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Sujet officiel · session 2024

Bac de maths 2024 — Centres étrangers (Suède) · 7 juin

Le sujet tel qu'il a été donné, sa transcription, et le corrigé complet de ses 4 exercices.

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Sujet publié par le ministère de l'Éducation nationale — PDF d'origine. Transcription et correction rédigées par MathBooster.

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Énoncé et corrigé, exercice par exercice

L'énoncé transcrit à gauche, notre correction en face. Chaque étape nomme la propriété utilisée ; ces corrections sont rédigées par MathBooster, puis vérifiées calcul par calcul.

Énoncé Exercice 1 Suites numériques Moyen

Vrai/Faux transversal

Pour chacune des affirmations suivantes, indiquer si elle est juste ou fausse. Chaque réponse doit être justifiée. Une réponse non justifiée ne rapporte aucun point.

Affirmation 1 Soit (E) l'équation différentielle y′ − 2y = −6x + 1. La fonction f définie sur ℝ par f(x) = e2x − 6x + 1 est une solution de (E).

Affirmation 2 On considère la suite (uₙ) définie sur ℕ par uₙ = 1 + 34 + (34)² + ... + (34)ⁿ. La suite (uₙ) a pour limite +∞.

Affirmation 3 On considère la suite (uₙ) de l'affirmation 2. L'instruction suite(50) ci-dessous, écrite en langage Python, renvoie u₅₀.

def suite(k):

S = 0

for i in range(k):

S = S + (34)**k

return S

Affirmation 4 Soit a un réel et f la fonction définie sur ]0 ; +∞[ par f(x) = a ln(x) − 2x. Soit C la courbe représentative de f dans un repère (O ; i, j). Il existe une valeur de a pour laquelle la tangente à C au point d'abscisse 1 est parallèle à l'axe des abscisses.

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Corrigé Exercice 1 Vrai/Faux transversal Revoir l'énoncé
  1. Affirmation 1

    Fausse. Méthode : pour tester si une fonction est solution d'une équation différentielle, on la dérive puis on remplace dans l'équation. f est dérivable sur ℝ comme somme de la composée x ↦ e2x (fonction linéaire suivie de l'exponentielle) et de la fonction affine x ↦ −6x + 1. La dérivée de eu étant u′eu avec ici u(x) = 2x : f ′(x) = 2e2x − 6.

  2. On reporte dans le membre de gauche de (E) : f ′(x) − 2f(x) = 2e2x − 6 − 2(e2x − 6x + 1) = 2e2x − 6 − 2e2x + 12x − 2 = 12x − 8. Attention au signe : le −2 se distribue sur les trois termes de f(x).

  3. Pour que f soit solution, il faudrait 12x − 8 = −6x + 1 pour tout réel x. Or cette égalité équivaut à 18x = 9, donc n'est vraie que pour x = 0,5. Contre-exemple en x = 0 : f ′(0) − 2f(0) = (2 − 6) − 2 × 2 = −8, alors que −6 × 0 + 1 = 1. Conclusion : f n'est pas solution de (E), l'affirmation 1 est fausse. (Les solutions de (E) sont les fonctions x ↦ C e2x + 3x + 1, avec C ∈ ℝ : c'est +3x + 1 qu'il aurait fallu, pas −6x + 1.)

  4. Affirmation 2

    Fausse. uₙ = 1 + 34 + (34)² + … + (34)ⁿ est la somme des n + 1 premiers termes de la suite géométrique de premier terme 1 et de raison q = 34. D'après la formule de la somme des termes consécutifs d'une suite géométrique : uₙ = 1 × 1 − qⁿ⁺¹1 − q = (1 − (34)ⁿ⁺¹)/(14) = 4(1 − (34)ⁿ⁺¹).

  5. Comme −1 < 34 < 1, on a (34)ⁿ⁺¹ → 0 quand n → +∞ ; par limite d'une différence puis d'un produit, uₙ → 4 × (1 − 0) = 4. La suite (uₙ) converge donc vers 4 : sa limite est finie, elle ne vaut pas +∞. L'affirmation 2 est fausse.

  6. Affirmation 3

    Fausse. Le programme contient deux défauts. Premier défaut : la ligne S = S + (34)**k utilise l'exposant k au lieu de l'indice de boucle i ; on ajoute donc toujours le même terme, si bien que suite(k) renvoie k × (34)ᵏ. Second défaut : range(k) fait prendre à i les valeurs 0, 1, …, k − 1, soit k passages, alors que uₖ est une somme de k + 1 termes, de (34)⁰ jusqu'à (34)ᵏ.

  7. Concrètement, suite(50) renvoie 50 × (34)⁵⁰ ≈ 2,8 × 10⁻⁵, très loin de u₅₀ ≈ 4 : l'appel ne renvoie pas u₅₀, l'affirmation 3 est fausse. Un code correct s'écrirait avec for i in range(k + 1) puis S = S + (34)**i.

  8. Affirmation 4

    Vraie. La fonction f : x ↦ a ln(x) − 2x est dérivable sur ]0 ; +∞[ et, la dérivée de ln étant 1x, f ′(x) = ax − 2. Le nombre dérivé f ′(1) est le coefficient directeur de la tangente à C au point d'abscisse 1 ; cette tangente est parallèle à l'axe des abscisses si et seulement si son coefficient directeur est nul, soit f ′(1) = a − 2 = 0, c'est-à-dire a = 2. Une telle valeur de a existe (et elle est unique) : l'affirmation 4 est vraie.

Énoncé Exercice 2 Probabilités conditionnelles Moyen

Services d'un joueur de volley-ball

Au cours d'une séance, un joueur de volley-ball s'entraîne à faire des services. La probabilité qu'il réussisse le premier service est égale à 0,85.

On suppose que :

— s'il réussit un service, la probabilité qu'il réussisse le suivant est 0,6 ;

— s'il ne réussit pas un service, la probabilité qu'il ne réussisse pas le suivant est 0,6.

Pour tout entier naturel n non nul, on note Rₙ l'évènement « le joueur réussit le n-ième service » et R̄ₙ l'évènement contraire.

Partie A

On s'intéresse aux deux premiers services de l'entraînement.

1. Représenter la situation par un arbre pondéré.

2. Démontrer que la probabilité de R₂ est égale à 0,57.

3. Sachant que le joueur a réussi le deuxième service, calculer la probabilité qu'il ait raté le premier.

4. Soit Z la variable aléatoire égale au nombre de services réussis au cours des deux premiers services.

a. Déterminer la loi de probabilité de Z (on pourra utiliser l'arbre pondéré de la question 1).

b. Calculer l'espérance mathématique E(Z) de la variable aléatoire Z. Interpréter ce résultat dans le contexte de l'exercice.

Partie B

On s'intéresse maintenant au cas général. Pour tout n ∈ ℕ*, on note xₙ = P(Rₙ).

1. a. Donner les probabilités conditionnelles PRₙ(Rₙ₊₁) et Pₙ(Rₙ₊₁).

b. Montrer que, pour tout n ∈ ℕ*, xₙ₊₁ = 0,2xₙ + 0,4.

2. Soit (uₙ) définie pour tout n ∈ ℕ* par uₙ = xₙ − 0,5.

a. Montrer que (uₙ) est une suite géométrique.

b. Déterminer l'expression de xₙ en fonction de n. En déduire la limite de (xₙ).

c. Interpréter cette limite dans le contexte de l'exercice.

Voir la correction

Corrigé Exercice 2 Services d'un joueur de volley-ball Revoir l'énoncé
  1. Partie A1.

    L'arbre part de deux branches : R₁ affectée de P(R₁) = 0,85 et R̄₁ affectée de P(R̄₁) = 1 − 0,85 = 0,15. Depuis R₁ (premier service réussi), l'énoncé donne PR₁(R₂) = 0,6, donc PR₁(R̄₂) = 0,4. Depuis R̄₁ (premier service raté), l'énoncé donne PR̄₁(R̄₂) = 0,6, donc par passage à l'évènement contraire PR̄₁(R₂) = 1 − 0,6 = 0,4.

  2. 2.

    Les évènements R₁ et R̄₁ forment une partition de l'univers. D'après la formule des probabilités totales : P(R₂) = P(R₁ ∩ R₂) + P(R̄₁ ∩ R₂) = P(R₁) × PR₁(R₂) + P(R̄₁) × PR̄₁(R₂) = 0,85 × 0,6 + 0,15 × 0,4 = 0,51 + 0,06 = 0,57. La probabilité de R₂ vaut donc bien 0,57.

  3. 3.

    « Sachant que le joueur a réussi le deuxième service » indique que l'on conditionne par R₂ ; on cherche donc PR₂(R̄₁). Par définition d'une probabilité conditionnelle : PR₂(R̄₁) = P(R̄₁ ∩ R₂)P(R₂) = 0,15 × 0,40,57 = 0,060,57 = 657 = 219 ≈ 0,105. Sachant que le deuxième service est réussi, il y a environ 10,5 % de chances que le premier ait été raté.

  4. 4.a.

    Z compte les services réussis parmi les deux premiers : Z prend les valeurs 0, 1 et 2. En lisant les chemins de l'arbre : P(Z = 0) = P(R̄₁ ∩ R̄₂) = 0,15 × 0,6 = 0,09 ; P(Z = 2) = P(R₁ ∩ R₂) = 0,85 × 0,6 = 0,51 ; et Z = 1 correspond à deux chemins, donc P(Z = 1) = P(R₁ ∩ R̄₂) + P(R̄₁ ∩ R₂) = 0,85 × 0,4 + 0,15 × 0,4 = 0,34 + 0,06 = 0,40. Vérification : 0,09 + 0,40 + 0,51 = 1, la loi obtenue est bien une loi de probabilité.

  5. 4.b.

    E(Z) = 0 × 0,09 + 1 × 0,40 + 2 × 0,51 = 0,40 + 1,02 = 1,42. Interprétation : en répétant un grand nombre de fois cette séance dans les mêmes conditions, le joueur réussit en moyenne 1,42 service sur ses deux premiers services, soit un taux de réussite moyen de 1,422 = 71 %. (Cette moyenne théorique n'a pas à être arrondie à un entier.)

  6. Partie B1.a.

    La première hypothèse de l'énoncé se traduit directement par PRₙ(Rₙ₊₁) = 0,6. La seconde donne Pₙ(R̄ₙ₊₁) = 0,6 ; comme Rₙ₊₁ et R̄ₙ₊₁ sont contraires l'un de l'autre dans l'univers conditionné par R̄ₙ, on en déduit Pₙ(Rₙ₊₁) = 1 − 0,6 = 0,4.

  7. 1.b.

    Pour tout n ∈ ℕ*, Rₙ et R̄ₙ forment une partition de l'univers, avec P(Rₙ) = xₙ et P(R̄ₙ) = 1 − xₙ. La formule des probabilités totales donne : xₙ₊₁ = P(Rₙ₊₁) = P(Rₙ) × PRₙ(Rₙ₊₁) + P(R̄ₙ) × Pₙ(Rₙ₊₁) = 0,6xₙ + 0,4(1 − xₙ) = 0,6xₙ + 0,4 − 0,4xₙ = 0,2xₙ + 0,4.

  8. 2.a.

    Pour tout n ∈ ℕ*, on part de la définition de uₙ₊₁ et on utilise la relation de récurrence précédente : uₙ₊₁ = xₙ₊₁ − 0,5 = (0,2xₙ + 0,4) − 0,5 = 0,2xₙ − 0,1 = 0,2(xₙ − 0,5) = 0,2uₙ. La relation uₙ₊₁ = 0,2uₙ est celle d'une suite géométrique : (uₙ) est géométrique de raison q = 0,2 et de premier terme u₁ = x₁ − 0,5 = 0,85 − 0,5 = 0,35.

  9. 2.b.

    Le terme général d'une suite géométrique dont le premier terme est de rang 1 s'écrit uₙ = u₁ × qⁿ⁻¹ = 0,35 × 0,2ⁿ⁻¹. Comme xₙ = uₙ + 0,5, on obtient xₙ = 0,5 + 0,35 × 0,2ⁿ⁻¹ pour tout n ∈ ℕ*. Puisque −1 < 0,2 < 1, la suite géométrique (0,2ⁿ⁻¹) tend vers 0, donc par limite d'une somme : lim xₙ = 0,5 quand n → +∞.

  10. 2.c.

    À long terme, la probabilité que le joueur réussisse le n-ième service se stabilise autour de 0,5 : après un grand nombre de services, il en réussit environ un sur deux. L'avantage du départ (0,85 au premier service) finit par disparaître complètement.

Énoncé Exercice 3 Fonction exponentielle Difficile

Deux appareils de chauffage

Un organisme certificateur est missionné pour évaluer deux appareils de chauffage, l'un d'une marque A et l'autre d'une marque B.

Les parties 1 et 2 sont indépendantes.

Partie 1 appareil de la marque A

À l'aide d'une sonde, on a mesuré la température à l'intérieur du foyer d'un appareil de la marque A. On a représenté ci-dessous la courbe de la température, en degrés Celsius, à l'intérieur du foyer en fonction du temps écoulé, exprimé en minutes, depuis l'allumage du foyer.

[Graphique non reproduit. Le repère porte en abscisse le temps en minutes, gradué de 100 en 100 jusqu'à 1 100 avec un quadrillage tous les 50 min, et en ordonnée la température en °C, graduée de 50 en 50 jusqu'à 400 avec un quadrillage tous les 25 °C : un carreau mesure donc 50 minutes de large sur 25 °C de haut. Lectures faites sur la courbe : son point le plus haut a pour coordonnées (200 ; 350) ; elle est au-dessus de la droite d'équation y = 300 sur une largeur d'environ 4,6 carreaux ; le domaine compris entre la courbe, l'axe des abscisses et les droites d'équation t = 0 et t = 600 recouvre environ 123,5 carreaux.]

Par lecture graphique :

1. Donner le temps au bout duquel la température maximale est atteinte à l'intérieur du foyer.

2. Donner une valeur approchée, en minutes, de la durée pendant laquelle la température à l'intérieur du foyer dépasse 300 °C.

3. On note f la fonction représentée sur le graphique. Estimer la valeur de (1600) ∫₀⁶⁰⁰ f(t) dt. Interpréter le résultat.

Partie 2 étude d'une fonction

Soit la fonction g définie sur l'intervalle [0 ; +∞[ par : g(t) = 10t e−0,01t + 20.

1. Déterminer la limite de g en +∞.

2. a. Montrer que pour tout t ∈ [0 ; +∞[, g′(t) = (−0,1t + 10) e−0,01t.

b. Étudier les variations de la fonction g sur [0 ; +∞[ et construire son tableau de variations.

3. Démontrer que l'équation g(t) = 300 admet exactement deux solutions distinctes sur [0 ; +∞[. En donner des valeurs approchées à l'unité.

4. À l'aide d'une intégration par parties, calculer ∫₀⁶⁰⁰ g(t) dt.

Partie 3 évaluation

Pour un appareil de la marque B, la température en degrés Celsius à l'intérieur du foyer t minutes après l'allumage est modélisée sur [0 ; 600] par la fonction g.

L'organisme certificateur attribue une étoile par critère validé parmi les quatre suivants :

— Critère 1 : la température maximale est supérieure à 320 °C.

— Critère 2 : la température maximale est atteinte en moins de 2 heures.

— Critère 3 : la température moyenne durant les 10 premières heures après l'allumage dépasse 250 °C.

— Critère 4 : la température à l'intérieur du foyer ne doit pas dépasser 300 °C pendant plus de 5 heures.

Chaque appareil obtient-il exactement trois étoiles ? Justifier votre réponse.

Voir la correction

Corrigé Exercice 3 Deux appareils de chauffage Revoir l'énoncé
  1. Partie 11.

    Lire le temps au bout duquel la température est maximale, c'est lire l'abscisse du point le plus haut de la courbe. Ce sommet a pour coordonnées (200 ; 350) : la température maximale, égale à 350 °C, est atteinte 200 minutes après l'allumage, soit au bout de 3 h 20 min.

  2. 2.

    La température dépasse 300 °C exactement lorsque la courbe est au-dessus de la droite horizontale d'équation y = 300. On trace donc cette droite : la portion de courbe située au-dessus s'étend sur environ 4,6 carreaux de large, et un carreau représente 50 minutes. La durée cherchée vaut donc environ 4,6 × 50 ≈ 230 minutes, soit à peu près 3 h 50 min. (Une lecture graphique reste approchée : ici un millimètre d'imprécision sur le tracé représente une dizaine de minutes, toute réponse voisine de 230 minutes convient.)

  3. 3.

    Par définition, le nombre (1b − a) ∫ₐᵇ f(t) dt est la valeur moyenne de la fonction f sur l'intervalle [a ; b] : avec a = 0 et b = 600, la quantité demandée est donc la température moyenne du foyer pendant les 600 premières minutes. Comme f est positive sur [0 ; 600], l'intégrale ∫₀⁶⁰⁰ f(t) dt est l'aire, en unités d'aire, du domaine compris entre la courbe, l'axe des abscisses et les droites d'équation t = 0 et t = 600 ; on l'estime en comptant les carreaux de ce domaine. Un carreau vaut 50 × 25 = 1 250 unités d'aire et le domaine en recouvre environ 123,5, donc ∫₀⁶⁰⁰ f(t) dt ≈ 123,5 × 1 250 ≈ 154 000. On en déduit (1600) ∫₀⁶⁰⁰ f(t) dt ≈ 154 000600 ≈ 257. Interprétation : au cours des 600 premières minutes, c'est-à-dire des 10 premières heures suivant l'allumage, la température moyenne à l'intérieur du foyer de l'appareil A est d'environ 257 °C.

  4. Partie 21.

    On ne peut pas conclure directement : quand t → +∞, on a 10t → +∞ alors que e−0,01t → 0, c'est une forme indéterminée du type « ∞ × 0 ». On se ramène donc à une limite de référence en posant X = 0,01t, c'est-à-dire t = 100X, avec X → +∞ quand t → +∞ : 10t e−0,01t = 1 000 X e−X = 1 000 × XeX. Par croissances comparées, XeX → 0 quand X → +∞, donc 10t e−0,01t → 0 puis, par limite d'une somme, g(t) → 0 + 20 = 20. La limite de g en +∞ vaut 20 : la courbe de g admet la droite d'équation y = 20 pour asymptote horizontale en +∞.

  5. 2.a.

    La fonction g est dérivable sur [0 ; +∞[ comme somme d'une constante et du produit u × v, avec u(t) = 10t et v(t) = e−0,01t. On a u′(t) = 10 et, la dérivée de ew étant w′ew avec ici w(t) = −0,01t, v′(t) = −0,01 e−0,01t. La formule de dérivation d'un produit (uv)′ = u′v + uv′ donne alors : g′(t) = 10 e−0,01t + 10t × (−0,01) e−0,01t = (10 − 0,1t) e−0,01t = (−0,1t + 10) e−0,01t, ce qu'il fallait démontrer.

  6. 2.b.

    La fonction exponentielle est strictement positive sur ℝ, donc e−0,01t > 0 et g′(t) est du signe du facteur affine −0,1t + 10. Or −0,1t + 10 > 0 ⟺ −0,1t > −10 ⟺ t < 100, la division par −0,1 < 0 changeant le sens de l'inégalité. Ainsi g′ > 0 sur [0 ; 100[, g′(100) = 0 et g′ < 0 sur ]100 ; +∞[ : la fonction g est strictement croissante sur [0 ; 100] puis strictement décroissante sur [100 ; +∞[. Valeurs à porter dans le tableau de variations : g(0) = 0 + 20 = 20, le maximum g(100) = 10 × 100 × e−1 + 20 = 1 000e⁻¹ + 20 ≈ 387,9, et la limite 20 en +∞. Le tableau comporte donc une flèche montante de 20 jusqu'à 1 000e⁻¹ + 20, puis une flèche descendante de 1 000e⁻¹ + 20 jusqu'à 20 (valeur non atteinte).

  7. 3.

    Sur [0 ; 100], g est continue (car dérivable) et strictement croissante, et 300 est compris strictement entre g(0) = 20 et g(100) ≈ 387,9 : d'après le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires appliqué aux fonctions strictement monotones, l'équation g(t) = 300 admet une unique solution α dans [0 ; 100]. Sur [100 ; +∞[, g est continue et strictement décroissante, de g(100) ≈ 387,9 vers sa limite 20, et 300 appartient à ]20 ; 387,9[ : le même corollaire donne une unique solution β dans [100 ; +∞[. Ces deux intervalles recouvrent [0 ; +∞[ et n'ont en commun que 100, dont l'image n'est pas 300 : l'équation admet donc exactement deux solutions. À la calculatrice, g(43) ≈ 299,7 et g(44) ≈ 303,4, donc α ≈ 43 ; g(193) ≈ 300,1 et g(194) ≈ 298,8, donc β ≈ 193. Arrondies à l'unité, les deux solutions valent 43 minutes et 193 minutes.

  8. 4.

    Par linéarité de l'intégrale : ∫₀⁶⁰⁰ g(t) dt = 10 ∫₀⁶⁰⁰ t e−0,01t dt + ∫₀⁶⁰⁰ 20 dt = 10 I + 20 × 600 = 10 I + 12 000, en posant I = ∫₀⁶⁰⁰ t e−0,01t dt. Pour calculer I, on intègre par parties avec u(t) = t et v′(t) = e−0,01t, fonctions dérivables à dérivées continues sur [0 ; 600] : alors u′(t) = 1 et on peut choisir v(t) = −100 e−0,01t, puisque (−100 e−0,01t)′ = −100 × (−0,01) e−0,01t = e−0,01t.

  9. La formule d'intégration par parties ∫ₐᵇ u(t)v′(t) dt = [u(t)v(t)]ₐᵇ − ∫ₐᵇ u′(t)v(t) dt donne alors : I = [−100t e−0,01t]₀⁶⁰⁰ + 100 ∫₀⁶⁰⁰ e−0,01t dt = (−60 000e⁻⁶ − 0) + 100 × [−100 e−0,01t]₀⁶⁰⁰ = −60 000e⁻⁶ + 100 × (−100e⁻⁶ + 100) = −60 000e⁻⁶ − 10 000e⁻⁶ + 10 000 = 10 000 − 70 000e⁻⁶. On conclut : ∫₀⁶⁰⁰ g(t) dt = 12 000 + 10(10 000 − 70 000e⁻⁶) = 112 000 − 700 000e⁻⁶ ≈ 110 265 (en °C × minutes).

  10. Partie 3

    appareil A. On reprend les lectures de la partie 1. Critère 1 : la température maximale vaut 350 °C, donc elle dépasse 320 °C — validé. Critère 2 : ce maximum est atteint au bout de 200 min, soit 3 h 20 min, donc en plus de 2 heures — non validé. Critère 3 : la température moyenne sur les 10 premières heures a été estimée à environ 257 °C, donc au-delà de 250 °C — validé. Critère 4 : la température dépasse 300 °C pendant environ 230 min, soit moins de 5 heures (300 min) — validé. L'appareil A obtient donc trois étoiles.

  11. appareil B. On reprend l'étude de g. Critère 1 : d'après le tableau de variations, la température maximale est g(100) = 1 000e⁻¹ + 20 ≈ 387,9 °C > 320 °C — validé. Critère 2 : elle est atteinte à t = 100 min, soit 1 h 40 min, donc en moins de 2 heures — validé. Critère 3 : la température moyenne sur les 10 premières heures est la valeur moyenne de g sur [0 ; 600], soit (1600) × (112 000 − 700 000e⁻⁶) ≈ 183,8 °C, ce qui ne dépasse pas 250 °C — non validé. Critère 4 : d'après les variations de g, la température dépasse 300 °C exactement entre α et β, donc pendant β − α ≈ 193 − 43 = 150 min, soit 2 h 30 min, moins de 5 heures — validé. L'appareil B obtient donc lui aussi trois étoiles. Conclusion : oui, chaque appareil obtient exactement trois étoiles, l'appareil A validant tous les critères sauf le critère 2 et l'appareil B tous les critères sauf le critère 3.

Énoncé Exercice 4 Géométrie dans l'espace Moyen

Voltige aérienne

On modélise un passage de spectacle de voltige aérienne en duo de la manière suivante :

— on se place dans un repère orthonormé (O ; i, j, k), une unité représentant un mètre ;

— l'avion n° 1 doit relier le point O au point A(0 ; 200 ; 0) selon une trajectoire rectiligne, à la vitesse constante de 200 m/s ;

— l'avion n° 2 doit, quant à lui, relier le point B(−33 ; 75 ; 44) au point C(87 ; 75 ; −116) selon une trajectoire rectiligne, à la vitesse constante de 200 m/s ;

— au même instant, l'avion n° 1 est au point O et l'avion n° 2 est au point B.

[Figure : représentation dans l'espace des points O, A, B, C et des segments [OA] et [BC].]

1. Justifier que l'avion n° 2 mettra autant de temps à parcourir le segment [BC] que l'avion n° 1 à parcourir le segment [OA].

2. Montrer que les trajectoires des deux avions se coupent.

3. Les deux avions risquent-ils de se percuter lors de ce passage ?

Voir la correction

Corrigé Exercice 4 Voltige aérienne Revoir l'énoncé
  1. 1.

    Le repère étant orthonormé et une unité représentant un mètre, on peut calculer les longueurs avec la formule de la distance dans l'espace. Pour l'avion n° 1 : OA = √[(0 − 0)² + (200 − 0)² + (0 − 0)²] = 200² = 200 m.

  2. Pour l'avion n° 2 : BC = √[(87 − (−33))² + (75 − 75)² + (−116 − 44)²] = √[120² + 0² + (−160)²] = 14 400 + 25 600 = 40 000 = 200 m. Les deux avions parcourent donc la même distance, 200 m.

  3. Comme durée = distance ÷ vitesse et que les deux vitesses sont égales à 200 m/s, chaque avion met 200 ÷ 200 = 1 s pour effectuer son trajet. L'avion n° 2 met donc bien autant de temps à parcourir [BC] que l'avion n° 1 à parcourir [OA] : 1 seconde.

  4. 2.

    On paramètre chaque trajectoire. Vecteurs directeurs : OA(0 ; 200 ; 0) et BC(87 − (−33) ; 0 ; −116 − 44), soit BC(120 ; 0 ; −160). D'où une représentation paramétrique de [OA] : x = 0, y = 200t, z = 0 avec t ∈ [0 ; 1] ; et une représentation paramétrique de [BC] : x = −33 + 120s, y = 75, z = 44 − 160s avec s ∈ [0 ; 1].

  5. Un point commun aux deux segments correspond à un couple (t ; s) solution du système 0 = −33 + 120s, 200t = 75, 0 = 44 − 160s. La deuxième équation donne t = 75200 = 38 ; la première donne s = 33120 = 1140 et la troisième s = 44160 = 1140 : les deux valeurs de s coïncident, le système admet donc une solution, et t = 38 comme s = 1140 appartiennent bien à [0 ; 1].

  6. En reportant t = 38 dans la première représentation, on trouve le point (0 ; 200 × 38 ; 0) = (0 ; 75 ; 0), et s = 1140 dans la seconde donne (−33 + 120 × 1140 ; 75 ; 44 − 160 × 1140) = (0 ; 75 ; 0). Les deux trajectoires se coupent donc, au point de coordonnées (0 ; 75 ; 0).

  7. 3.

    Les deux avions partent au même instant et chaque trajet dure exactement 1 s à vitesse constante : les paramètres t et s se lisent donc directement comme des durées en secondes écoulées depuis le départ. L'avion n° 2 passe au point (0 ; 75 ; 0) à l'instant s = 1140 s = 0,275 s, alors que l'avion n° 1 n'y arrive qu'à l'instant t = 38 s = 0,375 s.

  8. L'écart entre ces deux instants vaut 381140 = 15401140 = 440 = 0,1 s. À 200 m/s, l'avion n° 2 parcourt 200 × 0,1 = 20 m pendant ce dixième de seconde : à l'instant 0,375 s, il se trouve en (12 ; 75 ; −16), soit à 20 m du point d'intersection où arrive l'avion n° 1. Les deux avions ne sont jamais au même endroit au même instant : ils ne risquent pas de se percuter.