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Sujet officiel · session 2024

Bac de maths 2024 — Centres étrangers · 6 juin

Le sujet tel qu'il a été donné, sa transcription, et le corrigé complet de ses 4 exercices.

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Sujet publié par le ministère de l'Éducation nationale — PDF d'origine. Transcription et correction rédigées par MathBooster.

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Énoncé et corrigé, exercice par exercice

L'énoncé transcrit à gauche, notre correction en face. Chaque étape nomme la propriété utilisée ; ces corrections sont rédigées par MathBooster, puis vérifiées calcul par calcul.

Énoncé Exercice 1 Combinatoire et dénombrement Moyen

Tirages de trois jetons avec remise

Un sac opaque contient huit jetons numérotés de 1 à 8, indiscernables au toucher. À trois reprises, un joueur pioche un jeton dans ce sac, note son numéro, puis le remet dans le sac.

Dans ce contexte, on appelle « tirage » la liste ordonnée des trois numéros obtenus. Par exemple, si le joueur pioche le jeton numéro 4, puis le jeton numéro 5, puis le jeton numéro 1, alors le tirage correspondant est (4 ; 5 ; 1).

1. Déterminer le nombre de tirages possibles.

2. a. Déterminer le nombre de tirages sans répétition de numéro.

b. En déduire le nombre de tirages contenant au moins une répétition de numéro.

On note X₁ la variable aléatoire égale au numéro du premier jeton pioché, X₂ celle égale au numéro du deuxième jeton pioché et X₃ celle égale au numéro du troisième jeton pioché. Puisqu'il s'agit d'un tirage avec remise, les variables aléatoires X₁, X₂ et X₃ sont indépendantes et suivent la même loi de probabilité.

3. Établir la loi de probabilité de la variable aléatoire X₁.

4. Déterminer l'espérance de la variable aléatoire X₁.

On note S = X₁ + X₂ + X₃ la variable aléatoire égale à la somme des numéros des trois jetons piochés.

5. Déterminer l'espérance de la variable aléatoire S.

6. Déterminer P(S = 24).

7. Si un joueur obtient une somme supérieure ou égale à 22, alors il gagne un lot.

a. Justifier qu'il existe exactement 10 tirages permettant de gagner un lot.

b. En déduire la probabilité de gagner un lot.

Voir la correction

Corrigé Exercice 1 Tirages de trois jetons avec remise Revoir l'énoncé
  1. 1 : un tirage est la liste ordonnée des trois numéros obtenus, et le jeton est remis à chaque fois : c'est donc un 3-uplet d'éléments de l'ensemble {1 ; 2 ; … ; 8}, les répétitions étant permises. À chacune des trois piochées on dispose des mêmes 8 jetons, donc par le principe multiplicatif il y a 8 × 8 × 8 = 8³ = 512 tirages possibles.

  2. 2.a : un tirage sans répétition revient à un tirage sans remise : 8 choix pour le premier numéro, puis 7 pour le deuxième (différent du premier), puis 6 pour le troisième (différent des deux premiers). Il y a donc 8 × 7 × 6 = 336 tirages sans répétition de numéro — ce sont les arrangements de 3 éléments parmi 8.

  3. 2.b : l'ensemble des tirages se partage en deux parties disjointes : ceux qui n'ont aucune répétition et ceux qui en ont au moins une. Par passage au complémentaire, le nombre cherché est 512 − 336 = 176 tirages contenant au moins une répétition de numéro.

  4. 3 : le sac est opaque et les jetons indiscernables au toucher : chaque jeton a la même chance d'être pioché, on est en situation d'équiprobabilité. La variable X₁ suit donc la loi uniforme sur {1 ; 2 ; … ; 8} : P(X₁ = k) = 18 pour chaque entier k de 1 à 8. Contrôle : la somme des huit probabilités vaut 8 × 18 = 1.

  5. 4 : par définition de l'espérance, E(X₁) = 1 × P(X₁ = 1) + 2 × P(X₁ = 2) + … + 8 × P(X₁ = 8) = (1 + 2 + … + 8) × 18. La somme des huit premiers entiers vaut 8 × 9 ÷ 2 = 36, donc E(X₁) = 368 = 4,5. Le numéro pioché vaut donc 4,5 en moyenne.

  6. 5 : l'espérance est linéaire, donc E(S) = E(X₁ + X₂ + X₃) = E(X₁) + E(X₂) + E(X₃) (cette propriété ne demande pas l'indépendance). Les trois variables suivant la même loi, E(S) = 3 × E(X₁) = 3 × 4,5 = 13,5 : la somme des trois numéros vaut 13,5 en moyenne.

  7. 6 : la somme maximale possible est 8 + 8 + 8 = 24, donc l'événement (S = 24) n'est réalisé que par le seul tirage (8 ; 8 ; 8). Les 512 tirages étant équiprobables, P(S = 24) = 1512 ≈ 0,002. On retrouve ce résultat par indépendance de X₁, X₂ et X₃ : P(X₁ = 8) × P(X₂ = 8) × P(X₃ = 8) = (18)³ = 1512.

  8. 7.a : gagner un lot, c'est réaliser S = 22, S = 23 ou S = 24, trois cas incompatibles que l'on dénombre séparément. S = 24 : seule décomposition 8 + 8 + 8, soit 1 tirage. S = 23 : seule décomposition 8 + 8 + 7 ; les deux numéros identiques se placent de 3 façons dans le triplet, soit 3 tirages, à savoir (7 ; 8 ; 8), (8 ; 7 ; 8) et (8 ; 8 ; 7). S = 22 : deux décompositions, 8 + 8 + 6 et 8 + 7 + 7, chacune donnant de même 3 tirages, soit 6 tirages. Au total 1 + 3 + 6 = 10 tirages permettent de gagner un lot.

  9. 7.b : les 512 tirages sont équiprobables et 10 d'entre eux sont favorables, donc la probabilité de gagner un lot vaut 10512 = 5256 ≈ 0,0195. Le joueur a donc environ 2 chances sur 100 de gagner un lot.

Énoncé Exercice 2 Fonction exponentielle Difficile

Étude de f(x) = eˣ ÷ (x − 1)

On considère la fonction f définie sur l'intervalle ]−∞ ; 1[ par f(x) = eˣ ÷ (x − 1). On admet que f est dérivable sur ]−∞ ; 1[. On appelle C sa courbe représentative dans un repère.

1. a. Déterminer la limite de la fonction f en 1.

b. En déduire une interprétation graphique.

2. Déterminer la limite de la fonction f en −∞.

3. a. Montrer que pour tout réel x de l'intervalle ]−∞ ; 1[, on a f ′(x) = (x − 2)eˣ ÷ (x − 1)².

b. Dresser, en justifiant, le tableau de variations de la fonction f sur l'intervalle ]−∞ ; 1[.

4. On admet que pour tout réel x de l'intervalle ]−∞ ; 1[, on a f ′′(x) = (x² − 4x + 5)eˣ ÷ (x − 1)³.

a. Étudier la convexité de la fonction f sur l'intervalle ]−∞ ; 1[.

b. Déterminer l'équation réduite de la tangente T à la courbe C au point d'abscisse 0.

c. En déduire que, pour tout réel x de l'intervalle ]−∞ ; 1[, on a : eˣ ⩾ (−2x − 1)(x − 1).

5. a. Justifier que l'équation f(x) = −2 admet une unique solution α sur l'intervalle ]−∞ ; 1[.

b. À l'aide de la calculatrice, déterminer un encadrement de α d'amplitude 10⁻².

Voir la correction

Corrigé Exercice 2 Étude de f(x) = eˣ ÷ (x − 1) Revoir l'énoncé
  1. 1.a : on fait tendre x vers 1 en restant dans ]−∞ ; 1[, donc par valeurs strictement inférieures. Par continuité de la fonction exponentielle, le numérateur eˣ tend vers e¹ = e ≈ 2,72 > 0 ; le dénominateur x − 1 tend vers 0 tout en restant strictement négatif, ce qu'on note 0⁻. Par quotient d'une limite strictement positive par une limite nulle négative : lim f(x) = −∞ quand x → 1 avec x < 1.

  2. 1.b : une limite infinie en une valeur finie se traduit graphiquement par une asymptote verticale. La droite d'équation x = 1 est donc asymptote verticale à la courbe C.

  3. 2 : quand x → −∞, on a eˣ → 0 (limite de référence de l'exponentielle) et x − 1 → −∞. Le quotient d'une quantité tendant vers 0 par une quantité tendant vers −∞ tend vers 0, donc lim f(x) = 0 quand x → −∞. Comme eˣ > 0 et x − 1 < 0, la courbe reste sous l'axe des abscisses : la droite d'équation y = 0 est asymptote horizontale à C en −∞.

  4. 3.a : f s'écrit uv avec u(x) = eˣ, u′(x) = eˣ, v(x) = x − 1, v′(x) = 1, le dénominateur ne s'annulant pas sur ]−∞ ; 1[. La formule de dérivation d'un quotient, (uv)′ = u′v − uv′v², donne f ′(x) = [eˣ × (x − 1) − eˣ × 1] ÷ (x − 1)². On factorise eˣ au numérateur : eˣ(x − 1 − 1) = (x − 2)eˣ. D'où f ′(x) = (x − 2)eˣ ÷ (x − 1)².

  5. 3.b : sur ]−∞ ; 1[, eˣ > 0 (l'exponentielle est strictement positive) et (x − 1)² > 0 (carré non nul), donc f ′(x) est du même signe que x − 2. Or x < 1 < 2, donc x − 2 < 0 et par conséquent f ′(x) < 0 sur tout l'intervalle. La fonction f est donc strictement décroissante sur ]−∞ ; 1[ : dans le tableau de variations, f ′ porte le signe − et f décroît de 0 (limite en −∞, valeur non atteinte) jusqu'à −∞ (limite en 1).

  6. 4.a : la convexité se lit sur le signe de f ′′. Le trinôme x² − 4x + 5 a pour discriminant Δ = (−4)² − 4 × 1 × 5 = 16 − 20 = −4 < 0 ; comme le coefficient de x² est positif, ce trinôme est strictement positif pour tout réel x (on peut aussi écrire x² − 4x + 5 = (x − 2)² + 1 ⩾ 1). De plus eˣ > 0, et puisque x − 1 < 0 sur l'intervalle, (x − 1)³ < 0 (un cube conserve le signe). Le quotient d'un nombre positif par un nombre négatif est négatif : f ′′(x) < 0 sur ]−∞ ; 1[, donc la fonction f est concave sur ]−∞ ; 1[.

  7. 4.b : la tangente au point d'abscisse a a pour équation y = f ′(a)(x − a) + f(a), ici avec a = 0. On calcule f(0) = e⁰ ÷ (0 − 1) = 1−1 = −1 et f ′(0) = (0 − 2)e⁰ ÷ (0 − 1)² = −2 × 11 = −2. L'équation réduite de la tangente T est donc y = −2x − 1.

  8. 4.c : une fonction concave a sa courbe située en dessous de chacune de ses tangentes. Comme f est concave sur ]−∞ ; 1[ d'après 4.a, on a pour tout x de cet intervalle f(x) ⩽ −2x − 1, c'est-à-dire eˣ ÷ (x − 1) ⩽ −2x − 1. On multiplie les deux membres par x − 1, qui est strictement négatif sur ]−∞ ; 1[ : l'inégalité change de sens, et on obtient eˣ ⩾ (−2x − 1)(x − 1) pour tout réel x de ]−∞ ; 1[.

  9. 5.a : f est dérivable donc continue sur ]−∞ ; 1[, et strictement décroissante d'après 3.b. Ses limites aux bornes valent 0 en −∞ et −∞ en 1, donc f réalise une bijection de ]−∞ ; 1[ sur l'intervalle ]−∞ ; 0[. Comme −2 appartient à ]−∞ ; 0[, le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires appliqué aux fonctions strictement monotones garantit que l'équation f(x) = −2 admet une unique solution α dans ]−∞ ; 1[.

  10. 5.b : on sait déjà que f(0) = −1 > −2 et que f décroît, donc α se situe entre 0 et 1. Par balayage à la calculatrice : f(0,31) ≈ −1,98, valeur supérieure à −2, et f(0,32) ≈ −2,03, valeur inférieure à −2. La décroissance de f donne alors l'encadrement 0,31 < α < 0,32, d'amplitude 0,01 = 10⁻² comme demandé.

Énoncé Exercice 3 Géométrie dans l'espace Moyen

Pyramide dans un cube

Le cube ABCDEFGH a pour arête 1 cm. Le point I est le milieu du segment [AB] et le point J est le milieu du segment [CG]. [Figure : cube ABCDEFGH, face inférieure ABCD et face supérieure EFGH, avec I milieu de [AB] et J milieu de [CG].]

On se place dans le repère orthonormé (A ; AB, AD, AE).

1. Donner les coordonnées des points I et J.

2. Montrer que le vecteur EJ est normal au plan (FHI).

3. Montrer qu'une équation cartésienne du plan (FHI) est −2x − 2y + z + 1 = 0.

4. Déterminer une représentation paramétrique de la droite (EJ).

5. a. On note K le projeté orthogonal du point E sur le plan (FHI). Calculer ses coordonnées.

b. Montrer que le volume de la pyramide EFHI est 16 cm³. On pourra utiliser le point L, milieu du segment [EF]. On admet que ce point est le projeté orthogonal du point I sur le plan (EFH).

c. Déduire des deux questions précédentes l'aire du triangle FHI.

Voir la correction

Corrigé Exercice 3 Pyramide dans un cube Revoir l'énoncé
  1. 1 : dans le repère (A ; AB, AD, AE), les sommets du cube ont pour coordonnées A(0 ; 0 ; 0), B(1 ; 0 ; 0), C(1 ; 1 ; 0), D(0 ; 1 ; 0), E(0 ; 0 ; 1), F(1 ; 0 ; 1), G(1 ; 1 ; 1) et H(0 ; 1 ; 1). Les coordonnées d'un milieu sont les moyennes de celles des extrémités : I, milieu de [AB], a pour coordonnées I(12 ; 0 ; 0), et J, milieu de [CG], a pour coordonnées J(1 ; 1 ; 12).

  2. 2 : on calcule EJ = (1 − 0 ; 1 − 0 ; 12 − 1), soit EJ(1 ; 1 ; −12). On choisit ensuite deux vecteurs du plan (FHI) : FH(0 − 1 ; 1 − 0 ; 1 − 1) = (−1 ; 1 ; 0) et FI(12 − 1 ; 0 − 0 ; 0 − 1) = (−12 ; 0 ; −1). Produits scalaires en repère orthonormé : EJ · FH = 1 × (−1) + 1 × 1 + (−12) × 0 = 0 et EJ · FI = 1 × (−12) + 1 × 0 + (−12) × (−1) = −12 + 12 = 0. Les vecteurs FH et FI ne sont pas colinéaires (leurs coordonnées ne sont pas proportionnelles, la troisième de FH est nulle et pas celle de FI), donc EJ est orthogonal à deux vecteurs non colinéaires du plan (FHI) : il est normal à ce plan.

  3. 3 : si un vecteur n(a ; b ; c) est normal à un plan, ce plan admet une équation cartésienne de la forme ax + by + cz + d = 0. Pour éviter les fractions, on prend n = −2 EJ, soit n(−2 ; −2 ; 1), qui est colinéaire à EJ donc normal lui aussi à (FHI). Le plan a donc une équation −2x − 2y + z + d = 0. On détermine d en écrivant que F(1 ; 0 ; 1) appartient au plan : −2 × 1 − 2 × 0 + 1 + d = 0, soit −1 + d = 0, donc d = 1. Une équation cartésienne du plan (FHI) est −2x − 2y + z + 1 = 0. Vérification avec H(0 ; 1 ; 1) : 0 − 2 + 1 + 1 = 0, et avec I(12 ; 0 ; 0) : −1 + 0 + 0 + 1 = 0.

  4. 4 : la droite (EJ) passe par E(0 ; 0 ; 1) et admet EJ(1 ; 1 ; −12) pour vecteur directeur. Une représentation paramétrique s'obtient en écrivant les coordonnées d'un point courant, x = xE + t × 1, y = yE + t × 1, z = zE + t × (−12) : x = t ; y = t ; z = 1 − t2, avec t ∈ ℝ.

  5. 5.a : puisque EJ est normal au plan (FHI), la droite (EJ) est perpendiculaire à ce plan ; le projeté orthogonal K de E sur (FHI) est donc le point d'intersection de la droite (EJ) et du plan. On reporte les coordonnées d'un point de (EJ) dans l'équation du plan : −2t − 2t + (1 − t2) + 1 = 0, soit −4t − t2 + 2 = 0, c'est-à-dire −(92)t = −2, donc t = 49. On remplace dans la représentation paramétrique : K(49 ; 49 ; 1 − (12) × 49), soit K(49 ; 49 ; 79).

  6. 5.b : le volume d'une pyramide vaut V = (13) × B × h, où B est l'aire d'une base et h la hauteur associée. On choisit comme base le triangle EFH, contenu dans la face supérieure EFGH (plan d'équation z = 1). Comme EF(1 ; 0 ; 0) et EH(0 ; 1 ; 0) sont orthogonaux et de norme 1, le triangle EFH est rectangle isocèle en E, d'aire B = EF × EH2 = 1 × 12 = 12 cm². La hauteur associée est la distance du sommet I au plan (EFH) : l'énoncé admet que le projeté orthogonal de I sur ce plan est L(12 ; 0 ; 1), milieu de [EF], et comme I(12 ; 0 ; 0) on obtient IL = 0² + 0² + 1² = 1 cm. Donc V = (13) × (12) × 1 = 16 cm³.

  7. 5.c : on recalcule le même volume en prenant cette fois FHI comme base ; la hauteur correspondante est la distance de E au plan (FHI), c'est-à-dire EK, puisque K est le projeté orthogonal de E sur ce plan. Or EK = (49 − 0 ; 49 − 0 ; 79 − 1) = (49 ; 49 ; −29), donc EK = 1681 + 1681 + 481 = 3681 = 69 = 23 cm. L'égalité des deux expressions du volume donne (13) × aire(FHI) × (23) = 16, soit aire(FHI) × (29) = 16, d'où aire(FHI) = (16) × (92) = 34. L'aire du triangle FHI vaut donc 34 cm², soit 0,75 cm².

Énoncé Exercice 4 Suites numériques Moyen

Suite convergent vers le nombre d'or

Partie A

On considère la fonction f définie sur l'intervalle [0 ; +∞[ par f(x) = x + 1. On admet que cette fonction est dérivable sur ce même intervalle.

1. Démontrer que la fonction f est croissante sur l'intervalle [0 ; +∞[.

2. Démontrer que pour tout nombre réel x appartenant à l'intervalle [0 ; +∞[ : f(x) − x = (−x² + x + 1) ÷ (x + 1 + x).

3. En déduire que sur l'intervalle [0 ; +∞[ l'équation f(x) = x admet pour unique solution : ℓ = (1 + 5) ÷ 2.

Partie B

On considère la suite (uₙ) définie par u₀ = 5 et, pour tout entier naturel n, par uₙ₊₁ = f(uₙ) où f est la fonction étudiée dans la partie A. On admet que la suite de terme général uₙ est bien définie pour tout entier naturel n.

1. Démontrer par récurrence que pour tout entier naturel n, on a 1 ⩽ uₙ₊₁ ⩽ uₙ.

2. En déduire que la suite (uₙ) converge.

3. Démontrer que la suite (uₙ) converge vers ℓ = (1 + 5) ÷ 2.

4. On considère le script Python ci-dessous :

from math import *

def seuil(n):

u = 5

i = 0

ℓ = 1 + sqrt(5)2

while abs(u-ℓ) >= 10**(-n):

u = sqrt(u+1)

i = i+1

return(i)

On rappelle que la commande abs(x) renvoie la valeur absolue de x.

a. Donner la valeur renvoyée par seuil(2).

b. La valeur renvoyée par seuil(4) est 9. Interpréter cette valeur dans le contexte de l'exercice.

Voir la correction

Corrigé Exercice 4 Suite convergent vers le nombre d'or Revoir l'énoncé
  1. Partie A1.

    f est de la forme u avec u(x) = x + 1, u′(x) = 1, et u(x) = x + 1 ⩾ 1 > 0 sur [0 ; +∞[. La dérivée de u vaut u′ ÷ (2u), donc f ′(x) = 1 ÷ (2x + 1). Le dénominateur est strictement positif, donc f ′(x) > 0 sur [0 ; +∞[ : la fonction f est strictement croissante sur [0 ; +∞[.

  2. 2.

    on part de f(x) − x = x + 1 − x et on multiplie numérateur et dénominateur par la quantité conjuguée x + 1 + x, qui est non nulle pour x ⩾ 0. On obtient f(x) − x = [(x + 1 − x)(x + 1 + x)] ÷ (x + 1 + x). Le numérateur est de la forme (a − b)(a + b) = a² − b², soit (x + 1)² − x² = (x + 1) − x². D'où, pour tout x de [0 ; +∞[, f(x) − x = (−x² + x + 1) ÷ (x + 1 + x).

  3. 3.

    sur [0 ; +∞[, le dénominateur x + 1 + x est strictement positif (somme d'un terme au moins égal à 1 et d'un terme positif), donc il ne s'annule jamais. Un quotient est nul si et seulement si son numérateur est nul : f(x) = x ⇔ f(x) − x = 0 ⇔ −x² + x + 1 = 0 ⇔ x² − x − 1 = 0. Le discriminant vaut Δ = (−1)² − 4 × 1 × (−1) = 1 + 4 = 5 > 0, d'où deux racines : 1 − 52 ≈ −0,618, qui n'appartient pas à [0 ; +∞[, et 1 + 52 ≈ 1,618. L'équation f(x) = x admet donc sur [0 ; +∞[ l'unique solution ℓ = 1 + 52, connue sous le nom de nombre d'or.

  4. Partie B1.

    on démontre par récurrence la propriété Pₙ : 1 ⩽ uₙ₊₁ ⩽ uₙ. Initialisation : u₀ = 5 et u₁ = f(u₀) = 5 + 1 = 6 ≈ 2,45, donc 1 ⩽ u₁ ⩽ u₀ et P₀ est vraie. Hérédité : supposons Pₙ vraie pour un entier naturel n, soit 1 ⩽ uₙ₊₁ ⩽ uₙ. La fonction f est croissante sur [0 ; +∞[ d'après la partie A, donc elle conserve l'ordre : f(1) ⩽ f(uₙ₊₁) ⩽ f(uₙ), c'est-à-dire 2 ⩽ uₙ₊₂ ⩽ uₙ₊₁. Comme 2 ≈ 1,41 ⩾ 1, on en déduit 1 ⩽ uₙ₊₂ ⩽ uₙ₊₁ : Pₙ₊₁ est vraie. Conclusion : d'après le principe de récurrence, 1 ⩽ uₙ₊₁ ⩽ uₙ pour tout entier naturel n.

  5. 2.

    l'encadrement précédent fournit deux informations. D'une part uₙ₊₁ ⩽ uₙ pour tout n, donc la suite (uₙ) est décroissante ; d'autre part uₙ ⩾ 1 pour tout n (c'est vrai pour u₀ = 5 comme pour les termes suivants), donc la suite est minorée par 1. D'après le théorème de la convergence monotone, toute suite décroissante et minorée converge : la suite (uₙ) converge vers un réel ℓ′ ⩾ 1.

  6. 3.

    la suite est définie par la relation de récurrence uₙ₊₁ = f(uₙ), où f est dérivable donc continue sur [0 ; +∞[, intervalle qui contient la limite ℓ′. En passant à la limite dans les deux membres de uₙ₊₁ = f(uₙ), la continuité de f donne ℓ′ = f(ℓ′) : la limite est nécessairement une solution de l'équation f(x) = x sur [0 ; +∞[. Or, d'après la question A.3, cette équation admet pour unique solution 1 + 52. La suite (uₙ) converge donc vers ℓ = 1 + 52 ≈ 1,618.

  7. 4.a.

    la variable u contient successivement u₀, u₁, u₂, … et i l'indice correspondant ; la boucle while tourne tant que |u − ℓ| ⩾ 10⁻², donc la fonction renvoie l'indice du premier terme dont la distance à ℓ est strictement inférieure à 10⁻². À la calculatrice, avec ℓ ≈ 1,6180 : u₁ = 6 ≈ 2,4495 ; u₂ ≈ 1,8573 ; u₃ ≈ 1,6903 ; u₄ ≈ 1,6402 avec |u₄ − ℓ| ≈ 0,022 ⩾ 10⁻², la boucle continue donc ; puis u₅ ≈ 1,6249 avec |u₅ − ℓ| ≈ 0,0068 < 10⁻², la boucle s'arrête. La valeur renvoyée par seuil(2) est donc 5.

  8. 4.b.

    seuil(4) renvoie 9 signifie que u₉ est le premier terme de la suite dont la distance au nombre d'or est strictement inférieure à 10⁻⁴ : il faut 9 itérations à partir de u₀ = 5 pour obtenir une valeur approchée de ℓ = 1 + 52 à 10⁻⁴ près. Comme la suite décroît vers ℓ, tous ses termes sont supérieurs à ℓ et, à partir du rang 9, chacun en est une valeur approchée par excès à 10⁻⁴ près.