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Sujet officiel · session 2024

Bac de maths 2024 — Amérique du Sud · 21 novembre

Le sujet tel qu'il a été donné, sa transcription, et le corrigé complet de ses 4 exercices.

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Sujet publié par le ministère de l'Éducation nationale — PDF d'origine. Transcription et correction rédigées par MathBooster.

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Énoncé et corrigé, exercice par exercice

L'énoncé transcrit à gauche, notre correction en face. Chaque étape nomme la propriété utilisée ; ces corrections sont rédigées par MathBooster, puis vérifiées calcul par calcul.

Énoncé Exercice 1 Primitives et équations différentielles Moyen

Équation différentielle et fonction associée

Partie A

On considère l’équation différentielle (E) : y′ + 14 y = 20 e14 x, d’inconnue y, fonction définie et dérivable sur l’intervalle [0 ; +∞[.

1. Déterminer la valeur du réel a tel que la fonction g définie sur l’intervalle [0 ; +∞[ par g(x) = a x e14 x soit une solution particulière de l’équation différentielle (E).

2. On considère l’équation différentielle (E′) : y′ + 14 y = 0, d’inconnue y, fonction définie et dérivable sur l’intervalle [0 ; +∞[. Déterminer les solutions de l’équation différentielle (E′).

3. En déduire les solutions de l’équation différentielle (E).

4. Déterminer la solution f de l’équation différentielle (E) telle que f(0) = 8.

Partie B

On considère la fonction f définie sur l’intervalle [0 ; +∞[ par f(x) = (20x + 8) e14 x.

On admet que la fonction f est dérivable sur l’intervalle [0 ; +∞[ et on note f′ sa fonction dérivée sur l’intervalle [0 ; +∞[. De plus, on admet que limx→+∞ f(x) = 0.

1. a. Justifier que, pour tout réel x positif, f′(x) = (18 − 5x) e14 x.

b. En déduire le tableau de variations de la fonction f. On précisera la valeur exacte du maximum de la fonction f sur l’intervalle [0 ; +∞[.

2. Dans cette question on s’intéresse à l’équation f(x) = 8.

a. Justifier que l’équation f(x) = 8 admet une unique solution, notée α, dans l’intervalle [14 ; 15].

b. Recopier et compléter le tableau ci-dessous en faisant tourner étape par étape la fonction solution_equation ci-contre, écrite en langage Python.

a b b−a m Condition f(m) > 8

14 15 1 14,5 FAUX

from math import exp

def f(x):

return (20*x+8)*exp(-14*x)

def solution_equation():

a,b = 14,15

while b-a > 0.1:

m = a+b2

if f(m) > 8:

a = m

else:

b = m

return a,b

c. Quel est l’objectif de la fonction solution_equation dans le contexte de la question ?

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Corrigé Exercice 1 Équation différentielle et fonction associée Revoir l'énoncé
  1. Partie A1.

    On dérive le produit x ↦ ax par x ↦ e14 x : g′(x) = a e14 x + ax × (−14) e14 x = a (1 − x4) e14 x. On reporte alors dans le membre de gauche de (E) : g′(x) + 14 g(x) = a (1 − x4) e14 x + (ax4) e14 x = a e14 x, car les termes en x se simplifient.

  2. Comme e14 x ≠ 0 pour tout réel x, g est solution de (E) si et seulement si a e14 x = 20 e14 x, c’est-à-dire a = 20. La solution particulière cherchée est g(x) = 20x e14 x.

  3. Partie A2.

    (E′) s’écrit y′ = −14 y : c’est une équation différentielle du type y′ = ky avec k = −14. D’après le cours, ses solutions sur [0 ; +∞[ sont les fonctions x ↦ C e14 x, où C est une constante réelle quelconque.

  4. 3.

    Théorème : les solutions de (E) s’obtiennent en ajoutant à une solution particulière de (E) toutes les solutions de l’équation homogène (E′). Les solutions de (E) sont donc les fonctions x ↦ 20x e14 x + C e14 x = (20x + C) e14 x, avec C ∈ ℝ.

  5. 4.

    On cherche la valeur de C telle que f(0) = 8 : (20 × 0 + C) e⁰ = C = 8. La solution demandée est donc f(x) = (20x + 8) e14 x.

  6. Partie B1. a.

    Dérivée d’un produit, à nouveau : f′(x) = 20 e14 x + (20x + 8) × (−14) e14 x = e14 x [20 − 5x − 2] = (18 − 5x) e14 x, ce qu’il fallait justifier.

  7. 1. b.

    L’exponentielle est strictement positive, donc f′(x) est du signe de 18 − 5x : f′(x) > 0 pour x < 185 = 3,6 et f′(x) < 0 pour x > 3,6. La fonction f est donc croissante sur [0 ; 185] puis décroissante sur [185 ; +∞[.

  8. Le maximum est atteint en x = 185 et vaut f(185) = (20 × 185 + 8) e14 × 185 = 80 e910 ≈ 32,53. Tableau de variations : f croît de f(0) = 8 jusqu’à 80 e910 en x = 185, puis décroît vers 0 (limite admise en +∞).

  9. Partie B2. a.

    Sur [14 ; 15] on a 18 − 5x < 0, donc f y est strictement décroissante ; elle est continue car dérivable. De plus f(14) = 288 e−3,5 ≈ 8,70 et f(15) = 308 e−3,75 ≈ 7,24, donc 8 appartient à l’intervalle [f(15) ; f(14)]. D’après le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires, l’équation f(x) = 8 admet une unique solution α dans [14 ; 15].

  10. 2. b.

    On fait tourner la dichotomie. Étape 1 : a = 14, b = 15, b − a = 1, m = 14,5 ; f(14,5) ≈ 7,94, la condition f(m) > 8 est FAUX, donc b prend la valeur 14,5.

  11. Étape 2 : a = 14, b = 14,5, b − a = 0,5, m = 14,25 ; f(14,25) ≈ 8,31, condition VRAI, a prend la valeur 14,25. Étape 3 : a = 14,25, b = 14,5, b − a = 0,25, m = 14,375 ; f(14,375) ≈ 8,12, condition VRAI, a prend la valeur 14,375. Étape 4 : a = 14,375, b = 14,5, b − a = 0,125, m = 14,4375 ; f(14,4375) ≈ 8,03, condition VRAI, a prend la valeur 14,4375.

  12. On a alors b − a = 0,0625 ≤ 0,1 : la boucle s’arrête et la fonction renvoie le couple (14,4375 ; 14,5).

  13. Partie B2. c.

    La fonction applique la méthode de dichotomie sur [14 ; 15] : elle renvoie un encadrement de la solution α de l’équation f(x) = 8 d’amplitude inférieure ou égale à 0,1, ici 14,4375 ≤ α ≤ 14,5.

Énoncé Exercice 2 Probabilités conditionnelles Moyen

Urnes et probabilités

On dispose de deux urnes opaques U₁ et U₂.

L’urne U₁ contient 4 boules noires et 6 boules blanches.

L’urne U₂ contient 1 boule noire et 3 boules blanches.

On considère l’expérience aléatoire suivante : on pioche au hasard une boule dans U₁ que l’on place dans U₂, puis on pioche au hasard une boule dans U₂.

On note : N₁ l’événement « Piocher une boule noire dans l’urne U₁ » ; N₂ l’événement « Piocher une boule noire dans l’urne U₂ ». Pour tout événement A, on note Ā son événement contraire.

Partie A

1. On considère l’arbre de probabilités ci-contre.

a. Justifier que la probabilité de piocher une boule noire dans l’urne U₂ sachant qu’on a pioché une boule blanche dans l’urne U₁ est 0,2.

b. Recopier et compléter l’arbre de probabilités ci-contre, en faisant apparaître sur chaque branche les probabilités des événements concernés, sous forme décimale. [Arbre à compléter : au premier niveau les branches N₁ et N̄₁, au second niveau les branches N₂ et N̄₂ sous chacune ; seule la probabilité 0,2 de la branche N̄₁ → N₂ est déjà portée sur le sujet]

2. Calculer la probabilité de piocher une boule noire dans l’urne U₁ et une boule noire dans l’urne U₂.

3. Justifier que la probabilité de piocher une boule noire dans l’urne U₂ est égale à 0,28.

4. On a pioché une boule noire dans l’urne U₂. Calculer la probabilité d’avoir pioché une boule blanche dans l’urne U₁. On donnera le résultat sous forme décimale arrondie à 10−2.

Partie B

n désigne un entier naturel non nul. L’expérience aléatoire précédente est répétée n fois de façon identique et indépendante, c’est-à-dire que les urnes U₁ et U₂ sont remises dans leur configuration initiale entre chaque expérience. On note X la variable aléatoire qui compte le nombre de fois où on pioche une boule noire dans l’urne U₂. On rappelle que P(N₂) = 0,28 et P(N̄₂) = 0,72.

1. Déterminer la loi de probabilité suivie par X. Justifier votre réponse.

2. Déterminer par le calcul le plus petit entier naturel n tel que : 1 − 0,72ⁿ ≥ 0,9.

3. Interpréter le résultat précédent dans le contexte de l’expérience.

Partie C

Les urnes U₁ et U₂ sont remises dans leur configuration initiale. On considère la nouvelle expérience : on pioche simultanément deux boules dans l’urne U₁ que l’on place dans l’urne U₂, puis on pioche au hasard une boule dans U₂.

1. Combien y a-t-il de tirages possibles de deux boules simultanément dans l’urne U₁ ?

2. Combien y a-t-il de tirages possibles de deux boules simultanément dans l’urne U₁ contenant exactement une boule blanche et une boule noire ?

3. La probabilité de piocher une boule noire dans l’urne U₂ avec cette nouvelle expérience est-elle supérieure à la probabilité de tirer une boule noire dans l’urne U₂ avec l’expérience de la partie A ? Justifier votre réponse. On pourra s’aider d’un arbre pondéré modélisant cette expérience.

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Corrigé Exercice 2 Urnes et probabilités Revoir l'énoncé
  1. Partie A1. a.

    Si on a pioché une boule blanche dans U₁ (événement N̄₁) et qu’on la place dans U₂, cette urne contient alors 1 boule noire et 3 + 1 = 4 boules blanches, soit 5 boules. Les tirages étant équiprobables, PN̄₁(N₂) = 15 = 0,2.

  2. 1. b.

    U₁ contient 4 boules noires sur 10, donc P(N₁) = 410 = 0,4 et P(N̄₁) = 1 − 0,4 = 0,6. Si on a pioché une noire dans U₁, U₂ contient 2 noires et 3 blanches, d’où PN₁(N₂) = 25 = 0,4 et PN₁(N̄₂) = 0,6. Sous la branche N̄₁ : PN̄₁(N₂) = 0,2 et PN̄₁(N̄₂) = 0,8.

  3. 2.

    On multiplie les probabilités le long d’une même branche de l’arbre : P(N₁ ∩ N₂) = P(N₁) × PN₁(N₂) = 0,4 × 0,4 = 0,16. La probabilité de piocher une noire dans U₁ puis une noire dans U₂ est 0,16.

  4. 3.

    Les événements N₁ et N̄₁ forment une partition de l’univers ; d’après la formule des probabilités totales, P(N₂) = P(N₁ ∩ N₂) + P(N̄₁ ∩ N₂) = 0,16 + 0,6 × 0,2 = 0,16 + 0,12 = 0,28.

  5. 4.

    On demande une probabilité conditionnelle dans l’autre sens : PN₂(N̄₁) = P(N̄₁ ∩ N₂)P(N₂) = 0,120,28 = 37 ≈ 0,43. Sachant que la boule tirée dans U₂ est noire, la probabilité que la boule transférée depuis U₁ ait été blanche vaut environ 0,43.

  6. Partie B1.

    On répète n fois, de façon identique et indépendante, une même épreuve à deux issues : le succès « piocher une boule noire dans U₂ », de probabilité p = 0,28, et l’échec, de probabilité 0,72. La variable X compte le nombre de succès : elle suit donc la loi binomiale de paramètres n et p = 0,28.

  7. 2.

    1 − 0,72ⁿ ≥ 0,9 ⇔ 0,72ⁿ ≤ 0,1. La fonction ln étant strictement croissante sur ]0 ; +∞[, cela équivaut à n ln(0,72) ≤ ln(0,1) ; comme ln(0,72) < 0, la division change le sens de l’inégalité : n ≥ ln(0,1)ln(0,72) ≈ 7,01. Le plus petit entier naturel qui convient est n = 8 (on vérifie : 1 − 0,72⁷ ≈ 0,8997 < 0,9 et 1 − 0,72⁸ ≈ 0,9278 ≥ 0,9).

  8. 3.

    Par indépendance, 0,72ⁿ est la probabilité de ne piocher aucune boule noire dans U₂ au cours des n expériences ; 1 − 0,72ⁿ = P(X ≥ 1) est donc la probabilité d’en piocher au moins une. Il faut répéter l’expérience au moins 8 fois pour que la probabilité de piocher au moins une boule noire dans U₂ atteigne 0,9.

  9. Partie C1.

    On choisit 2 boules parmi les 10 de U₁, simultanément donc sans tenir compte de l’ordre : le nombre de tirages est le coefficient binomial « 2 parmi 10 », soit 10 × 92 = 45 tirages possibles.

  10. 2.

    Un tel tirage se construit en choisissant une boule noire parmi 4 et une boule blanche parmi 6 : d’après le principe multiplicatif, il y a 4 × 6 = 24 tirages contenant exactement une boule noire et une boule blanche.

  11. 3.

    Trois cas se présentent pour le tirage simultané dans U₁ : deux noires, 4 × 32 = 6 tirages, de probabilité 645 ; une noire et une blanche, 24 tirages, de probabilité 2445 ; deux blanches, 6 × 52 = 15 tirages, de probabilité 1545.

  12. Après le transfert, U₂ contient toujours 4 + 2 = 6 boules : 3 noires si on a transféré deux noires, donc P(N₂) = 36 = 12 ; 2 noires si on a transféré une de chaque, donc 26 = 13 ; 1 noire si on a transféré deux blanches, donc 16.

  13. Formule des probabilités totales : P(N₂) = 645 × 12 + 2445 × 13 + 1545 × 16 = 690 + 1690 + 590 = 2790 = 0,3.

  14. Comme 0,3 > 0,28, la probabilité de piocher une boule noire dans l’urne U₂ est bien supérieure avec cette nouvelle expérience qu’avec celle de la partie A.

Énoncé Exercice 3 Suites numériques Moyen

Vrai / Faux

Répondre par VRAI ou FAUX à chacune des affirmations suivantes et justifier votre réponse. Toute réponse non justifiée ne sera pas prise en compte dans la notation. Toutes les questions sont indépendantes.

1. On considère la suite (uₙ) définie pour tout entier naturel non nul n par uₙ = 25 + (−1)ⁿn. Affirmation 1 : La suite (uₙ) est divergente.

2. On considère la suite (wₙ) définie pour tout entier naturel n par w₀ = 1 et wₙ₊₁ = wₙ/(1 + wₙ). On admet que pour tout n, wₙ > 0. On considère la suite (tₙ) définie pour tout entier naturel n par tₙ = kwₙ, où k est un réel strictement positif. Affirmation 2 : La suite (tₙ) est une suite arithmétique strictement croissante.

3. On considère la suite (vₙ) définie pour tout entier naturel n par v₀ = 1 et vₙ₊₁ = ln(1 + vₙ). On admet que pour tout n, vₙ > 0. Affirmation 3 : La suite (vₙ) est décroissante.

4. On considère la suite (Iₙ) définie pour tout entier naturel n par Iₙ = ∫₁ᵉ [ln(x)]ⁿ dx. Affirmation 4 : Pour tout entier naturel n, Iₙ₊₁ = e − (n+1)Iₙ.

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Corrigé Exercice 3 Vrai / Faux Revoir l'énoncé
  1. Affirmation 1

    On encadre le numérateur : pour tout n ≥ 1, (−1)ⁿ vaut 1 ou −1, donc 24 ≤ 25 + (−1)ⁿ ≤ 26. En divisant par n > 0 : 24n ≤ uₙ ≤ 26n.

  2. Or lim 24n = lim 26n = 0 quand n → +∞. D’après le théorème des gendarmes, (uₙ) converge et lim uₙ = 0. Une suite convergente n’est pas divergente : l’affirmation 1 est FAUSSE.

  3. Affirmation 2

    Comme wₙ > 0, on peut passer à l’inverse : tₙ₊₁ = kwₙ₊₁ = k(1 + wₙ)wₙ = kwₙ + k = tₙ + k. La différence tₙ₊₁ − tₙ = k est constante, donc (tₙ) est arithmétique de raison k ; comme k > 0, elle est strictement croissante. L’affirmation 2 est VRAIE.

  4. Affirmation 3

    Étudions la fonction h définie sur [0 ; +∞[ par h(x) = x − ln(1 + x) : h′(x) = 1 − 11 + x = x1 + x > 0 pour x > 0, et h(0) = 0, donc h(x) > 0 sur ]0 ; +∞[, c’est-à-dire ln(1 + x) < x pour tout x > 0.

  5. Comme vₙ > 0 pour tout n, on applique cette inégalité à x = vₙ : vₙ₊₁ = ln(1 + vₙ) < vₙ. La suite (vₙ) est donc strictement décroissante : l’affirmation 3 est VRAIE.

  6. Affirmation 4

    On intègre par parties sur [1 ; e] en posant u(x) = [ln(x)]ⁿ⁺¹ et v′(x) = 1, d’où u′(x) = (n + 1) [ln(x)]ⁿ × 1x et v(x) = x, fonctions dérivables à dérivées continues sur [1 ; e].

  7. Iₙ₊₁ = [x [ln(x)]ⁿ⁺¹]₁ᵉ − ∫₁ᵉ x × (n + 1)[ln(x)]ⁿ × 1x dx. Le crochet vaut e × [ln(e)]ⁿ⁺¹ − 1 × [ln(1)]ⁿ⁺¹ = e × 1 − 0 = e, et l’intégrale restante vaut (n + 1) ∫₁ᵉ [ln(x)]ⁿ dx = (n + 1) Iₙ. Donc Iₙ₊₁ = e − (n + 1) Iₙ : l’affirmation 4 est VRAIE.

Énoncé Exercice 4 Géométrie dans l’espace Difficile

Distance entre deux droites non coplanaires

L’espace est muni d’un repère orthonormé (O ; i, j, k).

Par définition, la distance entre deux droites non coplanaires (d₁) et (d₂) est la longueur du segment [EF], où E et F sont des points appartenant respectivement à (d₁) et (d₂) tels que la droite (EF) est orthogonale à (d₁) et (d₂).

Soit (d₁) la droite passant par A(1 ; 2 ; −1) de vecteur directeur u₁→ (1 ; 2 ; 0) et (d₂) la droite dont une représentation paramétrique est : x = 0, y = 1 + t, z = 2 + t, t ∈ ℝ.

1. Donner une représentation paramétrique de la droite (d₁).

2. Démontrer que les droites (d₁) et (d₂) sont non coplanaires.

3. Soit P le plan passant par A et dirigé par les vecteurs non colinéaires u₁→ (1 ; 2 ; 0) et w (2 ; −1 ; 1). Justifier qu’une équation cartésienne du plan P est : −2x + y + 5z + 5 = 0.

4. a. Sans chercher à calculer les coordonnées du point d’intersection, justifier que la droite (d₂) et le plan P sont sécants.

b. On note F le point d’intersection de la droite (d₂) et du plan P. Vérifier que le point F a pour coordonnées (0 ; −53 ; −23).

Soit (δ) la droite passant par F et de vecteur directeur w. On admet que les droites (δ) et (d₁) sont sécantes en un point E de coordonnées (−23 ; −43 ; −1).

5. a. Justifier que la distance EF est la distance entre les droites (d₁) et (d₂).

b. Calculer la distance entre les droites (d₁) et (d₂).

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Corrigé Exercice 4 Distance entre deux droites non coplanaires Revoir l'énoncé
  1. 1.

    Un point M(x ; y ; z) appartient à (d₁) si et seulement s’il existe un réel t tel que AM = t u₁→. En coordonnées : x − 1 = t, y − 2 = 2t, z + 1 = 0. Une représentation paramétrique de (d₁) est donc x = 1 + t, y = 2 + 2t, z = −1, avec t ∈ ℝ.

  2. 2.

    La représentation paramétrique de (d₂) donne le vecteur directeur u₂→ (0 ; 1 ; 1). Les vecteurs u₁→ (1 ; 2 ; 0) et u₂→ ne sont pas colinéaires (la première coordonnée de u₁→ est non nulle, celle de u₂→ est nulle) : les droites ne sont pas parallèles.

  3. Cherchons ensuite si elles sont sécantes : un point commun vérifierait 1 + t′ = 0, 2 + 2t′ = 1 + t et −1 = 2 + t. La première équation donne t′ = −1, la troisième donne t = −3 ; en reportant t′ = −1 dans la deuxième on obtient 0 = 1 + t, soit t = −1, ce qui contredit t = −3. Le système n’a pas de solution : les droites ne sont pas sécantes.

  4. N’étant ni parallèles ni sécantes, les droites (d₁) et (d₂) ne sont pas coplanaires.

  5. 3.

    Posons n (−2 ; 1 ; 5), vecteur formé des coefficients de l’équation proposée. On a n · u₁→ = −2 × 1 + 1 × 2 + 5 × 0 = 0 et n · w = −2 × 2 + 1 × (−1) + 5 × 1 = 0 : n est orthogonal à deux vecteurs directeurs non colinéaires de P, c’est donc un vecteur normal à P.

  6. Le plan P a par conséquent une équation de la forme −2x + y + 5z + d = 0, et le point A(1 ; 2 ; −1) lui appartient : −2 × 1 + 2 + 5 × (−1) + d = 0, soit d = 5. Une équation cartésienne de P est bien −2x + y + 5z + 5 = 0.

  7. 4. a.

    On calcule u₂→ · n = 0 × (−2) + 1 × 1 + 1 × 5 = 6 ≠ 0 : le vecteur directeur de (d₂) n’est pas orthogonal au vecteur normal de P, donc (d₂) n’est pas parallèle à P. La droite et le plan sont sécants en un unique point.

  8. 4. b.

    On remplace les coordonnées d’un point de (d₂) dans l’équation de P : −2 × 0 + (1 + t) + 5(2 + t) + 5 = 0, soit 6t + 16 = 0, d’où t = −83. On obtient x = 0, y = 1 − 83 = −53 et z = 2 − 83 = −23 : le point d’intersection est bien F(0 ; −53 ; −23).

  9. 5. a.

    Avec E(−23 ; −43 ; −1) et F(0 ; −53 ; −23), le vecteur EF a pour coordonnées (0 + 23 ; −53 + 43 ; −23 + 1) = (23 ; −13 ; 13) : autrement dit EF = (13) w, ce qui était attendu puisque E et F sont tous deux sur la droite (δ) dirigée par w.

  10. Or w · u₁→ = 2 × 1 + (−1) × 2 + 1 × 0 = 0 et w · u₂→ = 2 × 0 + (−1) × 1 + 1 × 1 = 0, donc EF est orthogonal aux vecteurs directeurs des deux droites. Comme de plus E ∈ (d₁) et F ∈ (d₂), la droite (EF) est orthogonale à (d₁) et à (d₂) : la longueur EF est, par définition, la distance entre ces deux droites.

  11. 5. b.

    Le repère étant orthonormé : EF = √[(23)² + (−13)² + (13)²] = 49 + 19 + 19 = 69 = 63 ≈ 0,82. La distance entre les droites (d₁) et (d₂) vaut donc 63 unité de longueur.