾ x, c’est-à-dire ex sin(x) ⩾ x pour tout x ∈ [0 ; π/2].

  7. 3.

    f″(x) = 2ex cos(x) est du signe de cos(x) puisque 2ex > 0 : f″ est strictement positive sur [0 ; π/2[, nulle en π/2 et strictement négative sur ]π/2 ; π]. La dérivée seconde s’annule donc en changeant de signe en π/2 : la courbe y passe de convexe à concave, le point d’abscisse π/2 est bien un point d’inflexion de Cf.

  8. PARTIE B

  9. 1.

    Première intégration par parties, avec u(x) = ex, u′(x) = ex, v′(x) = sin(x), v(x) = −cos(x), toutes continues sur [0 ; π/2] : I = [−ex cos(x)]₀π/2 − ∫₀π/2 ex × (−cos(x)) dx. Le crochet vaut (−eπ/2 × cos(π/2)) − (−e⁰ × cos(0)) = 0 + 1 = 1, et l’intégrale restante est +J. D’où I = 1 + J.

  10. Seconde intégration par parties, en échangeant les rôles : u(x) = sin(x), u′(x) = cos(x), v′(x) = ex, v(x) = ex. Alors I = [ex sin(x)]₀π/2 − ∫₀π/2 ex cos(x) dx. Le crochet vaut eπ/2 × 1 − e⁰ × 0 = eπ/2. D’où I = eπ/2 − J.

  11. 2.

    On additionne membre à membre les deux relations : I + I = (1 + J) + (eπ/2 − J), les J se compensent et il reste 2I = 1 + eπ/2, donc I = 1 + eπ/22.

  12. 3.

    D’après la question A. 2. c., f(x) ⩾ x = g(x) sur [0 ; π/2] : Cf est au-dessus de Cg, l’aire cherchée vaut donc A = ∫₀π/2 [ex sin(x) − x] dx. Par linéarité de l’intégrale, A = I − ∫₀π/2 x dx = I − [x²/2]₀π/2 = 1 + eπ/22 − (π/2)²/2. L’aire du domaine hachuré est donc 1 + eπ/22 − π²/8 unités d’aire, soit environ 1,67 u.a.