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Sujet officiel · session 2024

Bac de maths 2024 — Asie · 11 juin

Le sujet tel qu'il a été donné, sa transcription, et le corrigé complet de ses 4 exercices.

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Sujet publié par le ministère de l'Éducation nationale — PDF d'origine. Transcription et correction rédigées par MathBooster.

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Énoncé et corrigé, exercice par exercice

L'énoncé transcrit à gauche, notre correction en face. Chaque étape nomme la propriété utilisée ; ces corrections sont rédigées par MathBooster, puis vérifiées calcul par calcul.

Énoncé Exercice 1 Fonction logarithme Moyen

Suite récurrente et fonction logarithme

On considère la fonction f définie sur ]0 ; +∞[ par f(x) = x² − x ln(x).

On admet que f est deux fois dérivable sur ]0 ; +∞[. On note f′ la dérivée de f et f′′ la dérivée de f′.

Partie A Étude de la fonction f

1. Déterminer les limites de la fonction f en 0 et en +∞.

2. Pour tout réel x strictement positif, calculer f′(x).

3. Montrer que pour tout réel x strictement positif : f′′(x) = 2x − 1x.

4. Étudier les variations de la fonction f′ sur ]0 ; +∞[, puis dresser le tableau des variations de f′ sur ]0 ; +∞[. On veillera à faire apparaître la valeur exacte de l'extremum de f′ sur ]0 ; +∞[. Les limites de f′ aux bornes de l'intervalle de définition ne sont pas attendues.

5. Montrer que la fonction f est strictement croissante sur ]0 ; +∞[.

Partie B Étude d'une fonction auxiliaire pour la résolution de l'équation f(x) = x

On considère dans cette partie la fonction g définie sur ]0 ; +∞[ par g(x) = x − ln(x).

On admet que g est dérivable sur ]0 ; +∞[ ; on note g′ sa dérivée.

1. Pour tout réel x strictement positif, calculer g′(x), puis dresser le tableau des variations de g. Les limites de g aux bornes de l'intervalle de définition ne sont pas attendues.

2. On admet que 1 est l'unique solution de l'équation g(x) = 1. Résoudre, sur ]0 ; +∞[, l'équation f(x) = x.

Partie C Étude d'une suite récurrente

On considère la suite (uₙ) définie par u₀ = 12 et, pour tout entier naturel n, uₙ₊₁ = f(uₙ) = uₙ² − uₙ ln(uₙ).

1. Montrer par récurrence que pour tout entier naturel n : 12 ≤ uₙ ≤ uₙ₊₁ ≤ 1.

2. Justifier que la suite (uₙ) converge.

On appelle ℓ la limite de la suite (uₙ) et on admet que ℓ vérifie f(ℓ) = ℓ.

3. Déterminer la valeur de ℓ.

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Corrigé Exercice 1 Suite récurrente et fonction logarithme Revoir l'énoncé
  1. Partie A

    , question 1 — Limites. En 0 : lim x² = 0 et, par croissances comparées, lim x ln(x) = 0 quand x → 0⁺. Par limite d'une différence, lim f(x) = 0 quand x → 0⁺. En +∞ : on factorise par le terme dominant, f(x) = x²(1 − ln(x)x). Par croissances comparées ln(x)x → 0, donc la parenthèse tend vers 1 ; comme x² → +∞, le produit donne lim f(x) = +∞ quand x → +∞.

  2. Questions 2 et 3 — Dérivées. On dérive le produit x ln(x) avec la formule (uv)′ = u′v + uv′ : (x ln(x))′ = 1 × ln(x) + x × 1x = ln(x) + 1. D'où f′(x) = 2x − ln(x) − 1. En dérivant à nouveau : f′′(x) = 2 − 1x, que l'on met au même dénominateur pour obtenir f′′(x) = 2x − 1x, l'expression demandée.

  3. Question 4

    Variations de f′. Sur ]0 ; +∞[ le dénominateur x est strictement positif, donc f′′(x) est du signe de 2x − 1 : négatif sur ]0 ; 12[, nul en 12, positif sur ]12 ; +∞[. La fonction f′ est donc strictement décroissante sur ]0 ; 12], puis strictement croissante sur [12 ; +∞[ ; elle admet un minimum en x = 12. Valeur exacte de cet extremum : f′(12) = 2 × 12 − ln(12) − 1 = 1 + ln(2) − 1 = ln(2), car ln(12) = −ln(2).

  4. Question 5

    Sens de variation de f. Le minimum de f′ sur ]0 ; +∞[ vaut ln(2) ≈ 0,69 : ainsi, pour tout x > 0, f′(x) ≥ ln(2) > 0. La dérivée de f est strictement positive sur l'intervalle, donc f est strictement croissante sur ]0 ; +∞[.

  5. Partie B

    , question 1 — g′(x) = 1 − 1x = x − 1x. Comme x > 0, g′(x) est du signe de x − 1 : négatif sur ]0 ; 1[, nul en 1, positif sur ]1 ; +∞[. La fonction g est donc décroissante sur ]0 ; 1] puis croissante sur [1 ; +∞[, avec pour minimum g(1) = 1 − ln(1) = 1.

  6. Question 2

    Résolution de f(x) = x. f(x) = x ⟺ x² − x ln(x) − x = 0 ⟺ x(x − ln(x) − 1) = 0 (on factorise par x). Un produit est nul si l'un de ses facteurs l'est ; or x > 0 donc x ≠ 0, il reste x − ln(x) − 1 = 0, soit x − ln(x) = 1, c'est-à-dire g(x) = 1. L'énoncé admet que 1 est l'unique solution de cette équation : sur ]0 ; +∞[, l'équation f(x) = x a donc pour unique solution x = 1.

  7. Partie C

    , question 1, initialisation. Au rang 0 : u₀ = 12 et u₁ = f(12) = (12)² − (12)ln(12) = 14 + ln(2)2 ≈ 0,597. On a bien 1212 ≤ 0,597 ≤ 1, donc 12 ≤ u₀ ≤ u₁ ≤ 1 : la propriété est vraie au rang 0.

  8. Hérédité. Soit n ∈ ℕ. Supposons la propriété vraie pour cet entier n : 12 ≤ uₙ ≤ uₙ₊₁ ≤ 1. La fonction f est strictement croissante sur ]0 ; +∞[ (Partie A), donc elle conserve l'ordre : f(12) ≤ f(uₙ) ≤ f(uₙ₊₁) ≤ f(1). Or f(uₙ) = uₙ₊₁ et f(uₙ₊₁) = uₙ₊₂ par définition de la suite, f(12) ≈ 0,597 ≥ 12 et f(1) = 1² − 1 × ln(1) = 1. On obtient donc 12 ≤ uₙ₊₁ ≤ uₙ₊₂ ≤ 1 : la propriété est vraie au rang n + 1. Conclusion. La propriété est vraie au rang 0 et se transmet d'un rang au suivant ; le principe de récurrence donne alors, pour tout n ∈ ℕ : 12 ≤ uₙ ≤ uₙ₊₁ ≤ 1.

  9. Question 2

    Convergence. L'encadrement démontré donne deux informations : uₙ ≤ uₙ₊₁ pour tout n, donc la suite (uₙ) est croissante ; et uₙ ≤ 1 pour tout n, donc elle est majorée par 1. D'après le théorème de la convergence monotone, toute suite croissante et majorée converge : (uₙ) converge vers une limite ℓ, avec 12 ≤ ℓ ≤ 1.

  10. Question 3

    Valeur de la limite. On admet que ℓ vérifie f(ℓ) = ℓ, et ℓ appartient à ]0 ; +∞[. D'après la question 2 de la Partie B, la seule solution de l'équation f(x) = x sur ]0 ; +∞[ est 1. La suite (uₙ) converge donc vers ℓ = 1.

Énoncé Exercice 2 Probabilités conditionnelles Moyen

Chaîne de probabilités

Léa passe une bonne partie de ses journées à jouer à un jeu vidéo et s'intéresse aux chances de victoire de ses prochaines parties.

Elle estime que si elle vient de gagner une partie, elle gagne la suivante dans 70 % des cas.

Si elle vient de subir une défaite, la probabilité qu'elle gagne la suivante est de 0,2.

Elle pense avoir autant de chance de gagner la première partie que de la perdre.

Pour tout entier naturel n non nul, on définit les événements :

— Gₙ : « Léa gagne la n-ième partie de la journée » ;

— Dₙ : « Léa perd la n-ième partie de la journée ».

On note gₙ la probabilité de l'événement Gₙ. On a donc g₁ = 0,5.

1. Quelle est la valeur de la probabilité conditionnelle PG₁(D₂) ?

2. Recopier et compléter l'arbre des probabilités qui modélise la situation pour les deux premières parties de la journée : [arbre pondéré : G₁0,5D₁(0,5), puis depuis G₁ : G₂0,7D₂(0,3), depuis D₁ : G₂0,2D₂(0,8).]

3. Calculer g₂.

4. Soit n un entier naturel non nul.

a. Recopier et compléter l'arbre des probabilités qui modélise la situation pour les n-ième et (n+1)-ième parties. [arbre : GₙgₙDₙ(1−gₙ), puis depuis Gₙ : Gₙ₊₁0,7Dₙ₊₁(0,3), depuis Dₙ : Gₙ₊₁0,2Dₙ₊₁(0,8).]

b. Justifier que pour tout entier naturel n non nul, gₙ₊₁ = 0,5 gₙ + 0,2.

5. Pour tout entier naturel n non nul, on pose vₙ = gₙ − 0,4.

a. Montrer que la suite (vₙ) est géométrique. On précisera son premier terme et sa raison.

b. Montrer que, pour tout entier naturel n non nul : gₙ = 0,1 × 0,5ⁿ⁻¹ + 0,4.

6. Étudier les variations de la suite (gₙ).

7. Donner, en justifiant, la limite de la suite (gₙ). Interpréter le résultat.

8. Déterminer, par le calcul, le plus petit entier n tel que gₙ − 0,4 ≤ 0,001.

9. Recopier et compléter les lignes 4, 5 et 6 de la fonction suivante, écrite en langage Python, afin qu'elle renvoie le plus petit rang à partir duquel les termes de la suite (gₙ) sont tous inférieurs ou égaux à 0,4 + e, où e est un nombre réel strictement positif.

def seuil(e):

g = 0.5

n = 1

while ......... :

g = 0.5 * g + 0.2

n = .........

return (n)

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Corrigé Exercice 2 Chaîne de probabilités Revoir l'énoncé
  1. Questions 1 et 2 — Si Léa vient de gagner la première partie, elle gagne la deuxième dans 70 % des cas ; D₂ est l'événement contraire de G₂ sachant G₁, donc PG₁(D₂) = 1 − 0,7 = 0,3. L'arbre se complète ainsi : au premier niveau, G₁ avec 0,5 et D₁ avec 0,5 (Léa a autant de chances de gagner que de perdre la première partie) ; depuis G₁, la branche G₂ porte 0,7 et la branche D₂ porte 0,3 ; depuis D₁, la branche G₂ porte 0,2 et la branche D₂ porte 0,8.

  2. Question 3

    Les événements G₁ et D₁ forment une partition de l'univers (Léa gagne ou perd la première partie). D'après la formule des probabilités totales : g₂ = P(G₂) = P(G₁ ∩ G₂) + P(D₁ ∩ G₂) = P(G₁) × PG₁(G₂) + P(D₁) × PD₁(G₂) = 0,5 × 0,7 + 0,5 × 0,2 = 0,35 + 0,10 = 0,45. Léa a 45 % de chances de gagner la deuxième partie.

  3. Question 4a — Au rang n, le premier niveau de l'arbre porte Gₙ avec la probabilité gₙ et Dₙ avec la probabilité 1 − gₙ (événements contraires). Les probabilités conditionnelles ne dépendent pas du rang : depuis Gₙ, 0,7 vers Gₙ₊₁ et 0,3 vers Dₙ₊₁ ; depuis Dₙ, 0,2 vers Gₙ₊₁ et 0,8 vers Dₙ₊₁.

  4. Question 4b — Gₙ et Dₙ forment une partition de l'univers, donc la formule des probabilités totales donne : gₙ₊₁ = P(Gₙ₊₁) = P(Gₙ ∩ Gₙ₊₁) + P(Dₙ ∩ Gₙ₊₁) = gₙ × 0,7 + (1 − gₙ) × 0,2 = 0,7gₙ + 0,2 − 0,2gₙ = 0,5gₙ + 0,2, ce qu'il fallait démontrer.

  5. Question 5a — Pour tout n ≥ 1 : vₙ₊₁ = gₙ₊₁ − 0,4 = (0,5gₙ + 0,2) − 0,4 = 0,5gₙ − 0,2 = 0,5(gₙ − 0,4) = 0,5 vₙ, en factorisant par 0,5. On passe d'un terme au suivant en multipliant par un nombre constant : la suite (vₙ) est géométrique de raison q = 0,5 et de premier terme v₁ = g₁ − 0,4 = 0,5 − 0,4 = 0,1.

  6. Question 5b — Terme général d'une suite géométrique de premier terme v₁ : vₙ = v₁ × qⁿ⁻¹ = 0,1 × 0,5ⁿ⁻¹. Comme vₙ = gₙ − 0,4, on a gₙ = vₙ + 0,4, d'où pour tout entier naturel n non nul : gₙ = 0,1 × 0,5ⁿ⁻¹ + 0,4.

  7. Question 6

    On étudie le signe de la différence de deux termes consécutifs : gₙ₊₁ − gₙ = (0,1 × 0,5ⁿ + 0,4) − (0,1 × 0,5ⁿ⁻¹ + 0,4) = 0,1 × 0,5ⁿ⁻¹ × (0,5 − 1) = −0,05 × 0,5ⁿ⁻¹. Comme 0,5ⁿ⁻¹ > 0, cette différence est strictement négative : la suite (gₙ) est strictement décroissante. Les chances de victoire de Léa diminuent de partie en partie.

  8. Question 7

    La raison vérifie −1 < 0,5 < 1, donc lim 0,5ⁿ⁻¹ = 0 quand n → +∞. Par limite d'un produit puis d'une somme : lim gₙ = 0,1 × 0 + 0,4 = 0,4. Interprétation : sur le long terme, la probabilité que Léa gagne une partie se stabilise à 0,4, soit environ 40 % de parties gagnées.

  9. Question 8

    gₙ − 0,4 ≤ 0,001 ⟺ 0,1 × 0,5ⁿ⁻¹ ≤ 0,001 ⟺ 0,5ⁿ⁻¹ ≤ 0,01. La fonction ln étant strictement croissante sur ]0 ; +∞[, l'inégalité équivaut à (n − 1)ln(0,5) ≤ ln(0,01). Or ln(0,5) < 0 : en divisant par ln(0,5) on inverse le sens de l'inégalité, d'où n − 1 ≥ ln(0,01)ln(0,5) = ln(100)ln(2) ≈ 6,64, soit n ≥ 7,64. Le plus petit entier convenable est n = 8. Vérification : g₈ − 0,4 = 0,1 × 0,5⁷ ≈ 0,00078 ≤ 0,001, alors que g₇ − 0,4 = 0,1 × 0,5⁶ ≈ 0,0016 > 0,001.

  10. Question 9

    La boucle doit tourner tant que le seuil n'est pas atteint, et s'arrêter dès que gₙ ≤ 0,4 + e. Ligne 4 : while g > 0.4 + e : ; ligne 5 : g = 0.5 * g + 0.2 (relation de récurrence de la question 4b) ; ligne 6 : n = n + 1 pour compter le rang atteint. La fonction renvoie ainsi le plus petit rang n tel que gₙ ≤ 0,4 + e ; par exemple seuil(0.001) renvoie 8, conformément à la question 8.

Énoncé Exercice 3 Suites numériques Moyen

Quatre affirmations

Pour chacune des affirmations suivantes, indiquer si elle est vraie ou fausse. Chaque réponse doit être justifiée. Une réponse non justifiée ne rapporte aucun point.

1. Soit (uₙ) une suite définie pour tout entier naturel n et vérifiant la relation suivante : pour tout entier naturel n, 12 < uₙ ≤ 3n² + 4n + 76n² + 1.

Affirmation 1 limn→+∞ uₙ = 12.

2. Soit h une fonction définie et dérivable sur l'intervalle [−4 ; 4]. La représentation graphique Ch′ de sa fonction dérivée h′ est donnée ci-dessous.

[Figure non reproduite : dans un repère où l'axe des abscisses est gradué de 1 en 1 de −4 à 4 et l'axe des ordonnées de 2 en 2 de −4 à 10, la courbe Ch′ coupe l'axe des abscisses en x = −4, x = −3 et x = −1, et le touche en x = 3. Elle monte d'abord jusqu'à un maximum local d'environ 2,2 vers x = −3,6, redescend jusqu'à un minimum d'environ −3,3 vers x = −2, remonte en traversant l'axe en x = −1 jusqu'à un maximum d'environ 5,5 vers x = 0,6, puis redescend jusqu'à 0 en x = 3 ; sur [3 ; 4] elle reste au voisinage de l'axe des abscisses et vaut environ −0,5 en x = 4. On lit en particulier h′(−1) = 0, h′(1) ≈ 5 et h′(3) = 0.]

Affirmation 2 La fonction h est convexe sur [−1 ; 3].

3. Le code d'un immeuble est composé de 4 chiffres (qui peuvent être identiques) suivis de deux lettres distinctes parmi A, B et C (exemple : 1232BA).

Affirmation 3 Il existe 20 634 codes qui contiennent au moins un 0.

4. On considère la fonction f définie sur ]0 ; +∞[ par f(x) = x ln x.

Affirmation 4 La fonction f est une solution sur ]0 ; +∞[ de l'équation différentielle x y′ − y = x.

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Corrigé Exercice 3 Quatre affirmations Revoir l'énoncé
  1. Affirmation 1

    VRAIE. L'énoncé ne donne pas uₙ, seulement un encadrement : pour tout entier naturel n, 12 < uₙ ≤ 3n² + 4n + 76n² + 1. C'est la signature du théorème des gendarmes (ou théorème d'encadrement) : il suffit de montrer que les deux bornes ont la même limite. La borne inférieure est la suite constante égale à 12 : une suite constante converge vers cette constante, donc sa limite est 12 ; tout le travail porte donc sur la borne supérieure.

  2. limite de la borne supérieure. Le numérateur et le dénominateur tendent tous deux vers +∞ : c'est une forme indéterminée « ∞/∞ », qu'on lève en factorisant haut et bas par le terme de plus haut degré. Pour tout n ≥ 1 : 3n² + 4n + 76n² + 1 = n²(3 + 4n + 7n²) / [n²(6 + 1n²)] = (3 + 4n + 7n²)/(6 + 1n²), après simplification par n² qui est non nul. Or lim 1n = 0 et lim 1n² = 0 quand n → +∞, donc par limite d'une somme le numérateur tend vers 3 et le dénominateur vers 6, qui n'est pas nul. Par limite d'un quotient, la borne supérieure tend vers 36 = 12.

  3. conclusion. La suite (uₙ) est encadrée par deux suites qui convergent toutes deux vers 12 : d'après le théorème des gendarmes, lim uₙ = 12 quand n → +∞. L'affirmation est donc vraie. Un piège à éviter : l'inégalité de gauche est stricte (12 < uₙ), ce qui pourrait faire croire que la limite est strictement supérieure à 12. Or une inégalité stricte devient large par passage à la limite ; ainsi 1n > 0 pour tout n ≥ 1 alors que lim 1n = 0.

  4. Affirmation 2

    FAUSSE. Propriété de convexité utilisée : une fonction h dérivable sur un intervalle I est convexe sur I si et seulement si sa dérivée h′ est croissante sur I. Comme c'est la courbe de h′ qui est fournie, il suffit de regarder si cette courbe monte sur tout l'intervalle [−1 ; 3].

  5. lecture graphique. Sur [−1 ; 3], la courbe Ch′ part de h′(−1) = 0, monte jusqu'à un maximum d'environ 5,5 atteint vers x = 0,6, puis redescend jusqu'à h′(3) = 0. Un contre-exemple suffit à conclure : 1 < 3 alors que h′(1) ≈ 5 > 0 = h′(3). La fonction h′ n'est donc pas croissante sur [−1 ; 3], et par conséquent h n'y est pas convexe : l'affirmation est fausse. Le graphique montre au contraire que h est convexe seulement jusqu'à l'abscisse du maximum de h′ (environ 0,6) puis concave : ce point est un point d'inflexion de la courbe de h.

  6. Affirmation 3

    VRAIE. On dénombre d'abord tous les codes possibles avec le principe multiplicatif, en traitant séparément les deux parties du code. Les 4 chiffres se choisissent indépendamment les uns des autres parmi 10 chiffres, puisqu'ils peuvent être identiques : 10⁴ = 10 000 possibilités. Les deux lettres doivent être distinctes : 3 choix pour la première (A, B ou C) puis 2 pour la seconde, soit 3 × 2 = 6 possibilités. Au total, il existe 10 000 × 6 = 60 000 codes.

  7. passage à l'événement contraire. Compter directement les codes contenant au moins un 0 obligerait à distinguer les cas selon le nombre de 0 ; il est bien plus rapide de compter ceux qui n'en contiennent aucun, puis de soustraire. Sans aucun 0, chaque chiffre se choisit parmi les 9 chiffres non nuls et la partie « lettres » est inchangée : 9⁴ × 6 = 6 561 × 6 = 39 366 codes. Les codes contenant au moins un 0 sont exactement les codes restants : 60 000 − 39 366 = 20 634. C'est bien le nombre annoncé, l'affirmation est vraie.

  8. Affirmation 4

    VRAIE. Vérifier qu'une fonction est solution d'une équation différentielle consiste à la dériver, puis à la substituer dans l'équation. La fonction f définie par f(x) = x ln x est dérivable sur ]0 ; +∞[ comme produit de deux fonctions dérivables sur cet intervalle. Avec la formule (uv)′ = u′v + uv′, en posant u(x) = x et v(x) = ln x : f′(x) = 1 × ln x + x × 1x = ln x + 1.

  9. substitution. On remplace y par f(x) et y′ par f′(x) dans le membre de gauche de l'équation x y′ − y = x : x f′(x) − f(x) = x(ln x + 1) − x ln x = x ln x + x − x ln x = x. Le membre de gauche vaut donc x pour tout réel x strictement positif, c'est-à-dire exactement le membre de droite : f est bien solution de l'équation différentielle x y′ − y = x sur ]0 ; +∞[, l'affirmation est vraie.

  10. Bilan des quatre réponses. Affirmation 1 : vraie (théorème des gendarmes). Affirmation 2 : fausse (h′ n'est pas croissante sur [−1 ; 3]). Affirmation 3 : vraie (60 000 − 39 366 = 20 634 codes). Affirmation 4 : vraie (x f′(x) − f(x) = x).

Énoncé Exercice 4 Géométrie dans l'espace Moyen

Projeté orthogonal d'un triangle

Dans un repère orthonormé (O ; ı⃗ , ȷ⃗ , k) de l'espace, on considère le plan (P) d'équation 2x + 2y − 3z + 1 = 0.

On considère les trois points A, B et C de coordonnées : A(1 ; 0 ; 1), B(2 ; −1 ; 1) et C(−4 ; −6 ; 5).

Le but de l'exercice est d'étudier le rapport des aires entre un triangle et son projeté orthogonal dans un plan.

Partie A

1. Pour chacun des points A, B et C, vérifier s'il appartient au plan (P).

2. Montrer que le point C′(0 ; −2 ; −1) est le projeté orthogonal du point C sur le plan (P).

3. Déterminer une représentation paramétrique de la droite (AB).

4. On admet l'existence d'un unique point H vérifiant les deux conditions : H ∈ (AB) et (AB) et (HC) sont orthogonaux. Déterminer les coordonnées du point H.

[Figure : triangle ABC et son projeté orthogonal ABC′ dans le plan (P), avec H sur (AB).]

Partie B

On admet que les coordonnées du vecteur HC sont (−112 ; −112 ; 4).

1. Calculer la valeur exacte de ‖HC‖.

2. Soit S l'aire du triangle ABC. Déterminer la valeur exacte de S.

Partie C

On admet que HC′ = 172.

1. Soit α = angle CHC′. Déterminer la valeur de cos(α).

2. a. Montrer que les droites (C′H) et (AB) sont perpendiculaires.

b. Calculer S′ l'aire du triangle ABC′, on donnera la valeur exacte.

c. Donner une relation entre S, S′ et cos(α).

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Corrigé Exercice 4 Projeté orthogonal d'un triangle Revoir l'énoncé
  1. Partie A

    , question 1 — Un point appartient à (P) si ses coordonnées vérifient l'équation 2x + 2y − 3z + 1 = 0. Pour A(1 ; 0 ; 1) : 2×1 + 2×0 − 3×1 + 1 = 2 − 3 + 1 = 0, donc A ∈ (P). Pour B(2 ; −1 ; 1) : 4 − 2 − 3 + 1 = 0, donc B ∈ (P). Pour C(−4 ; −6 ; 5) : −8 − 12 − 15 + 1 = −34 ≠ 0, donc C ∉ (P).

  2. Question 2

    Les coefficients de l'équation donnent un vecteur normal au plan : n(2 ; 2 ; −3). Le vecteur CC′ a pour coordonnées (0 − (−4) ; −2 − (−6) ; −1 − 5) = (4 ; 4 ; −6) = 2n : il est colinéaire à n, donc la droite (CC′) est orthogonale au plan (P). De plus 2×0 + 2×(−2) − 3×(−1) + 1 = −4 + 3 + 1 = 0, donc C′ ∈ (P). C′ est le point de (P) tel que (CC′) est orthogonale à (P) : c'est bien le projeté orthogonal de C sur (P).

  3. Question 3

    La droite (AB) passe par A(1 ; 0 ; 1) et admet pour vecteur directeur AB = (2 − 1 ; −1 − 0 ; 1 − 1) = (1 ; −1 ; 0). Une représentation paramétrique est donc : x = 1 + t, y = −t, z = 1, avec t ∈ ℝ.

  4. Question 4

    Comme H ∈ (AB), il s'écrit H(1 + t ; −t ; 1) pour un certain réel t. Alors HC = (−4 − (1 + t) ; −6 − (−t) ; 5 − 1) = (−5 − t ; t − 6 ; 4). Le repère étant orthonormé, (AB) et (HC) sont orthogonales si et seulement si HC · AB = 0, soit (−5 − t)×1 + (t − 6)×(−1) + 4×0 = −5 − t − t + 6 = 1 − 2t = 0. D'où t = 12 et H(32 ; −12 ; 1). On remarque que H est le milieu de [AB].

  5. Partie B

    , question 1 — Le repère est orthonormé, donc la norme se calcule avec la somme des carrés des coordonnées : ‖HC‖² = (−112)² + (−112)² + 4² = 1214 + 1214 + 16 = 2424 + 16 = 1532. Donc ‖HC‖ = 1532 = 1532 = 317/2 = 334/2 ≈ 8,75.

  6. Question 2

    H est le point de (AB) tel que (CH) est orthogonale à (AB) : c'est donc le pied de la hauteur issue de C dans le triangle ABC. En prenant [AB] pour base, AB = 1² + (−1)² + 0² = 2, et la hauteur associée est HC. D'où S = AB × HC2 = 2 × 334/22 = 368/4 = 3 × 217/4 = 317/2 ≈ 6,19 unités d'aire.

  7. Partie C

    , question 1 — A et B appartiennent à (P), donc la droite (AB) est incluse dans (P) et H, qui est sur (AB), appartient à (P). La droite (CC′) étant orthogonale à (P), elle est orthogonale à toute droite de (P), en particulier à (C′H) : le triangle CHC′ est rectangle en C′. Dans ce triangle rectangle, [HC′] est le côté adjacent à l'angle α et [HC] l'hypoténuse, donc cos(α) = HC′/HC = 172 / 1532 = 17153 = 19 = 13.

  8. Question 2a — C′H = (32 − 0 ; −12 − (−2) ; 1 − (−1)) = (32 ; 32 ; 2) et AB = (1 ; −1 ; 0). Leur produit scalaire vaut 32 × 1 + 32 × (−1) + 2 × 0 = 0 : les vecteurs sont orthogonaux. Comme les droites (C′H) et (AB) se coupent en H, elles sont perpendiculaires.

  9. Question 2b — Dans le triangle ABC′, [C′H] est donc la hauteur issue de C′ relative à la base [AB]. D'où S′ = AB × C′H2 = (2 × 172)/2 = 172 ≈ 2,06 unités d'aire, car 2 × 172 = 17.

  10. Question 2c — On a S = AB × HC2 et S′ = AB × HC′2. En formant le quotient, la base AB se simplifie : S′/S = HC′/HC = cos(α) d'après la question C.1. La relation cherchée est donc S′ = S × cos(α). Vérification numérique : S × cos(α) = (317/2) × 13 = 172 = S′. Autrement dit, l'aire du projeté orthogonal d'un triangle sur un plan est l'aire du triangle multipliée par le cosinus de l'angle entre les deux plans.